La structure d’un roman: la théorie des blocs

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Dans les billets précédents, je me suis penché sur les éléments de structure utilisés dans les romans, du plus grand jusqu’au plus petit, de l’acte jusqu’à la virgule. Oui, je vous avais dit que tout était terminé, mais surprise! A la place, je vous propose d’oublier tout ça et d’aborder la structure sous un angle complètement différent, mais tout aussi utile à connaître pour ceux qui aspirent à écrire…

En deux mots, avec la théorie des blocs, puisque c’est de ça qu’il s’agit ici, on ne s’intéresse pas à structurer l’écriture en utilisant ce qu’on peut voir sur la page (des chapitres, des paragraphes, des phrases, etc..), on cherche une structure qui reflète l’action elle-même : ce qui se passe dans le roman, donc.

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L’idée vient du monde de l’écriture théâtrale et cinématographique, et est relativement bien connue aux Etats-Unis, mais curieusement moins utilisée ici. Tout repose sur ce que là-bas on appelle un « beat. » Le beat, le battement, c’est l’unité élémentaire de l’action, une des molécules dont est constituée la fiction. Chaque décision, acte, révélation, réplique, découverte, événement représente un beat. Une scène est constituée de plusieurs beats qui, tous à leur manière, contribuent à faire progresser l’action.

Il n’y a pas de traduction courante ou officielle au mot « beat » et le mot n’est pas particulièrement facile à utiliser dans la langue française, aussi j’ai choisi de le traduire par « bloc », parce que, vous allez le voir, il s’agit de traiter l’écriture romanesque comme un jeu de construction. On met bout à bout des blocs de types différents, qu’on assemble pour constituer une histoire…

Des volumes entiers ont été écrits sur cette approche de l’écriture, en particulier dans les milieux du cinéma. J’ai la conviction qu’elle peut être utile également aux romanciers, en particulier au moment de mettre en place le plan, ou lors de la phase de relecture.

Je vous propose ici une version simplifiée du système, constituée de seulement quatorze types de blocs différents. Si la technique vous intéresse, vous trouverez facilement des livres qui vous permettront d’aller plus loin, ou vous pourrez vous-mêmes mettre sur pied une approche qui vous convient mieux.

Les blocs d’intrigue

Les blocs d’intrigue sont les blocs les plus courants et les plus importants. Un bloc d’intrigue, c’est un bloc où il se passe quelque chose qui fait avancer l’intrigue, l’histoire du roman : le personnage principal s’approche ou s’éloigne de la réalisation de ses buts. Bien souvent, un bloc d’intrigue contient de l’action ou du conflit entre plusieurs personnages.

Il existe trois types de blocs d’intrigue. Un bloc d’intrigue ↗️, ou positif, c’est un bloc où le protagoniste fait quelque chose qui le rapproche de la réalisation de son objectif : il défait un adversaire, vient à bout d’une difficulté, acquiert un statut, s’adjoint un allié, etc…

Un bloc d’intrigue ↘️, ou négatif, c’est l’inverse. Le protagoniste fait ou subit quelque chose qui l’éloigne de son but : il essuie une défaite, est blessé ou diminué, perd un statut social enviable, se fâche avec un allié, etc…

Enfin, un bloc d’intrigue ➡️, ou neutre, c’est un bloc où le protagoniste fait quelque chose pour tenter d’accomplir son but, mais n’obtient aucun progrès significatif. En eux-mêmes, ces blocs sont à déconseiller, parce qu’ils ne font qu’occuper de la place dans le roman sans faire progresser l’intrigue, mais ils peuvent être associés à d’autres types de blocs pour déboucher sur des résultats intéressants.

Les blocs dramatiques

Ceux-là s’intéressent à la vie intérieure du protagoniste, à son humeur, son état d’esprit, ses opinions, sa construction mentale. Ils sont généralement couplés aux blocs d’intrigue, dont ils peuvent constituer des conséquences directes.

