Comment j’ai écrit une suite à mon roman

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Dans le cadre de ma série d’articles sur les suites en littérature, je me suis dit qu’il serait intéressant de terminer par un exemple concret, issu de ma propre expérience, et qui peut servir d’illustration aux billets précédents.

Œuvrant dans le domaine de la fantasy, je suis l’auteur d’une série de romans qui se situent dans un univers baptisé le « Monde Hurlant. » Le premier roman, « Merveilles du Monde Hurlant », est sorti en deux tomes, « La Ville des Mystères » et « La Mer des Secrets. » Techniquement, on a donc affaire à ce que j’ai appelé un « feuilleton » dans un précédent billet, c’est-à-dire une histoire complète tronçonnée en plusieurs volumes. Même si deux livres ont été publiés, il s’agit malgré tout, du point de vue littéraire, d’une seule et unique histoire.

Celle-ci a désormais une suite, intitulée « Révolution dans le Monde Hurlant » (pour l’acquérir, suivez ce lien), parue en un seul (épais) volume. Celui-ci est plutôt à classer comme un deuxième livre dans ce que j’ai appelé, dans ma liste des treize types de suite, une « série à épisodes », le premier épisode étant constitué par la duologie « Merveille du Monde Hurlant. » Bref, la série est constituée de trois livres, ou de deux romans, ça dépend comment on choisit de voir les choses.

Lorsque j’ai planifié mon histoire, il y a plusieurs années, les grandes lignes étaient déjà fixées : l’idée était d’écrire une trilogie, où tout tournait plus ou moins autour du chiffre trois. On devait y suivre une jeune fille nommée Tim Keller, lors de trois voyages dans un monde parallèle, chacun durant une année, et espacés de trois ans. À chaque fois, l’intrigue tournerait autour d’une des trois survivantes d’une antique espèce de créatures surpuissantes ; chaque tome serait associé à une couleur : le rouge, le blanc et le noir (les couleurs du conte) ; et chacun aurait un thème tiré de ces couleurs : l’amour, la pureté, la mort. Tout cela constitue encore aujourd’hui l’armature du projet.

Naturellement, ayant ces objectifs en tête, lorsque mon premier livre est sorti en deux tomes aux Éditions Le Héron d’Argent, je me suis mis à réfléchir à la suite. La maison d’édition m’a dit très tôt qu’elle n’était pas intéressée : elle ne souhaitait pas s’engager dans une longue série, difficile à vendre, ce que je comprends très bien. Qui plus est, « Merveilles du Monde Hurlant » était une histoire complète, qui ne se terminait pas par des points de suspension. Quant à moi, j’avais consacré beaucoup de temps à la promotion de mes livres, délaissant ma famille à plusieurs occasion, et je souhaitais mettre la pédale douce.

Ce n’est qu’en me mettant à l’écrire que j’ai réalisé à quel point c’était compliqué

Malgré tout, j’avais toujours une esquisse de suite sur mon disque dur, et l’envie de la concrétiser en roman. L’objectif était une sortie plus confidentielle, en passant par l’autoédition. Il ne restait plus qu’à l’écrire.

Cela dit, une exigence s’est immédiatement imposée : le deuxième roman ne pouvait pas être une simple suite, il devait pouvoir être lu indépendamment, y compris par des lectrices et lecteurs qui n’avaient jamais entendu parler du premier. D’une certaine manière, en tout cas, c’était l’objectif, le tome 2 devait être écrit de manière à être abordé en premier, comme si la duologie initiale était une préquelle.

Ce n’est qu’en me mettant à l’écrire que j’ai réalisé à quel point c’était compliqué. À l’époque, il y a quelques années, je me suis lancé dans la planification et même dans l’écriture du livre avec une naïveté gigantesque. Je pensais, sans réfléchir suffisamment, qu’il suffirait d’expliquer aux lecteurs ce qui s’était passé dans « Merveilles du Monde Hurlant » pour qu’ils puissent suivre et apprécier l’histoire.

Le résultat était catastrophique. Cela ne fonctionne pas du tout de cette manière.

Même dans le cas d’une suite, un roman doit être conçu pour se suffire à lui-même. Les enjeux, les arcs narratifs, les thèmes ne se transfèrent pas d’un tome à l’autre, et il n’est pas possible de les rendre palpables avec des rappels. Si deux personnages se détestent après les événements d’un premier volume, c’est une mauvaise idée d’écrire la suite comme si les lecteurs étaient investis émotionnellement dans cette relation. Il faut tout reprendre à zéro, prendre leur relation tendue comme un nouveau point de départ, et construire une nouvelle intrigue à partir de là.

Pour le dire simplement : en faisant trop ouvertement des références à des événements qui se sont déroulés dans d’autres livres, à plus forte raison si ceux-ci n’ont pas été lus, les lecteurs auront l’impression qu’ils ont raté quelque chose d’important et qu’ils ne sont pas en train de lire le bon livre.

On ne prend pas de nouvelles des personnages dont l’intrigue est close

C’est l’exemple du premier « Star Wars » qui m’a servi de point de repère pour sortir de l’ornière. Ce film, l’Épisode IV, même si c’est le tout premier de la série, est conçu comme une suite qui peut être vue indépendamment des trois épisodes précédents (ce qui est heureux, puisque ceux-ci sont sortis vingt ans plus tard). En voyant ce long-métrage, oui, on comprend bien que Darth Vader et Obi-Wan Kenobi ont un passé commun, mais la nature de leur différend n’est pas importante pour la compréhension de l’intrigue : elle sert juste de toile de fond à l’histoire principale, qui est celle de Luke Skywalker. « Un nouvel espoir » nous explique tout ce qu’il faut savoir sur leur querelle, qui constitue une intrigue secondaire parfaitement cohérente, avec un début, un milieu et une fin, et jamais les personnages ne gaspillent notre temps à discuter de leur combat sur Mustafar, ou à bavarder au sujet d’évènements ou de personnages dont nous ne savons rien. En regardant les épisodes dans l’ordre numérique, on constate que leur face-à-face est la conséquence de ce qui précède, mais l’histoire d’un film ne déborde pas sur le film suivant.

