Critique: Fable – La Quête de l’Oiseau Noir

 

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Dans un royaume fantastique, une jeune fille qui aime bien la bagarre, un voleur qui songe à changer de vie, un détective haut comme trois pommes, un chasseur à la recherche de sa sœur et une jeune prêtresse naïve vont vivre chacun des aventures rocambolesques qui vont s’entrecroiser et se compliquer jusqu’à ce que tout cela forme au final une belle grosse quête bien épique.

Titre : Fable – La Quête de l’Oiseau Noir

Auteur : Lucien Vuille

Éditeur : Stellamaris

C’est rare d’avoir à faire ce constat, mais « Fable » est un roman plus réussi que nécessaire.

Parce qu’en réalité, le lecteur qui découvre les premières pages du livre se rend vite compte dans quel genre il se situe : on entre dans un univers médiéval-fantastique humoristique-mais-pas-seulement, parodique-mais-pas-toujours, quelque part entre Terry Pratchett, Naheulbeuk et Wakfu. C’est très marrant, on rit fréquemment à haute voix des nombreuses trouvailles comiques de l’auteur, et franchement, si c’était tout ce que ce roman avait à offrir, on serait déjà tout à fait satisfait.

Peu à peu, pourtant, l’auteur nous fait comprendre qu’il n’a pas du tout l’intention de se contenter de ça. Les cinq personnages que l’on suit au départ, et dont on s’imaginait qu’on allait les suivre dans des aventures au long cours, sont vite rejoints par toute une galerie d’autres personnages hauts en couleur, tous très mémorables, dont les destinées se croisent et se défont dans tous les sens, et, au moment où l’on pense avoir saisi où l’histoire va nous emmener, un coup de théâtre débarque de nulle part et rebat les cartes de façon inattendue, puis un autre, puis encore un autre, et ainsi plus ou moins jusqu’à la dernière page.

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La maîtrise narrative de Lucien Vuille est impressionnante : il nous propose une trame complexe, faite d’intrigues secondaires qui semblent avoir des ramifications à l’infini, et continue à ajouter des personnages presque jusqu’à la fin du livre, et jamais on ne perd le fil, jamais la branche ne ploie sous le poids des mots. Tout cela a l’air élémentaire.

Autre qualité : le niveau d’inventivité est extrêmement élevé. On aurait pu, ici, se contenter d’idées réchauffées, en particulier dans la mesure où l’on s’attend à tomber dans une parodie, mais non, chaque personnage a quelque chose d’unique, chaque situation est imprévisible. La palme au personnage de la cuisinière du roi, une matrone dont on découvre rapidement qu’elle est capable de faire grandir sa cuillère et de s’en servir comme d’une arme… ou comme un moyen de transport. Et ce n’est que la première d’une très longue série de surprises – je ne mentionnerai pas ce qu’elle est capable de faire avec sa langue.

Haha ! La langue, justement. Le livre se lit très facilement, dans un style souvent simple, mais qui s’autorise régulièrement quelques savoureuses pépites de style. Les dialogues des personnages sont soignés, tous s’exprimant de manière singulière, avec quelques morceaux de bravoure au niveau des jeux de mots, ainsi que quelques passages en vers, parce que, après tout, pourquoi pas ? L’auteur, qui est Suisse romand, ne recule pas devant l’usage des régionalismes, ce que je trouve rafraîchissant. Il a par ailleurs un don extraordinaire pour nommer les gens et les choses.

Si les fils narratifs convergent agréablement vers une fin satisfaisante, certaines des intrigues secondaires ne mènent nulle part, peut-être afin d’être développés dans d’autres livres. C’est le seul élément qui m’a laissé un peu sur ma faim : même s’il y a deux autres volumes de « Fable », j’aurais bien aimé que celui-ci soit entièrement autosuffisant. Mais on touche ici davantage à mes préférences personnelles qu’à une critique.

Au final, « Fable – La Quête de l’Oiseau Noir » est à la fois un des livres les plus drôles que j’ai lu depuis longtemps, et un des meilleurs romans d’heroic fantasy qui me soit passé entre les mains depuis belle lurette. Il faut le lire.

