L’interview : Laurence Suhner

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Même si, comme vous allez le lire ci-dessous, Laurence Suhner ne se considère pas comme une « autrice à succès », elle a ravi de nombreux lecteurs et lectrices avec sa série de science-fiction « QuantiKa », désormais regroupée en un seul volume. L’actualité de cette écrivaine basée en Suisse romande, c’est la sortie d’une nouvelle duologie, intitulée « Ziusudra ».

Ta saga QuanTika se retrouve regroupée en un seul tome. Qu’est-ce que ça représente pour toi ?

Quand je me suis lancée dans QuanTika, je n’imaginais pas directement une saga en plusieurs volumes, mais un gros roman avec des points de vue multiples (de nombreux personnages variés) et moult rebondissements. En avançant, l’histoire a pris de l’ampleur et je me suis rendu compte qu’il serait plus facile de la lire (et de l’écrire !) en deux, voire trois volumes. J’ai donc mis des séparations aux endroits qui me semblaient les plus appropriés, ce qui a donné les trois tomes de la trilogie : Vestiges, paru en 2012 et réédité en poche (Folio-SF) en 2018 ; l’Ouvreur des Chemins, paru en 2013 et réédité en poche en 2019, puis finalement Origines en 2015 (réédition 2019).

Pour moi, l’intégrale rend donc bien compte de mon idée première.

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QuanTika, c’est une trilogie qui change beaucoup de ton et d’ambiance d’un tome à l’autre. Retrouver toute l’histoire dans un seul volume, ça va déboucher sur une expérience de lecture différente ?

QuanTika change de ton et d’ambiance à l’intérieur même des tomes, car le lecteur suit différents personnages avec leurs caractères respectifs et leurs réactions propres aux épreuves qu’ils traversent. La plupart sont intimement connectés à l’univers de Gemma, exoplanète glacée, et sont en proie constante aux aléas du climat et aux catastrophes que la planète subit au cours du récit.

Il y a aussi le point de vue particulier d’Ambre Pasquier, avec ses origines indiennes et son passé refoulé de musicienne, et la résurgence progressive de ses souvenirs d’enfance à Mumbai à mesure que le récit se dévoile. Le personnage d’Ambre, avec son vécu tragique que l’on découvre peu à peu à travers ses souvenirs d’enfance en Inde, donne d’ailleurs son ton sombre et onirique à la trilogie.

Il y a également la voix de Tokalinan, personnage non-humain, que j’ai essayé de rendre le plus étrange possible dans ses pensées et son comportement, ce qui, pour moi, a été l’une des difficultés majeures du roman. Ces deux personnages, Ambre et Tokalinan, on le verra, sont intimement connectés pour la résolution finale de l’intrigue.

Pour moi, rassembler les trois tomes en un seul ne donne pas lieu à une lecture différente, mis à part la gestion du volume en lui-même, d’un poids conséquent. Heureusement, il existe le papier Bible, qui rend le maniement de la bête plus aisé !

QuanTika a failli être une bande dessinée avant d’être un roman. Tu as d’ailleurs une carrière d’autrice de bédé. Est-ce que l’image, la narration séquentielle ont une influence sur ton écriture ?

Oui, absolument.

Je vois mes personnages avant de les mettre en scène, je vois les actions et les scènes également, comme si j’étais au cinéma.

Le dessin est pour moi indissociable de l’écriture. Il m’arrive de storyboarder des scènes, notamment celle, dans le tome 1, où Kya descend dans le gouffre de la Vallée des Ombres. Et je desssine toujours mes personnages avant de les mettre en scène.

Mais la musique joue également une grande part dans mes créations. Mes idées surgissent souvent de la musique, des états d’esprit qu’elle provoque. C’est pour cela que j’aime beaucoup la musique indienne classique, qui joue sur les états d’âme. Mais c’est le rôle de la musique en général : susciter des émotions.

J’ai définitivement une approche « multimédia » de la littérature.

Ce qui m’importe, c’est de raconter une histoire, peu importe sous quelle forme : dessin, écriture, morceau de musique, et parfois le tout mélangé.

