Blogueurs & podcasteurs

blog blogueurs et podcasteurs

Dans les derniers articles de cette série consacrée aux relations entre les écrivains et les médias, je me suis focalisé sur les médias traditionnels : presse écrite, radio, télévision. Il ne s’agit cependant pas du seul canal d’expression intéressant pour les auteurs et la littérature : les blogueurs, youtubeurs et podcasteurs méritent qu’on s’attarde sur leur cas plus spécifiquement.

Ici, je parle des cas où une podcasteuse, une blogueuse ou une youtubeuse décide de se pencher sur vous et votre roman. L’autopromotion en ligne est également un sujet intéressant, mais ce n’est pas celui de ce billet.

Les médias en ligne, en deux mots, sont comme les autres médias, mais tout y est légèrement différent. C’est comme découvrir un monde parallèle où les points de repère deviennent méconnaissables, même si l’impression d’ensemble reste semblable. Cela signifie qu’une bonne partie des conseils que je vous ai délivrés lors des billets précédents restent valables, mais qu’il faut les interpréter d’une autre manière.

La première différence, c’est le niveau de professionnalisme. Si vous faites appel aux médias traditionnels, vous allez presque à coup sûr tomber sur des journalistes professionnels, formés, salariés, qui travaillent pour une entreprise médiatique en bonne et due forme. Ça ne garantit pas la qualité du produit final, mais disons qu’au moins, il y aura un socle de compétence de base. Dans la galaxie des blogs et des podcasts, c’est beaucoup moins sûr : la grande majorité des individus actifs sur ces plateformes sont des amateurs, et même ceux qui parviennent à en vivre sont généralement des autodidactes.

Les gens qui vont vous lire ou vous écouter, c’est votre lectorat naturel

Cette différence a des répercussions positives et négatives. Un monde d’amateurs, c’est un monde de passionnés : les personnes à qui vous aurez affaire lorsque vous contactez un blog (ou lorsque vous êtes vous-mêmes contactés), appartiennent au même univers que vous, ils ont les mêmes centres d’intérêt, les mêmes références. En plus, le public auquel ils s’adressent est lui aussi ciblé, et susceptible d’être intéressé au genre de roman que vous leur proposez. Les gens qui vont vous lire ou vous écouter, c’est votre lectorat naturel, tout simplement. Et puis dans ce cadre, vous pouvez vous montrer plus à votre aise : tout le monde va comprendre où vous voulez en venir lorsque vous parlez de votre projet, même si vous vous permettez d’utiliser une référence un peu obscure.

Un blog, un podcast ou un canal YouTube, c’est également une expérience bien moins formatée que celle des médias traditionnels. En général, vous allez y bénéficier de plus de place, de temps, et de liberté pour y développer vos arguments. On vous posera davantage de questions, dans une parole moins calibrée, moins consensuelle et moins grand public que celle de la radio et la télévision. J’ai eu l’occasion de dire qu’on ressort souvent frustré d’une interview en direct à la radio ou à la télévision. Ce n’est que rarement le cas d’un podcast, qui peut durer des heures, et ne met à l’épreuve, éventuellement, que la patience de ses auditeurs.

Ces médias du 21e siècle sont également plus accessibles. Organiser une interview se fait très facilement, parfois sur simple demande de l’auteur. Sur ce blog, le Fictiologue, il m’est arrivé de consacrer du temps et de la place à des écrivains, simplement parce que ceux-ci me l’avaient demandé poliment. À l’inverse, j’ai également été contacté par des blogueurs et podcasteurs pour répondre à leurs questions, sur la base d’un simple courriel. Ici, tout est facile : il est rarement question de communiqués de presse.

Mais la médaille a un revers. Pour commencer, l’impact des médias en ligne n’est pas aussi grand que celui des médias traditionnels. Oui, certains YouTubeurs ont des millions d’abonnés. Mais la plupart de ceux avec qui vous allez avoir affaire n’obtiennent que quelques centaines de clics par jour. Et même les stars du domaine s’adressent à un public déjà saturé d’informations sur la littérature et sur le divertissement en général. Votre roman risque de se perdre au milieu de milliers de sujets semblables.