 

L’interview: Gilles de Montmollin

Il aime les belles histoires, les grands voyages et le bon vin. Gilles de Montmollin est un écrivain actif en Suisse romande, qui a signé sept livres à ce jour. Il a pris une retraite anticipée pour se consacrer à l’écriture. Thrillers, polars, roman historique, nouvelles: il décline son talent sous différentes formes. Il est membre, comme moi, du GAHeLiG, le groupe des Auteurs helvétiques de littérature de genre.

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A t’entendre parler de l’écriture, on a l’impression que pour toi, le pire des péchés pour un écrivain, c’est d’ennuyer ses lecteurs. C’est juste ?

Tu as fort bien entendu ! Effectivement, comme les autres loisirs, je conçois la lecture de romans comme un plaisir. D’ailleurs, écrire un ouvrage plaisant n’interdit pas à son auteur de faire passer un message profond, et je ne vois pas pourquoi un livre profond devrait être ennuyeux. Cela dit, il m’arrive de lire des livres sans plaisir, parce que le thème m’intéresse, que je connais son auteur, ou encore parce qu’on a prévu d’en débattre en groupe. Parfois, ces livres ennuyeux m’apprennent des choses utiles. Je constate aussi que certains écrivains veulent à tout prix être originaux, pour apporter quelque chose de nouveau. Mais, si cette nouveauté apporte l’ennui, alors c’est raté. Donc, fondamentalement, la première mission d’un écrivain est de procurer quelques heures plaisantes à ses lecteurs.

Et toi ? Tu fuis l’ennui dans l’écriture ? Qu’est-ce que ça t’apporte ?

Non, je ne fuis pas l’ennui parce que j’ai passé les 45 premières années de ma vie sans l’écriture, et sans m’ennuyer pour autant. Alors pourquoi j’écris ? D’abord parce que j’aime me raconter des histoires, imaginer des situations, les vivre et, en fin de compte, m’inventer une autre vie. Ensuite, parce que le travail de « fabrication » d’un roman me passionne et m’enrichit : pour rendre mes histoires crédibles, j’ai dû étudier la plongée sous-marine, m’informer sur la résilience, démonter les rouages du financement du Parti national-socialiste, m’immerger dans le monde des pilotes de l’Aéropostale, apprendre à piloter – théoriquement – un Zeppelin…  J’adore !

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Tu écris des romans pleins d’aventures et de rebondissements. L’intériorité, la contemplation, le quotidien te passionnent moins ?

Bonne question ! L’intériorité, la contemplation et le quotidien m’intéressent aussi. D’ailleurs, ma vraie vie est faite de cela. Un romancier a forcément une vie intérieure intense. Après, lire l’histoire d’un contemplatif à vie intérieure intense ne me passionne pas. Et comme je n’aime pas imposer aux autres ce que je ne voudrais pas qu’ils m’imposent, je n’écris pas ce genre de livre. Cela dit, j’adore, l’espace d’une page ou deux, me plonger dans le monologue intérieur de mon héros, vivre ses élucubrations et les partager avec les lecteurs. Mais, pour moi, ça ne fait pas l’essentiel d’un roman.

Tes écrits sont marqués par la mer, par le voyage. Te sens-tu proche des écrivains-voyageurs ?

Pas tellement. Dans ma compréhension, l’ossature du livre d’un écrivain-voyageur, c’est son ressenti du voyage. Il peut évidemment un peu romancer son récit, grossir certains éléments pour créer une sorte d’intrigue, mais le voyage reste la composante essentielle. Dans mon cas, le voyage sert de décor à l’intrigue. Le ressenti du voyageur peut enrichir l’histoire, mais il n’en est pas l’élément principal. Cela dit, j’aime accomplir les voyages de mes héros, avant d’écrire mes romans. Même si je ne trouve pas toujours la possibilité de le faire.

Tu as étudié la géographie, est-ce qu’il en reste quelque chose dans ton œuvre ?

