Les recherches

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Quand on a la prétention d’être lu par des dizaines, des centaines et peut-être des milliers de personnes, la plus élémentaires des courtoisies, c’est de tenter de faire en sorte de ne pas dire n’importe quoi. Afin de s’en assurer, il existe une phase du processus d’écriture qu’on appelle généralement « les recherches » et qui consiste à accumuler une certaine quantité d’informations authentiques sur le décor ou sur le thème de notre roman.

Beaucoup d’auteurs ne jurent que par les recherches. Ils y voient une partie indispensable du travail d’auteur. Selon eux, un travail de recherche complet et solide est nécessaire pour servir de socle à toutes les étapes suivantes : de cette crédibilité initiale dépend la vraisemblance de l’histoire qui est racontée.

Aussi noble et bien intentionné soit-il, je ne souscris pas à ce point de vue.

Mon oncle Jacques Hirt, qui écrivait des romans policiers et qui était bien meilleur auteur que moi, m’avait dit une fois, en substance, qu’on s’en fiche des recherches : que la porte du commissariat dans le roman soit de la même couleur que dans la réalité, ça n’a pas d’importance, sauf celui de satisfaire l’égo de bon élève d’un auteur appliqué. La mission de l’écrivain, selon lui, était de rendre crédible le décor du roman, même si celui-ci était purement imaginaire.

Toute autre considération s’efface face à l’histoire

Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, selon ma conception de la littérature, toute autre considération s’efface face à l’histoire. Si se permettre une divergence vis-à-vis de la réalité rend votre roman plus touchant, plus captivant, ou plus fidèle au vécu humain, le drame l’emporte toujours sur le réel. Vous avez besoin, dans votre polar, que la salle d’interrogatoire soit juste à côté des cellules de dégrisement, alors qu’en réalité, dans le monde réel, elles ne sont même pas dans le même bâtiment ? Déplacez-les. En tant qu’auteur, vous avez davantage de comptes à rendre à la fiction qu’au réel.

En plus, le culte du détail authentique risque de créer chez certains écrivains l’illusion d’avoir servi la cause de leur roman, alors que ce n’est pas nécessairement le cas. Vous venez de passer trois semaines à étudier l’évolution des armures à la fin du Moyen-Âge européen, afin de coller au plus près de la réalité dans votre roman de fantasy ? Comme il est peu probable que votre histoire se déroule en Europe, ou même au véritable Moyen-Âge, on peut débattre de la pertinence de la démarche. Vos armures collent-elles vraiment à un modèle historique ? Le doivent-elles ? Est-ce plus intéressant ? Dans certains cas, on le comprend bien, la fidélité à l’authenticité illusoire qu’apporte la recherche peut même anesthésier l’imaginaire. Vous n’êtes pas en quête de la Vérité, telle qu’elle se rapporte à notre réalité, vous êtes en quête de la Vérité, telle qu’elle se rapporte à votre histoire.

Faire des recherches en tant qu’écrivain, prenez garde, c’est par ailleurs une activité sans fin, et qui peut finir par absorber tout votre temps. Prévoyant un livre sur la décolonisation, vous dévorerez tellement de bouquins traitant de cette période de l’histoire que vous en oublierez d’écrire le vôtre. Il faut se fixer des limites.

Les recherches sont au service du roman, pas l’inverse

Et puis un auteur qui fait des recherches est un auteur en mission : à force de se passionner pour son sujet, il risque de cherche à inclure autant de détails que possible dans son histoire, au risque de l’ensevelir et de l’empêcher de se développer. Mieux vaut partir du principe que vos lecteurs sont là pour lire ce que vous avez écrit, vous, et que si leur motivation principale avait été de se cultiver, ils auraient lu les mêmes ouvrages de référence que vous plutôt qu’acheter votre roman.

Afin de se fixer des limites, il y a un principe élémentaire que je vous encourage à suivre : les recherches sont au service du roman, pas l’inverse. Dès qu’elles prennent trop de temps, dès que les détails occupent trop de place, appuyez sur le frein.

