« Révolution dans le Monde Hurlant analysé dans [4 Pages pour une narration]

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Avec beaucoup de reconnaissance, je vous encourage à découvrir, si ce n’est pas déjà fait, l’article que Stéphane Arnier consacre sur son site à mon roman « Révolution dans le Monde Hurlant« , dans sa série d’analyses intitulée [4 pages pour une narration].

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Stéphane est un ami et un écrivain dont le talent n’est plus à démontrer. C’est également un des rares auteurs francophones à avoir décidé de prendre à bras le corps la notion de narration, pourtant centrale dans l’écriture romanesque.

Dans sa série [4 pages pour une narration], il prend un livre en exemple, et illustre de quelle manière l’autrice ou l’auteur se sert des règles narratives pour les mettre au service de son histoire. Je ne peux que vous encourager à découvrir tous les billets de la série, ainsi que tout ce que Stéphane Arnier a écrit sur le sujet (et sur d’autres). Paradoxalement, si je ne l’avais pas lu attentivement, sans doute que je n’aurais pas pu écrire les paragraphes qui me valent le plaisir d’être ainsi mis à l’honneur.

Comment ne pas écrire une suite

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J’ai fait de mon mieux lors d’une récente chronique pour vous dissuader de prévoir d’ajouter une suite à votre roman. Si vous êtes de retour, c’est que ça n’a pas fonctionné : non seulement vous persistez à prévoir un tome 2, mais vous venez frapper à ma porte pour me réclamer des conseils.

Soit, je veux bien vous porter secours. Raison pour laquelle cette chronique est intitulée « Comment ne pas écrire une suite. » Vous tenez absolument à inscrire votre nom sur la couverture d’une saga, d’accord, mais ce n’est pas une raison pour faire n’importe quoi. Dans ce domaine, il y a des pièges à éviter.

Pour commencer, mettez-vous dans la tête que la plupart des sagas ne fonctionnent pas du tout comme « Game of Thrones. » La série de GRR Martin, pour autant qu’on puisse en juger sur la foi de ce qui a effectivement été publié, raconte une histoire continue, découpée de manière un peu artificielle en plusieurs volumes. Il s’agit de l’addition des tranches de vie des personnages principaux, dont les intrigues personnelles se conjuguent – ou en tout cas, les lecteurs l’espèrent – pour un jour parvenir à une conclusion. En d’autres termes : pour l’essentiel, « Game of Thrones » fonctionne comme un soap opera, un feuilleton sans fin, et on ne doit qu’au talent de l’auteur qu’il soit aussi palpitant.

La plupart des romanciers n’ont ni ce génie, ni ce luxe. Bien avant la parution du tome 3, lecteurs et éditeurs leurs réclameraient des comptes, exigeant de savoir où on les emmène.

Votre saga est une symphonie, mais chaque mouvement existe pour lui-même

C’est pourquoi, bien souvent, les auteurs de sagas prennent soin de donner à chaque volume une cohérence interne. Oui, peut-être que le manuscrit s’achève par les mots « à suivre », mais l’histoire qu’on nous y raconte a une certaine cohérence, peut être résumée en quelques phrases, comporte un début, un milieu et une fin. Les personnages y suivent un arc narratif au cours duquel ils sont transformés, partiellement en tout cas, un ou plusieurs thèmes sont explorés, et même si l’histoire complète n’est pas terminée, le tome s’achève sur un point de rupture qui procure une certaine satisfaction au lecteur.

Bref, votre saga est une symphonie, mais chaque mouvement existe pour lui-même. D’ailleurs, en général, le lecteur va les découvrir les uns après les autres, parfois à plusieurs années d’écart, et chaque tome va correspondre à un moment différent dans leur vie. Bref, quand vous sortez une suite, vous créez un morceau d’un ensemble plus long, mais avant toute chose, vous signez un livre, qui sera perçu et traité comme tel.

Non, à moins de vous appeler GRR Martin, vous ne pouvez pas développer des intrigues pendant plusieurs décennies en promettant qu’un jour, elles seront conclues. Les lecteurs réclament de bénéficier de temps en temps du sens d’avoir bouclé la boucle, même si l’histoire principale se poursuit. Il faut leur offrir ce sentiment à l’échelle d’un tome. À la fin d’un épisode, il doit arriver quelque chose à vos personnages qui semble plus important que les péripéties qui forment le corps du livre : ils peuvent fêter une victoire d’étape, subir une grande défaite, être transformés ou acquérir un nouveau statut. Autant d’éléments d’intrigue qui donnent l’impression que quelque chose de significatif s’est produit.