La déontologie est souvent problématique dans les médias en ligne

Se tourner vers des amateurs, c’est aussi, de temps en temps, risquer de se voir interrogé par des individus qui, malgré leur enthousiasme, ne savent pas construire une interview, hiérarchiser l’information, mener des recherches. Parfois, en lisant un entretien qui paraît sur un blog, on est frustré de constater que des questions qui auraient pu être intéressantes n’ont pas été abordées, tout simplement parce que personne n’y a pensé. À l’inverse, cela signifie que de nombreuses personnes actives en ligne se perfectionnent et apprennent le métier sur le tas, ce qui est réjouissant.

La déontologie est souvent problématique dans les médias en ligne. En principe, dans un média traditionnel, il existe une séparation stricte entre la rédaction et le secteur commercial. Sur un blog, la rédaction EST le secteur commercial, en tout cas dans la plupart des cas, ce qui explique la pratique des « services de presse » ou des partenariats entre blogueurs et éditeurs, des pratiques courantes dans la blogosphère, qui brouillent les frontières entre contenu publicitaire et rédactionnel, et qu’on imaginerait mal dans les médias traditionnels. De même, il existe une certaine bienveillance, pour ne pas parler de complaisance, entre les blogueurs, youtubeurs ou podcasteurs : il est rare de voir émerger des voix réellement critiques au sein de la communauté.

Mais ça, ça n’est pas nécessairement votre principale préoccupation en tant que romancier. Au contraire, le flou artistique qui peut exister dans la blogosphère entre information et promotion ne peut qu’avantager votre démarche, qui consiste à faire parler de vos romans. Gardez simplement à l’esprit que le blog, le podcast et les plateformes vidéo en ligne constituent eux aussi des médias, qui ont leurs propres codes, leurs propres inconvénients et leurs propres avantages, et que chacun d’entre eux peut contribuer à la promotion de votre œuvre.

 

Rédiger un communiqué de presse

blog communiqué de presse

Lorsqu’on se met en tête de contacter les médias afin qu’ils évoquent nos créations littéraires, le vecteur le plus évident pour les avertir de la sortie d’un roman, ou d’un autre projet littéraire, c’est de diffuser un communiqué de presse.

Un communiqué de presse, qu’est-ce que c’est ? En deux mots, c’est le nom qu’on donne à un message qui contient toutes les informations-clé sur un événement, un spectacle, une exposition, une compétition sportive, un rassemblement d’une association, ou, par exemple, la sortie d’un bouquin, destiné à être adressé aux médias, dans le but qu’ils réalisent un sujet, comme nous l’avons évoqué dans l’article précédent. On informe les journalistes afin qu’à leur tour, ils informent leur public.

À quoi ça sert de créer ce genre de document ? En fait, cela vise deux objectifs distincts : premièrement, donner envie aux médias de parler de votre roman ; deuxièmement, mettre à leur disposition tout ce qu’ils ont besoin de savoir s’ils ont décidé de le faire. Un bon communiqué de presse est donc à la fois promotionnel et informatif, si possible de manière équilibrée. Trop de promotion, et le rédacteur qui va le recevoir aura l’impression d’avoir affaire à de la pub. Trop d’information, et il ne comprendra pas en quoi votre projet se distingue des nombreuses autres sollicitations similaires qu’il a reçu la même semaine.

Dans cet article, je vous propose un modèle de base de communiqué de presse, un regard sur cet exercice. À vous de l’adopter, de vous en inspirer, de le modifier, ou d’opter pour une approche complètement différente, mais quelle que soit votre attitude, les suggestions qui suivent devraient vous aider à éviter les pièges les plus courants, et à garder à l’esprit l’essentiel.

Le communiqué tel que je le conçois est un document, par exemple au format pdf. Il comporte une première page qui contient toutes les informations importantes, ainsi que, le cas échéant, des pages supplémentaires. Tout cela est envoyé par courriel, dont la composition fera elle aussi l’objet d’un soin particulier.

Le titre

La première page peut être décomposée en différentes parties. Pour commencer, il y a un titre. Celui-ci, en une phrase, délivre votre message essentiel, celui que vous souhaitez que le journaliste retienne. Il doit à la fois contenir l’information principale (par exemple le fait que vous sortez votre roman), et la raison qui pourrait pousser un média à s’y intéresser (« Un naturaliste sort un roman sur la mort de notre écosystème », « Le premier roman d’un auteur de 12 ans », « Une autrice décrit l’érotisme des virus », « Un roman policier qui pourrait vous rendre riche », etc…)

Ménager ces deux impératifs à la fois, c’est un équilibre délicat à trouver, aussi je vous suggère de rédiger votre titre à la fin, quand vous aurez déjà fait l’effort de résumer les points forts de votre œuvre.

