Ça n’arrive pas fréquemment, aussi je le signale. Pour ma présence ce weekend à la Foire du livre du Locle, en Suisse, j’ai été interviewé dans le quotidien local Arcinfo, pour parler du rôle des salons, du GAHELIG et un peu de moi également.

Ça n’arrive pas fréquemment, aussi je le signale. Pour ma présence ce weekend à la Foire du livre du Locle, en Suisse, j’ai été interviewé dans le quotidien local Arcinfo, pour parler du rôle des salons, du GAHELIG et un peu de moi également.


C’est l’été et le blog fonctionne un peu au ralenti, parce que nous avons tous d’autres choses à faire, aussi je me suis dit qu’il pourrait être intéressant de vous parler de mes projets d’écriture en cours. Certains sont presque finis, d’autres en construction, d’autres encore au simple état de vague souhait, et il n’existe aucune garantie qu’aucun d’entre eux ne parvienne à son terme.
Pour commencer, il y a ce roman, qui, sur mon disque dur, s’intitule « Briselâme » mais qui ne portera vraisemblablement ce titre une fois que je l’aurai terminé. Je l’appelle aussi parfois « TK2 », puisqu’il s’agit de la suite des aventures de Tim Keller, le personnage principal de mon roman « Merveilles du Monde Hurlant », publié en deux tomes sous les titres « La Ville des Mystères » et la Mer des Secrets. »
L’écriture de ce roman a été très difficile : rédigé sur une longue période – sa rédaction a été interrompue pendant que l’éditeur retardait la parution du deuxième tome du roman précédent – il a également été traversé par la naissance d’un de mes fils, et par la parution d’un de mes livres, ce qui, au passage, signifie que j’étais en train d’écrire alors que me parvenaient des critiques pas toujours positives de ce que j’avais écrit.
Tout cela m’a poussé, encore davantage que je ne l’avais prévu, à faire de mon mieux pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Comme « Merveilles du Monde Hurlant », TK2 est un roman baroque, foisonnant, qui raconte un voyage épique au sein d’un univers haut en couleur. Afin d’éviter de m’égarer, je me suis astreint à des relectures approfondies en cours d’écriture, pour corriger ce que je percevais comme des défauts de conception : j’ai supprimé et colmaté beaucoup de personnages, j’ai gommé des intrigues secondaires, recentré le narratif, bref, des travaux fonciers monumentaux.
Une autre préoccupation, qui est apparue en cours d’écriture, c’est que j’ai souhaité faire de ce roman une histoire entièrement compréhensible par elle-même. C’est-à-dire que j’aimerais qu’un lecteur puisse commencer par ce volume sans avoir besoin d’explications supplémentaires, et de surcroît qu’il n’ait pas l’impression d’avoir manqué quelque chose d’important. En parallèle, un lecteur qui aurait effectivement lu « Merveilles du Monde Hurlant » devrait voir dans le nouveau roman une suite, qui fait progresser les personnages. Ces impératifs que je me suis fixés ont considérablement compliqué l’écriture du livre.
À présent, il me reste trois chapitres à écrire, puis une relecture qui s’annonce légère, puisque j’ai déjà mené six campagnes de réécriture profondes. Donc je suis à bout touchant. L’objectif ensuite est de confier le manuscrit à un ou plusieurs bêta-lecteurs, puis de trouver un moyen de le publier, vraisemblablement en auto-édition.
TK2 est le roman « blanc » de la série, il parle de pureté et d’idéalisme (« Merveilles du Monde Hurlant » était le roman « rouge », consacré à la passion), et c’est une grosse fresque épique avec des batailles et du dépaysement.
Le troisième volet de la trilogie du « Monde Hurlant » de Tim Keller est actuellement une longue série de notes, stockées quelque part sur le nuage, ainsi qu’un squelette de plan qui tient plus de l’esquisse que de la colonne vertébrale. J’ai des idées précises sur les personnages principaux, sur les thèmes, sur la structure générale et sur les premiers et les derniers chapitres, mais il me manque encore pas mal d’éléments, et il est trop tôt pour construire sérieusement cette histoire.
TK3 est censé être le roman « noir » de la série, consacré à la mort, au deuil et à la transformation. Il doit être plus court que les deux précédents et aspire à ressembler à un film de Wes Anderson.
J’ai récemment réalisé que deux idées de romans que j’avais eues il y a longtemps et qui étaient, en l’état, incomplètes et inexploitables, peuvent être combinées pour déboucher sur un roman très intéressant. Sans trop en dévoiler, je dirais qu’il s’agit d’un roman d’action historique violent, ou d’un western médiéval uchronique. L’idée est de produire un livre court et très simple, du point de vue du style, du nombre de personnages et de la construction, à mille lieues de mes fresques du Monde Hurlant.
Même si je ne suis pas beaucoup plus avancé sur ce projet que sur TK3, l’idée est de lui donner la priorité.
Il y a une nouvelle que j’ai commencé à écrire il y a longtemps, « Vie et œuvre de Valentine Droxler », que je n’ai jamais terminée. J’ai également une dizaine d’idées très enthousiasmantes pour des nouvelles sur les thèmes les plus divers, que je pourrai me mettre à écrire dès que j’aurai achevé TK2. Fondamentalement, peu de choses me plaisent davantage que d’écrire des nouvelles, mais je n’ai aucun débouché pour celles-ci et personne ne les lit, aussi l’exercice a quelque chose d’un peu vain.
J’ai quelques idées de pièces mais aucun projet et aucune envie particulière actuellement d’écrire pour le théâtre.
J’ai écrit un jeu de rôle rétrofuturiste à l’ambiance soviétique, KOCMOC, prévu pour fonctionner avec mon système META. Une simple relecture et il est terminé.
L’écueil, c’est que pour le diffuser (gratuitement), j’aimerais produire un document bien présenté et correctement mis en page, et l’expérience de META me montre qu’il s’agit d’une activité chronophage et pas très rigolote, ce qui fait que pour le moment, vu que j’ai peu de temps libre et que l’idée de le consacrer à un truc pénible ne m’enchante pas, le jeu prend la poussière sur mon disque dur. C’est dommage, il y a même une très courte nouvelle incluse dans le texte.
L’idée de rassembler et de remanier quelques dizaines d’articles parus sur ce blog pour en faire un eBook me trotte dans la tête, mais j’ignore si c’est une bonne ou une mauvaise idée. Voilà la somme totale de mes réflexions sur le sujet.