Tout cela m’a servi de point de repère pour écrire « Révolution dans le Monde Hurlant. » Oui, c’est une suite, mais elle est conçue comme une œuvre indépendante, et je n’y ai inclus, au final, que des éléments et des personnages qui servent à son intrigue. Certains d’entre eux sont nouveaux, d’autres sont tirés de « Merveilles du Monde Hurlant », mais introduits à nouveau, et présentés comme de nouvelles informations pour de nouveaux lecteurs. Quant à tout ce qui n’est pas nécessaire pour raconter la nouvelle histoire, cela a été abandonné et n’est pas mentionné. On ne prend pas de nouvelles des personnages dont l’intrigue est close.

En concevant l’intrigue, j’avais prévu des arcs pour cinq des personnages du premier livre : Tim Keller, S, Clil Courdou, Armaga et Juan Scorpio. Pour les quatre premiers, ça avait du sens : dans le nouveau roman, on les retrouvait dans une nouvelle situation, avec de nouveaux défis. Ceux-ci avaient leurs racines dans le tome précédent, mais restaient compréhensibles sans même qu’il en soit fait mention.

Un dosage délicat entre trop et trop peu d’exposition

Pour le dernier, ça n’était pas aussi simple. Juan, un pirate manipulateur qui avait séduit Tim dans l’histoire précédente, devait revenir sous une nouvelle identité (« le Prophète ») afin de se rapprocher de son ancienne conquête, se faire une place dans sa vie avant de se démasquer de manière théâtrale. J’ai fait de mon mieux pour que ça fonctionne, mais c’était un désastre : les motivations du personnage étaient directement tirées du premier tome, l’effet de surprise de la révélation ne fonctionnait que sur les lecteurs qui avaient lu celui-ci, et pour les autres, il fallait tout arrêter et mettre l’action sur pause afin d’expliquer son arrivée. C’était beaucoup d’efforts pour peu de résultats, raison pour laquelle le rôle initialement tenu par Juan Scorpio a été modifié pour laisser la place à un nouveau personnage, Zoa (qui conserve malgré tout quelques points communs avec le pirate, afin de montrer que Tim a un faible pour un certain type d’homme).

Dans « Merveilles du Monde Hurlant », la protagoniste Tim Keller a commis toute une série d’erreurs de jugement, en particulier du point de vue sentimental. Cela l’a laissée meurtrie et pleine de désillusion sur les choses de l’amour. C’est dans cet état qu’on la retrouve quelques années plus tard, dans « Révolution dans le Monde Hurlant », changeant de partenaire régulièrement mais incapable d’envisager d’ouvrir son cœur à quelqu’un. Sa situation de départ découle donc de ce qui s’est passé dans le tome précédent, et dans une des dernières versions du roman, je ne l’explicitais pas. Mes bêta-lectrices et lecteurs m’ont toutefois convaincu qu’il fallait que je me montre un peu explicite, parce que le mutisme de Tim dans le domaine amoureux la rendait vraiment insupportable. Un dosage délicat entre trop et trop peu d’exposition, qu’il faut parvenir à réussir quand on se lance dans la rédaction d’une suite.

Et puis écrire une suite, c’est renoncer. C’est ce que j’ai choisi de faire en tout cas. Certains détails du premier roman ont tout simplement été abandonnés et il n’en est fait aucune mention. Je vous cite quelques exemples : dans « Merveilles du Monde Hurlant », on passe pas mal de temps à expliquer les mécanismes distinctifs de ce que j’appelle « les trois Prodiges » : la Foi, la Magie et la Science. Dans « Révolution », on n’en parle pas : les individus qui possèdent ces pouvoirs s’en servent, et on n’explique pas comment ils procèdent ; dans « Merveilles », Tim possédait un pouvoir qui lui permettait de visualiser un combat sous forme symbolique, en identifiant alliés et antagonistes, un don qu’elle possède peut-être encore, mais qui compliquait l’écriture des scènes sans rien apporter, j’ai donc renoncé à en faire mention ; il y aussi un quatrième Prodige, la Fiction, qui joue un rôle central dans le nouveau roman, mais dont le second nom, la Protoclarté, n’est même pas mentionné. Ce serait superflu dans le roman.

Pour réussir une suite, il faut débarrasser le texte de tout ce qui complique la lecture, il faut désencombrer, et choisir de rendre des comptes avant tout à l’histoire que l’on est en train de raconter, plutôt qu’à un contexte plus large.

« Révolution dans le Monde Hurlant » – la FAQ

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Ci-dessus : les Soeurs Miasmatiques, trois des personnages de « Révolution du Monde Hurlant », mon nouveau roman de fantasy, qui vient de paraître. Il est possible de le commander ici.

Je n’oserais prétendre que ce qui suit constitue des « questions fréquemment posées » au sujet de mon nouveau livre, car elles ont tout juste été posées quelques fois. C’est donc d’une plus modeste « foire aux questions » dont il s’agit, qui pourra, je l’espère, éclairer votre lanterne au sujet de cette publication.

Quel type de roman est « Révolution dans le Monde Hurlant » ?