Le chapeau

En-dessous de votre titre, je vous suggère de faire figurer ce que les journalistes appellent un « chapeau » (parfois même écrit « chapô ») : un passage qui contient tous les points essentiels, en trois phrases maximum, rédigé en gros caractères ou en gras. L’objectif, c’est que si le journaliste prend la peine de lire cette section, il connaisse tous les points essentiels de votre œuvre et sache pourquoi ses lecteurs pourraient trouver ça intéressant.

Rédiger le chapeau réclame que vous ayez les idées claires au sujet de votre roman, pas tellement au niveau de vos intentions, mais surtout en ce qui concerne la manière dont il pourrait être perçu par le grand public. Quels sont les thèmes que vous traitez ? Quelle est votre approche ? Y a-t-il une originalité dans votre démarche qui serait susceptible de faire réagir, sourire, réfléchir même des individus qui ne vont pas lire votre roman ? Est-ce qu’il y a quelque chose chez vous, l’auteur, qui se démarque, et soit de nature à influencer l’image que les lecteurs potentiels ont de votre œuvre ?

Vous écrivez votre premier roman à l’âge de 72 ans ? Vous êtes égoutier et vous avez signé un polar dont l’action se déroule justement dans les égouts ? Vous traitez de manière romanesque d’un thème d’actualité dont tout le monde parle ? Il y a un détail formel dans votre manuscrit qui le distingue de tous les autres, par exemple des passages destinés à être complétés par l’usage d’une appli, ou des dialogues en araméen ? C’est là qu’il faut le mentionner.

Ça peut donner quelque chose dans ce genre :

Un naturaliste sort un roman sur la mort de notre écosystème

L’humanité n’a plus que cinquante ans pour éviter une disparition massive des espèces animales et végétales. À partir de ce point de départ tragique, Rodolfo Gregorius, biogénéticien à l’Université de Strasbourg, a signé un livre d’anticipation au suspense haletant. Un livre au carrefour de la science, de la littérature, et de l’actualité la plus brûlante, qui offre quelques pistes sur ce que nous pourrions faire pour éviter ça.

Il convient, à ce sujet, de faire un travail sur soi : ces anecdotes, ce n’est peut-être pas ce qui compte le plus pour vous, l’auteur du roman, mais elles constituent une porte d’entrée vers votre univers, susceptibles d’attirer l’attention du plus grand nombre. Et c’est bien pour ça que vous avez contacté les médias, n’est-ce pas ? Si vous éprouvez des scrupules à présenter vos écrits de cette manière, si pour vous, une approche marketing équivaut à de la prostitution, ne vous infligez pas ce supplice et abstenez-vous tout simplement de contacter la presse.

En fait, ce que l’on recherche ici, c’est une manière de harponner l’attention du journaliste, un détail, une anecdote qui lui fasse se dire : « Tiens, c’est rigolo/intéressant/original, il faut que j’en parle à mes lecteurs/auditeurs/téléspectateurs. » En lisant votre titre et votre chapeau, il faut qu’il ait déjà une idée de ce à quoi pourrait ressembler son article. De cette manière, vous lui aurez mâché le travail, selon le principe évoqué dans l’article précédent.

Attention de conserver à l’esprit le média auquel vous vous adressez. Un quotidien régional s’intéressera principalement à évoquer des personnages de la région, et à mettre en valeur des thèmes locaux. Si vous le pouvez, mettez donc en avant ces aspects-là dans votre présentation. Un média populaire va plutôt rechercher l’universel, l’anecdote, l’amusant, et c’est ça qu’il faut lui offrir en pâture. Enfin, un média culturel, ou la presse dite « de qualité », va s’intéresser à la singularité de la démarche, à la qualité littéraire supposée du texte. Et puis, si l’on considère un autre axe, une télévision ou un média audiovisuel vont chercher à savoir à quel point il est aisé d’illustrer le sujet en image, alors qu’une radio sera sensible au contenu audio et à la possibilité de convier l’auteur pour une interview en direct. Oui, tout cela suppose que, dans la mesure du possible, il peut être sage de varier votre approche selon les médias.