La Suisse est un vivier d’autrices et d’auteurs qui œuvrent dans la littérature de genre, sous toutes ses formes: polar, fantasy, romance, science-fiction, roman historique, fantastique, etc… Pour les regrouper et leur donner de la visibilité, certains d’entre eux, dont je fais partie, ont formé le GAHeLiG, le Groupe des auteurs helvétiques de littérature de genre, formellement constitué depuis ce weekend.
À présent, vous pouvez avoir un aperçu des auteurs impliqués et de leurs œuvres à travers un webzine, dont le tout premier numéro vient de paraître. Interviews, profils, chroniques, j’espère que son contenu vous séduira.
Vous pouvez le télécharger ici:
Si vous souhaitez vous abonner à ce webzine et le recevoir gratuitement à chaque parution dans votre boîte mail, il suffit de suivre ce lien.


Le plus grand service qu’on peut rendre à un auteur dont on a apprécié les livres, c’est d’en parler autour de soi.
C’est une vérité qui concerne tous les écrivains, et en particulier les plus modestes, ceux qui ne peuvent pas bénéficier d’un énorme appareil marketing et qui doivent s’appuyer sur le bouche-à-oreilles et la bonne volonté de leurs lecteurs. Il n’y a que de cette manière que l’information se diffuse, que les curiosités s’éveillent, que ceux qui n’avaient pas entendu parler d’un roman peuvent y être sensibles, s’y plonger, et, peut-être, en parler à leur tour.
Il est précieux d’en parler dans son entourage, naturellement. Mais à notre époque, il est tout aussi important de le mentionner en ligne. Pour un auteur, par exemple, un avis sur Amazon vaut de l’or – et certaines promotions sur le site ne sont accessibles aux ouvrages que s’ils ont recueilli un certain nombre de critiques.
Pas besoin de grands discours: quelques mots peuvent suffire, comme on le voit dans l’illustration astucieusement placée ci-dessus. Cette petite attention, c’est quelque chose que tous les auteurs apprécient et qui a des effets mesurables sur le succès ou l’échec d’un roman.
Vous avez lu « La Mer des Secrets »? Si vous avez quelques minutes devant vous, je vous serais très reconnaissant de laisser un mot sur une ou plusieurs des plateformes suivantes:
Naturellement, je prêche pour ma paroisse, mais si vous aimez les livres, il s’agit d’une excellente habitude à prendre en général, quel que soit l’autrice ou l’auteur.
Et puis, au delà de l’aspect promotionnel, pour un auteur, il est enrichissant d’avoir des retours de ses lecteurs, parce que cela ne peut que le motiver, et, en cas de critique, à le pousser à faire mieux la prochaine fois !

