Se faire interviewer en direct

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Dans un billet précédent, j’ai abordé le thème de l’interview, c’est-à-dire l’interaction de base entre un romancier et un journaliste. Comme je l’avais mentionné, j’avais conservé pour plus tard un cas d’espèce qui fait figure d’exception et qui nécessite qu’on l’examine de manière spécifique : l’interview en direct.

Lorsque vous, auteur, vous contactez un média audiovisuel par le biais d’un communiqué de presse, il est possible que celui-ci vous invite à participer à une émission en live, pour parler de vos écrits. Il s’agit d’un exercice très différent de l’interview en différé, que nous avons déjà examinée, avec des difficultés qui lui sont propres, mais aussi avec des avantages et des inconvénients spécifiques.

Pour commencer : si une radio, une télévision, ou un média en ligne, vous propose une interview en direct, dites oui. Acceptez, même si vous êtes timide, même si vous n’avez jamais fait ce genre de chose, même si vous avez peur de raconter n’importe quoi.

Il y au moins trois bonnes raisons de le faire : premièrement, il s’agit d’une expérience mémorable, qui marquera à coup sûr la campagne de promotion de votre ouvrage, et vous offrira un surcroît de visibilité aux yeux de celles et ceux qui doutent de vous ; deuxièmement, les interviews en direct, en particulier à la radio, sont programmées aux heures de grande écoute, c’est donc l’occasion de toucher énormément de monde ; troisièmement, vos propos ne seront pas raccourcis ni édités, et vous aurez un temps de parole bien plus important que lors de la diffusion d’un sujet préenregistré.

Soyez détendus et profitez de l’instant

Comment se préparer à un rendez-vous de ce genre ? J’aurais tendance à dire qu’il n’y a rien à faire : prêt, vous l’êtes déjà. Si vous avez été invité à une interview en direct, c’est qu’on a envie que vous parliez de ce que vous êtes et de ce que vous faites. Cela ne réclame aucun travail supplémentaire. Soyez détendus et profitez de l’instant. Et habillez-vous correctement : de nos jours, même les radios vous filment.

Mais si vous êtes dans les bonnes dispositions d’esprit pour savoir quoi raconter, il peut être utile de vous renseigner sur le cadre de l’interview. Normalement, le journaliste ou l’animateur qui vous a contacté prendra le soin de vous renseigner à ce sujet, mais si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à poser des questions, et à demander combien de temps dure l’intervention à l’antenne, si elle se fait en une ou en plusieurs parties, combien de personnes vont vous poser des questions, et, le cas échéant, si vous pouvez avoir un aperçu de ce qu’on va vous demander (ça n’est pas toujours possible).

Une interview en direct, c’est une conversation, même si c’est une conversation qui se déroule dans un cadre inhabituel, avec des règles strictes. Mais cela veut dire que, potentiellement, tout ce que vous allez raconter peut donner lieu à une question qui n’était pas prévue, et que, si vous vous montrez bavard, certains aspects de votre roman seront abordés plus longuement que d’autres.

On a tendance à dire que la bonne longueur pour une réponse en radio est comprise entre vingt et quarante secondes (c’est encore plus court à la télévision). Cela dit, à moins que vous ne soyez aguerri à l’exercice, il vous sera très difficile de calibrer votre temps de parole avec une telle précision. Ce que je vous suggère, c’est d’éviter absolument des réponses trop courtes (dix secondes ou moins), qui risquent de mettre l’intervieweur dans l’embarras. Donc si possible, pas de réponses par « oui » ou par « non. » De même, ne vous lancez pas dans des explications interminables – même si, dans ce cas, vous allez probablement vous faire interrompre par les gens qui vous posent des questions.

Il est plus que probable que vous finissiez l’interview avec une certaine frustration

Au cours de ma carrière à la radio, j’ai interviewé des milliers de personnes. Dans leur grande majorité, celles-ci n’avaient aucune expérience de l’antenne. Une crainte fréquemment exprimée, c’est celle de chercher ses mots, de balbutier, de manquer de clarté. Sortez-vous cette idée de la tête : ça n’a aucune importance. Les auditeurs entendront deux personnes parler, et ils ne remarqueront même pas les petites hésitations qui font partie de n’importe quelle conversation naturelle.

