Une nouvelle : « La dame penchée »

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En ce moment, je caresse l’idée d’écrire un roman d’horreur, autour du thème de la maison hantée. Naturellement, je n’ai aucune expérience dans ce domaine, et c’est d’ailleurs une partie de l’attrait de cette idée à mes yeux : apprendre, et explorer un secteur de la littérature que je ne connais pas bien.

Parmi les étapes qui me mèneront (peut-être) à la réalisation de ce projet, il y a cette courte nouvelle horrifique, « La dame penchée », que je vous propose de découvrir ici.

😱 Nouvelle La dame penchée

Au delà de l’envie de raconter cette histoire, ma motivation ici a été de m’essayer à un certain nombre de techniques et d’éléments de style que je compte utiliser plus tard, en particulier des questions de rythme, de choix de vocabulaire, de méthode d’exposition et de construction du suspense. Si vous avez le temps de lire cette courte histoire et de me proposer des retours, j’en serais très heureux (vraiment, je peux tout entendre).

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« Révolution dans le Monde Hurlant analysé dans [4 Pages pour une narration]

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Avec beaucoup de reconnaissance, je vous encourage à découvrir, si ce n’est pas déjà fait, l’article que Stéphane Arnier consacre sur son site à mon roman « Révolution dans le Monde Hurlant« , dans sa série d’analyses intitulée [4 pages pour une narration].

➡️ Il suffit de cliquer ici ⬅️

Stéphane est un ami et un écrivain dont le talent n’est plus à démontrer. C’est également un des rares auteurs francophones à avoir décidé de prendre à bras le corps la notion de narration, pourtant centrale dans l’écriture romanesque.

Dans sa série [4 pages pour une narration], il prend un livre en exemple, et illustre de quelle manière l’autrice ou l’auteur se sert des règles narratives pour les mettre au service de son histoire. Je ne peux que vous encourager à découvrir tous les billets de la série, ainsi que tout ce que Stéphane Arnier a écrit sur le sujet (et sur d’autres). Paradoxalement, si je ne l’avais pas lu attentivement, sans doute que je n’aurais pas pu écrire les paragraphes qui me valent le plaisir d’être ainsi mis à l’honneur.

Comment ne pas écrire une suite

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J’ai fait de mon mieux lors d’une récente chronique pour vous dissuader de prévoir d’ajouter une suite à votre roman. Si vous êtes de retour, c’est que ça n’a pas fonctionné : non seulement vous persistez à prévoir un tome 2, mais vous venez frapper à ma porte pour me réclamer des conseils.

Soit, je veux bien vous porter secours. Raison pour laquelle cette chronique est intitulée « Comment ne pas écrire une suite. » Vous tenez absolument à inscrire votre nom sur la couverture d’une saga, d’accord, mais ce n’est pas une raison pour faire n’importe quoi. Dans ce domaine, il y a des pièges à éviter.

Pour commencer, mettez-vous dans la tête que la plupart des sagas ne fonctionnent pas du tout comme « Game of Thrones. » La série de GRR Martin, pour autant qu’on puisse en juger sur la foi de ce qui a effectivement été publié, raconte une histoire continue, découpée de manière un peu artificielle en plusieurs volumes. Il s’agit de l’addition des tranches de vie des personnages principaux, dont les intrigues personnelles se conjuguent – ou en tout cas, les lecteurs l’espèrent – pour un jour parvenir à une conclusion. En d’autres termes : pour l’essentiel, « Game of Thrones » fonctionne comme un soap opera, un feuilleton sans fin, et on ne doit qu’au talent de l’auteur qu’il soit aussi palpitant.

La plupart des romanciers n’ont ni ce génie, ni ce luxe. Bien avant la parution du tome 3, lecteurs et éditeurs leurs réclameraient des comptes, exigeant de savoir où on les emmène.