Justement, l’envie de placer mes romans sous différents cieux. Cela constitue un prétexte à un voyage, lorsque je pars en repérage. Dans d’autres cas, c’est le fait de ressentir fortement un paysage au hasard d’un voyage qui me donne l’envie d’y placer une scène. Je crois que mes descriptions de paysages doivent encore quelque chose à mes lointaines études. À noter que j’écris aussi des romans locaux.

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Certains de tes romans se situent à d’autres époques. Quel rôle jouent les recherches dans ta démarche créative ? L’exactitude, c’est important ? Est-ce que tu t’autorises quelques libertés vis-à-vis de la réalité historique ?

Écrire un roman situé dans le passé, c’est pour moi une manière de remonter le temps. J’adore ! Et une partie du plaisir consiste à retrouver les détails de la vie quotidienne à l’époque, et à tenter d’éviter les anachronismes, même peu évidents : par exemple, utiliser une lampe à pétrole avant 1853 (j’ai pourtant vu un historien-romancier le faire) ou, comme dans « Django unchained », situé en 1858, employer un fusil Henry (1860) ou de la dynamite (1867). En revanche, l’intrigue n’est, elle, souvent pas historique. Mais si je fais apparaître des personnages historiques, je m’assure que cette apparition soit plausible. À la fin de mes romans, je mets parfois une note pour permettre au lecteur de distinguer les éléments réels de ce que j’ai inventé.

Dans le passé, tu t’es essayé au roman-feuilleton, publié dans la presse. Qu’est-ce que tu retires de cette aventure ?

En réalité, il ne s’agissait pas de feuilletons que j’aurais écrits de jour en jour, mais de la parution sous forme de feuilletons de romans déjà publiés. Une expérience sympathique : chez moi, la lecture d’un feuilleton m’offre un rendez-vous quotidien avec quelques minutes de détente et je me plais à imaginer que ceux qui ont suivi mes feuilletons ont eu ces petits rendez-vous.

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Tu fais partie du GAHeLiG, le Groupe des Auteurs Helvétiques de Littérature de Genre. Y a-t-il selon toi quelque chose de typiquement suisse dans ton approche de l’écriture ?

Tu me poses une colle ! En fait, je ne ressens pas de spécificité helvétique dans la littérature de notre pays, peut-être parce je ne vois pas beaucoup de ressemblances entre les auteurs, même ceux qui pratiquent le même genre. Au contraire des Nordiques, qui affectionnent souvent un rythme lent et un climat dépressionnaire. En ce qui me concerne, l’approche polar/roman de voyage s’inspire d’écrivains anglais, peu connus en Suisse, comme Hammond Innes, Bernard Cornwell ou Sam LLewellyn.

Un conseil, une suggestion à ceux qui te lisent et qui ont envie d’écrire ?

Pour écrire une nouvelle – ce serait mieux de commencer par ça –, il suffit d’en avoir envie et de se souvenir que la chute est essentielle. Pour s’attaquer au roman – c’est par là que j’ai commencé ! – la condition majeure est d’être capable de se discipliner (avec moi, ce n’était pas gagné !), parce que le travail solitaire est long. Et, une fois que tu as terminé, tu dois apprendre à vivre avec le fait que tu ne sauras jamais précisément ce que « vaut » ton bouquin. D’abord parce que, contrairement au domaine sportif, il n’y a pas d’échelle objective. Ensuite parce que rares sont ceux qui oseront te faire des critiques sincères.

C’est quoi, pour toi, un bon style romanesque ?

Dans un roman d’action, l’écriture n’est pas une fin en soi : elle constitue un moyen de transmettre les émotions et le ressenti de l’auteur à ses lecteurs. Une interface, en fait. Pour cela, un style sobre, avec des phrases courtes, des mots simples et précis, est le plus efficace. En outre, j’apprécie rarement les métaphores et les figures de style en général. Dans ces cas, je me dis : « toi, tu te la joues écrivain », et ça me sort de l’action.

Tu as signé des nouvelles et des romans. Est-ce que ce sont des plaisirs différents pour toi ? Qu’est-ce qui fait que tu destines une idée à un roman plutôt qu’à une nouvelle, et inversement ?