En me lisant, certains vont froncer les sourcils, parce que leurs priorités sont différentes. C’est très bien, selon moi, que nous ne soyons pas d’accord : cela ne fait qu’enrichir la littérature. J’ai tendance à penser que celles et ceux qui recherchent à tout prix la fidélité à la réalité dans leurs écrits feraient mieux de devenir journalistes – et je suis journaliste. Mais leur position, si elle n’est pas la mienne, n’en est pas moins cohérente.

Ils ont raison après tout : inclure certains détails authentiques dans un roman, en savoir un maximum sur la période, la culture, l’endroit où se situe l’action de votre livre, peut lui conférer la vraisemblance qui va lui donner du relief auprès de certains lecteurs. Si toute l’action de votre roman se situe au sein d’une centrale nucléaire, oui, il serait sans doute judicieux que vous ayez, au moins une fois dans votre vie, mis les pieds dans ce genre de bâtiment. Faire des recherches peut éviter d’écrire de grosses âneries, c’est une preuve de curiosité et d’ouverture d’esprit, ainsi que de modestie vis-à-vis de votre sujet. C’est admirable. En plus vous allez apprendre des tas de trucs.

Une quête de ce qui fait la substance de l’humanité

Donc tout n’est pas à jeter dans la recherche. D’ailleurs je n’ai rien contre elle, au contraire. Seulement selon moi, l’intérêt de cette phase de l’écriture ne réside pas dans une accumulation de détails qui seront ensuite reproduits dans le décor d’un roman. En fait, la recherche est principalement utile dans deux moments-clé : l’inspiration et l’élaboration.

L’inspiration, c’est la quête continue d’idées, petites et grandes, à laquelle s’astreint l’écrivain, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Nous avons déjà eu l’occasion d’en parler. En réalité, il s’agit moins d’une phase de recherche active que d’une veille, une certaine attitude vis-à-vis du monde et de l’humanité, qui pousse un auteur à noter certains détails et à les coller dans le tableau à post-it de son imaginaire.

Il s’agit bien de recherche : une quête, même, constante, de ce qui fait la substance de l’humanité et de l’existence, toute cette accumulation de petits riens, de bribes de phrases, de gestes, d’images touchantes, de rencontres inattendues, que vous, qui écrivez, vous allez accumuler en vous tout au long de votre vie, avant qu’une partie de cela, de cette masse grouillante de peut-être, finisse par se tailler un chemin dans vos œuvres et leur donner du volume.

Devenez réparateur de vélo pour une journée

L’élaboration, c’est cette phase où vous êtes en train de commencer à travailler à votre roman, quelque part entre l’idée de départ et la construction du plan. Là, les recherches peuvent faire une immense différence dans votre travail, parce qu’à ce stade, plutôt que de vous procurer des millions de détails plus ou moins intéressants, elles vont participer de la construction du récit, et vous apporter des éléments qui vont devenir constitutifs de votre histoire. C’est de l’engrais pour l’écriture.

Oui, vous pouvez lire des bouquins de référence et oui, si vous y tenez, allez cliquer sur Wikipedia. Mais cette phase-là est plus efficace si, à la place de vous retrouver seul face à un écran, vous allez un peu humer l’air du réel, aller dans des endroits, parler à des gens, observer, absorber.

Un de vos personnages est réparateur de vélo ? Devenez réparateur de vélo pour une journée, si un professionnel vous accepte dans son atelier. Constatez par vous-même ce que ça implique, comment se découpe la journée, quelles sont les difficultés, les plaisirs, les odeurs, les petites bribes qui rendent cette expérience unique. Je vous assure que cette journée apportera davantage à votre roman que si vous aviez passé deux fois plus de temps à chercher des informations sur Google. Votre polar se situe dans le milieu des livreurs au porte-à-porte ? Rencontrez ces gens, parlez leur, et surtout, écoutez-les, en notant ce qui leur tient à cœur, mais aussi leur façon de l’exprimer, leurs mots, leurs gestes, la manière dont ils sont habillés. Votre histoire a lieu à Bologne ? Allez faire un tour à Bologne – non c’est pas loin. Vos personnages principaux sont âgés ? Écoutez comment parlent les personnes âgées. Basique.