C’est un roman de fantasy, baroque et foisonnant, avec beaucoup d’aventure dedans, du merveilleux, une pointe de steampunk et un soupçon de romance. On y suit une jeune femme, Tim Keller, qui part dans un monde parallèle pour sauver son frère qui s’est fait enlever par des créatures mystérieuses. Au passage, elle va jouer un rôle dans une révolution, sinon, vraiment, il n’y aurait absolument aucune raison que ce livre s’intitule ainsi, on est bien d’accord.

Est-ce que « Révolution dans le Monde Hurlant » est une suite ?

Oui, c’est la suite de la duologie « Merveilles du Monde Hurlant », parue aux Editions Le Héron d’Argent sous les titres « La Ville des Mystères » et « La Mer des Secrets. » Dans le nouveau roman, on retrouve la même protagoniste, Tim Keller, quelques années plus tard, ainsi que d’autres personnages. « Révolution », cependant, constitue un roman indépendant qui peut être lu par les personnes qui ne savent rien des premiers volumes.

Je n’ai pas lu « Merveilles du Monde Hurlant », puis-je commencer par celui-ci ?

Oui, tout est fait pour qu’il soit possible d’entamer la lecture par ce roman. Aucune explication supplémentaire n’est nécessaire. C’est à comparer avec « Star Wars », où il est possible de commencer par l’Episode IV sans avoir vu les trois précédents, et sans se sentir largué.

Pourquoi parait-il en un seul volume ?

Le livre est bien divisé en deux parties distinctes, « Le Désert des Rêves » et « Les Plaines du Cauchemar », et il est vrai que j’ai brièvement envisagé de le publier en deux volumes, mais il s’agit d’un seul roman et il m’a semblé plus cohérent et plus loyal envers les lecteurs de tout sortir en une fois. En plus, j’aime bien avoir mon nom sur un gros bouquin.

Pourquoi est-ce que « Révolution dans le Monde Hurlant » est paru en autoédition ?

Il y a plusieurs raisons. L’éditeur de « Merveilles du Monde Hurlant », le Héron d’Argent, ne souhaitait pas s’engager sur une série au long cours, ce que je comprends très bien. De mon côté, je préférais consacrer moins de temps à la promotion et aux participations à des salons à l’étranger. Ce sont des moments extraordinaires et je suis très heureux d’avoir eu l’opportunité de les vivre, mais ils sont coûteux et m’éloignent de ma famille, donc sur ce coup j’aime autant me la jouer plus locale.

Qui a réalisé la couverture ?

C’est moi. Franchement, c’était moins cher que de faire appel à une illustratrice ou à un illustrateur.

Es-tu disponible pour de la promotion ?

Avec plaisir ! Je compte faire quelques apparitions dans des salons en Suisse ,dès qu’il y aura des salons en Suisse. En-dehors de ça, je suis ouvert à répondre à des interviews, sous toutes les formes. Et les blogueurs qui ont l’intention de publier une chronique du livre peuvent s’adresser à moi pour obtenir le manuscrit en format epub.

Puis-je lire un extrait gratuitement ?

Oui, les trois premiers chapitres du livre peuvent être lus ici. Et vous trouverez ici une nouvelle dont l’action est située avant le roman, et qui s’attache à un de ses personnages.

Y aura-t-il une suite à ce roman ?

C’est en tout cas mon intention. « La Chute du Monde Hurlant » racontera une troisième et ultime aventure de Tim Keller, quelques années plus tard. L’intrigue, les thèmes et les personnages sont en place, mais je suis loin d’en arriver à construire le plan, et encore plus éloigné de la rédaction du roman. Tout ce qui existe, pour le moment, c’est plein de notes, et cette image. J’ai deux autres projets qui devraient passer avant, une uchronie et un roman de fantasy jeunesse, et en plus, pour le moment, je fais une pause dans l’écriture, donc ça n’est pas pour tout de suite.

C’est quoi, un « porc-sifflard » ?

Vous n’en saurez rien !

A vous ! Si vous avez des questions, j’y réponds ci-dessous !

Critique : Le Pacte des Frères

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Dans ce troisième volume des « Mémoires du Grand Automne », la situation de l’Arbre-Mère Alkü et de la civilisation des Alkayas est devenue critique. Trois frères à la destinée exceptionnelle font le serment de sauver l’arbre qui donne la vie à leur peuple, quoi qu’il en coûte. Leurs idéaux vont se confronter à la réalité de manière dramatique et inattendue.

Titre : Le Pacte des Frères

Auteur : Stéphane Arnier

Éditeur : Bookelis (ebook)

La série « Mémoires du Grand Automne » correspond exactement à ce qu’on rêve de lire quand on est amateur de fantasy. J’ai déjà eu l’occasion de m’attarder dans mes critiques des deux tomes précédents sur la richesse et la grande cohérence de l’univers et sur la singularité exceptionnelle des peuples, des cultures et des traditions qui jalonnent ces livres, sans que celles-ci ne donne au lecteur une sensation d’étrangeté rédhibitoire.

On retrouve ces mêmes qualités dans ce troisième tome, qui est le meilleur de cette excellente série. Oui, si Stéphane Arnier s’était contenté de donner naissance à ce monde peuplé d’Arbres-Mères et de leur progéniture, cette idée aurait à elle seule suffi à justifier la lecture de ces romans. Mais l’originalité du décor n’est qu’une des qualités qu’offre cette saga.