Les trois types existants rappellent d’ailleurs ceux des blocs d’intrigue. Un bloc dramatique ⏫, ou positif, reflète une évolution constructive de la vie intérieure du personnage, et le fait progresser en direction de la transformation qu’il va connaître au cours de l’histoire (car, je le rappelle, une histoire, c’est un récit au cours duquel le personnage principal change). Il comprend quelque chose au sujet de lui-même et des autres qui lui permet d’avancer et de laisser derrière lui ses limitations et ses mauvaises habitudes.

Un bloc dramatique ⏬, ou négatif, c’est l’inverse. Cela reflète une régression dans le cheminement du personnage, qui retombe dans ses vieux travers, se décourage, retombe dans une mauvaise habitude qu’il tentait de combattre.

Enfin, un bloc dramatique ⏩, ou neutre, c’est un bloc au cours duquel le personnage ne subit aucun changement intérieur. Cela peut sembler être une catégorie inutile, car si le personnage ne change pas, pourquoi le mentionner ? Mais dans certains cas, l’utilisation de ce genre de bloc peut se justifier : lorsque par exemple, le protagoniste reste stoïque face à une provocation, une tentation ou un mauvais traitement qui était destiné à le faire réagir. Cela peut également représenter un dilemme : un moment où le personnage hésite sur la bonne manière d’agir (et donc, s’il finit par faire son choix, un bloc dramatique neutre sera suivi d’un bloc dramatique positif ou négatif).

Bien souvent, un bloc dramatique positif sera la conséquence d’un bloc d’intrigue positif, mais cela n’est pas nécessairement le cas. Parfois, le protagoniste progresse en direction de son but mais est déprimé par le genre de personne qu’il est en train de devenir, et réalise qu’il est de moins en moins en harmonie avec les méthodes qu’il emploie : on couple donc un bloc d’intrigue positif avec un bloc dramatique négatif. Dans d’autres cas, le personnage subit un revers, mais l’adversité le motive à continuer de plus belle et lui donne la rage au ventre : on enchaîne alors un bloc d’intrigue négatif avec un bloc dramatique positif.

Les blocs de dénouement

Là, il en existe deux types ☑️ : les blocs de dénouement d’intrigue et les blocs de dénouement dramatique. Dans le premier cas, le protagoniste accomplit son objectif : il terrasse le méchant, il obtient le titre convoité, il résout l’enquête. Dans le second cas, le protagoniste termine sa transformation intérieure : il apprend à lâcher prise, il triomphe de son égoïsme, il réalise qu’il peut compter sur ses amis. Dans un roman, il ne peut donc en principe y avoir qu’un seule bloc de dénouement de chaque type, à moins que l’on suive la trajectoire de multiples personnages qui poursuivent chacun des buts différents et ont des arcs dramatiques distincts.

Les blocs d’information

Un bloc d’information, c’est un bloc au cours duquel le personnage (ou le lecteur) apprend quelque chose qu’il ignorait. Cela peut être la conséquence d’un bloc d’intrigue, donc d’une action délibérée, ou être l’effet d’une rencontre inopinée ou d’une révélation.

Là aussi, il existe trois types de blocs de ce genre. Le bloc d’information ❓ ou bloc d’information mystère, c’est celui où le personnage apprend quelque chose qui soulève sa curiosité et lui donne envie d’en savoir plus : une incohérence, une information partielle ou quelque chose qui contredit ce qu’il pensait savoir rentrent dans cette catégorie. Cela peut être idéalement couplé avec un bloc dramatique de peur ou d’espoir.

Le bloc d’information ❗ou bloc d’information révélation, c’est celui au cours duquel le protagoniste apprend une nouvelle inattendue, qui peut le motiver à agir dans un sens ou dans un autre (et donc mener à un bloc dramatique positif ou négatif). Typiquement, un bloc d’information révélation fera écho à un bloc d’information mystère : c’est signe que le protagoniste a obtenu la réponse à une question qu’il se posait depuis un moment au cours de l’intrigue.