Si vous êtes en quête d’authenticité, vous balader dans un château-fort vous apportera bien plus que de lire un livre sur le Moyen-Âge. Les deux démarches ne sont pas concurrentes d’ailleurs, et rien ne vous empêche de faire les deux, si c’est votre conception du rôle d’écrivain, mais en règle générale, parler avec un architecte va constituer une expérience bien plus fertile en termes d’inspiration que si vous vous envoyez plusieurs ouvrages sur l’architecture.

⏩ La semaine prochaine: Éléments de décor – l’argent

 

Écrire de meilleurs dialogues

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Étape par étape : c’est toujours la meilleure manière de procéder. Donc récemment, nous avons cherché à savoir ce que c’est que des dialogues dans un roman, puis nous avons tenté de comprendre à quoi ils servaient et à quoi ils ne servaient pas. À présent que les bases sont posées, demandons-nous comment on peut écrire des dialogues de qualité.

À cette question comme à tant d’autres, on sera tenté de répondre qu’il suffit d’avoir du talent. Mais à ce tarif-là, je pourrais tout aussi bien m’abstenir d’écrire ces billets et de croiser les doigts avec vous en souhaitant que votre muse fasse spontanément fleurir le talent en vous. Ce serait une erreur : le talent, ça s’entretient. Et dans le domaine des dialogues, c’est en cherchant à comprendre comment les gens parlent que l’on peut progresser. Tendez l’oreille, donc, et, discrètement, écoutez. Ou indiscrètement, mais vraiment, faites-le.

Vous allez en tirer tout un tas d’enseignements précieux.

Non seulement vous allez en apprendre long sur les expressions que les gens utilisent (ou n’utilisent pas), sur les niveaux de langage, sur la manière dont ils plient la langue, la raccourcissent, la modifient pour qu’elle produise l’effet désiré, mais vous allez également pouvoir noter quelques petits trucs précieux.

Les dialogues de sourds peuvent faire merveille dans un roman

Par exemple, dans une conversation, il n’est pas rare que deux personnes aient des choses différentes à communiquer, et que, bien qu’elles donnent l’impression de dialoguer, elles finissent toujours par revenir au sujet qui les préoccupe personnellement. C’est ce qu’on appelle des dialogues de sourds, et ça peut faire merveille dans un roman.

Autre idée à retenir : lorsqu’ils parlent, par prudence, par peur ou par courtoisie, la plupart des gens ne disent pas ce qu’ils ont sur le cœur. Ils arrondissent les angles, mentent, s’abritent derrière de l’ironie. Écoutez ce qui est dit, mais également ce qui n’est pas dit. Le non-dit, les sujets qu’on évite parce qu’ils font mal, ceux que l’on évoque à mots couverts mais que personne ne prend la peine d’écouter, les messages qu’il faut lire entre les lignes pour vraiment les comprendre, les sous-entendus qui ne peuvent être compris que par un groupe restreint de personnes en raison de leurs références communes : tout cela peut conférer à une scène de dialogue une profondeur supplémentaire.

C’est particulièrement le cas si on prend garde de faire du lecteur un complice, qui parvient mieux que les personnages à décoder le sous-texte et les enjeux cachés de la conversation. Cela peut produire une ironie dramatique qui va enrichir le texte et donner de l’épaisseur aux personnages.

Les êtres humains ne parlent pas en dialogues de roman

Lorsque l’épouse rentre du travail, peut-être ne dira-t-elle pas à son mari que sa journée a été « épouvantable », mais préférera-t-elle un sec « Ça a été » ; certains, même, lorsqu’ils sont mécontents, vont jusqu’à dire « Merci » à ceux qui les importunent : « Dites-donc ! Merci de m’avoir volé ma place de parking ! » ; plutôt qu’annoncer une mauvaise nouvelle à un ami, un personnage se mettra à dérouler des banalités qui occupent la place de mots plus importants qui devraient être dits… Tant que les choses sont claires pour le lecteur, cette approche oblique peut donner de très bons résultats.