La Loi de l’Escalade

Mais lorsque l’on procède de cette manière, on crée des attentes. La principale, c’est ce que j’appelle la Loi de l’Escalade.

Chaque tome doit aller un peu plus loin que le précédent : les enjeux sont de plus en plus importants, les périls auxquels les protagonistes sont confrontés sont de plus en plus grands, leurs triomphes de plus en plus spectaculaires. Si vous ne procédez pas de cette manière, vos lecteurs auront l’impression que l’intrigue fait du surplace.

Par exemple, si l’héroïne de votre saga de fantasy consacre le premier tome de ses aventures à vaincre les brigands qui voulaient prendre le contrôle de son village natal, la Loi de l’Escalade vous commande de lui confier un objectif plus ambitieux la prochaine fois : dans le tome 2, elle libérera tout le conté, puis le royaume entier dans le tome 3, avant de, pourquoi pas, sauver la planète.

Si, à l’inverse, vous placez la barre trop haute d’office, vous risquez de saboter vos propres efforts. Si le protagoniste de votre saga de science-fiction a sauvé l’univers de la destruction dans le tome 1, il va vous êtres très difficile par la suite de le confronter à un enjeu supérieur à cela. Si, dans le tome 2, il se contente de déloger des passagers clandestins cachés dans son vaisseau, cela risque de donner l’impression que le soufflé est retombé. Le contrat auteur-lecteur d’une saga implique que l’on suive la Loi de l’Escalade.

Mais il ne s’agit pas nécessairement d’une escalade des enjeux et des périls. Vous pouvez respecter cette règle d’une autre manière. Une possibilité consiste à étendre le cadre : votre protagoniste voyage davantage et découvre des lieux plus lointains et plus exotiques, ou une nouvelle époque. Vous pouvez également ajouter des personnages, qui vont donner un relief nouveau aux aventures de votre protagoniste (c’est le choix opéré pour le troisième Indiana Jones, qui introduit son père). Le simple fait de rédiger un manuscrit plus long, plus riche ou plus dense que le précédent peut suffire à satisfaire la Loi de l’Escalade.

Il peut être intéressant de changer de couleur thématique à chaque fois

Pour différencier chaque tome d’une série, réfléchissez également à la manière dont vous traitez les thèmes. Il peut être intéressant de changer de couleur thématique à chaque fois, pour donner à chaque volume une personnalité différente. Le premier tome traitera par exemple du passage à l’âge adulte, alors que les suivants pourront s’intéresser à l’injustice, l’honneur, la mort. Même si vous conservez les mêmes personnages et le même décor, et que tout cela s’inscrit dans un ensemble plus vaste, les tomes pris individuellement auront automatiquement une résonance distincte.

Vous pouvez même décliner un thème unique pour toute votre saga, en vous concentrant sur un sous-thème différent dans chaque épisode. Imaginons une série qui traite du thème de la famille : dans le tome 1, le personnage, orphelin, se retrouve au cœur d’un narratif consacré au sentiment d’abandon familial. Alors qu’il s’entoure d’amis très proches, le deuxième tome s’intéressera au thème de la famille recomposée. Un conflit supplémentaire dans le troisième volume mènera à une exploration du thème « Famille, je vous hais », alors que la saga s’achèvera sur une conclusion plus heureuse autour de « Famille, je vous aime. »

Bien menée, une telle déclinaison peut considérablement enrichir non seulement les livres pris individuellement, mais également la série dans son ensemble. C’est ce que fait Stéphane Arnier avec sa saga « Mémoire du Grand Automne », où chaque tome traite d’une étape distincte du deuil.

On coupe tout ce qui n’est pas indispensable

Écrire une suite, c’est savoir quels éléments reprendre du tome précédent, mais aussi lesquels abandonner. Ce n’est pas parce qu’un personnage, un lieu, un événement, une culture, un détail de décor ou une technologie a été décrite dans le tome 1 qu’elle doit obligatoirement l’être à nouveau dans la suite. En règle générale, n’incluez que ce qui est utile à la lecture de chaque volume. On coupe tout ce qui n’est pas indispensable.