Oui, ce sont des plaisirs différents. J’écris des nouvelles pour des rencontres avec d’autres auteurs, où chacun amène un texte court. C’est un amusement. J’ai aussi participé à quelques – rares – concours. Mais pour moi, le vrai plaisir réside dans le roman, où je peux développer une intrigue comme je les aime, genre polar. Donc si j’ai une idée de polar, je la garde pour un roman. Si c’est une petite histoire de la vie, une réflexion, une émotion, une idée à défendre, je la prends pour une nouvelle.

Est-ce que tu as l’impression d’apprendre encore, de progresser en tant qu’auteur ?

Autre bonne question ! Oui, j’apprends et je progresse. Mais j’ai aussi l’impression que mes derniers acquis prennent la place de ce à quoi je faisais attention avant. Donc que je régresse en même temps que je progresse. Dans tous les cas j’évolue – un peu trop lentement à mon goût – et j’ai du plaisir à explorer les différents aspects du métier.

Gilles a accepté de nous livrer ses « Dix commandements »: les règles qui guident son écriture et qui, je pense, sont très intéressantes pour les lecteurs de ce blog:

  1. Tu imagineras une intrigue avec enjeux, tensions, suspense et chute.
  2. Tu façonneras des personnages (un peu) fêlés et évolutifs.
  3. Tu structureras ton histoire en scènes, parfois séparées par une courte narration.
  4. Tu te documenteras sur tout ce que tu évoques : objets, situations, métiers, sports, pays, époque…
  5. Tu esquisseras les décors et les ambiances, sans t’y complaire, en recourant au moins à un ou deux des cinq sens.
  6. Tu montreras les choses au lecteur, tu ne lui diras rien, comme au cinéma[1].
  7. Tu alterneras dialogues, monologues intérieurs, actions et descriptions.
  8. Tu écriras des phrases courtes, avec des mots simples, concrets, précis.
  9. Tu te méfieras des adjectifs, des adverbes, des métaphores, des empilements et des effets de style en général.
  10. Tu te souviendras que les mots constituent un moyen de faire vivre une histoire au lecteur, pas une fin en soi.

[1] Show the readers everything, tell them nothing, Ernest Hemingway

 

L’interview: Lionel Truan

Auteur, et dessinateur dans une entreprise horlogère, Lionel Truan vit dans le canton de Genève, en Suisse. Il a signé un premier roman dont l’action se situe dans un monde après l’apocalypse, « Le Monde de Demain. » Il est membre, comme moi, du GAHeLiG, le groupe des Auteurs helvétiques de littérature de genre.

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L’amorce de ce roman, c’est un scénario pour un jeu grandeur nature. Comment est-ce que tu es passé d’une expérience ludique à une expérience littéraire ?

Premièrement, disons que, pour réussir à imaginer et à créer un scénario de jeu grandeur nature, il a fallu passer par la phase « d’écriture », la plus importante à mes yeux. Les points clés, les énigmes, le décor, les joueurs, le rôle de chacun, la mise en scène et les objets m’ont demandé de faire travailler mes méninges à 200%. Si je n’avais pas écrit la trame, il aurait été impossible de réussir ce projet. Pour moi, si les règles sont définies sur papier et qu’elles sont carrées, alors le reste suit. Deuxièmement, l’événement qui m’a propulsé vers une expérience littéraire et qui m’a énormément bouleversé, est le décès de ma tante. La mère de celui pour qui j’ai créé le jeu grandeur nature. Elle était déjà très malade à cette époque et elle me demandait souvent de lui montrer l’état d’avancement du jeu pour son fils. Lorsqu’elle nous a quittée, le jeu n’était pas terminé et j’ai regretté qu’elle ne puisse le voir achevé. J’ai alors eu un déclic et l’écriture d’un roman m’a traversé l’esprit. J’ai sauté sur mon clavier, des idées plein la tête et je me suis lancé.