Écouter de véritables conversations et en tirer des enseignements, c’est précieux, mais l’exercice va également vous révéler un certain nombre de choses au sujet de la manière dont les gens parlent. Vous allez vite réaliser qu’ils hésitent énormément, qu’ils se répètent, qu’ils parlent tous en même temps et qu’ils ont une irritante tendance à changer de sujet de conversation dans prévenir.

En réalité, s’il est essentiel de s’inspirer de la réalité des conversations humaines lorsqu’on rédige des dialogues, il est tout aussi crucial de savoir s’en éloigner. Non, les êtres humains ne parlent pas en dialogue de roman, et les personnages de romans ne discutent pas tout à fait comme nous. Votre défi à vous, l’écrivain, va être de créer des séquences de dialogue qui ne sont pas tout à fait comme des conversations réelles mais qui, à la lecture, donnent malgré tout l’impression d’être des conversations réelles.

On ne parle pas qu’avec la bouche

C’est, comme souvent en littérature, de la prestidigitation. « La fiction, c’est la vie, les moments ternes en moins » disait Alfred Hitchcock, et le principe s’applique particulièrement bien aux dialogues. En écrire, ça ne consiste pas à reproduire le réel, mais à donner une impression du réel, une imitation, et, bien souvent, une amélioration. Donc imaginons que vous partiez d’une conversation réelle : pour en tirer un dialogue de roman, coupez tout ce qui n’est pas essentiel, les hésitations, le contenu phatique, les digressions en tous genres, pour ne conserver que ce qui sert l’action romanesque, tout en conservant l’apparence d’une parole authentique.

À force d’observer les gens, vous allez également parvenir à une autre conclusion essentielle : on ne parle pas qu’avec la bouche. Une conversation, ça n’est pas uniquement un échange de propos relayés par la voix.

On parle avec les mains. Lever le pouce, brandir l’index, serrer le poing, lever les paumes vers le ciel, les poser sur ses hanches, taper sur la table : il y a toute une bibliothèque de gestes chargés de sens qui sont utilisés par les êtres humains, soit à la place, soit en tandem avec des mots échangés. Certains de ces gestes sont universels, d’autres ne sont compris que localement. Ils peuvent intervenir dans un dialogue, avec autant de légitimité que n’importe quelle réplique.

Un personnage de roman, pour peu qu’il soit humain, s’exprime également avec les bras, et avec tout le reste du corps : croiser les bras, se frotter la nuque, attraper quelqu’un, le frapper doucement en signe de camaraderie virile, l’embrasser, effleurer son mention font partie des innombrables possibilités de gestes et d’attitude qui peuvent porter du sens dans une conversation.

Quand toutes les possibilités sont épuisées, il reste le silence

Notre visage est lui aussi une extraordinaire source de communication non-verbale, qui va du sourire à tout un répertoire de grimaces, en passant par les lèvres pincées, les mâchoires crispées, les sourcils froncés ou relevés, les yeux écarquillés, les claquements de langue, les soupirs, etc… Là aussi, ce sont des éléments qui peuvent prendre place dans un dialogue de différentes manières : un regard soutenu peut accompagner une réplique bien sentie, mais également s’y substituer, le geste se suffisant à lui-même, au milieu du silence.

La communication non-verbale, ça va même plus loin : les mouvements et les déplacements d’un personnage peuvent jouer un rôle dans un dialogue. Après une nouvelle inattendue, on se lève de sa chaise ; un individu en proie au souci va faire les cent-pas ; un paranoïaque va passer son temps à regarder derrière lui ; des amoureux vont chercher à se rapprocher l’un de l’autre ; la curiosité peut pousser un personnage à contempler tout ce qui se passe autour de lui, etc…

Et quand toutes les possibilités sont épuisées, il reste le silence, qui représente aussi un choix de dialogue tout à fait acceptable. Parfois, on pose une question et il n’y a pas de réponse ; parfois, un personnage vexé ou blessé reste mutique ; parfois, le mystère vient s’incarner dans le non-dit. N’hésitez pas à faire usage de cet outil qui peut caractériser un personnage ou une relation, avec une grande économie de moyens puisqu’il ne se passe rien du tout.