Le corps du texte

Juste en-dessous du chapeau, je vous suggère de faire figurer un bref texte explicatif, de trois paragraphes, éventuellement quatre. Celui-ci va venir compléter et éclaircir les informations contenues dans votre chapeau, et fournir au journaliste toutes les informations de base dont il a besoin avant de vos contacter.

Ce texte doit être agréable à lire, exempt de jargon et ne pas se perdre dans les détails. Mais il ne s’agit plus ici de hameçonner l’attention de la personne qui vous lit : si elle est arrivée jusque-là, c’est qu’elle n’est déjà plus complètement indifférente à votre démarche. Par contre, profitez de son attention pour répondre à ce que, en journalisme, on appelle « les cinq questions » : qui, quoi, quand, où, pourquoi. Expliquez qui vous êtes, ce que vous avez fait, quand vous l’avez commencé et terminé, d’où vous venez et où se passe votre récit, et ce qui vous a motivé à l’écrire.

Ces questions ne sont qu’une des possibilités de rédiger un texte explicatif pour un communiqué de presse, qui permettent de ne rien oublier d’important. En règle générale, je pense qu’une approche qui fonctionne bien, c’est de consacrer le premier paragraphe à développer un peu plus longuement les points résumés dans votre titre et votre chapeau, le deuxième à parler du bouquin et le troisième à parler de vous.

Les coordonnées

Attention, c’est très important : vos coordonnées doivent figurer sur la première page du communiqué. Je le répète pour que ça soit tout à fait clair : vos coordonnées doivent figurer sur la première page du communiqué. Par « coordonnées », j’entends une section qui comporte votre prénom et nom, un numéro de téléphone mobile et une adresse e-mail.

Si un journaliste doit traquer votre numéro ou votre mail lui-même, ou vous envoyer une note par Messenger parce que vous n’avez pas songé à lui fournir de moyens de le joindre, il va vite se décourager, et même, probablement, renoncer avant d’avoir commencé. Vous n’avez vraisemblablement aucune idée à quel point il est fréquent, dans les médias, de tomber sur des communiqués dans lesquels il manque cette information cruciale.

Tout aussi essentiel : maintenant que vous avez indiqué votre numéro de téléphone, décrochez lorsqu’on vous appelle. Pendant au moins une semaine après l’émission du communiqué, pas question de laisser votre portable en mode Nuit, ou de laisser sonner en espérant qu’on vous laisse un message sur votre boîte vocale. Le contrat moral, lorsque votre numéro figure sur un communiqué, c’est que vous allez être disponible pour répondre (même si vous répondez en demandant à la personne de rappeler plus tard). Là aussi, les journalistes se fatiguent très vite s’il n’y a personne au bout du fil. Ça m’est arrivé des tas de fois.

Une image

Un communiqué de presse, ça n’est pas que du texte. Il est important d’y faire figurer un visuel, afin d’attirer l’œil et de créer un contact. On lit bien plus volontiers un texte informatif s’il inclut une illustration. Pour un roman, ça tombe bien, il y a deux illustrations qui s’imposent d’elles-mêmes : la couverture du livre et le portrait photographique de l’auteur. Choisissez-en une des deux, ou incluez les deux si vous voulez.

Il a été prouvé que les images qui comportent un visage humain suscitent davantage d’engagement de la part des lecteurs. Si l’illustration de votre bouquin n’inclut pas cet élément, optez plutôt pour votre portrait. Et pas question d’opter la première photo floue, prise en fin de soirée, qui vous tombe sous la main : prenez le temps de prendre un portrait qui vous met en valeur.

Les autres pages

En principe, tout ce que je viens de décrire ici est suffisant. Toutes les informations utiles doivent tenir sur une seule page. Cela ne vous empêche pas cependant d’ajouter des pages supplémentaires à votre document. Il faut juste être conscient qu’il y a relativement peu de chance que celles-ci soient lues, donc n’y faites pas figurer des informations essentielles.

Que pouvez-vous y mettre ? Une notice bibliographique plus complète, par exemple, accompagnée d’un nouveau portrait photo, au cas où votre présentation en première page aurait été trop succincte. Vous pouvez également dire deux mots de la maison d’édition (si vous êtes édité de cette manière) et donner un aperçu de sa collection. Si vous êtes l’auteur de plusieurs romans, ou, par exemple, d’essais, ou de pièces de théâtre, qui pourraient retenir l’attention d’un journaliste et lui permettre de vous situer, vous pouvez en inclure la liste, sous la forme d’une brève chronologie. Et puis, pourquoi ne pas inclure un court extrait de votre roman, la première page, par exemple.