« La Mer des Secrets », mon nouveau livre qui vient de sortir, est présenté par l’éditeur comme un « roman fantasy steampunk. » J’aimerais en profiter pour dire deux mots de la question des genres littéraires, qui, selon moi, est un peu différente pour les auteurs de ce qu’elle peut être pour les éditeurs, les libraires ou même les lecteurs.
Où ranger un roman ? C’est la question fondamentale de la classification par genres. Et l’interrogation est pertinente : elle permet à l’auteur et aux lecteurs de se retrouver autour de centres d’intérêt communs. C’est le point de départ du coup de foudre que l’on peut avoir pour un livre.
En ce qui concerne les deux tomes de ma série « Merveilles du Monde Hurlant », le mot « steampunk » figure donc en quatrième de couverture, des éléments d’imagerie steampunk sont inclus sur les illustrations, l’éditeur a fait une partie de sa promotion autour du steampunk et j’ai même été invité à parler de steampunk à la maison Jules Verne à Amiens.
Tout cela, d’ailleurs, ne vient pas de nulle part. C’est soutenu par le texte. Dans « La Ville des Mystères », on aperçoit des dirigeables, on évoque des usines, il y a une journaliste buveuse d’absinthe qui écoute du jazz, un oiseau mécanique, et un assassin qui brandit un mousquet. Dans « La Mer des Secrets », une partie de l’intrigue tourne autour d’un grand bateau à vapeur, il y a une embarcation amphibie montée sur des pattes articulées et tout se termine sur un gratte-ciel. En plus, la question de la contestation sociale, qui, pour moi, est centrale dans tous les genres littéraires « punk », est au cœur de l’histoire.
Cela dit, certains lecteurs m’ont fait le reproche d’avoir été, en quelque sorte, trompés sur la marchandise. Ils attendaient un roman de steampunk plus pur. Or, je n’aime pas la pureté – je suis même en train d’écrire un livre à ce sujet.
Après tout, il y a aussi le mot « fantasy » imprimé dans le résumé, et on trouve dans ce roman une magicienne qui manipule les plantes, un trois-mâts dont les voiles sont tissées par des araignées, une antique espèce dont les membres se présentent sous la forme de poissons volants, une île qui ne devient visible que lorsqu’on l’approche par un cap bien précis, et plein d’autres éléments qui n’ont rien à voir avec le steampunk. On trouvera aussi, çà et là, des emprunts à la science-fiction, comme cette jeune femme dont le cerveau contient les individualités de quarante-sept personnes différentes, et qui n’est rien d’autre qu’un motif courant dans la littérature transhumaniste.
Bref, « Merveilles du Monde Hurlant » est difficile à classer dans un genre en particulier, voire même dans deux. J’ai toujours aimé le mélange des genres, et pour moi, les littératures de l’imaginaire n’ont d’intérêt que lorsqu’elles laissent les idées de toutes sortes s’épanouir. Il n’y a plus grand-chose de fantastique dans une épopée héroïque avec des elfes et des dragons ; de même, à force de se reposer constamment sur les mêmes motifs, le steampunk tourne souvent à vide. En franchissant les frontières des genres, on peut retrouver quelques fulgurances d’imagination propres à séduire les lecteurs qui apprécient ce genre de choses.
Au final, ma duologie « Merveilles du Monde Hurlant » est un ornithorynque. On n’en voudra à personne d’être déçu qu’il ne soit ni castor, ni canard. J’aurais tendance à rapprocher ce texte du mouvement « new weird », mais l’étiquette est incompréhensible pour les lecteurs francophones et n’a donc pas grande utilité. Bref, oui, « fantasy steampunk », c’est assez juste.