Ce qui frappe en lisant « Le Pacte des Frères », comme d’ailleurs les romans précédents, c’est à quel point l’auteur fait preuve de retenue. Il a mis au point un univers riche et cohérent, et avec une rigueur jésuitique, il refuse d’ajouter des jouets à ceux dont il disposait au départ. On ne trouvera donc dans ce tome aucun nouveau lieu, pas de menace surprise venue de l’extérieur, pas de bouée de secours, aucune révélation qui vient contredire les règles admises jusqu’ici. On reste là où on était, on fait avec ce qu’on a, tous les éléments nouveaux s’appuient sur ce qui était déjà connu, et on affronte la situation telle qu’elle était dans le volume précédent.

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Le renouvellement provient non pas du décor mais de l’intrigue. Comme à chaque fois dans la série, celle-ci s’axe autour d’un mystère que les personnages doivent résoudre. On a donc affaire à un whodunit à la Agatha Christie, sauf que c’est le sort de toute une civilisation qui est dans la balance. La structure de ce roman est particulièrement bien maîtrisée, puisqu’elle contient plusieurs révélations qui, en restant parfaitement logiques avec ce qui précède, forcent le lecteur à remettre en cause des vérités considérées comme acquises, et à se repasser le fil de l’histoire sous une perspective différente.

En-dehors de l’intrigue, seuls les personnages changent, soit qu’ils aient vieilli dans les années qui se sont écoulées entre les tomes, soit qu’ils soient nés dans l’intervalle. Le protagoniste, Veli, est le plus réussi des personnages jamais créé par son auteur. Il est à la fois attendrissant et exaspérant, altruiste et narcissique, et à chaque fois, le lecteur doit bien constater que les traits de caractère qui le rendent attachant sont indissociables de ses plus gros défauts. Mettre en scène une figure aussi nuancée est un numéro d’équilibriste risqué pour un romancier, qui risque de s’attirer l’antipathie des lecteurs. Ici, l’exercice est parfaitement maîtrisé.

« Le Pacte des Frères » est un roman poignant, plus viscéral et émotionnel que les deux tomes précédents, dont la perfection horlogère empêchait parfois Stéphane Arnier d’aller chercher la substance crue des sentiments de ses personnages. On sent ici la patte d’un auteur qui ne cesse de parfaire son art. Ce roman est aussi une brillante exploration de certains thèmes, en particulier de la ligne fine qui sépare l’héroïsme du fanatisme. Enfin, il s’agit du troisième acte de ce qui est, fondamentalement, une tragédie, et dont la mélancolie sous-jacente se fait de plus en plus palpable avec chaque page qui se tourne.

Critique : Babylon Babies

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Toorop, un mercenaire, est embauché par la mafia sibérienne, par l’intermédiaire des services secrets russes, pour escorter une jeune femme prénommée Marie jusqu’au Québec et veiller sur elle. Au passage, il va se frotter à un imbroglio qui voit s’opposer sectes, gangs de motards et sociétés de hackers, avec pour enjeu l’avenir de l’espèce humaine.

Titre : Babylon Babies

Auteur : Maurice Dantec

Éditeur : Folio (ebook)

Pour celles et ceux qui n’auraient jamais entendu parler de ce livre, le résumé que j’en livre ci-dessus donne un aperçu de l’ambition extraordinaire de l’auteur. Au fil de ces quelques centaines de pages, il balade le lecteur à travers une foule de concepts complexes qu’il ne cesse d’entrecroiser, de l’intelligence artificielle au chamanisme en passant par la schizophrénie.

Pour le regretté Maurice Dantec, c’est apparent dans chaque page de ce roman, tout est connecté, et chaque chose est d’une infinie complexité. Partant de ce double principe, sa plume ne se repose jamais, et il n’y a pas un seul personnage, un seul concept, un seul lieu cité dans le livre qui ne fasse pas l’objet d’une digression pour nous expliquer d’où il vient et comment il s’entrecroise avec tous les autres aspects du roman. Rien n’est anecdotique, tout est chargé de sens, tout se perd dans une complexité labyrinthique, à l’infini, comme dans « Tristram Shandy », sauf qu’ici tout est très sérieux.

Pour qui est amateur de littérature à fort contenu conceptuel, ici, on se régale : la manière dont l’auteur connecte entre eux des morceaux de théorie scientifique, de croyances et de géopolitique pour donner naissance à des hyperobjets littéraires, presque trop complexes pour tenir en entier dans le cerveau du lecteur, force l’admiration.

Pour ancrer cette explosion d’informations autour de quelque chose que le lecteur soit capable d’identifier et d’apprivoiser, la trame principale épouse la forme familière d’un thriller, avec un homme d’action revenu de tout qui est mandaté pour protéger une femme mystérieuse. L’histoire en elle-même, cela dit, si on devait la raconter, occuperait probablement moins d’une centaine de pages. Mais comme chaque événement, et en particulier une scène spectaculaire au milieu du livre, nous est raconté de manière fragmentaire, via des points de vue différents, des documents, des pièces rapportées, des conjectures, au final, chaque action occupe une place monumentale. Si on y ajoute de longues séquences hallucinatoires jubilatoires mais touffues, il y a de quoi avoir le vertige.

Qu’au final, on ne soit jamais perdu, et qu’on referme le livre avec des réponses à toutes les questions qu’on pouvait se poser, est à porter au crédit de l’auteur, qui réussit un tour de force. Si on se souvient que le roman constitue une sorte de suite de deux autres ouvrages de Dantec, avec lesquels il partage un univers fictif et dont il reprend les personnages, on ne peut qu’être admiratif que tout cela soit, au final, aussi compréhensible. Un lecteur pourra sans difficultés commencer ici, sans avoir l’impression d’avoir manqué quelque chose.