Enfin, un bloc d’information ❌, ou bloc d’information d’exposition, contient une information qui n’a pas de conséquences immédiates, ne soulève pas de mystère et ne change pas l’état émotionnel du protagoniste. Typiquement, ces blocs servent à établir des aspects de l’intrigue en amont, en attendant qu’ils deviennent pertinents plus tard. Attention de ne pas abuser de ces blocs-là, qui, trop nombreux, peuvent étouffer l’intrigue et rendre le roman pesant ou incompréhensible.

Les blocs de stase

Les blocs de stase, ce sont ceux où il ne se passe rien. Il peut sembler inutile de prendre en compte ce genre de blocs, mais l’écriture romanesque comprend également des moments où le protagoniste n’agit pas pour faire avancer l’intrigue, et il peuvent avoir toute leur importance. Après tout, un personnage peut faire énormément de choses différentes qui n’ont aucun lien direct avec l’intrigue : si vous écrivez une scène pendant laquelle quelqu’un est en train de faire la cuisine lorsqu’il se fait attaquer, vous enchaînerez un bloc de stase (faire la cuisine) avec un bloc d’intrigue (le combat).

Un bloc de stase 🔴, ou bloc de stase standard, regroupe toutes les actions qui n’ont aucune influence ni sur l’intrigue, ni sur l’état émotionnel du personnage, et ne confèrent aucun avantage ou désavantage à qui que ce soit.

Il peut également y avoir des blocs de stase 🔺, ou positifs. Une catégorie qui regroupe tous les blocs où un personnage voit sa situation s’améliorer, sans pour autant faire avancer l’intrigue. Par exemple, il peut écouter de la musique, ce qui le calme et le met de bonne humeur. Ou alors, il enfile sa cape d’invisibilité, ce qui lui confère un avantage mais, sauf s’il le fait dans un but précis, ne constitue pas un bloc d’intrigue.

Enfin, les blocs de stase 🔻, ou négatifs, c’est l’inverse : il se passe quelque chose qui péjore la situation du personnage, sans pour autant l’éloigner de ses objectifs. Son chat meurt, il réfléchit à sa vie et trouve qu’elle manque de saveur, il retombe dans la bouteille : tous ces exemples sont dans cette catégorie.

On met tout ensemble…

Avec les blocs ci-dessus, on peut assembler à peu près n’importe quelle scène. Prenons l’exemple ci-dessus, du personnage qui est tranquillement en train de cuisiner (bloc de stase standard). Il se fait attaquer par des gens qui s’introduisent chez lui et ont l’air de le connaître, mais lui ne comprend pas leurs motivations (bloc d’information mystère). Au terme d’un combat, il en vient à bout (bloc d’intrigue positif) mais il ressort de cette lutte choqué et effrayé (bloc dramatique négatif). En d’autres termes, toute la scène peut se résumer à ceci : 🔴❓↗️⏬

La théorie des blocs est très utile pour établir le plan d’un roman. Si vous aimez planifier tous les détails, vous pouvez prévoir chaque bloc de chaque scène, tout au long du roman, et produire ainsi une liste très détaillée de tout ce qui arrive dans votre histoire. J’y reviens dans un prochain billet.

Même si tout cela vous semble un peu lourd, il peut être utile de garder la théorie des blocs à l’esprit lors de la relecture. Lorsque vous tombez sur une scène qui ne fonctionne pas et que vous ne comprenez pas tout de suite pourquoi, c’est généralement parce qu’il manque un bloc. Typiquement, un bloc d’intrigue n’est pas suivi d’un bloc dramatique et manque donc d’impact, ou alors il manque un bloc d’information qui permettrait de mettre les choses en perspective et de mieux comprendre les enjeux. Ou, troisième possibilité : les scènes s’enchaînent sans pause et il peut être utile d’insérer un bloc de stase là au milieu.