Si un élément d’intrigue n’est pas utilisé dans le nouveau livre, il est inutile de le mentionner. Si un aspect de votre monde ne sert à rien dans votre nouvelle intrigue, n’en parlez pas. D’ailleurs, ne revenez pas sur une intrigue close, à moins de vous en servir comme terreau pour faire germer une nouvelle intrigue.

Ça veut dire également que vos personnage secondaires chéris, ceux qui sont arrivés au bout de leur arc narratif à la fin du tome précédent, rien ne vous oblige à les faire apparaître, voire même simplement à les mentionner. Soit vous leur trouvez une utilité dans le nouveau volume, soit vous les oubliez.

Si vous introduisez de nouveaux personnages importants, soyez vigilants de ne pas vous marcher sur vos propres pieds : débrouillez-vous pour que les anciens personnages ne leur fassent pas d’ombre, par exemple en les faisant évoluer à des niveaux différents de l’intrigue. Sinon, les lecteurs qui ont apprécié votre premier tome risquent de bouder ces nouveaux-venus.

D’ailleurs, vos nouveaux personnages, débrouillez-vous pour qu’ils soient distincts des anciens, et qu’ils possèdent chacun leur niche spécifique. Surtout, ne tentez pas de créer des versions plus jeunes, plus cool ou plus puissantes des personnages qui existent déjà, vos lecteurs seraient furieux, et ils auraient bien raison.

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Critique: Le Peuple des Tempêtes

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Plusieurs années après avoir percé à jour le mystère de la catastrophe d’Ekysse (dans « La Cité des Abysses »), Istalle revient sur la planète Thétys, en proie aux prémisses d’une catastrophe écologique et climatique inexpliquée.

Titre : Le Cycle d’Ekysse : Le Peuple des Tempêtes

Autrice : Ariane Bricard

Edition : Autoédité (BOD, ebook)

Il est toujours délicat de rédiger la critique d’un livre où l’on est très aimablement cité en remerciement, mais dans la mesure où ma seule contribution a été de prodiguer quelques encouragements, et que j’ai découvert le texte dans son intégralité comme n’importe quel lecteur, je m’autorise à l’évoquer ici.

L’impression que m’avait laissé le premier tome, c’était que même s’il laissait des questions ouvertes sur l’avenir de la planète aquatique Thétys et des mystérieuses créatures qui la peuplent, il se suffisait malgré tout à lui-même. Le mystère qui servait de colonne vertébrale à l’intrigue était résolu de manière satisfaisante, de même que le parcours personnel d’Istalle, la protagoniste.

Du coup, le défi de ce second tome est intéressant. Plutôt que de proposer un deuxième volet de l’histoire, il se pose ouvertement la question : « Que se passe-t-il après ? » Lorsque l’on a vécu, loin de chez soi, une expérience propre à bouleverser notre existence, qu’on a apporté des réponses à un mystère familial angoissant, quelles en sont les conséquences ? C’est ainsi que commence le roman, qui décrit les années qui suivent la fin du premier volume, où Istalle reconstruit sa vie. C’est une approche originale, parfois efficace, même si cette partie de l’histoire manque d’enjeu. En tant que lecteur, je pense que j’aurais préféré plonger directement au cœur de l’intrigue, quitte à couper les premiers chapitres et à dispenser les informations qu’ils contiennent sous forme de flashbacks.

À partir du moment où la jeune femme retourne sur Thétys, aux côtés de sa fille, le récit décolle rapidement. On y retrouve l’ambiance de science-fiction classique qui avait fait le charme de « La Cité des Abysses », même si cette fois, allez savoir pourquoi, j’ai davantage pensé aux aventures truculentes d’un Jack Vance qu’au explorations intellectuelles d’un A.E. Van Vogt. Peut-être parce que cette fois-ci, on passe davantage de temps à s’intéresser à la faune haute en couleur de cette planète, et que le mystère et la romance sont relégués au second plan. L’angle scientifique, cela dit, est ici très proche de nos préoccupations contemporaines, avec des réflexions écologiques qui servent de fil rouge à l’histoire.