Votre saga est une symphonie, mais chaque mouvement existe pour lui-même

C’est pourquoi, bien souvent, les auteurs de sagas prennent soin de donner à chaque volume une cohérence interne. Oui, peut-être que le manuscrit s’achève par les mots « à suivre », mais l’histoire qu’on nous y raconte a une certaine cohérence, peut être résumée en quelques phrases, comporte un début, un milieu et une fin. Les personnages y suivent un arc narratif au cours duquel ils sont transformés, partiellement en tout cas, un ou plusieurs thèmes sont explorés, et même si l’histoire complète n’est pas terminée, le tome s’achève sur un point de rupture qui procure une certaine satisfaction au lecteur.

Bref, votre saga est une symphonie, mais chaque mouvement existe pour lui-même. D’ailleurs, en général, le lecteur va les découvrir les uns après les autres, parfois à plusieurs années d’écart, et chaque tome va correspondre à un moment différent dans leur vie. Bref, quand vous sortez une suite, vous créez un morceau d’un ensemble plus long, mais avant toute chose, vous signez un livre, qui sera perçu et traité comme tel.

Non, à moins de vous appeler GRR Martin, vous ne pouvez pas développer des intrigues pendant plusieurs décennies en promettant qu’un jour, elles seront conclues. Les lecteurs réclament de bénéficier de temps en temps du sens d’avoir bouclé la boucle, même si l’histoire principale se poursuit. Il faut leur offrir ce sentiment à l’échelle d’un tome. À la fin d’un épisode, il doit arriver quelque chose à vos personnages qui semble plus important que les péripéties qui forment le corps du livre : ils peuvent fêter une victoire d’étape, subir une grande défaite, être transformés ou acquérir un nouveau statut. Autant d’éléments d’intrigue qui donnent l’impression que quelque chose de significatif s’est produit.

La Loi de l’Escalade

Mais lorsque l’on procède de cette manière, on crée des attentes. La principale, c’est ce que j’appelle la Loi de l’Escalade.

Chaque tome doit aller un peu plus loin que le précédent : les enjeux sont de plus en plus importants, les périls auxquels les protagonistes sont confrontés sont de plus en plus grands, leurs triomphes de plus en plus spectaculaires. Si vous ne procédez pas de cette manière, vos lecteurs auront l’impression que l’intrigue fait du surplace.

Par exemple, si l’héroïne de votre saga de fantasy consacre le premier tome de ses aventures à vaincre les brigands qui voulaient prendre le contrôle de son village natal, la Loi de l’Escalade vous commande de lui confier un objectif plus ambitieux la prochaine fois : dans le tome 2, elle libérera tout le conté, puis le royaume entier dans le tome 3, avant de, pourquoi pas, sauver la planète.

Si, à l’inverse, vous placez la barre trop haute d’office, vous risquez de saboter vos propres efforts. Si le protagoniste de votre saga de science-fiction a sauvé l’univers de la destruction dans le tome 1, il va vous êtres très difficile par la suite de le confronter à un enjeu supérieur à cela. Si, dans le tome 2, il se contente de déloger des passagers clandestins cachés dans son vaisseau, cela risque de donner l’impression que le soufflé est retombé. Le contrat auteur-lecteur d’une saga implique que l’on suive la Loi de l’Escalade.

Mais il ne s’agit pas nécessairement d’une escalade des enjeux et des périls. Vous pouvez respecter cette règle d’une autre manière. Une possibilité consiste à étendre le cadre : votre protagoniste voyage davantage et découvre des lieux plus lointains et plus exotiques, ou une nouvelle époque. Vous pouvez également ajouter des personnages, qui vont donner un relief nouveau aux aventures de votre protagoniste (c’est le choix opéré pour le troisième Indiana Jones, qui introduit son père). Le simple fait de rédiger un manuscrit plus long, plus riche ou plus dense que le précédent peut suffire à satisfaire la Loi de l’Escalade.