Une autre crainte, c’est celle de ne pas parvenir à dire tout ce que vous avez prévu. Celle-ci est bien plus réelle : il est plus que probable que vous finissiez l’interview avec une certaine frustration. Le temps passe très vite quand on est en direct, et on n’a jamais le temps d’aborder tous les sujets qu’on aurait voulu. À l’heure du bilan, on a même tendance à penser davantage à ce qu’on n’a pas dit qu’à ce qu’on est parvenu à dire. Une manière de se réconforter, c’est de penser aux auditeurs ou aux téléspectateurs, qui eux, n’ont sans doute majoritairement jamais entend parler de vous et de vos écrits, et pour qui chacun de vos propos constitue une découverte.

Partant de ce constat, j’ai un conseil. Ayant eu l’occasion d’être moi-même interviewé quelques fois à la radio et à la télévision, je suis arrivé à la conclusion que la tactique gagnante pour un auteur réside moins dans le contenu que dans la manière. Je m’explique : après avoir si longuement travaillé sur votre roman, vous avez sans doute très envie de parler de vos personnages et de votre univers, ou encore des particularités de votre œuvre. Vous pouvez le faire si vous le souhaitez, mais ce qui va retenir davantage l’attention des auditeurs, et donc en faire, potentiellement, de futurs lecteurs, c’est vous. Si, lors de l’interview, vous vous montrez enthousiaste, drôle, de bonne humeur, spirituel et enjoué, vous allez faire passer un bon moment à celles et ceux qui vous écoutent, qui seront dès lors plus motivés à découvrir votre œuvre. En radio, à la télévision, ce n’est pas facile de parler de littérature, mais on peut aisément transmettre l’envie de mieux connaître un auteur. Alors mettez vos appréhensions de côté et ayez la pêche lors du grand jour.

L’interview est en direct, mais elle a également un prolongement différé. De nos jours, presque tous les médias enregistrent leurs contenus en direct et les mettent à la disposition du public sur leur site web ainsi que sur les réseaux. Cela signifie que vous allez pouvoir vous réécouter ou vous revoir (ce qui n’est pas nécessairement agréable), mais aussi que vous allez pouvoir partager l’interview sur vos canaux à vous, sites, groupes, forums, réseaux, afin d’en tirer le meilleur parti promotionnel.

Répondre à une interview

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Dans ses relations avec les médias, une autrice ou un auteur de romans va vraisemblablement, tôt ou tard, être soumis à une interview, qu’il l’ait sollicitée ou non par le biais d’un communiqué de presse. Comme toutes les interactions médiatiques, il s’agit d’un exercice qui mérite qu’on s’y prépare un minimum.

Et pour commencer, ayons les idées claires au sujet des définitions, ça ne peut pas faire de mal. Le mot « interview » renvoie à deux réalités distinctes, que l’on a tendance à confondre.

Pour commencer, il s’agit d’une technique qui consiste à obtenir des informations en posant des questions à un individu. Cette méthode peut être utilisée dans un contexte médiatique : une bonne partie du travail journalistique consiste à recueillir des réponses en posant des questions à des personnes bien informées, et à se servir des infos recueillies pour rédiger des articles, des brèves, des analyses, des témoignages, des portraits, et bien d’autres formes encore. Mais l’interview existe dans un cadre bien plus large : un entretien d’embauche, par exemple, n’est rien d’autre qu’une interview qui porte sur les capacités professionnelles et la motivation d’un candidat à un poste de travail.

La seconde définition du mot « interview » désigne spécifiquement une forme journalistique, qui consiste à présenter sous forme de questions-réponses les informations recueillies par le biais de la technique décrite ci-dessus. L’ambiguïté du terme fait que ce n’est pas parce qu’un journaliste vous interviewe qu’il va publier le résultat de votre entretien sous la forme d’une interview. Et puis il existe également des interviews en direct, auxquelles je vais consacrer un prochain billet.

Mais ici, j’aborde une question utile pour les auteurs, dans leurs relations avec les médias : comment se passe une interview avec un journaliste, qu’en attend-il, comment vous y préparer et que va-t-il advenir de vos réponses ?

Vous ne devriez avoir aucune peine à trouver des réponses

Au fond, pour celle ou celui qui répond aux questions, « interview » est un bien grand mot pour une conversation. Que ce soit face-à-face, par téléphone, ou même par messagerie, par mail ou par vidéoconférence, le journaliste qui vous a contacté va vous poser une série de questions, et vous allez y répondre. Dans certains cas, cela peut prendre pas mal de temps. Les rédacteurs de la presse écrite, en particulier, aiment bien accumuler beaucoup plus d’informations que nécessaire. Si on ne vous en informe pas, demandez combien de temps vous devez prévoir, et aménagez votre agenda en conséquence.

Comme l’entretien porte sur des sujets que vous connaissez par cœur – vous et votre roman – vous ne devriez avoir aucune peine à trouver des réponses. Ce sera le cas pour tout ce qui est factuel – comment s’appelle votre livre, de quoi il parle, ce qui vous a motivé à vous lancer dans l’écriture, etc… – mais attendez-vous également à des questions plus déconcertantes, concernant votre ressenti, ou la signification profonde de votre démarche. Là, parfois vous aurez la réponse, parfois non, et ce n’est pas grave. Le journaliste vous pose ces questions pour ajouter un aspect émotionnel à son papier, pour l’humaniser : il part à la pêche, et ne s’attend pas à ce que ça morde à tous les coups. Ne soyez donc pas désarçonné si les mots vous manquent.

N’hésitez pas à demander ce que le journaliste compte faire de votre entretien. Parfois, il sera publié sous la forme d’une interview, en discours direct ou rapporté. Parfois, les informations recueillies serviront simplement à alimenter un article sur votre livre, voire une critique, ou même simplement une petite brève. Souvent, on pourra vous renseigner assez précisément sur la forme et sur la longueur de l’article prévu, ainsi que sur la date de parution (ou de diffusion). Parfois, cependant, le journaliste n’a pas d’idée précise en tête, et attend vos réponses pour savoir quelle est la meilleure manière de s’en servir.

Quel que soit le résultat, attendez-vous à ce que la grande majorité de votre propos ne figure pas dans l’article ou le sujet produit. Une partie du travail rédactionnel consiste à résumer, à condenser, ce qui peut être frustrant pour vous si vous avez passé deux heures à répondre à des questions pour alimenter un sujet de deux paragraphes. Dans le cas d’une interview radio ou télévisée, il est possible que vous soyez enregistré pendant un quart d’heure et que le seul extrait utilisé au final dure quinze secondes. C’est le jeu. Dites-vous que vos réponses auront permis d’alimenter le reste du sujet et d’en assurer la qualité ; que vous vous adressez, à travers les médias, à un public qui ne vous connaît pas du tout, et que toute information constitue un progrès pour vous ; enfin, il s’agit d’une prise de contact, qui peut déboucher sur d’autres sujets à l’avenir.

Plus longues seront vos réponses, plus elles seront raccourcies

Cela signifie aussi que plus longues seront vos réponses, plus elles seront raccourcies, résumées, montées par le journaliste. Faut-il alors opter pour la brièveté, et vous contenter de répondre à coups de slogans de vingt secondes ? C’est le choix de nombreux politiciens, qui s’arrangent ainsi pour que leur message rentre dans les formats resserrés des médias, en subissant les moins d’altérations possible. Cela peut aussi être le vôtre. Encore qu’un sujet consacré à la littérature soit, par nature, moins sensible qu’un reportage sur le budget d’une collectivité publique, cela ne vous empêche pas de choisir vous aussi une approche ciblée. Le risque, si vous n’avez pas été entraîné pour ça, c’est que vos mini-réponses préparées à l’avance ne soient pas très vivantes, et donc pas intéressante pour le public. Il est également possible qu’à vouloir résumer, vous omettiez vous-mêmes des informations intéressantes. Donc au fond, tout dépend du rapport de confiance que vous parvenez à tisser avec le journaliste.

Si, à la fin de l’entretien, un aspect qui vous parait crucial n’a pas été abordé, ou pas suffisamment, n’hésitez pas à le mentionner : il peut s’agir d’un oubli – rappelez-vous que le journaliste n’a pas la vision d’ensemble que vous avez. La plupart du temps, on vous sera reconnaissant de ce complément, même si cela ne garantit en rien que l’information en question figure dans la version finale de l’article.

De même, il peut arriver que vous soyez recontactés par le journaliste après l’interview. Au moment de rédiger, celui-ci peut réaliser qu’il lui manque une information, ou qu’il a mal compris quelque chose, et va donc vous réclamer quelques précisions.

Si vous avez des questions sur ce sujet, j’y répondrai avec plaisir. Comme je l’ai mentionné, je suis journaliste et auteur, j’ai été des deux côtés de la barrière, et je suis donc à même d’apporter un éclairage et de vous fournir des astuces.

Le Fictiologue se fait tirer le portrait

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« Gratte mon dos et je gratterai le tiens »: c’est le principe universel que les Chinois appellent le guanxi. C’est aussi, quand on a de la chance, ainsi que fonctionne le petit monde des blogueurs, où s’entretissent des liens à base de curiosité et de partage.

J’ai eu l’énorme chance aujourd’hui que ce blog soit choisi par Larry Quo pour en tirer le portrait.

Il est bien sûr très flatteur de lire des choses agréables sur son travail, mais même au delà de ça, je trouve qu’il y a une forme de bienveillance à partager tous azimuts les sujets qui suscitent notre intérêt, sans en attendre de réciprocité. C’est le cercle vertueux qui rend supportables tous les errements du web. Un immense, donc, à Larry. Vous pouvez lire ce qu’il raconte sur « Le Fictiologue » ici.

Et au passage, découvrez les richesses de son blog à lui, notamment son expertise sur la promotion du travail des écrivains, et de précieux documents à télécharger sur les techniques d’écriture et la stylistiques, sans oublier des portraits et interviews d’auteurs.

 

Mes projets

blog mes projets

C’est l’été et le blog fonctionne un peu au ralenti, parce que nous avons tous d’autres choses à faire, aussi je me suis dit qu’il pourrait être intéressant de vous parler de mes projets d’écriture en cours. Certains sont presque finis, d’autres en construction, d’autres encore au simple état de vague souhait, et il n’existe aucune garantie qu’aucun d’entre eux ne parvienne à son terme.

TK2

Pour commencer, il y a ce roman, qui, sur mon disque dur, s’intitule « Briselâme » mais qui ne portera vraisemblablement ce titre une fois que je l’aurai terminé. Je l’appelle aussi parfois « TK2 », puisqu’il s’agit de la suite des aventures de Tim Keller, le personnage principal de mon roman « Merveilles du Monde Hurlant », publié en deux tomes sous les titres « La Ville des Mystères » et la Mer des Secrets. »

L’écriture de ce roman a été très difficile : rédigé sur une longue période – sa rédaction a été interrompue pendant que l’éditeur retardait la parution du deuxième tome du roman précédent – il a également été traversé par la naissance d’un de mes fils, et par la parution d’un de mes livres, ce qui, au passage, signifie que j’étais en train d’écrire alors que me parvenaient des critiques pas toujours positives de ce que j’avais écrit.

Tout cela m’a poussé, encore davantage que je ne l’avais prévu, à faire de mon mieux pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Comme « Merveilles du Monde Hurlant », TK2 est un roman baroque, foisonnant, qui raconte un voyage épique au sein d’un univers haut en couleur. Afin d’éviter de m’égarer, je me suis astreint à des relectures approfondies en cours d’écriture, pour corriger ce que je percevais comme des défauts de conception : j’ai supprimé et colmaté beaucoup de personnages, j’ai gommé des intrigues secondaires, recentré le narratif, bref, des travaux fonciers monumentaux.

Une autre préoccupation, qui est apparue en cours d’écriture, c’est que j’ai souhaité faire de ce roman une histoire entièrement compréhensible par elle-même. C’est-à-dire que j’aimerais qu’un lecteur puisse commencer par ce volume sans avoir besoin d’explications supplémentaires, et de surcroît qu’il n’ait pas l’impression d’avoir manqué quelque chose d’important. En parallèle, un lecteur qui aurait effectivement lu « Merveilles du Monde Hurlant » devrait voir dans le nouveau roman une suite, qui fait progresser les personnages. Ces impératifs que je me suis fixés ont considérablement compliqué l’écriture du livre.

À présent, il me reste trois chapitres à écrire, puis une relecture qui s’annonce légère, puisque j’ai déjà mené six campagnes de réécriture profondes. Donc je suis à bout touchant. L’objectif ensuite est de confier le manuscrit à un ou plusieurs bêta-lecteurs, puis de trouver un moyen de le publier, vraisemblablement en auto-édition.

TK2 est le roman « blanc » de la série, il parle de pureté et d’idéalisme (« Merveilles du Monde Hurlant » était le roman « rouge », consacré à la passion), et c’est une grosse fresque épique avec des batailles et du dépaysement.

TK3

Le troisième volet de la trilogie du « Monde Hurlant » de Tim Keller est actuellement une longue série de notes, stockées quelque part sur le nuage, ainsi qu’un squelette de plan qui tient plus de l’esquisse que de la colonne vertébrale. J’ai des idées précises sur les personnages principaux, sur les thèmes, sur la structure générale et sur les premiers et les derniers chapitres, mais il me manque encore pas mal d’éléments, et il est trop tôt pour construire sérieusement cette histoire.

TK3 est censé être le roman « noir » de la série, consacré à la mort, au deuil et à la transformation. Il doit être plus court que les deux précédents et aspire à ressembler à un film de Wes Anderson.

Roman d’action historique

J’ai récemment réalisé que deux idées de romans que j’avais eues il y a longtemps et qui étaient, en l’état, incomplètes et inexploitables, peuvent être combinées pour déboucher sur un roman très intéressant. Sans trop en dévoiler, je dirais qu’il s’agit d’un roman d’action historique violent, ou d’un western médiéval uchronique. L’idée est de produire un livre court et très simple, du point de vue du style, du nombre de personnages et de la construction, à mille lieues de mes fresques du Monde Hurlant.

Même si je ne suis pas beaucoup plus avancé sur ce projet que sur TK3, l’idée est de lui donner la priorité.

Nouvelles

Il y a une nouvelle que j’ai commencé à écrire il y a longtemps, « Vie et œuvre de Valentine Droxler », que je n’ai jamais terminée. J’ai également une dizaine d’idées très enthousiasmantes pour des nouvelles sur les thèmes les plus divers, que je pourrai me mettre à écrire dès que j’aurai achevé TK2. Fondamentalement, peu de choses me plaisent davantage que d’écrire des nouvelles, mais je n’ai aucun débouché pour celles-ci et personne ne les lit, aussi l’exercice a quelque chose d’un peu vain.

Théâtre

J’ai quelques idées de pièces mais aucun projet et aucune envie particulière actuellement d’écrire pour le théâtre.

Un jeu de rôle

J’ai écrit un jeu de rôle rétrofuturiste à l’ambiance soviétique, KOCMOC, prévu pour fonctionner avec mon système META. Une simple relecture et il est terminé.

L’écueil, c’est que pour le diffuser (gratuitement), j’aimerais produire un document bien présenté et correctement mis en page, et l’expérience de META me montre qu’il s’agit d’une activité chronophage et pas très rigolote, ce qui fait que pour le moment, vu que j’ai peu de temps libre et que l’idée de le consacrer à un truc pénible ne m’enchante pas, le jeu prend la poussière sur mon disque dur. C’est dommage, il y a même une très courte nouvelle incluse dans le texte.

Un livre de conseils

L’idée de rassembler et de remanier quelques dizaines d’articles parus sur ce blog pour en faire un eBook me trotte dans la tête, mais j’ignore si c’est une bonne ou une mauvaise idée. Voilà la somme totale de mes réflexions sur le sujet.

Un magazine pour la littérature suisse de genre

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La Suisse est un vivier d’autrices et d’auteurs qui œuvrent dans la littérature de genre, sous toutes ses formes: polar, fantasy, romance, science-fiction, roman historique, fantastique, etc… Pour les regrouper et leur donner de la visibilité, certains d’entre eux, dont je fais partie, ont formé le GAHeLiG, le Groupe des auteurs helvétiques de littérature de genre, formellement constitué depuis ce weekend.

À présent, vous pouvez avoir un aperçu des auteurs impliqués et de leurs œuvres à travers un webzine, dont le tout premier numéro vient de paraître. Interviews, profils, chroniques, j’espère que son contenu vous séduira.

Vous pouvez le télécharger ici:

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Si vous souhaitez vous abonner à ce webzine et le recevoir gratuitement à chaque parution dans votre boîte mail, il suffit de suivre ce lien.

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Pour soutenir un auteur, parlez de ses livres

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Le plus grand service qu’on peut rendre à un auteur dont on a apprécié les livres, c’est d’en parler autour de soi.

C’est une vérité qui concerne tous les écrivains, et en particulier les plus modestes, ceux qui ne peuvent pas bénéficier d’un énorme appareil marketing et qui doivent s’appuyer sur le bouche-à-oreilles et la bonne volonté de leurs lecteurs. Il n’y a que de cette manière que l’information se diffuse, que les curiosités s’éveillent, que ceux qui n’avaient pas entendu parler d’un roman peuvent y être sensibles, s’y plonger, et, peut-être, en parler à leur tour.

Il est précieux d’en parler dans son entourage, naturellement. Mais à notre époque, il est tout aussi important de le mentionner en ligne. Pour un auteur, par exemple, un avis sur Amazon vaut de l’or – et certaines promotions sur le site ne sont accessibles aux ouvrages que s’ils ont recueilli un certain nombre de critiques.

Pas besoin de grands discours: quelques mots peuvent suffire, comme on le voit dans l’illustration astucieusement placée ci-dessus. Cette petite attention, c’est quelque chose que tous les auteurs apprécient et qui a des effets mesurables sur le succès ou l’échec d’un roman.

Vous avez lu « La Mer des Secrets »? Si vous avez quelques minutes devant vous, je vous serais très reconnaissant de laisser un mot sur une ou plusieurs des plateformes suivantes:

Sur Amazon

Sur le site de l’éditeur

Sur Goodreads

Sur Babelio

Sur Booknode

Sur Livraddict

Naturellement, je prêche pour ma paroisse, mais si vous aimez les livres, il s’agit d’une excellente habitude à prendre en général, quel que soit l’autrice ou l’auteur.

Et puis, au delà de l’aspect promotionnel, pour un auteur, il est enrichissant d’avoir des retours de ses lecteurs, parce que cela ne peut que le motiver, et, en cas de critique, à le pousser à faire mieux la prochaine fois !

La Mer des Secrets : au carrefour des genres

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« La Mer des Secrets », mon nouveau livre qui vient de sortir, est présenté par l’éditeur comme un « roman fantasy steampunk. » J’aimerais en profiter pour dire deux mots de la question des genres littéraires, qui, selon moi, est un peu différente pour les auteurs de ce qu’elle peut être pour les éditeurs, les libraires ou même les lecteurs.

Où ranger un roman ? C’est la question fondamentale de la classification par genres. Et l’interrogation est pertinente : elle permet à l’auteur et aux lecteurs de se retrouver autour de centres d’intérêt communs. C’est le point de départ du coup de foudre que l’on peut avoir pour un livre.

En ce qui concerne les deux tomes de ma série « Merveilles du Monde Hurlant », le mot « steampunk » figure donc en quatrième de couverture, des éléments d’imagerie steampunk sont inclus sur les illustrations, l’éditeur a fait une partie de sa promotion autour du steampunk et j’ai même été invité à parler de steampunk à la maison Jules Verne à Amiens.

Tout cela, d’ailleurs, ne vient pas de nulle part. C’est soutenu par le texte. Dans « La Ville des Mystères », on aperçoit des dirigeables, on évoque des usines, il y a une journaliste buveuse d’absinthe qui écoute du jazz, un oiseau mécanique, et un assassin qui brandit un mousquet. Dans « La Mer des Secrets », une partie de l’intrigue tourne autour d’un grand bateau à vapeur, il y a une embarcation amphibie montée sur des pattes articulées et tout se termine sur un gratte-ciel. En plus, la question de la contestation sociale, qui, pour moi, est centrale dans tous les genres littéraires « punk », est au cœur de l’histoire.

Cela dit, certains lecteurs m’ont fait le reproche d’avoir été, en quelque sorte, trompés sur la marchandise. Ils attendaient un roman de steampunk plus pur. Or, je n’aime pas la pureté – je suis même en train d’écrire un livre à ce sujet.

Après tout, il y a aussi le mot « fantasy » imprimé dans le résumé, et on trouve dans ce roman une magicienne qui manipule les plantes, un trois-mâts dont les voiles sont tissées par des araignées, une antique espèce dont les membres se présentent sous la forme de poissons volants, une île qui ne devient visible que lorsqu’on l’approche par un cap bien précis, et plein d’autres éléments qui n’ont rien à voir avec le steampunk. On trouvera aussi, çà et là, des emprunts à la science-fiction, comme cette jeune femme dont le cerveau contient les individualités de quarante-sept personnes différentes, et qui n’est rien d’autre qu’un motif courant dans la littérature transhumaniste.

Bref, « Merveilles du Monde Hurlant » est difficile à classer dans un genre en particulier, voire même dans deux. J’ai toujours aimé le mélange des genres, et pour moi, les littératures de l’imaginaire n’ont d’intérêt que lorsqu’elles laissent les idées de toutes sortes s’épanouir. Il n’y a plus grand-chose de fantastique dans une épopée héroïque avec des elfes et des dragons ; de même, à force de se reposer constamment sur les mêmes motifs, le steampunk tourne souvent à vide. En franchissant les frontières des genres, on peut retrouver quelques fulgurances d’imagination propres à séduire les lecteurs qui apprécient ce genre de choses.

Au final, ma duologie « Merveilles du Monde Hurlant » est un ornithorynque. On n’en voudra à personne d’être déçu qu’il ne soit ni castor, ni canard. J’aurais tendance à rapprocher ce texte du mouvement « new weird », mais l’étiquette est incompréhensible pour les lecteurs francophones et n’a donc pas grande utilité. Bref, oui, « fantasy steampunk », c’est assez juste.

La Mer des Secrets: un roman, deux livres

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Comme annoncé, mon nouveau livre, « La Mer des Secrets » vient de sortir aux Éditions le Héron d’Argent. Il semble être bien accueilli par ses premiers lecteurs, ce qui me fait très plaisir.

Vous remarquerez que je l’appelle « mon nouveau livre » plutôt que « mon nouveau roman », une habitude que j’ai prise parce qu’elle correspond à la réalité. « La Mer des Secrets », on peut le voir en couverture, est le tome 2 de la série « Merveilles du Monde Hurlant », entamée il y a deux ans avec « La Ville des Mystères. » Ensemble, les deux volumes racontent une seule histoire, une aventure, qui commence dans le premier chapitre du tome 1 et se termine dans le dernier chapitre du tome 2.

Fondamentalement, il y a des différences de ton et de décor entre les deux livres : le gros de l’action ne se déroule pas au même endroit, il y a des rebondissements qui sont propres à cette seconde partie, des intrigues secondaires et de nouveaux personnages sont introduits. Comme le titre le laisse entendre, l’action du second volume se passe en grande partie sur la mer, alors que celle du premier était concentrée en milieu urbain. Par ailleurs, le premier volume s’achevait sur un événement qui relançait l’action dans une direction inattendue pour le vécu des personnages. Toutefois, on a affaire à un seul roman, ou en tout cas à une seule histoire, répartie dans deux livres, avec des arcs narratifs et des thèmes qui s’étendent à travers les deux livres.

Pourquoi publier un seul roman en deux volumes?

D’ailleurs, c’est bien ainsi que cette histoire est née. À l’origine, c’est bien un seul et unique manuscrit que j’ai soumis à la bienveillante curiosité des éditeurs, il y a cinq ans. À l’époque, ce gros pavé s’intitulait « Mangesonge », et contenait déjà toute l’histoire qui est aujourd’hui publiée dans « La Ville des Mystères » et « La Mer des Secrets. »

Pourquoi publier un seul roman en deux volumes ? Pas par simple appât du gain. Les réalités du monde de l’édition sont ainsi faites qu’un livre trop épais ne bénéficie pas de tarifs préférentiels à la Poste, et que, en-dehors des grosses maisons d’éditions qui ont leurs propres réseaux de distribution, leur parution n’est pas rentable. Voilà pourquoi les gros pavés américains, en traduction, sont souvent fractionnés en multiples volumes.

Mon manuscrit original a donc dû être divisé par sa moitié, et en plus, chaque partie a été réduite d’environ 20% par rapport au texte de départ, ce qui n’a pas été facile à faire. Certains lecteurs de « La Ville des Mystères » m’ont reproché de ne pas avoir dépeint de manière convaincante les motivations de certains personnages : je crains que tout ce qui aurait pu les contenter s’est retrouvé supprimé lors du travail éditorial.

Cela a réclamé quelques ajustements

Cela dit, j’avais prévu le coup. J’étais conscient dès le départ d’avoir produit un gros bouquin pas forcément facile à publier tel quel. C’est la raison pour laquelle j’ai placé, au milieu de l’histoire, un retournement de situation qui change la donne pour Tim Keller, la protagoniste du roman. En un seul volume, cet événement était juste un point d’orgue qui représentait le sommet de la tension dramatique. En deux volumes, il s’agit d’un coup de théâtre, un cliffhanger comme ceux que l’on rencontre parfois à la fin de la saison d’une série télévisée. Avoir pris soin de procéder de cette manière a considérablement simplifié le travail éditorial.

Cela dit, « La Mer des Secrets » paraît deux ans après « La Ville des Mystères », et cela a réclamé quelques ajustements. Par exemple, dans le texte original, passé le coup de théâtre mentionné ci-dessus, on prolongeait le suspense en s’éloignant de Tim l’espace d’un chapitre, pour s’intéresser aux personnages secondaires. Avec la publication en deux tomes, j’ai pris conscience que ça n’avait aucun sens : deux ans se sont écoulés, ça représente bien assez de suspense, j’ai donc demandé à inverser les deux premiers chapitres afin que l’on retrouve notre personnage principal tout de suite.

Autre différence : il m’a paru nécessaire de rappeler dans le texte qui était qui. Lorsqu’on retrouve les personnages principaux, leur identité et leurs relations les uns avec les autres sont brièvement mentionnées, afin de rafraîchir la mémoire des lecteurs. Forcément, en lisant les deux tomes l’un après l’autre, ces informations sont inutiles, mais elles peuvent être cruciales pour un lecteur qui a ouvert de nombreux autres livres dans l’intervalle et qui a, souhaitons-le, d’innombrables autres centres d’intérêt dans l’existence.

La Mer des Secrets – mon roman est sorti

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C’est la conclusion d’une aventure qui a duré cinq ans: « La Mer des Secrets », mon nouveau livre, vient de sortir aux Éditions le Héron d’Argent. J’ai eu l’occasion d’en dédicacer quelques dizaines d’exemplaires au salon Mon’s Livre, en Belgique et je suis très fier de vous le présenter.

Si vous souhaitez vous le procurer ou en savoir plus, il suffit de suivre ce lien.

« La Mer des Secrets », c’est la seconde partie de « Merveilles du Monde Hurlant », une histoire entamée par le premier volume, « La Ville des Mystères« , sorti il y a deux ans. On y retrouve Tim Keller, une adolescente de notre monde qui se retrouve propulsée dans une dimension parallèle, le Monde Hurlant, à la recherche d’un homme qu’elle n’a fait qu’apercevoir. Tim va tenter de survivre dans ce milieu hostile, baroque, plein de magie et de technologie, où plantes et roches peuvent se mettre à parler et qui se retrouve à l’aube d’un soulèvement populaire.

C’est une épopée de fantasy steampunk qui trouve sa conclusion avec ce tome (même si je travaille sur une suite qui pourra être lue indépendamment) et je suis très fier que les lecteurs puissent à présent se l’approprier et en découvrir la conclusion. Comme, à l’origine, ces deux volumes ne formaient qu’un seul manuscrit, j’ai le sentiment que l’histoire ne peut réellement être évaluée que si l’on suit l’évolution des personnages jusqu’au bout, donc cette parution est particulièrement satisfaisante pour moi.

Ces prochaines semaines, je vais écrire quelques billets autour de ce livre, en espérant que cela puisse vous intéresser.