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Ton nouveau roman s’intitule « Celle qui sait : Ziusudra » qu’est-ce que tu peux nous en dire ?

Le roman s’intitule Ziusudra et il est divisé en deux tomes : « Celle qui sait », qui va paraître le 21 octobre prochain ; et « Celui qui voit », qui paraîtra en 2022 ou début 2023.

Il s’agit d’une « suite alternative » de QuanTika. On y retrouve certains personnages de la trilogie, mais aussi de nouveaux. L’intrigue est totalement différente.

On pourrait décrire le projet ainsi :une suite inattendue de QuanTika qui emmènera le lecteur dans les arcanes d’une société secrète millénaire ; de la Mésopotamie antique à Novgorod, au nord de la Russie ; et de la Terre au système AltaMira, voire bien plus loin encore. Tout cela sur fond d’univers divergent.

A noter que la fin ultime du diptyque ouvre sur une lecture très différente de toute la trilogie.

Un premier roman primé, réédité en poche, traduit : tu es une écrivaine à succès. Est-ce que c’est comme ça que tu le perçois ?

Hahahaha !

Je crois que ça suffit comme réponse…

Qu’est-ce qui est le plus difficile pour toi dans le processus d’écriture ?

Gérer la vie à côté !

Pour écrire j’ai besoin de calme et d’être totalement connectée à mon univers, ce qui est de plus en plus difficile dans le contexte économique actuel. La crise sanitaire a grandement péjoré la vie des indépendants et des artistes en général, les privant durablement de leurs revenus. Je donnais des cours, mais les arrêts successifs liés aux mesures sanitaires ont rendu les élèves timides. Il faut trouver d’autres moyens de subsistance, beaucoup moins folichons dira-t-on, et qui laissent encore moins de place à l’écriture. Pour moi, écrire est donc de plus en plus difficile, en raison du contexte actuel.

Toi qui a enseigné, entres autres, l’écriture scénaristique, un conseil, une suggestion à ceux qui te lisent et qui ont envie d’écrire ?

Lire, écrire le plus possible, pousser son texte au maximum, toujours se remettre en question, recommencer, persévérer et beaucoup imaginer et rêver. Et surtout, nourrir son imaginaire ! Libre à chacun de trouver sa manière de le faire. Pour moi, c’est la musique, les concerts, l’art, mais aussi la nature, la mer, l’évasion. Et la lecture, bien sûr !

Tu fais partie du Gahelig, le Groupe des auteurs helvétiques de littérature de genre. Y-a-t-il selon toi quelque chose de typiquement suisse dans ton approche de l’écriture ?

A part un attrait très prononcé pour la nature sauvage (montagne, lac et mer), je ne vois pas.

L’interview : Lucien Vuille

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Après François Curchod, on poursuit notre galerie de portraits d’auteurs suisses qui valent le détour sur le site.

Lucien Vuille est né en 1983 à la Brévine, dans le canton de Neuchâtel. Après avoir exercé successivement les professions de fromager, d’instituteur puis d’inspecteur de police et avoir vécu dans plusieurs villes romandes, il retourne dans sa région d’origine pour se consacrer davantage à l’écriture. Les habitués du site ont déjà entendu parler de ses romans de fantasy humoristique « Fable« . « Penalty », qui vient de sortir aux éditions Kadaline, est son premier roman destiné à la jeunesse.

Pourquoi consacrer un roman au football ?

Tous les ingrédients d’un roman intéressant se trouvent dans le monde du football. Rien que dans le récit d’un match, il y a un potentiel épique énorme. C’est d’ailleurs cette dimension que peux endosser le football qui me plaît, qui me pousse parfois à regarder des matchs improbables comme Dnipro Dnipopetrovsk-Mölde en VoD ou me déplacer à Berne pour voir jouer Ferenváros. Certaines parties sont ennuyeuses, c’est un peu une loterie mais souvent, un match de football t’offre tout ce pour quoi ton cœur peut battre : des retournements de situation, des drames, des cliffhangers, des fins tragiques… Il y a quelque chose de pourri au royaume du football mais ce monde en lui-même c’est un feuilleton sans fin : rebondissements, trahisons, records, histoires d’amour… Tout est là.

