Manuscrit livré !

C’est fait ! PVH Éditions a reçu aujourd’hui la première version du manuscrit d’un roman de fantasy coécrit par Sara Schneider, Pascal Lovis, Aquilegia Nox, Stéphane Paccaud et moi.
Il nous a fallu sept mois de gestation et de construction commune pour en arriver là, sept mois à écrire à cinq plumes, c’est dire que l’encre a coulé à flots. De quoi ça parle ? Eh bien je vous embrasse et je vous remercie d’avoir posé la question. Suite au prochain épisode…

Kazü – un jeu de rôle convivial

Et si on créait un jeu de rôle destiné à être joué sans trop se concentrer, pendant qu’on fait autre chose, autour d’un verre, dans le métro ou lors d’un petit tour à vélo ? Voilà l’idée que j’ai eue ce matin. Comme j’avais un petit peu de temps, j’ai saisi l’occasion pour en créer une première version, et je vous propose donc, sous licence libre, « Kazü – un jeu de rôle convivial ». D’avance, merci pour vos retours : il est possible que je continue à développer tout ça, en bénéficiant de vos remarques.

Kazu

La version ci-dessus est la version 0.4, déjà modifiée grâce à vos retours, puis remise en page et pleinement illustrée. Je considère que ce projet est désormais complet, mais si vous avez des retours ou des suggestions, elles sont bien sûr les bienvenues.

Nouveautés sur le site

Bonjour à toutes et à tous et bonne année 2025 !

Ce bref message pour vous mettre au courant de deux nouveautés.

Premièrement, une nouvelle version de mon jeu de rôle libre Le Monde Hurlant est disponible. Vous pouvez la découvrir ici. Il y a de nouvelles règles, des correctifs et de nouvelles illustrations, regardez, en voici une.

Deuxièmement, je suis désormais raisonnablement actif sur le réseau social Mastodon. Vous pouvez me trouver ici.

Le hors-champ : résumé

blog le petit plus

Pour la première fois depuis bien longtemps, j’ai pris le temps de rédiger une série d’articles sur l’écriture, événement qui était autrefois bien plus fréquent sur ce blog. Je vous remercie chaleureusement de l’intérêt manifesté à ces billets, qui m’a agréablement surpris, en particulier dans la mesure où le sujet en question est ardu et n’a rien de très séduisant de prime abord. Cela me motive à écrire d’autres articles dans l’avenir. D’ailleurs, si vous avez des souhaits sur un thème que vous aimeriez que j’aborde, n’hésitez pas à vous manifester.

Première partie : Le hors-champ https://julienhirtauteur.com/2024/08/28/le-hors-champ/

Deuxième partie : Les formes de hors-champ https://julienhirtauteur.com/2024/09/04/les-formes-de-hors-champ/

Troisième partie : Hors-champ et narration https://julienhirtauteur.com/2024/09/11/hors-champ-et-narration/

Quatrième partie : Les effets du hors-champ https://julienhirtauteur.com/2024/09/19/les-effets-du-hors-champ/

Cinquième partie : Les n’avait https://julienhirtauteur.com/2024/09/25/les-navait/

Les n’avait

Pour conclure cette série sur le hors-champ, deux mots rapides de mise en garde sur ce que j’appelle les « n’avait ». Et oui, le fait que ce mot sonne comme le nom d’une plante potagère à la mauvaise réputation n’est pas un hasard. À l’instar du navet, le n’avait a un goût peu agréable et comme lui, il se cultive en champs.

Attention, il se peut qu’ici, je me montre un peu indélicat (et de mauvaise foi).

Un n’avait, c’est quoi ? Pour moi, ce mot décrit toutes les phrases ou un auteur, par le biais d’une narration omnisciente, insère de l’exposition (du hors-champ de contexte) alors qu’il aurait pu être plus élégant d’insérer les mêmes informations dans le champ narratif. Pourquoi est-ce que j’appelle ça des n’avait ? Parce que ça ressemble à ça :

En garant sa voiture, il réalisa que la première neige n’avait pas eu le temps de fondre. Cette fin d’hiver n’avait pas grand-chose à offrir, dans cette petite ville où le ciel était toujours gris. Chef-lieu régional, celle-ci n’avait pas beaucoup d’attrait pour les touristes, en particulier depuis la crise qui avait transformé ses vitrines en façades mortes. Avant d’entrer, il essuya ses pieds sur le paillasson qu’il avait acheté au magasin de bricolage : ses bottes avaient été mouillées par la neige.

OK, j’admets que c’est peut-être un peu caricatural, mais des bouquins entièrement écrits comme ça, j’en ai lu pas mal, et c’est horripilant. Dans chaque phrase, des verbes en « n’avait », en « était » en « faisaient » viennent s’attacher à l’action, comme une foule d’infobulles chargées d’expliquer au lecteur d’innombrables détails dont il n’a rien à faire. Le résultat est pesant, stérile et rasoir.

Les n’avait, surtout quand il y en a beaucoup, c’est un peu comme si le hors-champ était en lutte ouverte contre le champ, comme si une partie du texte voulait aller de l’avant et que le reste l’en empêchait. Alors que le lecteur souhaite juste qu’on lui raconte une histoire, chaque phrase ou presque est vérolée par de l’exposition, sans fin, des détails à n’en plus finir, qui neuf fois sur dix n’ont aucun impact sur l’intrigue. Je vous en supplie : n’écrivez pas comme ça. Un n’avait de temps en temps, pourquoi pas, mais des champs entiers, c’est indigeste.

J’ai déjà eu l’occasion de le dire : les lecteurs veulent qu’on leur raconte une histoire, ils ne souhaitent pas participer passivement à une visite guidée de votre univers de fiction. J’ai tendance à penser qu’un élément d’exposition hors-champ qui n’est pas indispensable à l’intrigue est superflu, et ne devrait pas survivre à une relecture critique du premier jet. Quant à celles et ceux qui plombent leurs textes de pages entières de n’avait, je ne peux que lever les mains au ciel et leur demander : pourquoi ?

Surtout qu’il ne s’agit pas d’une fatalité. Si, vraiment, vous tenez tant que ça à mentionner cette foule de détails barbants à vos lecteurs, il est tout à fait possible d’en intégrer un certain nombre de manière plus subtile dans l’action, par exemple sous la forme de hors-champ suggéré. Le ton de votre histoire sera plus actif et moins rébarbatif, cela prendra moins de place de dire la même chose et vos lectrices et lecteurs n’auront pas l’impression de participer à une balade touristique. Si on devait réécrire l’extrait ci-dessus avec ces enseignements en tête, ça ressemblerait à ça :

Lorsqu’il gara sa voiture, ses pneus tracèrent des sillons dans la neige mouillée. Une raison de déprimer supplémentaire, après toutes les vitrines condamnées croisées en route, sous cet éternel ciel gris : même la météo était en crise. En entrant, il laissa ses bottes à côté du paillasson, afin de laisser la neige fondre.

Les lecteurs ne sont pas stupides : un seul élément de description suffit à leur faire comprendre qu’une ville est en crise, ou que la neige, ça mouille. Il n’y a pas besoin d’en faire état explicitement. Quant à la provenance des bottes, c’est un détail aussitôt oublié, qui n’a aucune raison d’être à part de faire enfler le texte.

De manière générale, la narration omnisciente est un peu démodée, et si c’est le cas, c’est parce qu’elle sert trop souvent de prétexte à ces romans truffés de n’avait, qui ressemblent davantage à un tuto de jeu vidéo qu’à une histoire susceptible d’intéresser les lecteurs.