Un autre aspect qui m’a évoqué les incontournables de la SF, ce sont les personnages, en particulier Istalle et celles et ceux qui orbitent autour d’elle. Tous sont très professionnels, honorables et flegmatiques, conservant leur sang froid dans presque toutes les situations, comme l’équipage de l’« USS Enterprise. » Face aux difficultés immenses qu’ils affrontent, en particulier dans la seconde moitié du roman, j’aurais par moment souhaité qu’ils montrent davantage d’émotion. Cela aurait également permis de mieux les distinguer, puisque, comme dans le premier tome, j’ai eu, à certains moments, du mal à me souvenir de certains personnages secondaires.

En même temps, la délicatesse de l’autrice est un des aspects les plus réjouissants du roman, lorsque l’on aborde son style. Celui-ci est léger et faussement simple, d’une grande précision, capable d’une grande force d’évocation en peu de mots, et particulièrement efficace pour décrire les aspects les plus simples de la vie. Sous sa plume, les aspects pratiques de l’exploration et des plongées dans les eaux de Thétys acquièrent un vernis de vraisemblance qui rend ces passages très attachants.

En deux mots, c’est une joie de retrouver Istalle et la planète Thétys, et même si j’ai estimé que le roman aurait pu nous proposer par endroits une narration plus aiguisée, c’est un livre de science-fiction réussi et très agréable à lire.

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Interviewé sur « Ecrire de la fiction »

43r34A l’occasion de la sortie de mon roman « Révolution dans le Monde Hurlant« , j’ai eu la grande chance de dialoguer avec SylVie de « Ecrire de la fiction« , un site que je vous recommande chaleureusement.

Ensemble, nous avons parlé de mon livre, mais aussi et surtout de la place de l’imaginaire dans la littérature, en particulier en fantasy. C’était un entretien constructif et fécond, et je pense que les habitués du « Fictiologue » le trouveront très intéressant. N’hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez, à elle et à moi.

⭐ Vous pouvez lire son article en suivant ce lien.

L’entretien en vidéo figure également ci-dessous:

Pourquoi ne pas écrire une suite

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Ça y est, vous y êtes arrivés. Votre roman est sorti, la maison d’édition est contente, les lectrices et les lecteurs sont ravis. Fort de ce succès, vous sentez bouillonner en vous l’envie d’en rajouter une couche. Vos personnages ont du potentiel, c’est pour vous une certitude, et il y a des aspects de votre univers qui ne demandent qu’à être développés. L’idée de rédiger une suite vous parait irrésistible. Je dis « une », mais je sens que vous vous voyez bien pondre toute une saga, aux multiples volumes. Pour vous, c’est presque une évidence.

Moi, je suis la petite voix dans votre tête qui est chargée de vous dire : ne le faites pas.

Un conseil très répandu dans les milieux littéraires, c’est qu’il vaut mieux ne pas entamer sa carrière par une saga, une série, ou n’importe quoi qui comporte plusieurs épisodes. Ce que je dis va encore plus loin : n’écrivez jamais, sous aucun prétexte, une suite à un roman. Renoncez immédiatement à votre idée. Trouvez quelque chose de plus constructif à faire de votre temps. Je ne sais pas moi, mettez-vous aux mots croisés.

À ce stade, les esprits les plus retors auront tôt fait de me le faire remarquer : je suis moi-même l’auteur d’une série, ce qui fait de moi, au minimum, un hypocrite. C’est vrai, mais cela signifie également que je suis très bien placé pour émettre ce conseil.

D’où vous est venue cette étrange envie d’écrire une suite à votre bouquin ?

Et puis pour être sincère, je ne pense pas qu’écrire une suite soit nécessairement une mauvaise idée dans tous les cas de figure. Mais pour un romancier, en particulier dans les littératures de l’imaginaire, un tel projet semble si tentant que, dans le but de susciter une réflexion constructive, je n’ai pas d’autre choix que de ramer vigoureusement dans l’autre sens. Avec de la mauvaise foi au besoin.