Quelle est l’origine du projet ?

Malgré la passion qui m’anime au sujet du football – une passion dédiée au ressort narratif des matchs, des tournois, des transferts plus qu’à l’aspect technique ou tactique de ce sport – je n’imaginais pas forcément raconter une histoire dans l’univers. Et puis, mon éditrice s’est manifestée : elle cherchait un auteur prêt à écrire un roman dans le monde du football destiné à la jeunesse. J’ai sauté sur l’occasion, tout d’abord parce que j’adore écrire des histoires et que j’aime le football mais aussi car toutes les planètes étaient alignées : on était en plein confinement, j’avais du temps à revendre et ma tête débordait d’épisodes d’Olive et Tom, de l’École des Champions mais surtout de matchs de football épiques qui m’ont marqué à vie.

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Qu’est-ce que ça représente pour toi, le football ?

Pour être franc, durant la plus grande partie de mon enfance, je n’y comprenais pas grand-chose. J’allais sur le terrain avec les copains, mais j’étais plus occupé à déambuler en m’imaginant des histoires qu’à chercher à suivre le ballon. À l’époque, le football c’était vraiment le domaine de mon père. Il écoutait les matchs de Xamax le dimanche après-midi, à la table de la cuisine, l’oreille tendue vers sa petite radio blanche en plastique. Quand il y avait l’équipe suisse qui jouait, il regardait la Nati à la télévision et la soutenait comme s’il était au bord du terrain, à crier à chaque occasion. C’était mon père le spectacle qui m’intéressait plus que la Nati des années 80. Une fois envoyé au lit, depuis ma chambre de gosse, je pouvais estimer la quantité d’actions de la Suisse aux décibels produits au salon. C’est en 94, quand la Suisse s’est qualifiée à la coupe du monde aux USA, que j’ai commencé à regarder la télévision plutôt que mon père durant les matchs. J’ai découvert les joueurs grâce aux albums Panini et petit-à-petit, j’ai trouvé mes marques. J’ai rattrapé mon retard avec des almanachs, des livres d’or et plus tard je me mettais à jour avec les jeux vidéo, pour connaître la composition des clubs européens.

C’est marrant parce que je me rends compte que j’ai reproduit le même schéma d’héritage avec mon fils ainé. Je le traînais un peu aux matchs, je me doutais qu’il venait plus pour les saucisses à la mi-temps que pour le spectacle mais depuis l’Euro 2020, je remarque qu’il s’intéresse, qu’il me pose des questions sur les règles ou l’histoire du foot. Et c’est lui qui réclame d’aller voir Xamax-Wil, ce qui prouve la sincérité de son intérêt.

J’aime surtout la dimension homérique des matchs, la glorieuse incertitude de chaque partie, les retournements de situations, les remontées fantastiques… Je trouve aussi qu’il y a quelque chose de demi-divin que l’on concède aux vedettes du football et c’est tout aussi épique. Je m’intéresse plus à cette dimension-là plutôt qu’à la tactique ou la stratégie. Je n’y comprends pas grand-chose, je suis un piètre analyste. Par contre, je pense connaître par cœur tous les résultats de la Nati durant les tournois internationaux que j’ai vu, je peux te citer le parcours en club de bien des joueurs et je reconnais l’année d’un maillot de la Suisse. Mais te dire si telle ou telle équipe joue en 4-3-3 ou en 4-5-2, j’en suis incapable.

En outre, le football est le seul sport, à ma connaissance, qui sache – je ne sais comment – toucher l’ensemble de l’humanité helvétique. On l’a vu après la fabuleuse victoire de la Suisse contre la France (28.06.2021, gravé dans nos cœurs). Une semaine après l’événement, tout le monde l’évoquait encore, quel que soit son niveau d’intérêt pour le sport ou le football, son âge ou sa profession, chacun d’entre nous en a entendu parler, et a éprouvé quelque chose.