Atelier : pour mieux comprendre tout ça, prenez un chapitre d’un de vos romans préférés et essayez de le découper en blocs. Cette analyse est riche d’enseignement pour comprendre de quelle manière un auteur construit son intrigue. Dans certains cas, vous pouvez avoir l’impression qu’il existe plusieurs manières de découper les scènes en blocs, ou alors vous pouvez avoir l’impression que le passage comprend des blocs qui ne sont pas listés ci-dessus. C’est parfaitement normal : la technique des blocs n’est pas une science, c’est plutôt un jeu, une astuce, qui peut vous guider mais en aucun cas vous contraindre.

📖 La semaine prochaine: les formes de l’intrigue

 

 

La structure d’un roman: la ponctuation

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Nous sommes arrivés à la dernière étape de notre voyage au pays des marqueurs structurels d’un texte, entamé avec les parties, il y a quelques semaines, lorsque nous étions jeunes et fous, pour terminer ici par le plus petit, mais pas le moins important : la ponctuation.

La langue française met traditionnellement une douzaine de signes de ponctuation à notre disposition : le point, le point d’interrogation, le point d’exclamation, la virgule, le point-virgule, le deux-points, les points de suspension, le tiret, les parenthèses, les guillemets, les crochets, les accolades, la barre oblique.

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Si vous le voulez bien, je vais m’abstenir de discuter des quatre derniers, qui ne présentent aucun intérêt, sauf peut-être en programmation informatique. L’usage du point d’interrogation et celui du deux-points ne présentent pas selon moi de subtilités particulières qui nécessitent qu’on en parle trop longtemps. Quant au point, dans la mesure où il sert à terminer une phrase, j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer son rôle structurel dans le billet consacré à la phrase.

Cela dit, on peut ajouter à son sujet une mise en garde : beaucoup de jeunes auteurs ne jurent que par le point, comme s’il s’agissait du seul signe de ponctuation digne d’être utilisé. Ils écrivent des phrases courtes qui se concluent par un point, encore et encore, au risque d’engendrer un texte au rythme haché et répétitif. Ça peut marcher, mais ce n’est pas une solution adaptée à toutes les situations.

Prenons le texte suivant en guise qu’exemple:

Je roule depuis bien longtemps en pleine nature. Je commence à fatiguer. Je regarde par la fenêtre. A gauche, toujours le désert. Il n’y a que quelques herbes folles qui survivent. A droite, une falaise à pic. De l’eau turquoise à perte de vue. A l’horizon, je vois de temps en temps quelques mouettes ou un pélican. Toujours le même spectacle depuis des heures. A force, ça use.

A présent, reprenons-le, en tentant d’y apporter une ponctuation plus variée:

Je roule depuis bien longtemps, en pleine nature: je commence à fatiguer Je regarde par la fenêtre: à gauche, toujours le désert il n’y a que quelques herbes folles qui survivent; à droite, une falaise à pic, de l’eau turquoise à perte de vue (à l’horizon, je vois de temps en temps quelques mouettes ou un pélican: toujours le même spectacle depuis des heures). A force, ça use

Le recours exclusif aux points n’est pas sans vertu: il crée une nonchalance, une distance entre le narrateur et ce qu’il raconte. Mais à trop y recourir, cela installe une monotonie qui n’est pas souhaitable: varier la ponctuation, c’est éviter d’endormir le lecteur.

Le romancier américain Elmore Leonard a proposé une règle en ce qui concerne les points d’exclamation : un auteur n’a le droit d’en utiliser que deux ou trois tous les 100’000 mots. Lui-même n’a pas respecté cette règle, et certains auteurs (comme James Joyce) utilisent ce signe de ponctuation avec enthousiasme. Toutefois, une vérité demeure : les points d’exclamation galvaudent la prose et lui donnent un air de rédaction de collégien. A moins d’être un expert, ils sont à utiliser avec la plus grande prudence, voire même pas du tout. Est réservé le cas des dialogues, en particulier quand les personnages sont des collégiens ou qu’ils sont d’une nature démonstrative.