Donc partons du principe que sortir un deuxième tome soit une mauvaise idée et voyons où ça nous mène… Non, attendez, rembobinons un peu : d’où vous est venue cette étrange envie d’écrire une suite à votre bouquin ? En général, la réponse à cette question peut rentrer dans une des catégories suivantes…

Premièrement, votre premier tome se termine par un gros « à suivre » et a toujours été conçu comme un fragment d’une histoire complète : jamais vous n’avez songé à vous arrêter après le premier volume, votre histoire a toujours été conçue pour s’étendre sur plusieurs épisodes, que le nombre de ceux-ci soit fixé d’avance ou appelé à s’allonger en fonction de votre inspiration. Deuxième possibilité : même si votre roman s’achève sur quelque chose qui ressemble à une fin, vous avez tout de même posé les jalons dès le départ pour rédiger un deuxième épisode. Troisième motif : même si vous n’avez pas réellement d’idée pour une suite, vous êtes tellement amoureux du monde de fiction que vous avez créé qu’il vous paraitrait regrettable de l’abandonner complètement. La quatrième option, c’est la même, sauf que ce sont de vos personnages que vous vous êtes épris, et l’idée de vous en séparer à tout jamais vous est insupportable. Enfin, cinquième et dernière raison : vos lecteurs en furie vous réclament une suite.

De nobles motifs, assurément, mais comme nous avons eu l’occasion de le voir, quel que soit votre motivation de départ, écrire une suite est une mauvaise idée.

Votre carrière d’écrivain-e est limitée dans le temps

Pour s’en convaincre, il suffit d’énoncer l’évidence : pourquoi refaire ce qui a déjà été fait ? Votre carrière d’écrivain-e est limitée dans le temps, alors que les possibilités créatives sont infinies. Est-ce qu’écrire deux fois la même chose (ou à peu près) constitue réellement la meilleure utilisation de votre temps précieux ? Votre contribution à la littérature ne serait-elle pas plus riche si vous vous lanciez dans un projet complètement différent ? Ne serait-ce pas, au final, infiniment plus satisfaisant pour vous ?

Oh, je vous entends protester. Vous avez une idée pour votre deuxième tome et vous mettre à l’écrire vous démange. Mais patientez une minute : écoutez-moi d’abord. Cette idée que vous avez en tête, est-elle suffisamment distinctive pour justifier des centaines d’heures de travail ? Votre manuscrit n’est-il pas juste un remake de l’original, avec un grand méchant rebaptisé et des enjeux artificiellement gonflés ?

Ok, admettons que ça soit le cas et que votre idée soit bien assez pertinente pour justifier son existence. Votre concept n’est pas une simple décalque du premier volume. Mais ce n’est pas le seul critère à avoir en tête. Vous avez rédigé un roman, les arcs narratifs des personnages ont été clos, au prix de gros efforts de construction narrative. Pourquoi diable les rouvrir ? Est-ce que cela se justifie réellement ? N’allez-vous pas leur infliger de revivre les mêmes événements, de commettre les mêmes erreurs et d’apprendre les mêmes leçons que la première fois ?

Non ? Vous êtes sûr ? Soit, je veux bien essayer de vous croire. Mais attendez, ne partez pas, j’ai encore quelques questions à vous poser. Si votre principale motivation à écrire une suite consiste à tirer le meilleur parti de l’univers que vous avez construit, êtes-vous sûr que votre intrigue est suffisamment solide pour le justifier ? Le worldbuilding, c’est très bien, mais rien ne remplace une bonne histoire, et si vous n’ambitionnez rien de plus qu’à jouer les guides touristiques dans votre monde de fiction, mieux vaut arrêter net : cela ne débouchera pas sur un très bon roman.

Enfin, si vos lecteurs vous réclament une suite, c’est naturellement agréable et très aimable de leur part, mais sont-ils réellement les mieux placés pour juger si cela se justifie ? Après tout, c’est vous qui allez suer sur votre clavier à accoucher de votre potentiel chef-d’œuvre, pas eux.

Ne serait-ce pas un peu ridicule si Camus avait écrit « La Peste 2 »?

Comment ? Vous êtes persuadé que votre idée d’histoire est solide, originale et bien charpentée ? Que vos personnages ont encore du potentiel inexploité, et qu’on peut leur faire traverser de nouvelles situations dramatiques sans redite ? Que votre monde, aussi riche et original soit-il, n’est qu’un élément de décor, et pas la principale raison pour laquelle vous vous êtes lancé dans la rédaction de votre roman ?

Soit, admettons. Si vous avez franchi toutes ces embûches, peut-être que votre démarche se justifie. Entamez donc la conception de la suite que vous avez en tête.

Mais ne le faites pas l’esprit trop léger quand même. Il faut rester vigilant. C’est parce que la littérature de genre en général, et la fantasy en particulier, privilégient les sagas au long cours qu’il faut réfléchir à deux fois avant d’en commettre une de plus. Et se rappeler, par exemple, que la science-fiction littéraire a engendré davantage de classiques à l’époque où le standard était l’histoire complète en 300 pages qu’à présent qu’on a plutôt affaire à des trilogies comportant trois gros bouquins de 600 pages chacun.