À part le football, il n’y a aucun sport qui peut rassembler ainsi. Les exploits de Federer sont historiques, on a une chance dingue de suivre sa carrière, l’équipe de Suisse de hockey est arrivée très loin en championnat du monde, Werner Günther est une légende mais aucune de ces superbes réussites n’a rassemblé le peuple suisse comme a pu le faire ce match de football.

C’est un livre pour la jeunesse. Qu’est-ce que tu souhaites que tes jeunes lectrices et lecteurs en retirent ?

Les enfants et les adolescents ont rapidement une sacrée pression sur les épaules. Très tôt, ils sont poussés à trouver leur voie, à découvrir dans quel domaine ils excellent et à exploiter ce créneau. S’ils lisent ce livre, j’espère qu’ils comprennent que personne n’est obligé d’être bon dans un domaine et surtout qu’on n’a pas besoin d’être doué dans une activité pour s’amuser en la pratiquant. C’est terrible d’entendre des jeunes dire des phrases comme « J’adore le foot mais je vais arrêter parce que je suis trop nul ». Ce qui compte, c’est aimer ce qu’on fait, pas d’être le meilleur.

Écrire le football, c’est difficile ? Comment est-ce que tu t’y es pris ?

Les séquences de matchs, c’est effectivement assez difficile à décrire. Pour tout te dire, c’est pire que des combats à l’épée ou des alexandrins. Il y a beaucoup de données à gérer et à transmettre au lecteur : le temps qui s’écoule, l’action, la position du ballon, ce que font les vingt-deux joueurs… Il n’y a pas de secret incroyable, j’ai écrit en imaginant que j’expliquais un match à quelqu’un qui ne l’aurait pas vu, j’ai laissé reposer, j’ai relu et tenté d’y comprendre quelque chose. Au final, c’est un peu toujours la même recette que j’applique :  je suis un tâcheron, j’écris, je relis, je corrige, je continue d’écrire, je relis, je re-corrige….

C’est le tome 1 de « Penalty », cela suppose qu’il y aura au moins un tome 2 ? Le protagoniste va changer ?

C’est le projet de mon éditrice et cela me comble de joie. Il me reste beaucoup de choses à raconter sur Ivo Zyzak, donc il va rester au cœur de l’aventure mais le curseur va sans doute se déplacer sur d’autres personnages, secondaires dans le tome 1, qui prendront un peu plus d’importance dans le deuxième tome.

Néanmoins, même s’il y aura d’autres tomes, je tiens à préciser que ce livre raconte une histoire complète, qui se suffit à elle-même.

La préface est signée Bernard Challandes, qu’est-ce que ça représente pour toi ?

J’ai grandi à la Chaux-du-Milieu, un tout petit village qui a tout de même donné des acteurs importants du football romand : Guillaume Faivre, Sébastien Jeanneret et Bernard Challandes. Depuis toujours, on suit avec intérêt et fierté son superbe parcours d’entraîneur à Yverdon, Servette, Zurich, en Arménie et au Kosovo… En 2009, il a emmené Zürich au titre de champion suisse, c’était beau. Et en plus, il avait son autocollant dans le Panini 95. Surtout, au-delà de ses superbes résultats, j’ai toujours énormément apprécié ses tribunes, prises de position, ses coups de gueules. Il défend les valeurs purement sportives du football. Bernard Challandes, c’est le dernier des Mohicans, il continue de porter la flamme du football sincère, pas celui du fric et des magouilles. Il y a plein de choses horribles dans le football, qui dégoutent les plus passionnés : la dette d’un demi-milliard du FC Barcelone, les Anglais qui refusent leur médaille d’argent, le Real qui offre 200 millions pour un joueur… mais le monde du football est une auberge mal famée dans laquelle passent parfois des princes.  Quand mon éditrice m’a demandé si j’avais quelqu’un en tête pour dédicace, j’ai tout de suite pensé à lui. Je ne voyais personne d’autre, parce que les valeurs que j’espère transmettre à travers mon livre, ce sont les mêmes que Bernard Challandes défend.

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Enseignant, apprenti fromager, policier, auteur : tu as porté de nombreuses casquettes à travers ta vie. Est-ce que tout cela nourrit ton écriture ?

Évidemment, je n’invente rien, je m’inspire de tout ce que j’ai vécu, vu, entendu, lu, regardé, rêvé… Tous ces jobs c’est des expériences, des rencontres, des souvenirs qui abreuvent chacun de mes récits. Je crois que tout ce qu’on écrit nous décrit. On ne fait que de parler de soi.

Ta production est très diversifiée. En plus de « Penalty », on pense à la série de fantasy comique « Fable », ton magazine pulp, de la poésie, des livres dont vous êtes le héros. Est-ce qu’il y a un point commun entre toutes ces activités ?

Je ne veux pas rester cantonné dans un seul genre, tout simplement parce que je veux écrire les livres que j’aimerais lire et que mes intérêts sont nombreux. Tu imagines ne regarder que des polars, jamais de films d’un autre genre ou ne lire que des Stephen King ? Pour moi c’est autant difficile de me cantonner à écrire des histoires dans un seul genre. Le lien entre mes bébés, c’est la passion. J’aime écrire, j’aime chaque étape, quand ça mijote dans la tête, quand ça prend forme sous les doigts… Et quand on est lancé et que les mots sur le papier, ou l’écran, vont plus vite que la pensée. Tu écris des romans, tu connais cette sensation, quand on tape sur le clavier comme on respire, qu’on ne peut plus s’arrêter. C’est comme quand tout d’un coup quelqu’un a lu ton livre et t’en dit du bien… ou bien même juste quand quelqu’un a lu ton livre et t’en parle. Le panard.

Combien d’idées de projets littéraires as-tu encore dans tes cartons ? Des rêves ?

Pléthore ! La saga de fantaisie héroïque « Fable » est toujours en chantier. Mon objectif est de raconter plein d’autres histoires dans ce monde que j’ai créé, de plein de manières différentes. Les trois premiers volumes, j’ai réussi à en sortir un par année, mais le quatrième – un livre dont vous êtes le héros – m’a pris beaucoup plus de temps que prévu. Je suis dessus depuis plus de trois ans ! Néanmoins le cinquième (un recueil de nouvelles) est déjà bien avancé, le sixième est entamé et le septième – qui sera un jeu vidéo – lui aussi. J’ai un roman policier qui a trouvé son éditeur, mais qui patiente dans les tubes. Il raconte mes années passées à la police judiciaire genevoise. Une fois qu’il sera sorti, je terminerai le roman inspiré de mon expérience d’inspecteur de police dans le canton de Neuchâtel. J’écris la vie d’Ulysse en 10’000 alexandrins, en 2022 dans les meilleures librairies, un roman hommage à Star Wars, une sorte de fan-fic assumé. Dès que j’aurais fait un peu d’ordre, j’ai un roman qui traite d’un sujet qui m’horrifie, les fantômes. À côté de ça, j’écris des romans pulps sur commande, sous pseudonyme. Et chaque mois, des nouvelles publiées dans mon fanzine, Pulper Heart. Je crois que j’ai fait le tour.

Quelle est ton approche de l’écriture ? Comment naissent tes projets ?

Il y a de tout, je ne suis pas attaché à des rituels. Certains romans, je les ai écrits du premier au dernier mot sur l’ordinateur, pour d’autres j’ai rempli des cahiers de note et de brouillons. Chaque histoire est planquée, quelque part à l’intérieur de moi, dans la tête et/ou dans le cœur, et je la laisse sortir comme elle veut. Mais globalement, dans un premier temps, je fonce, je raconte l’histoire qui me trotte dans la tête (c’est ce que j’appelle le squelette). Une fois que j’ai terminé ça, je remets le tapis sur le métier à tisser, je relis, je corrige, je peaufine, j’ajoute des machins, je change des trucs. Généralement, les nouvelles et les romans je les écris à l’ordinateur et les poèmes sur des cahiers, mais il y a des exceptions. Ensuite, comme tu l’auras compris, j’ai toujours plein de casseroles sur le feu. Certaines histoires doivent être cuites rapidement, d’autres mijotent pendant des mois ou des années. Mon seul secret, c’est d’écrire, tout le temps, encore et encore.