La mise en page

Je recommande une mise en page sobre. L’idée, c’est que c’est le contenu qui doit primer, et que celui-ci doit être le plus clair et le plus accessible possible. Donc présentez votre communiqué de presse sur du papier blanc, avec des polices de caractère usuelles et lisibles, et sans rien qui puisse faire diversion par rapport à votre message.

Si l’aspect visuel de votre livre est important, par exemple s’il est illustré, vous pouvez faire figurer cet aspect dans le communiqué. Et puis il faut le reconnaître : parfois, un communiqué original sur le plan visuel va séduire les journalistes et retenir leur attention. Mais c’est plus l’exception que la règle, et si c’est l’option que vous retenez, je vous souhaite d’être sûr de votre coup, parce que ce qui peut séduire peut également agacer.

Le mail

Votre communiqué de presse, c’est un document, idéalement au format pdf, qui va être attaché à un mail. Ce mail est également très important, comme on peut aisément se l’imaginer, puisque c’est lui qui va déterminer si le journaliste ou le secrétaire de rédaction qui en prend réception va décider d’aller plus loin.

Il m’est déjà arrivé d’être en charge de la boîte mail d’une rédaction, et je peux confesser qu’il est rare que l’on passe plus de dix secondes avant de supprimer un courriel ou de le classer pour qu’il soit traité, d’une manière ou d’une autre. Le contenu du message est donc absolument crucial. Il doit contenir toutes les informations essentielles et être incitatif.

Au fond, la manière la plus simple de procéder, c’est de proposer une version alternative du titre et du chapeau de votre communiqué de presse. Tournez les phrases différemment, écrivez le tout comme une lettre, avec les formules de politesse de circonstance, mais pour l’essentiel, tout ce que j’ai dit ci-dessus est valable. Oui, ça n’est pas facile d’écrire le même message deux fois de manière différente, en restant bref et en se montrant courtois, mais prenez malgré tout le temps de le faire, c’est important.

Sur ce mail doivent également figurer vos coordonnées, les mêmes que dans le communiqué, présentées de la même façon. Parfois, les attachements se perdent : si vous faites figurer ces données essentielles dans votre courriel, un journaliste pourra toujours vous contacter, même s’il a égaré votre communiqué de presse. Oui, ça aussi, c’est courant.

Que faut-il en attendre ?

D’un point de vue journalistique, la sortie d’un roman constitue une actualité « froide. » À moins qu’elle ne soit assortie d’un événement, d’une séance de dédicace, d’un vernissage public, rien n’oblige un média à s’y intéresser de toute urgence, ou même dans un temps donné.

Cela signifie que votre communiqué de presse pourrait avoir la vie dure. Il est possible que vous soyez contactés immédiatement par un journaliste enthousiaste. Il est également envisageable que l’on cherche à vous joindre plus tard, peut-être même plusieurs semaines plus tard, une fois que l’actualité se calme et qu’il faut « boucher un trou » dans la publication.

Donc si on ne vous donne pas de retour tout de suite, ça n’est pas forcément fichu. Par contre, il est également très possible que vous n’ayez pas de réaction du tout. Si vous faites parvenir votre communiqué à une quinzaine de médias, estimez-vous heureux d’être contacté en retour par un ou deux d’entre eux. Et préparez-vous à ce que personne ne soit intéressé, malgré tout votre travail. C’est le genre de choses qui arrivent. En tous les cas, ne relancez pas les rédactions : si elles n’ont pas été intéressées la première fois, elles ne le seront pas la seconde, et risquent même de vous coller une étiquette de gêneur.

A qui l’adresser ?

Envoyez votre mail à un maximum de médias, ça ne coûte rien. Constituez-vous une liste d’adresses de contact des rédactions susceptibles d’être intéressées, au plan régional ou national, sans oublier la presse écrite, les radios, les télés, les magazines, les médias en ligne.

En général, on trouve les adresses mail sur les sites web des médias. Dans le cas d’une rédaction qui aurait une rubrique culturelle, envoyez une copie de votre courriel à cette adresse, en plus de l’adresse principale de la rédaction. Et si vous connaissez personnellement un rédacteur qui pourrait potentiellement, selon vous, manifester de l’intérêt pour votre roman, ajoutez-le lui aussi à la liste.