Le jeu, c’est quelque chose d’important pour toi ? Le jeu vidéo Fallout est cité dès les premières pages…

J’aime jouer, autant sur la console qu’à des jeux de plateau en famille ou entre amis. Je suis fan des jeux grandeur nature et des escapes games. Concernant le jeu Fallout, je dois l’admettre, il est mon favori. Je peux m’y plonger sans jamais être rassasié par ce que le décor et le monde me proposent. Ce qui me fait l’apprécier autant, c’est ce mélange année 50 et technologie futuriste. C’est une sorte de paradoxe qui se marie à la perfection, selon moi.

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Est-ce que tu avais déjà été tenté par l’écriture romanesque auparavant ? Est-ce qu’il y a des projets inachevés qui dorment dans tes tiroirs ?

Je n’avais jamais été tenté par l’écriture romanesque cependant, durant dix ans j’ai écrit mais d’une manière différente. Durant cette période j’ai fait du rap, je buvais rap, mangeais rap, je vivais rap mais surtout j’écrivais tout mes couplets. J’essayais de faire passer des messages à travers mes morceaux sans jamais être trop vulgaire. Avec mon groupe, on souhaitait avant tout montrer au gens qu’ils se faisaient une mauvaise opinion de ce style musical et nous avons réussi notre défi. Notre musique se laissait écouter, même les plus âgés appréciaient.

C’est un roman qui met en scène notre civilisation après l’apocalypse. Est-ce que la fin du monde, c’est un thème qui te hante ?

L’apocalypse me fascine en réalité. Loin de moi l’idée de vouloir arriver à cette fin catastrophique pour l’humanité mais je dois l’avouer, je serais curieux de voir comment l’homme arriverait à se relever si cela devait se produire. Vu les agissements de l’homme en notre temps, je ne serais pas étonné que nous en arrivions là. Qu’est ce qui me fascine ? Simplement de voir que dans chaque scène post-apocalyptique la nature reprend ses droits et je trouve cela beau.

En général, la littérature postapocalyptique est sombre. Ton protagoniste, Elliott Runan, est pourtant quelqu’un de plutôt optimiste. Pourquoi ce choix ?

J’ai voulu montrer aux lecteurs, que même lorsque tout semble perdu, il y a un espoir, si on y croit. J’ai un vécu chargé malgré les apparences et mon âge. Je suis né, atteint d’une maladie cardiaque, la tétralogie de Fallot. Je suis une personne qui, normalement n’aurait pas dû survivre et pourtant je suis là. Je pense que malgré les circonstances, réalité ou monde postnucléaire, il ne faut jamais abandonner et se battre pour pouvoir espérer vivre et être heureux. C’est le choix que j’ai fait pour ce personnage.

Est-ce que qu’Eliott, c’est un peu toi ?

Je dirais qu’il est celui que je souhaiterais devenir si le monde partait en vrille.

Qu’est-ce qui différencie selon toi ton roman d’autres univers postapocalyptiques ?

A travers ce roman, j’ai voulu faire passer des messages sur ce qu’il se passe à notre époque. J’ai souhaité avertir et faire prendre conscience aux lecteurs de la chance qu’ils ont de pouvoir apprécier la vie telle qu’elle se présente. Je suis une personne très spirituelle et j’espère avoir pu apporter quelques aides ou réponses aux lecteurs, à travers les passages plutôt philosophiques du personnage principal.

Tu as dessiné quelques illustrations qui accompagnent le roman. Qu’est-ce que ça apporte, selon toi, de marier textes et dessins ?

J’aime dessiner, c’est indéniable. Puisque j’ai pris goût à l’écriture, je me suis dit « pourquoi ne pas intégrer quelques dessins » ? Pour apporter ma touche personnelle. Ce que je sais, d’après les retours que j’ai eus, c’est que les gens ont apprécié ce petit plus.

Le livre est écrit au passé composé, une volonté de le rapprocher du style d’un journal de bord ?

Totalement. Le livre se veut être le journal de bord d’Elliot. Mon objectif était de rapprocher le lecteur au plus prés du personnage principal pour qu’il se sente imprégné par cette histoire.