Et puis consacrons quelques instants à réfléchir à la raison pour laquelle la littérature blanche n’aime pas les suites. Comme beaucoup de gens, j’aime beaucoup « La peste » d’Albert Camus, mais ne serait-ce pas un peu ridicule si l’auteur avait choisi d’écrire « La peste 2 », où le Docteur Rieux combat une autre épidémie dans une autre partie du globe ? Qui souhaiterait lire « Le rouge et le noir, 2e partie », consacré au fils de Julien Sorel ?

Avoir un propos en tête, le coucher sur le papier au mieux de ses facultés, y apporter une conclusion, puis refermer le livre et passer à autre chose, c’est une manière d’agir qui est respectable, et probablement la plus fertile du point de vue littéraire.

Bon, je vous laisse, je vais écrire la suite de cette chronique.

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La carte du Monde Hurlant

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« Révolution du Monde Hurlant », mon nouveau roman de fantasy, vient de paraître. Il est possible de le commander ici. 📖

Il y a une carte dans « Révolution dans le Monde Hurlant », mais pour vous aider à vous y retrouver dans les voyages de Tim Keller (et d’ailleurs tout cela est valable également pour ma duologie « Merveilles du Monde Hurlant »), voici la carte complète. On y aperçoit des endroits qui ne sont que mentionnés dans le texte, et jamais explorés directement.

Carte du Monde complète parchemin légende copie

« Révolution dans le Monde Hurlant » – Le 4e de couverture

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« Révolution du Monde Hurlant », mon nouveau roman de fantasy, vient de paraître. Il est possible de le commander ici. 📖

Comme j’ai eu l’occasion de le dire ici, la couverture de mon livre a été l’objet d’une lutte et de beaucoup de tâtonnements. En ce qui concerne le quatrième de couverture, ça a été considérablement plus simple. J’en ai dessiné un, puis, mécontent, j’ai tout jeté à la corbeille et je l’ai remplacé par une photo.

Voici ce que j’avais décidé de faire de prime abord:

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C’est moche, ça ne convient pas, on voit que c’est une sorte de collage, en plus je ne savais pas trop où placer le code-barre. Ouste ! J’ai finalement opté pour quelque chose de plus simple:

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C’est simplement une photo que j’ai prise au Maroc il y a sept ans, et que je n’ai pas du tout retouché, en-dehors de la faire pivoter:

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« Révolution dans le Monde Hurlant » – la FAQ

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Ci-dessus : les Soeurs Miasmatiques, trois des personnages de « Révolution du Monde Hurlant », mon nouveau roman de fantasy, qui vient de paraître. Il est possible de le commander ici.

Je n’oserais prétendre que ce qui suit constitue des « questions fréquemment posées » au sujet de mon nouveau livre, car elles ont tout juste été posées quelques fois. C’est donc d’une plus modeste « foire aux questions » dont il s’agit, qui pourra, je l’espère, éclairer votre lanterne au sujet de cette publication.

Quel type de roman est « Révolution dans le Monde Hurlant » ?

C’est un roman de fantasy, baroque et foisonnant, avec beaucoup d’aventure dedans, du merveilleux, une pointe de steampunk et un soupçon de romance. On y suit une jeune femme, Tim Keller, qui part dans un monde parallèle pour sauver son frère qui s’est fait enlever par des créatures mystérieuses. Au passage, elle va jouer un rôle dans une révolution, sinon, vraiment, il n’y aurait absolument aucune raison que ce livre s’intitule ainsi, on est bien d’accord.

Est-ce que « Révolution dans le Monde Hurlant » est une suite ?

Oui, c’est la suite de la duologie « Merveilles du Monde Hurlant », parue aux Editions Le Héron d’Argent sous les titres « La Ville des Mystères » et « La Mer des Secrets. » Dans le nouveau roman, on retrouve la même protagoniste, Tim Keller, quelques années plus tard, ainsi que d’autres personnages. « Révolution », cependant, constitue un roman indépendant qui peut être lu par les personnes qui ne savent rien des premiers volumes.

Je n’ai pas lu « Merveilles du Monde Hurlant », puis-je commencer par celui-ci ?