Les médias

blog les médias

Quand on est autrice et auteur, une fois qu’on est parvenu à écrire et à publier un roman, une des préoccupations suivantes est de communiquer la nouvelle au public, afin d’avoir des lectrices et lecteurs. Eh oui, avouez que ça serait dommage de s’être donné tant d’efforts pour que votre œuvre passe inaperçu. Pour éviter cette tragédie, il faut utiliser tous les moyens à votre disposition afin de crier sur tous les toits que vous existez, votre bouquin aussi, et que, diable, il pourrait devenir, qui sait, le livre préféré de nombreux lecteurs.

Et un ce ces moyens, c’est de faire appel aux médias.

Comme je suis journaliste radio, en-dehors de mon activité d’auteur et de blogueur, je suis idéalement placé pour vous donner quelques astuces dans cette démarche. C’est pourquoi ce billet et les suivants sont consacrés à cette question, et qu’il ne faut surtout pas hésiter à me laisser un commentaire si vous avez une question plus spécifique.

Mais avant de passer aux considérations pratiques, posons-nous la première question qui s’impose : pourquoi, pour un auteur, faire appel aux médias ?

La raison principale, c’est qu’en le faisant, vous bénéficiez de leur audience. À travers eux, votre texte va atteindre leurs lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, abonnés, ce qui potentiellement, peut lui donner un retentissement qu’il n’aurait pas sans cette intervention. C’est particulièrement le cas pour la littérature de genre, dont on ne parle traditionnellement que dans des cercles relativement fermés : en passant par la presse, vous pouvez toucher le grand public, ou en tout cas un petit segment. Un article bien tourné, pour le dire autrement, peut augmenter vos ventes.

Obtenir la considération d’un organe de presse reconnu augmente également votre crédibilité : si on parle de votre roman dans les médias, vos démarches auprès des libraires, par exemple, pour organiser des séances de dédicaces, n’en seront que facilitées.

Les journalistes sont exactement aussi paresseux que n’importe qui d’autre

Mais pour que ça fonctionne, il est également nécessaire de comprendre ce qu’un journaliste recherche de son côté. C’est assez différent. Lui (ou elle), a une mission : rapporter l’actualité (artistique ou régionale, selon à qui vous vous adressez). Il a également une rubrique à remplir, ce qui parfois recoupe la même considération, et parfois non. Enfin, comme à peu près n’importe qui, il aimerait parvenir à faire cela sans trop se fatiguer.

Qu’est-ce que ces trois critères signifient pour vous, qui souhaitez que l’on parle de votre livre dans les médias ?

Le premier, le souhait de justesse, de coller au plus près de l’actualité, nécessite que vous plaidiez en faveur de votre roman : il s’agit de le présenter comme une information digne d’être rapportée, qui répond aux préoccupations du public. Nous verrons de manière détaillée comment procéder dans l’article que je consacrerai aux communiqués de presse.

Le deuxième critère, soit la nécessité pour le journaliste de produire du contenu régulièrement pour une rubrique, va influencer le facteur temps. Cela signifie qu’il y a des moments où votre requête sera mieux accueillie que d’autres. Cela peut aussi vouloir dire, étant donné qu’un roman reste d’actualité plus longtemps qu’une exposition ou un festival, qu’un média à qui vous vous êtes adressée peut potentiellement vous recontacter plusieurs jours, voire plusieurs semaines après la première prise de contact. Essentiellement, dès qu’il y a un trou à boucher dans la rubrique, votre roman passe de la catégorie « Mouais, on en parlera peut-être un jour » à « Pourquoi pas aujourd’hui ? »

Les journalistes sont exactement aussi paresseux que n’importe qui d’autre, ce qui est un élément essentiel à comprendre pour qui souhaite faire appel à leurs services. C’est le troisième critère, et il signifie que pour attirer l’attention des médias, il faut leur mâcher le travail : toutes les informations essentielles doivent leur être communiquées de manière synthétique, et si vous pouvez, en leur envoyant un premier mail, déjà leur suggérer à quoi pourrait ressembler leur article, cela augmente vos chances de les intéresser.