« Babylon Babies », c’est presque inévitable pour un roman aussi expérimental, souffre de quelques gros défauts. Pour commencer, les concepts avec lesquels jongle Dantec sont si complexes, et il les trouve visiblement si fascinant, que la deuxième moitié du livre est presque entièrement constituée d’explications. Soit le narrateur omniscient nous décrit longuement des situations ou des aspects de l’intrigue, soit un personnage explique longuement à un autre un élément du narratif qui nécessite d’être éclairci. L’intrigue, à ce moment-là, fait pratiquement du surplace. On est à fond dans l’ornière d’une histoire racontée plutôt que montrée.

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La boursouflure des concepts est telle que les personnages n’ont presque plus d’espace pour exister. Le protagoniste, Toorop, est plutôt bien dessiné, et c’est le cas de plusieurs autres figures croisées au fil de l’histoire, mais le livre ne porte absolument aucun intérêt à les faire exister les uns par rapport aux autres. Si, chez Dantec, tout est connecté, les personnages font exception : ils n’ont pas de sentiments les uns pour les autres, ne partagent rien, leurs relations n’évoluent pas. Ce sont des automates qui s’observent de loin, sans se connaître. Ils ne sont là que pour demander ou pour se fournir des explications les uns aux autres. C’est embêtant, parce que, en particulier dans les dernières longueurs du livre, le livre cherche à s’appuyer sur la complicité entre Toorop et Marie, mais celle-ci n’a pas du tout été établie au fil de l’histoire, ce qui fait qu’une bonne partie de l’impact émotionnel souhaité tombe à plat.

Dernier défaut, dont on ne fera pas grief à l’auteur : le livre est daté. Écrit dans les années 90, il est constellé de références culturelles à cette époque, alors que l’action du roman est censée se dérouler en 2013-2014. Certains éléments récurrents, comme la guerre dans les Balkans, les sectes, les hackers, sont ceux qui fascinaient le grand public à cette période, et ancrent résolument l’œuvre dans les années de sa parution plutôt que dans celle où est censée se dérouler l’action. Par ailleurs, Dantec n’a pas su prévoir l’omniprésence des réseaux et de la téléphonie mobile, aussi le futur antérieur qu’il nous présente se retrouve parfois en porte-à-faux avec notre vécu actuel. Ça n’est pas grave : la raison d’être de la science-fiction est de parler du présent, pas de l’avenir. On notera aussi un sexisme léger mais omniprésent, où tous les personnages féminins sont décrits en fonction de leur potentiel de séduction, ce qui permet de mesurer à quel point nous avons cheminé en vingt ans.

« Babylon Babies » est une œuvre géniale mais imparfaite, constamment fascinante mais souvent frustrante, plus facile à admirer qu’à adorer, mais si singulière qu’elle est propre à laisser une marque durable dans la mémoire du lecteur.

Le piège des jeux de rôle

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Nos influences nous nourrissent, en tant qu’écrivains, mais elles peuvent aussi nous pousser à saboter nos propres histoires. J’ai déjà examiné ici les pièges qui peuvent se présenter sur la route d’un auteur très influencé par une œuvre qu’il affectionne, ainsi que ceux qui se présentent quand l’essentiel des références d’un romancier appartiennent au champ de la télévision. Dans ce billet, je vais évoquer une autre dérive qu’il convient de garder à l’œil, et qui me concerne très directement : les jeux de rôle.

Pour celles et ceux qui ne sont pas totalement familiers avec le terme, les jeux de rôle sont un loisir créatif dans lequel un groupe de participants vit et crée des situations fictives à travers des dialogues semi-improvisés. Dans la configuration la plus classique, l’un d’entre eux, le meneur de jeu, joue le rôle de l’arbitre, décrit le monde et campe les personnages secondaires, en se basant sur une trame dramatique de base qu’on appelle un scénario. Tous les autres interprètent un personnage, qui évolue dans cet univers. Des règles, qui dépendent souvent de chiffres et de jets de dés, règlent toutes les situations qui ne dépendent pas du dialogue.

Écrire pour les jeux de rôle, c’est très différent d’écrire de la fiction traditionnelle. Pour commencer, rédiger un scénario, ça ne consiste pas à raconter une histoire, puisque celle-ci va être créée et vécue lors de la partie, mais ça consiste plutôt à esquisser un potentiel d’histoire. On décrit une situation de base, un incident initial, un personnage qui poursuit un but, une crise ; on ébauche une séquence d’événements qui peuvent se produire ; on décrit des lieux et des personnages secondaires qui peuvent être appelés à faire leur apparition dans l’histoire. Tout cela est ensuite utilisé pour alimenter la partie, en fonction des choix des joueurs, sachant que souvent, une bonne partie de ce qui était prévu dans le scénario se produit, mais parfois, on s’en éloigne complètement.

C’est une série de drames en suspension

L’autre volet de l’écriture rôlistique, c’est la création d’un univers. Un scénario de jeu de rôles se situe dans un monde, qu’il s’agit de décrire. La forme que prend cette description est très particulière, puisque là aussi, il s’agit de coucher sur le papier, non pas des situations dramatiques, mais des potentiels : dans tel ou tel endroit vivent tels types d’individus, qui vivent tel genre de situation et qui poursuivent tel but, alors qu’en face habitent d’autres personnages qui ont un vécu différent et qui ont plusieurs raisons de s’opposer aux premiers. Ici, on ne raconte pas une histoire, on se contente de dire qu’il existe, en germe, une multitude de possibilités de raconter des histoires, susceptibles de se produire ou non. C’est une série de drames en suspension.