En français, la virgule joue un rôle intéressant pour un écrivain. D’autres langues offrent peu de liberté sur le placement de la virgule : celui-ci est dicté uniquement par des impératifs grammaticaux. La langue française permet une certaine marge d’interprétation dans l’usage de ce signe : il y a des endroits où l’on peut s’abstenir d’en utiliser, et d’autres où l’on peut en ajouter. Il en découle que la virgule peut être utilisée pour freiner la lecture, lorsque l’on place toutes les virgules possibles, en interrompant la phrase par des ajouts et des incises, ou alors pour l’accélérer, en les supprimant toutes, y compris, si vous vous sentez audacieux, celles que la grammaire réclame…

Le point-virgule a une fonction principale : lorsque vous vous en servez, vous vous affichez délibérément en tant que pédant de la ponctuation. On peut séparer la population humaine entre un petit groupe d’acharnés qui se sert de ce signe et le reste de l’humanité qui ignore même qu’il existe. En dehors de son charme désuet, on peut lui trouver un usage singulier : celui de séparer les éléments d’une liste descriptive:

Il regarda une dernière fois sa chambre : le tiroir de la commode qui ne se fermait plus depuis longtemps ; le matelas que le chat avait éventré ; la vieille tache de café sur le bureau ; les vêtements éparpillés sur la moquette.

S’il y a un signe qui mérite d’être redécouvert, c’est les points de suspension. Ils offrent à l’auteur une solution alternative au point, avec une saveur qui leur est propre. Les points de suspension peuvent être utilisés pour interrompre une phrase en plein milieu, lorsqu’une action est interrompue ; ils sont encore plus à leur place à la fin d’une phrase, comme une invitation au lecteur à faire fonctionner son imagination. Terminer une phrase par des points de suspension, c’est une manière de dire : tiens, étrange, laissez-donc cette pensée se prolonger en vous quelques temps…

Les parenthèses et les tirets ont des fonctions similaires : insérer une information au milieu d’une phrase – une précision, une digression – avant de revenir au sujet principal. Choisir d’utiliser l’une plutôt que l’autre est une question de préférence personnelle et de style.

Cela dit, ces signes ont aussi leurs particularités spécifiques. Les parenthèses, par exemple, peuvent être étendues bien au-delà de quelques mots. Dans mes romans, il m’arrive de mettre tout un paragraphe entre parenthèses, principalement quand le protagoniste-narrateur évoque un sentiment qu’il n’assume pas totalement. Il n’y a pas de raison de s’en tenir là : on pourrait très bien mettre toute une page entre parenthèses, tout un chapitre, voire tout un bouquin.

Le tiret a également un usage non-conventionnel qui peut être intéressant : celui de marquer une pause au milieu d’une phrase qui est plus longue et plus nette qu’une virgule, une sorte de point de rupture ou un souffle entre deux actions qui s’enchaînent:

Deux noms sont visibles sous la sonnette – chacun a été barré et réécrit plusieurs fois.

Formellement, cet usage est celui qui est d’ordinaire réservé au point-virgule, mais utiliser le tiret peut être plus satisfaisant du point de vue visuel.

On l’a compris, la ponctuation revêt un rôle crucial dans l’écriture et la structuration d’un texte. Si vous avez l’intention de respecter les règles établies, je ne peux que vous encourager à vous tourner vers des guides de grammaires qui vous en détailleront toutes les subtilités. Mais l’écrivain a le droit de plier les règles à sa fantaisie dans le but d’obtenir un effet spécifique, n’hésitez donc pas à vous montrer inventif.

Dans « Ulysses », James Joyce nous propose un chapitre entier dans lequel on ne trouve que deux points et une virgule. Gertrude Stein préférait ne pas utiliser de virgules du tout. Quant à E.E. Cummings et Alain Damasio, ils se servent des signes de ponctuation pour peupler la phrase d’étranges écueils visuels.

Atelier : prenez un texte, l’un des vôtres ou un texte emprunté, et retirez-en toute la ponctuation. A présent, remettez-la, en tentant quelques expériences : vous servir uniquement de points, faire les phrases les plus longues possibles, varier les signes le plus que vous pouvez, etc…

📖 La semaine prochaine: la théorie des blocs