Rien n’est pire que les échanges statiques entre deux têtes qui se parlent sans bouger

Ce qui compte, c’est que le dialogue, il faut le mettre en scène. Rien n’est pire que les échanges statiques entre deux têtes qui se parlent sans bouger, sans réagir, sans s’émouvoir. Quand vos personnages se parlent, faites-les se mouvoir, faites intervenir l’environnement, décrivez ce qui les entoure et comment cela les influence, dites de quelle manière ce qu’ils entendent les fait réagir.

Ils n’ont d’ailleurs pas besoin d’arrêter ce qu’ils sont en train de faire pour se mettre à discuter: quand un personnage parle en agissant, cela va automatiquement donner du caractère à une scène, sans parler du fait que le résultat sera plus dynamique. Donc n’hésitez pas à écrire des dialogues où l’un des participants cause en réparant sa voiture, en lisant le journal, en cherchant son portefeuille, en s’habillant ou en se déshabillant, en conduisant une voiture, en chassant le gibier, etc… Et s’ils n’agissent pas directement, ils peuvent se trouver dans un lieu où il se passe plein de choses autour d’eux : un spectacle, un marché couvert, une plage bondée, une usine, etc…

Tout ce qui vous permet de donner du caractère à la scène, d’y insuffler du mouvement, va forcément améliorer la qualité du dialogue et peut donner lieu à d’intéressantes combinaisons entre ce qui est dit et le contexte dans lequel tout cela se situe.

Pour caractériser le dialogue, les mots prononcés suffisent

Deux mots encore de la meilleure manière de rédiger un dialogue, avec un conseil qui tient en deux mots : faites simple. C’est le cas en particulier quand il s’agit de choisir une formule à apposer après un élément de dialogue. Ne vous cassez pas la tête : il n’y a pas de meilleur choix que « dit-elle » ou « dit-il. »

Si vous préférez varier les formules, c’est sans doute parce que vous craignez de vous répéter : chassez immédiatement cette idée de votre esprit. Le lecteur ne lit pas les « dit-il », ou en tout cas pas vraiment. Pour lui, ils n’ont qu’une fonction formelle, semblable à la ponctuation. Vous pouvez en utiliser autant que vous voulez. Cela dit, bien entendu, si vous parvenez à vous en passer et qu’on comprend malgré tout qui parle, c’est encore mieux de ne rien mettre du tout.

L’autre tentation, c’est de souhaiter caractériser le dialogue, d’expliquer comment s’expriment les personnages. Les écrivains qui font ce choix ont l’impression (erronée) qu’il vaut mieux utiliser d’autres verbes que « dire », voire même y ajouter (horreur) un adverbe. En réalité, cela ne sert à rien et ne fait qu’encombrer la lecture. Pour caractériser le dialogue, les mots prononcés suffisent, et s’il vous paraît utile d’ajouter une précision, faites-le en ajoutant une action plutôt qu’une description. Ainsi, je vous en conjure, n’écrivez pas :

« Je suis fâché » hurla-t-il hargneusement.

Mais écrivez plutôt :

« Je suis fâché » dit-il.

Voire même :

« Je suis fâché » dit-il en tapant sur la table.

Et gardez à l’esprit qu’il est toujours possible d’écrire :

« Ça n’est pas grave » dit-il en tapant sur la table.

Certains auteurs estiment que ces formules simples, « dit-il » et « dit-elle » ; doivent être utilisées à l’exclusion de toutes autres. Personnellement, j’estime qu’il y a également de la place pour les « demanda-t-il » et « répondit-elle », qui permettent d’ajouter un peu de liant. À vous de voir, mais les dialogues sont déjà des scènes complexes, qui mettent en scène tout un ballet de personnages, de temps de verbes, de modes d’expressions, de signes de ponctuation : il vaut mieux rester simple là où c’est possible.

⏩ Dans deux semaines: trouver la voix des personnages