Tout cela est très singulier, et complètement en porte à faux avec ce que la littérature proprement dire réclame d’un auteur. Si les jeux de rôle sont une belle école de l’imaginaire, qu’ils peuvent aider un auteur à conjurer rapidement des concepts et à les emboîter les uns aux autres, qu’ils leur enseignent à se soucier du décor de manière méticuleuse, ils induisent également énormément de mauvais réflexes chez les meneurs de jeux qui souhaiteraient devenir écrivains.

Le premier piège des jeux de rôle, c’est que la priorité d’écriture n’est pas la même. Dans un roman, tout est centré sur l’intrigue et sur les personnages, et chaque aspect qui n’est pas au service de l’une ou de l’autre est inutile, voire superflu. Dans les jeux de rôle, au contraire, rien ne saurait être superflu : tous les détails de background sont susceptibles d’être utilisés à un moment ou à un autre. Il en découle que bien souvent, un auteur formé aux jeux de rôle va accumuler des éléments dans son roman, inutiles à l’intrigue, jusqu’à asphyxier son histoire et à la rendre inintelligible.

Une sorte de fétichisme du background

Je vous donne un exemple : mon roman « Merveilles du Monde Hurlant » se déroule dans un univers qui est, disons, largement inspiré d’un décor de campagne créé pour les jeux de rôle. Dans l’histoire, on suit de près des personnages impliqués dans la guilde des mendiants d’une ville, et on entend vaguement parler d’une sorte de syndicat du crime. Ça, c’est le résultat final. Dans le premier jet, armé de la description de la ville, j’avais inclus énormément de détails sur le fonctionnement interne du groupe criminel en question, et j’avais, en plus, mentionné un autre groupe concurrent, qui venait compliquer une intrigue déjà bien chargée. C’était très indigeste.

Ça, c’est typiquement un mauvais réflexe de meneur de jeu : j’ai pris mon univers pour un fait accompli, et je me suis dit « Si les événements que je décris se produisent, comment vont se positionner les différents groupes criminels de la ville ? » En jeu de rôle, on cherche à mettre en scène un univers cohérent, organique, réactif, qui s’approche du fonctionnement du monde réel, quitte à être chaotique et confus. Un romancier, au contraire, cherche à raconter une histoire, en s’appuyant sur les éléments qui sont nécessaires, et en écartant ce qui ne l’est pas.

C’est donc ça, le principal piège des jeux de rôle : une sorte de fétichisme du background. Quand on a ce parcours, on donne à l’univers une importance disproportionnée, sans réaliser qu’en littérature, ce qui compte, c’est l’histoire, et le décor est surtout là pour faire joli derrière les personnages.

Les lecteurs  veulent qu’on leur raconte des histoires, pas qu’on les emmène en balade

D’ailleurs, autre piège qui découle de celui-ci : cette fascination pour le décor risque, si l’on n’y prend pas garde, de déboucher sur des romans statiques, ou les événements, les actes, bref, l’intrigue elle-même, n’occupe pas le devant de la scène. À la place, l’auteur, si satisfait du petit univers qu’il a imaginé, se transforme en guide touristique et nous le présente à longueur de page, dans de longues séquences d’expositions stériles, en espérant parvenir à communiquer son enthousiasme pour son monde de fiction. Il est utile de le rappeler : les lecteurs de roman veulent qu’on leur raconte des histoires, pas qu’on les emmène en balade.

Les personnages, voilà un troisième et dernier point faible de l’auteur trop habitué aux jeux de rôle. Dans une partie, les personnages n’existent qu’à travers les décisions des joueurs, c’est toute l’idée. Mais celles-ci sont, par nature, imprévisibles, et donc difficiles à anticiper et impossibles à intégrer par avance dans l’intrigue.

Cela signifie qu’un auteur trop habitué à écrire pour les jeux de rôle risque de négliger certaines possibilités : en particulier, l’idée qu’un protagoniste du roman puisse commettre des erreurs et se mettre dans le pétrin, que ces actions soient le moteur de l’intrigue, est souvent négligée. C’est un paradoxe, parce que si ce genre de mécanique narrative est omniprésente dans les parties de jeux de rôle, elle est absente des scénarios, et peut être oubliée par les scénaristes devenus romanciers en herbe.

Retour de bêta-lecture (1)

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Les choses avancent, les choses progressent…

Ici-même, sur ce blog, j’avais au début du mois de mars publié un appel afin de trouver des bêta-lectrices et des bêta-lecteurs pour mon nouveau roman, dont je venais d’achever une version quasi-finale. Mon ambition était de trouver trois personnes prêtes à lire mon manuscrit, avec si possible au moins un bêta-lecteur qui avait lu mes livres précédents, les deux tomes de « Merveilles du Monde Hurlant. » Il est temps de vous tenir au courant des résultats obtenus par cette démarche.

Notez que je considère que les retours des bêta-lecteurs sont de nature, peut-être pas confidentielle, mais en tout cas personnelle, et en tout cas pas destinés à être partagés avec le plus grand nombre. La liberté de ton indispensable à l’exercice s’accommode mal d’une publication tapageuse de « qui-a-dit-quoi-à-quel-sujet. » Vous trouverez donc ci-dessous quelques exemples des retours que j’ai reçus, mais ils ne seront pas attribués à leurs auteurs, et résumés dans les grandes lignes.

Pour commencer, je ne m’attendais pas au succès de ma requête. Largement relayée en ligne par des amis, elle a connu un succès foudroyant, et j’ai reçu plus d’une vingtaine de propositions spontanées. J’aimerais ici exprimer ma plus profonde reconnaissance à toutes les personnes désireuses de m’aider, et en particulier à celles et ceux qui ont pris le temps de lire mon texte et de m’envoyer leurs retours.

Au final, j’ai sélectionné huit personnes pour cette bêta-lecture, fixant un délai à la fin du mois de mai. L’une d’entre elles n’a rapidement plus donné signe de vie, et deux d’entre elles ne m’ont pas rendu leurs notes à la fin août, moment où j’ai décidé d’entamer malgré tout l’ultime relecture de mon roman, en intégrant les remarques reçues.

J’ai clairement eu la main lourde

Il faut dire que mon approche de la bêta-lecture avait quelque chose de décourageant. Déjà, mon roman est un gros pavé, avec de nombreux personnages et plusieurs intrigues parallèles. Mais en plus, j’ai opté pour l’approche de la bêta-lecture décrite par Stéphane Arnier. Je vous encourage à lire ce qu’il a écrit à ce sujet, mais en résumé, il s’agit de considérer cette phase, non pas comme une validation éditoriale, non pas comme une suite de « j’aime/j’aime pas » arbitraires, mais comme une manière de tester le roman, de s’assurer qu’il fonctionne et que les points principaux de l’intrigue sont compréhensibles.

Là où j’ai clairement eu la main lourde, c’est que j’ai distribué à mes pauvres bêta-lectrices et lecteurs un questionnaire-coup de massue comportant plus de 200 points. C’était, à l’usage, une mauvaise idée : cela a probablement contribué à décourager deux d’entre eux, et m’a forcé à manipuler une masse de données proprement hallucinante.

Cela dit, je n’ai pas de regrets, et si je devais le refaire, je ne sais pas trop comment je m’y prendrais. Parce que le fait de poser des questions de vérification sur des points majeurs comme sur des points mineurs du manuscrit m’a permis de déceler des incompréhensions là où je ne les attendais pas.

Pour citer quelques exemples, j’ai découvert qu’il n’y avait pas deux lecteurs qui visualisaient de la même manière les Lithiques, une espèce de petits êtres en pierre qui peuplent mon univers de fiction. En prendre conscience m’a permis d’ajuster les descriptions.

Au début du roman, une scène d’action située dans un appartement a également suscité une certaine confusion de la part de mes bêta-lecteurs. Il faut dire que j’y décrivais trois portes distinctes : celle de l’entrée, une deuxième entre deux appartements communicants, et la porte de la chambre de mon héroïne. Pour rendre tout cela moins confus, j’ai rayé du texte toute mention de la troisième porte, et j’ai repeint la deuxième, qui est devenue « la petite porte rouge. » Le chapitre est bien plus clair désormais.

Il faut avouer que ça détend

À l’inverse, pour terminer sur les résultats du questionnaire, des passages qui me semblaient confus, trop complexes, peu clairs, ont été compris par tous mes bêta-lecteurs sans aucune gêne. Il faut avouer que ça détend.

Et puis il y a eu quelques cas de conscience : dans un ou deux cas, des bêta-lecteurs n’ont pas compris certains détails de l’intrigue. Par exemple, la première moitié du livre raconte un voyage du Nord au Sud, et une lectrice pensait que c’était l’inverse. Passant en revue les passages en question, j’ai jugé que le cap avait été indiqué suffisamment souvent pour que les choses soient claires, et que finalement, un lecteur qui n’aurait pas saisi ça n’aurait rien manqué de vital. Peut-être que je me trompe, mais c’est aussi le genre de question que l’on doit trancher dans cette phase de bêta-lecture.

En tant qu’auteur, je ne crois pas que chaque détail d’une histoire doive être explicité, y compris les plus triviaux. Cela peut produire selon moi un résultat lourd et archaïque. Aussi, par exemple, lorsqu’une bêta-lectrice s’est demandée d’où un personnage tirait un drapeau qu’il brandissait soudain, alors qu’il venait de passer quelques jours en ville, j’ai jugé que celles et ceux qui se poseraient la question parviendraient sans difficultés à formuler une hypothèse convaincante. Certains préféreraient à coup sûr bénéficier de davantage de détails, mais c’est un choix que j’assume.

Et puis il y a eu un petit fossé culturel, assorti d’un mauvais jugement de ma part. Dans mon univers de fiction, il existe un empire des humains, le Reik, qui est une mosaïque d’États plus ou moins indépendants, avec à leur tête un Empereur élu par les souverains des nations qui constituent l’ensemble. « Un peu comme le Saint-Empire Romain Germanique », me suis-je toujours dit, moi qui suis Suisse. Je n’avais pas imaginé que ce type d’organisation paraîtrait exotique et déconcertant à des lecteurs français, naturellement plus accoutumés à l’histoire des Rois de France. La bêta-lecture m’a permis d’en prendre conscience et de rajouter quelques lignes d’explications par-ci, par-là.

Résultat amusant : ce livre est la suite de ma duologie « Merveilles du Monde Hurlant », mais il est conçu pour pouvoir être lu indépendamment. Les bêta-lecteurs qui avaient lu le premier ont douté que cela soit possible, alors que ceux qui ne l’avaient pas lu n’y ont pas vu de problème.

Dans la seconde partie de ce billet consacré à la bêta-lecture de mon roman, j’aborderai les autres types de retours obtenus lors de cette phase.

La boîte à outils pour vos descriptions

blog le petit plus

Réunir en un seul endroit une série de mots qui peuvent être utilisés pour décrire une émotion ou une expérience sensorielle, et assortir tout ça de conseils pour réussir ces descriptions dans un cadre romanesque : c’était la raison d’être d’une série d’articles publiés sur ce blog ces dernières semaines.

Il s’agissait d’articles-outils, de références à consulter en fonction plutôt que des billets à lire pour le plaisir ou pour élargir ses horizons, raison pour laquelle il m’a semblé nécessaire de les regrouper ici. Vous trouverez ainsi des liens vers chacun des articles de la série, ce qui vous permettra de les redécouvrir, et surtout de tout retrouver en un seul signet, dans l’attente du moment où vous en aurez besoin.

Décrire les émotions

La peur

La tristesse

La joie

La colère

La honte

Décrire les sens

La douleur

Le plaisir

Le toucher

L’odeur

Le goût

Le bruit

 

Je recherche des bêta-lecteurs

blog beta lecteurs

⚠️ Un grand merci pour votre enthousiasme et vos nombreuses propositions, qui me touchent énormément. J’ai désormais trouvé les bêta-lectrices et les bêta-lecteurs que je cherchais, et la recherche décrite dans le texte ci-dessous est donc close. ⚠️

La semaine dernière, j’ai achevé l’écriture de mon nouveau roman.

Ou plutôt, je l’ai achevée une seconde fois, puisque j’avais déjà bouclé le premier jet il y a plusieurs mois. Là, c’est une version complète et fonctionnelle qui vient de voir le jour, façonnée et remodelée par sept campagnes de corrections longues et intenses. Un jour, sur ce blog, je vous raconterai quelques anecdotes riches d’enseignements sur la difficile gestation de ce texte…

Mais c’est de la musique d’avenir. Pour le moment, une nouvelle phase est sur le point de commencer : celle de la bêta-lecture.

Je recherche les premières lectrices et lecteurs de ce roman. Idéalement, entre deux et sept personnes. Peut-être que vous, qui lisez ces lignes, seriez intéressés à en faire partie?

Avant de vous décider, il faut que vous sachiez où vous mettez les pieds.

Ici, on parle d’un épais bouquin de fantasy qui compte environ 227’000 mots, soit à peu près la moitié du texte intégral du « Seigneur des Anneaux », s’il vous faut un point de repère. Il contient un grand nombre de personnages et d’intrigues parallèles, ainsi que plusieurs modes narratifs. C’est un gros bébé, long, baroque, foisonnant. Ce n’est pas pour tous les goûts, et simplement lire le texte du premier au dernier mot représente un certain investissement de temps. Bref, ça n’est pas pour les mauviettes de la lecture.

Ce roman est la suite de ma duologie « Merveilles du Monde Hurlant », parue aux Éditions le Héron d’Argent. Il a toutefois été écrit spécifiquement pour pouvoir être découvert par des lecteurs qui n’ont aucune connaissance préalable de ce texte. Voilà pourquoi je recherche des bêta-lecteurs qui n’ont pas lu « Merveilles », mais aussi si possible au moins une bêta-lectrice ou un bêta-lecteur qui connaît le roman précédent, afin de bénéficier des deux points de vue.

Est-ce que cela vous intéresse? Est-ce que rien ne vous effraye?

Pour mener à bien cette délicate opération, je m’appuie sur les excellents articles que Stéphane Arnier a consacrés à la question. En deux mots, ce que je demande aux bêta-lectrices et aux bêta-lecteurs, c’est de tester le livre afin de savoir s’il y a des points où celui-ci n’est pas clair, où mes explications sont confuses, mes descriptions conjurent une image radicalement différente de celle que j’avais en tête, que les motivations des personnages ne sont pas compréhensibles, etc… Afin d’y arriver, je leur transmettrai une longue liste de questions – il y en a un peu plus de 200 – et leur mission sera d’y répondre afin de me dire de quelle manière ils ont compris (ou pas compris, ou compris autrement) où je voulais en venir.

En plus de cela, toutes les remarques formelles, stylistiques, tous les conseils, les suggestions, sont les bienvenus, même si ce n’est pas le type de retour que je recherche en priorité. Sentez-vous libres de me dire tout ce que ce texte vous inspire, en positif mais surtout en négatif, sans avoir à ménager mon ego.

Idéalement, j’aimerais bien pouvoir boucler la phase de bêta-lecture d’ici la fin du mois de mai.

Est-ce que cela vous intéresse ? Est-ce que rien ne vous effraye ? Si c’est le cas, d’abord, merci d’avance. N’hésitez pas à vous signaler, en commentaire ou par le formulaire de contact, ou à me poser des questions supplémentaires si tout n’est pas clair.

La guerre: résumé

blog le petit plus

Vous trouverez ici tous les conseils que j’ai récemment postés sur mon blog pour raconter des histoires de guerre, de soldats, de combats et de batailles dans un contexte romanesque.

Normalement, j’ai arrêté de poster des articles qui servent uniquement de résumé pour une série de billets regroupés par le même thème. Après tout, j’ai créé une page qui regroupe tous mes articles, qui devait satisfaire l’ensemble des curieux. Malgré tout, comme ce projet sur la guerre était long et ambitieux, et que les autrices et auteurs qui souhaiteraient puiser dans les conseils que j’ai publié à ce sujet souhaiteront peut-être bénéficier d’un marque-page pour le jour où ils écriront une histoire dans cette veine-là, je me suis dit que cette fois-ci, ça serait pratique. Donc voici les liens:

  1. Éléments de décor: la guerre
  2. Écrire la guerre
  3. Écrire la bataille
  4. La bataille terrestre
  5. La bataille navale
  6. La bataille aérienne
  7. La bataille spatiale
  8. Guérilla
  9. Écrire le combat
  10. Le corps-à-corps
  11. Le combat à distance
  12. Blessures
  13. Décrire la douleur