Il peut être intéressant de changer de couleur thématique à chaque fois

Pour différencier chaque tome d’une série, réfléchissez également à la manière dont vous traitez les thèmes. Il peut être intéressant de changer de couleur thématique à chaque fois, pour donner à chaque volume une personnalité différente. Le premier tome traitera par exemple du passage à l’âge adulte, alors que les suivants pourront s’intéresser à l’injustice, l’honneur, la mort. Même si vous conservez les mêmes personnages et le même décor, et que tout cela s’inscrit dans un ensemble plus vaste, les tomes pris individuellement auront automatiquement une résonance distincte.

Vous pouvez même décliner un thème unique pour toute votre saga, en vous concentrant sur un sous-thème différent dans chaque épisode. Imaginons une série qui traite du thème de la famille : dans le tome 1, le personnage, orphelin, se retrouve au cœur d’un narratif consacré au sentiment d’abandon familial. Alors qu’il s’entoure d’amis très proches, le deuxième tome s’intéressera au thème de la famille recomposée. Un conflit supplémentaire dans le troisième volume mènera à une exploration du thème « Famille, je vous hais », alors que la saga s’achèvera sur une conclusion plus heureuse autour de « Famille, je vous aime. »

Bien menée, une telle déclinaison peut considérablement enrichir non seulement les livres pris individuellement, mais également la série dans son ensemble. C’est ce que fait Stéphane Arnier avec sa saga « Mémoire du Grand Automne », où chaque tome traite d’une étape distincte du deuil.

On coupe tout ce qui n’est pas indispensable

Écrire une suite, c’est savoir quels éléments reprendre du tome précédent, mais aussi lesquels abandonner. Ce n’est pas parce qu’un personnage, un lieu, un événement, une culture, un détail de décor ou une technologie a été décrite dans le tome 1 qu’elle doit obligatoirement l’être à nouveau dans la suite. En règle générale, n’incluez que ce qui est utile à la lecture de chaque volume. On coupe tout ce qui n’est pas indispensable.

Si un élément d’intrigue n’est pas utilisé dans le nouveau livre, il est inutile de le mentionner. Si un aspect de votre monde ne sert à rien dans votre nouvelle intrigue, n’en parlez pas. D’ailleurs, ne revenez pas sur une intrigue close, à moins de vous en servir comme terreau pour faire germer une nouvelle intrigue.

Ça veut dire également que vos personnage secondaires chéris, ceux qui sont arrivés au bout de leur arc narratif à la fin du tome précédent, rien ne vous oblige à les faire apparaître, voire même simplement à les mentionner. Soit vous leur trouvez une utilité dans le nouveau volume, soit vous les oubliez.

Si vous introduisez de nouveaux personnages importants, soyez vigilants de ne pas vous marcher sur vos propres pieds : débrouillez-vous pour que les anciens personnages ne leur fassent pas d’ombre, par exemple en les faisant évoluer à des niveaux différents de l’intrigue. Sinon, les lecteurs qui ont apprécié votre premier tome risquent de bouder ces nouveaux-venus.

D’ailleurs, vos nouveaux personnages, débrouillez-vous pour qu’ils soient distincts des anciens, et qu’ils possèdent chacun leur niche spécifique. Surtout, ne tentez pas de créer des versions plus jeunes, plus cool ou plus puissantes des personnages qui existent déjà, vos lecteurs seraient furieux, et ils auraient bien raison.

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Critique: Le Peuple des Tempêtes

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Plusieurs années après avoir percé à jour le mystère de la catastrophe d’Ekysse (dans « La Cité des Abysses »), Istalle revient sur la planète Thétys, en proie aux prémisses d’une catastrophe écologique et climatique inexpliquée.

Titre : Le Cycle d’Ekysse : Le Peuple des Tempêtes

Autrice : Ariane Bricard

Edition : Autoédité (BOD, ebook)

Il est toujours délicat de rédiger la critique d’un livre où l’on est très aimablement cité en remerciement, mais dans la mesure où ma seule contribution a été de prodiguer quelques encouragements, et que j’ai découvert le texte dans son intégralité comme n’importe quel lecteur, je m’autorise à l’évoquer ici.

