Une nouvelle : « La dame penchée »

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En ce moment, je caresse l’idée d’écrire un roman d’horreur, autour du thème de la maison hantée. Naturellement, je n’ai aucune expérience dans ce domaine, et c’est d’ailleurs une partie de l’attrait de cette idée à mes yeux : apprendre, et explorer un secteur de la littérature que je ne connais pas bien.

Parmi les étapes qui me mèneront (peut-être) à la réalisation de ce projet, il y a cette courte nouvelle horrifique, « La dame penchée », que je vous propose de découvrir ici.

😱 Nouvelle La dame penchée

Au delà de l’envie de raconter cette histoire, ma motivation ici a été de m’essayer à un certain nombre de techniques et d’éléments de style que je compte utiliser plus tard, en particulier des questions de rythme, de choix de vocabulaire, de méthode d’exposition et de construction du suspense. Si vous avez le temps de lire cette courte histoire et de me proposer des retours, j’en serais très heureux (vraiment, je peux tout entendre).

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Le fantôme du magasin de chaussures

Lorsqu’on me demande si j’ai vécu une expérience que je ne peux pas expliquer, voici ce que je raconte.

C’était il y a quelques années. À l’époque, mon épouse et moi, nous n’avions que deux enfants. Tous les deux savaient déjà marcher, mais comme ils étaient encore petits, pour des raisons pratiques, lorsque nous nous baladions en ville, nous avions l’habitude de nous déplacer avec une poussette double, dans laquelle nos deux garçons pouvaient s’asseoir.

Ce jour-là, nous étions allés dans un magasin de Neuchâtel afin de trouver pour les garçons des souliers neufs pour l’hiver. Le rayon des chaussures pour enfants était situé à l’étage, uniquement accessible par un petit escalier incurvé. Ma femme et les deux enfants s’y sont rendus, pendant que j’attendais au rez-de-chaussée avec la poussette vide, essayant de ne pas bloquer le passage des autres clients, et jetant de temps en temps des regards en direction de l’escalier, pour voir si ma famille redescendait.

C’est alors que je l’ai vu. Juste devant moi et ma poussette, un vieil homme se tenait debout, me regardant. C’était un vieux monsieur, distingué, portant un complet beige trop large pour sa silhouette maigre. Il me faisait penser à William S. Burroughs à la fin de sa vie. Lorsqu’il vit que je l’avais aperçu, le personnage se mit à gesticuler dans ma direction, agitant les bras en-dessus de sa tête, sa bouche formant des mots mais sans produire le moindre son.

Un peu embarrassé, et ne souhaitant pas interagir avec cet individu dont j’avais l’impression qu’il était un peu dérangé, je lui ai adressé un bref sourire un peu sec, avant de me tourner brièvement vers l’escalier, guettant un signe de ma femme et de mes enfants. Personne.

Lorsque je retournai la tête, l’homme n’était plus là. Pourtant, seules quelques secondes s’étaient écoulées. Il n’était pas en face de moi, il n’était nulle part dans le magasin, et même s’il n’aurait pas eu le temps de quitter les lieux, je ne le vis pas non plus à l’extérieur, à travers la vitrine. Il avait disparu, et je ne pouvais concevoir aucune théorie pour l’expliquer.

Lorsque ma femme descendit avec les enfants, je lui dis : « Je crois que j’ai vu un fantôme. »