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Tu as une solide expérience de rappeur. Est-ce que le fait d’avoir déjà écrit t’a aidé à te lancer dans un roman ?

En effet, je pense que le fait d’avoir écrit pendant dix ans des textes m’a beaucoup aidé. Bien sûr, la structure d’un morceau de rap est complètement différente et bien plus proche de la poésie, s’il est bien rédigé.

Quelles sont selon toi les points communs et les différences entre l’écriture rap et l’écriture de fiction ?

L’écriture d’un roman est à faire avec une autre approche, cela demande d’avoir une construction plus précise, une structure prédéfinie, des passages clés et des personnages au caractère bien spécifique. Les textes de rap se construisaient de façon plus spontanée. Il suffisait d’avoir une instrumentale, un thème et de l’inspiration pour sortir des rimes et des punchlines bluffantes.

Le point commun, je dirais une imagination débordante et une envie de faire les choses proprement.

Est-ce que des éléments de la culture hip-hop se sont glissés dans ton roman ?

A vrai dire pas tellement, voir même pas du tout. J’ai vraiment voulu me défaire de ce coté musique pour me consacrer au côté roman. Je ne veux pas que l’on assimile Bido (mon blaze de rappeur) à Lionel Truan l’auteur. Ce choix était réfléchi.

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Tu fais partie du GAHeLiG, le Groupe des Auteurs Helvétiques de Littérature de Genre. Y-a-t-il selon toi quelque chose de typiquement suisse dans ton approche de l’écriture ?

Typiquement Suisse, dans l’approche je dirais, non, mais dans le roman je dirais oui. L’histoire se passe uniquement en Suisse, peut-être que certaines expressions du pays se sont glissées dans le livre. Je parle de lieux réels dans le roman, les Helvètes qui le liront ne pourront qu’être transportés à travers une Suisse dévastée.

Un conseil, une suggestion à ceux qui te lisent et qui ont envie d’écrire ?

Si tu as des rêves, comme d’écrire un livre, alors donne en toi les moyens et fais-le. Ne te pose pas trente mille questions. Tu as des idées, une imagination à toute épreuve, alors écris. N’écoute pas les haineux et les gens qui pensent que c’est une mauvaise idée. N’écoute que ton cœur et Fonce ! Tu n’as rien à perdre, tout à apprendre.

« Le Monde de Demain » est conçu comme une série, ce qui appelle une ou plusieurs suites. À quoi vont-elles ressembler ?

Le Tome 2 est en pleine écriture, j’ai prévu 3 livres pour cette série. Ils seront tous sous forme de carnet de bord et le ou les personnages devront affronter leur réalité. La réalité que le leur monde est bien dévasté, peuplé de créatures et d’humains qui ont perdu la raison. Garderont-ils espoir ? L’humanité pourra-t-elle reconstruire, pour un avenir meilleur ? Je ne peux vous le dire, sinon ce serait du spoil.

Au-delà de ça, est-ce que tu as d’autres projets d’écriture ? Dans d’autres genres ?

J’ai participé à quelques concours littéraires en Suisse, afin de tester mes capacités à écrire des nouvelles. C’est un bon exercice je trouve. Plus sérieusement, oui, j’ai des idées de roman de genre différent. J’ai déjà prévu un roman futuriste en one shot qui parlera de meurtre et voyage dans le temps. Sinon, j’ai quelques pistes pour d’autres histoires mais pour l’heure, chaque chose en son temps. Le monde de demain reste ma priorité.

 

Un magazine pour la littérature suisse de genre

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La Suisse est un vivier d’autrices et d’auteurs qui œuvrent dans la littérature de genre, sous toutes ses formes: polar, fantasy, romance, science-fiction, roman historique, fantastique, etc… Pour les regrouper et leur donner de la visibilité, certains d’entre eux, dont je fais partie, ont formé le GAHeLiG, le Groupe des auteurs helvétiques de littérature de genre, formellement constitué depuis ce weekend.

À présent, vous pouvez avoir un aperçu des auteurs impliqués et de leurs œuvres à travers un webzine, dont le tout premier numéro vient de paraître. Interviews, profils, chroniques, j’espère que son contenu vous séduira.

Vous pouvez le télécharger ici:

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Si vous souhaitez vous abonner à ce webzine et le recevoir gratuitement à chaque parution dans votre boîte mail, il suffit de suivre ce lien.

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On fait le bilan – 2018

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Le temps passe et passe et passe et beaucoup de choses ont changé. Qui aurait pu s’imaginer que le temps se serait si vite écoulé ?

Comme à peu près tous les blogueurs de la planète, en particulier les blogueurs-auteurs, il est temps de passer en revue, avec un poil de retard, les moments forts de l’année 2018 qui vient de s’écouler.

Sur le plan personnel, 2018, c’est l’année de la naissance de notre troisième garçon. Naturellement, il s’agit de l’événement qui éclipse tous les autres, et donc je pourrais m’arrêter là que l’évocation de cette année me paraîtrait complète.

Mais ceci n’est pas mon carnet de notes personnel. Sur un plan plus littéraire, 2018, ça a été l’année de la sortie de mon deuxième livre, « La Mer des Secrets« , qui complète la duologie de fantasy steampunk « Merveilles du Monde Hurlant » aux Editions le Héron d’Argent. C’est la fin d’une très belle aventure et d’une jolie part de mon existence.

J’ai eu l’occasion en novembre de rencontrer les premiers futurs lecteurs de ce premier tome à Mon’s Livre en Belgique, et que les lecteurs du premier volume me fassent leurs retours, ce qui était une expérience très enrichissante. Cela a comme toujours été une joie de rencontrer mes collègues autrices et auteurs à cette occasion. J’aurai vraisemblablement l’occasion de faire quelques autres apparitions dans des salons ces prochains mois, histoire de boucler la boucle. J’ai également été interviewé à la radio pour parler de mon livre.

Malgré tout, « La Mer des Secrets » n’aura pas été mon unique actualité littéraire en 2018. J’ai suspendu au printemps l’écriture de la suite des Merveilles du Monde Hurlant, parce qu’il aurait été trop frustrant de la terminer avant la sortie du bouquin. Cela m’a donné le temps de me consacrer à quelques autres projets.

En particulier, j’ai mis en forme mon système générique de jeu de rôle, « META », que vous pouvez toujours trouver ici. Les retours ont été très encourageants. J’ai également écrit un décor de campagne qui va avec, intitulé « Kocmoc », mais je n’ai pas encore eu le courage de m’attaquer à sa laborieuse mise en page. Peut-être le ferai-je ces prochains mois.

2018, c’est l’année où j’ai rejoint le GAHeLiG, le Groupe des auteurs helvétiques de littérature de genre. J’ai eu la grande joie de faire la connaissance de certains d’entre eux et de contribuer modestement à quelques apparitions du groupe dans les médias. Nous avons un projet commun pour lequel j’ai rédigé une nouvelle.

J’ai également entamé la rédaction d’une autre nouvelle personnelle, dont l’action se situe dans le Monde Hurlant. Je suis sur le point d’en achever l’écriture, et je dois dire qu’à présent, je ne sais pas trop quoi en faire, ni à qui la faire lire ! Et puis, comme chaque année, j’ai rédigé un conte de Noël pour mes enfants.

Au cours de l’année 2018, le blog a volé de succès en succès. Le nombre de pages vues, mais surtout, le nombre de commentaires et de réactions, grimpe de mois en mois et c’est un grand plaisir de voir que certains en trouvent la lecture agréable ou utile. Mon article « Les huit types de lecteurs » est, sauf erreur, le plus populaire nouveau billet de l’année. Quant au billet qui continue à accumuler, jour après jour, le plus de vues, sans trop que je me l’explique, sans doute à cause d’un référencement positif chez Google, c’est « La structure d’un roman: les chapitres« , lu à ce jour à plus de 3’500 reprises. C’est un peu un mystère.

Merci de votre lecture attentive. Je me réjouis de vivre 2019 à vos côtés.