L’impression que m’avait laissé le premier tome, c’était que même s’il laissait des questions ouvertes sur l’avenir de la planète aquatique Thétys et des mystérieuses créatures qui la peuplent, il se suffisait malgré tout à lui-même. Le mystère qui servait de colonne vertébrale à l’intrigue était résolu de manière satisfaisante, de même que le parcours personnel d’Istalle, la protagoniste.

Du coup, le défi de ce second tome est intéressant. Plutôt que de proposer un deuxième volet de l’histoire, il se pose ouvertement la question : « Que se passe-t-il après ? » Lorsque l’on a vécu, loin de chez soi, une expérience propre à bouleverser notre existence, qu’on a apporté des réponses à un mystère familial angoissant, quelles en sont les conséquences ? C’est ainsi que commence le roman, qui décrit les années qui suivent la fin du premier volume, où Istalle reconstruit sa vie. C’est une approche originale, parfois efficace, même si cette partie de l’histoire manque d’enjeu. En tant que lecteur, je pense que j’aurais préféré plonger directement au cœur de l’intrigue, quitte à couper les premiers chapitres et à dispenser les informations qu’ils contiennent sous forme de flashbacks.

À partir du moment où la jeune femme retourne sur Thétys, aux côtés de sa fille, le récit décolle rapidement. On y retrouve l’ambiance de science-fiction classique qui avait fait le charme de « La Cité des Abysses », même si cette fois, allez savoir pourquoi, j’ai davantage pensé aux aventures truculentes d’un Jack Vance qu’au explorations intellectuelles d’un A.E. Van Vogt. Peut-être parce que cette fois-ci, on passe davantage de temps à s’intéresser à la faune haute en couleur de cette planète, et que le mystère et la romance sont relégués au second plan. L’angle scientifique, cela dit, est ici très proche de nos préoccupations contemporaines, avec des réflexions écologiques qui servent de fil rouge à l’histoire.

Un autre aspect qui m’a évoqué les incontournables de la SF, ce sont les personnages, en particulier Istalle et celles et ceux qui orbitent autour d’elle. Tous sont très professionnels, honorables et flegmatiques, conservant leur sang froid dans presque toutes les situations, comme l’équipage de l’« USS Enterprise. » Face aux difficultés immenses qu’ils affrontent, en particulier dans la seconde moitié du roman, j’aurais par moment souhaité qu’ils montrent davantage d’émotion. Cela aurait également permis de mieux les distinguer, puisque, comme dans le premier tome, j’ai eu, à certains moments, du mal à me souvenir de certains personnages secondaires.

En même temps, la délicatesse de l’autrice est un des aspects les plus réjouissants du roman, lorsque l’on aborde son style. Celui-ci est léger et faussement simple, d’une grande précision, capable d’une grande force d’évocation en peu de mots, et particulièrement efficace pour décrire les aspects les plus simples de la vie. Sous sa plume, les aspects pratiques de l’exploration et des plongées dans les eaux de Thétys acquièrent un vernis de vraisemblance qui rend ces passages très attachants.

En deux mots, c’est une joie de retrouver Istalle et la planète Thétys, et même si j’ai estimé que le roman aurait pu nous proposer par endroits une narration plus aiguisée, c’est un livre de science-fiction réussi et très agréable à lire.

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Interviewé sur « Ecrire de la fiction »

43r34A l’occasion de la sortie de mon roman « Révolution dans le Monde Hurlant« , j’ai eu la grande chance de dialoguer avec SylVie de « Ecrire de la fiction« , un site que je vous recommande chaleureusement.

Ensemble, nous avons parlé de mon livre, mais aussi et surtout de la place de l’imaginaire dans la littérature, en particulier en fantasy. C’était un entretien constructif et fécond, et je pense que les habitués du « Fictiologue » le trouveront très intéressant. N’hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez, à elle et à moi.

⭐ Vous pouvez lire son article en suivant ce lien.

L’entretien en vidéo figure également ci-dessous: