Je recherche des bêta-lecteurs

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⚠️ Un grand merci pour votre enthousiasme et vos nombreuses propositions, qui me touchent énormément. J’ai désormais trouvé les bêta-lectrices et les bêta-lecteurs que je cherchais, et la recherche décrite dans le texte ci-dessous est donc close. ⚠️

La semaine dernière, j’ai achevé l’écriture de mon nouveau roman.

Ou plutôt, je l’ai achevée une seconde fois, puisque j’avais déjà bouclé le premier jet il y a plusieurs mois. Là, c’est une version complète et fonctionnelle qui vient de voir le jour, façonnée et remodelée par sept campagnes de corrections longues et intenses. Un jour, sur ce blog, je vous raconterai quelques anecdotes riches d’enseignements sur la difficile gestation de ce texte…

Mais c’est de la musique d’avenir. Pour le moment, une nouvelle phase est sur le point de commencer : celle de la bêta-lecture.

Je recherche les premières lectrices et lecteurs de ce roman. Idéalement, entre deux et sept personnes. Peut-être que vous, qui lisez ces lignes, seriez intéressés à en faire partie?

Avant de vous décider, il faut que vous sachiez où vous mettez les pieds.

Ici, on parle d’un épais bouquin de fantasy qui compte environ 227’000 mots, soit à peu près la moitié du texte intégral du « Seigneur des Anneaux », s’il vous faut un point de repère. Il contient un grand nombre de personnages et d’intrigues parallèles, ainsi que plusieurs modes narratifs. C’est un gros bébé, long, baroque, foisonnant. Ce n’est pas pour tous les goûts, et simplement lire le texte du premier au dernier mot représente un certain investissement de temps. Bref, ça n’est pas pour les mauviettes de la lecture.

Ce roman est la suite de ma duologie « Merveilles du Monde Hurlant », parue aux Éditions le Héron d’Argent. Il a toutefois été écrit spécifiquement pour pouvoir être découvert par des lecteurs qui n’ont aucune connaissance préalable de ce texte. Voilà pourquoi je recherche des bêta-lecteurs qui n’ont pas lu « Merveilles », mais aussi si possible au moins une bêta-lectrice ou un bêta-lecteur qui connaît le roman précédent, afin de bénéficier des deux points de vue.

Est-ce que cela vous intéresse? Est-ce que rien ne vous effraye?

Pour mener à bien cette délicate opération, je m’appuie sur les excellents articles que Stéphane Arnier a consacrés à la question. En deux mots, ce que je demande aux bêta-lectrices et aux bêta-lecteurs, c’est de tester le livre afin de savoir s’il y a des points où celui-ci n’est pas clair, où mes explications sont confuses, mes descriptions conjurent une image radicalement différente de celle que j’avais en tête, que les motivations des personnages ne sont pas compréhensibles, etc… Afin d’y arriver, je leur transmettrai une longue liste de questions – il y en a un peu plus de 200 – et leur mission sera d’y répondre afin de me dire de quelle manière ils ont compris (ou pas compris, ou compris autrement) où je voulais en venir.

En plus de cela, toutes les remarques formelles, stylistiques, tous les conseils, les suggestions, sont les bienvenus, même si ce n’est pas le type de retour que je recherche en priorité. Sentez-vous libres de me dire tout ce que ce texte vous inspire, en positif mais surtout en négatif, sans avoir à ménager mon ego.

Idéalement, j’aimerais bien pouvoir boucler la phase de bêta-lecture d’ici la fin du mois de mai.

Est-ce que cela vous intéresse ? Est-ce que rien ne vous effraye ? Si c’est le cas, d’abord, merci d’avance. N’hésitez pas à vous signaler, en commentaire ou par le formulaire de contact, ou à me poser des questions supplémentaires si tout n’est pas clair.

Achever les corrections

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« Par une belle matinée du mois de mai, une élégante amazone parcourait, sur une superbe jument alezane, les allées fleuries du Bois de Boulogne. »

Cette citation apparaîtra comme familière à toutes celles et ceux qui ont eu l’occasion de lire « La Peste » d’Albert Camus. Dans sa fresque humaniste, le romancier met en scène un personnage secondaire, Joseph Grand, qui tente, comme la plupart des autres figures rencontrées dans le livre, d’injecter un peu de sens dans l’absurdité de l’existence. À cette fin, Grand est auteur amateur. Sauf qu’il ne rédige pas un roman, mais une seule et unique phrase, qu’il modifie, un mot à la fois, jusqu’à ce qu’elle lui semble parfaite. Naturellement, il ne réalisera jamais cet objectif hors de son atteinte, et ne laissera derrière lui qu’un gros carnet plein de versions raturées de cette phrase qui, n’aura apporté aucune forme de satisfaction à son auteur.

Voilà une situation qui apparaîtra comme familière à tout écrivain qui se trouve en plein travail de relecture. Modifier son texte dans le but de l’améliorer crée en effet une situation plus épineuse qu’on ne pourrait le penser de prime abord, et qui se résume en une phrase : « Quand est-ce qu’on sait qu’on a terminé » ? En d’autres termes : à quel moment peut-on reposer son manuscrit et le considérer comme achevé ? Quand est-ce que les modifications que l’on peut lui apporter ne l’améliorent plus ?

Comment sait-on qu’on a fini ? Voilà une question cruciale. La réponse, pour une bonne partie des auteurs, c’est « On ne sait pas. »

Voilà pourquoi certains relisent, corrigent et réécrivent leurs textes encore et encore, comme Joseph Grand, en quête d’une perfection que jamais ils ne sauraient atteindre. Si on considère qu’un livre est terminé uniquement quand chaque aspect nous parait impossible à améliorer, on ne va jamais pouvoir l’achever. La relecture peut s’apparenter à un travail de Sisyphe, un cycle impossible à briser.

Il vaut mieux considérer qu’un texte n’est jamais fini

Les bébés, après tout, ne naissent pas parfaits : lorsqu’ils voient le jour, ils ont encore tout à apprendre. Pourtant, pour eux, le moment est venu de quitter le stade de la gestation pour entrer dans celui qu’on appelle la vie. Il en va de même pour les romans. Oui, on pourrait poursuivre leur élaboration indéfiniment. Mais plutôt que procéder de cette manière, il vaut mieux considérer qu’un texte n’est jamais vraiment fini, mais qu’il finit malgré tout par s’échapper de son auteur, de bon ou de mauvais gré.

Parfois, ce sont les contraintes extérieures qui obligent un romancier à déclarer que son œuvre est achevée. Confronté à un délai de parution, celui-ci sera obligé de rendre son manuscrit, même s’il ne le considère pas comme parfait. Cette obligation peut être une bénédiction, puisqu’elle donne un terme naturel au travail de correction, et empêche l’auteur de chercher à viser des objectifs hors d’atteinte. Si le résultat convient à la maison d’édition, pourquoi se torturer davantage ? Un autre travail sur le texte peut commencer ensuite, avec la complicité d’un éditeur.

Il arrive aussi que le travail d’écriture et de relecture arrive à son terme parce que l’auteur sent que c’est le moment. Oui, il se dit bien qu’il pourrait se confronter à son texte encore une ou deux fois, mais à cette idée, il ressent une lassitude proche de la nausée, semblable à celle que l’on peut éprouver en revoyant le même film des dizaines de fois. À force de travailler sur un texte, on atteint un cap où on connait par cœur chaque virgule et où l’on finit par se sentir physiquement révulsé de le relire, ne serait-ce qu’une fois de plus. C’est le signe qu’il est temps de passer à autre chose.

Si votre cerveau tourne à vide, c’est parce que votre bouquin est achevé

La nausée des corrections est un mal très répandu aux symptômes duquel il faut être attentif : lorsque vous en ressentez les effets, vous pouvez en profiter pour reposer votre œuvre et envisager de vous y replonger plus tard, avec un œil neuf. Ou alors, c’est vraiment la preuve qu’il n’y a rien à ajouter à votre roman et qu’il faut arrêter de travailler dessus : si votre cerveau tourne à vide, c’est parce que votre bouquin est achevé, arrêtez donc de vous torturer.

Il existe pourtant des moyens moins désagréables d’appréhender la phase finale des relectures. Au fond, cela dépend de votre état d’esprit. Si vous êtes pragmatique et serein, vous pouvez décider de vous fixer à l’avance des critères clairs qui vous indiquent que votre manuscrit est terminé – par exemple, quelque chose qui ressemble à la checklist que je vous proposais dernièrement. Si vous avez confiance en cette approche et que vous avez fait subir à votre texte tous les examens que vous aviez planifiés, vous pouvez cesser d’y toucher en toute tranquillité et décréter qu’il est terminé. Vous avez accompli tout ce que vous aviez prévu, c’est donc qu’il n’y a rien de supplémentaire à faire.

Une autre manière de considérer les choses est plus philosophique : il s’agit de l’idée qu’un auteur doit savoir se détacher de son texte, lui rendre sa liberté comme on apprend à couper le cordon avec un enfant qui arrive à l’âge adulte. Cette attitude consiste à reconnaître que toute œuvre littéraire est perfectible, mais qu’il vient un moment où elle peut – et doit – être livrée aux lecteurs, qui sont en définitive les seuls dont l’avis importe. Oui, peut-être que vous auriez pu écrire un meilleur roman, mais pourquoi ne pas vous réserver cet objectif pour votre prochain livre ?

Cela dit, avoir du recul sur sa propre œuvre, ça ne se décrète pas. Cela réclame soit de l’expérience, soit de la maturité (un peu d’arrogance peut aider, le cas échéant). Si vous ne parvenez pas à vous décider vous-même, pourquoi ne pas appeler à l’aide ? Bénéficier d’un œil extérieur peut être une aide précieuse lorsqu’il s’agit de déterminer quand il convient de suspendre le travail de relecture. Confiez votre texte à un correcteur ou un beta-lecteur, qui pourra vous faire part de ses suggestions et remarques, ou, pourquoi pas, vous signaler simplement que selon lui, le roman est terminé. Tant mieux : vous aurez ainsi quelqu’un avec qui partager une coupe de champagne pour fêter la conclusion de votre travail d’écriture.

⏩ La semaine prochaine: Le décor