Chacun se rend disponible pour l’autre

Là aussi, on verra comment procéder dans un article suivant. Mais retenez ce principe essentiel : si vous n’êtes pas clair, ou que vous n’incluez pas des informations essentielles, comme des numéros de contact, vous diminuer vos chances que l’on parle de votre bouquin. Si le gars ou la fille à qui vous envoyez votre mail doit faire des recherches pour comprendre où vous voulez en venir, il est fort probable qu’il préfère se lancer à la place dans un autre sujet moins coriace. Oui, c’est le principe du moindre effort, omniprésent dans les professions qui doivent travailler vite.

Attention, soyez subtils et ne refermez pas les portes avant que celles-ci ne s’ouvrent. Si, dans votre approche, vous donnez l’impression que le journaliste vous doit quelque chose et qu’il est donc normal qu’il parle de vous, ou que vous connaissez mieux son métier que lui-même et que vous allez donc lui dire quand et comment évoquer votre roman, votre message va terminer immédiatement dans la corbeille de son ordinateur. En plus d’être paresseux, un journaliste est un être fier. Il n’apprécie pas que des inconnus viennent lui dicter sa conduite. Vous êtes là pour leur soumettre une suggestion qui n’engage à rien, pas pour leur imposer quoi que ce soit.

Dans une démarche d’approche des médias telle que celle que je décris ici, il y a un échange implicite : chacun y trouve son intérêt, et chacun se rend disponible pour l’autre. Le journaliste accepte de vous consacrer un peu de son temps, et en échange, il faut que vous libériez un peu du votre. S’il a besoin de vous poser des questions au téléphone, aménagez le temps qu’il faut ; s’il veut vous voir pour enregistrer vos réponses ou tourner un sujet vidéo, n’ergotez pas sur le moment du rendez-vous ; s’il vous pose des questions que vous jugez idiotes, faites preuve de patience et de compréhension, même s’il faut s’y reprendre à plusieurs fois pour que vous vous fassiez comprendre. Et attention, c’est important : si vous communiquez votre numéro de téléphone à un journaliste, il faut répondre quand il vous appelle. Pas sûr que vous ayez une seconde chance.

Parce qu’au fond, c’est ça, interagir avec un journaliste : une conversation, dans un cadre précis, sur un sujet qui vous tient à cœur, et qui, si elle se passe bien, peut mener à de nombreuses autres conversations encore plus fructueuses.

 

Pour soutenir un auteur, parlez de ses livres

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Le plus grand service qu’on peut rendre à un auteur dont on a apprécié les livres, c’est d’en parler autour de soi.

C’est une vérité qui concerne tous les écrivains, et en particulier les plus modestes, ceux qui ne peuvent pas bénéficier d’un énorme appareil marketing et qui doivent s’appuyer sur le bouche-à-oreilles et la bonne volonté de leurs lecteurs. Il n’y a que de cette manière que l’information se diffuse, que les curiosités s’éveillent, que ceux qui n’avaient pas entendu parler d’un roman peuvent y être sensibles, s’y plonger, et, peut-être, en parler à leur tour.

Il est précieux d’en parler dans son entourage, naturellement. Mais à notre époque, il est tout aussi important de le mentionner en ligne. Pour un auteur, par exemple, un avis sur Amazon vaut de l’or – et certaines promotions sur le site ne sont accessibles aux ouvrages que s’ils ont recueilli un certain nombre de critiques.

Pas besoin de grands discours: quelques mots peuvent suffire, comme on le voit dans l’illustration astucieusement placée ci-dessus. Cette petite attention, c’est quelque chose que tous les auteurs apprécient et qui a des effets mesurables sur le succès ou l’échec d’un roman.

Vous avez lu « La Mer des Secrets »? Si vous avez quelques minutes devant vous, je vous serais très reconnaissant de laisser un mot sur une ou plusieurs des plateformes suivantes:

Sur Amazon

Sur le site de l’éditeur

Sur Goodreads

Sur Babelio

Sur Booknode

Sur Livraddict

Naturellement, je prêche pour ma paroisse, mais si vous aimez les livres, il s’agit d’une excellente habitude à prendre en général, quel que soit l’autrice ou l’auteur.

Et puis, au delà de l’aspect promotionnel, pour un auteur, il est enrichissant d’avoir des retours de ses lecteurs, parce que cela ne peut que le motiver, et, en cas de critique, à le pousser à faire mieux la prochaine fois !