Oui, tout est fait pour qu’il soit possible d’entamer la lecture par ce roman. Aucune explication supplémentaire n’est nécessaire. C’est à comparer avec « Star Wars », où il est possible de commencer par l’Episode IV sans avoir vu les trois précédents, et sans se sentir largué.

Pourquoi parait-il en un seul volume ?

Le livre est bien divisé en deux parties distinctes, « Le Désert des Rêves » et « Les Plaines du Cauchemar », et il est vrai que j’ai brièvement envisagé de le publier en deux volumes, mais il s’agit d’un seul roman et il m’a semblé plus cohérent et plus loyal envers les lecteurs de tout sortir en une fois. En plus, j’aime bien avoir mon nom sur un gros bouquin.

Pourquoi est-ce que « Révolution dans le Monde Hurlant » est paru en autoédition ?

Il y a plusieurs raisons. L’éditeur de « Merveilles du Monde Hurlant », le Héron d’Argent, ne souhaitait pas s’engager sur une série au long cours, ce que je comprends très bien. De mon côté, je préférais consacrer moins de temps à la promotion et aux participations à des salons à l’étranger. Ce sont des moments extraordinaires et je suis très heureux d’avoir eu l’opportunité de les vivre, mais ils sont coûteux et m’éloignent de ma famille, donc sur ce coup j’aime autant me la jouer plus locale.

Qui a réalisé la couverture ?

C’est moi. Franchement, c’était moins cher que de faire appel à une illustratrice ou à un illustrateur.

Es-tu disponible pour de la promotion ?

Avec plaisir ! Je compte faire quelques apparitions dans des salons en Suisse ,dès qu’il y aura des salons en Suisse. En-dehors de ça, je suis ouvert à répondre à des interviews, sous toutes les formes. Et les blogueurs qui ont l’intention de publier une chronique du livre peuvent s’adresser à moi pour obtenir le manuscrit en format epub.

Puis-je lire un extrait gratuitement ?

Oui, les trois premiers chapitres du livre peuvent être lus ici. Et vous trouverez ici une nouvelle dont l’action est située avant le roman, et qui s’attache à un de ses personnages.

Y aura-t-il une suite à ce roman ?

C’est en tout cas mon intention. « La Chute du Monde Hurlant » racontera une troisième et ultime aventure de Tim Keller, quelques années plus tard. L’intrigue, les thèmes et les personnages sont en place, mais je suis loin d’en arriver à construire le plan, et encore plus éloigné de la rédaction du roman. Tout ce qui existe, pour le moment, c’est plein de notes, et cette image. J’ai deux autres projets qui devraient passer avant, une uchronie et un roman de fantasy jeunesse, et en plus, pour le moment, je fais une pause dans l’écriture, donc ça n’est pas pour tout de suite.

C’est quoi, un « porc-sifflard » ?

Vous n’en saurez rien !

A vous ! Si vous avez des questions, j’y réponds ci-dessous !

« Révolution dans le Monde Hurlant » – La couverture

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« Révolution du Monde Hurlant », mon nouveau roman de fantasy, vient de paraître. Il est possible de le commander ici. 📖

Lorsque je me suis mis en tête de lancer la rédaction de ce livre, une chose a été immédiatement claire: j’allais l’autoéditer, et donc, me charger moi-même d’à peu près tout, ne serait-ce que pour faire des économies. Cela voulait dire que j’allais devoir me charger moi-même de la couverture. Aïe aïe aïe.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que je dessine depuis toujours. Comme l’écriture, il s’agit d’un moyen de canaliser ma créativité. Cela dit, en-dehors de quelques mandats par-ci, par-là, je n’ai jamais envisagé d’en faire ma profession. Ca ne m’a jamais tenté, et en plus, je suis très conscient de mes limites techniques. Qui plus est, depuis que j’ai des enfants, j’ai moins de temps à consacrer à l’art, et pour dire la vérité, je suis un peu rouillé.

Le souci, c’est que j’ai écrit un bouquin de fantasy, et que j’avais envie qu’il ressemble à un bouquin de fantasy, donc avec une illustration de couverture peinte et détaillée. Le genre de truc que je n’ai jamais fait et jamais su faire.

Donc j’ai commencé par un crayonné.

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Franchement, je le trouve pas mal. La composition est assez efficace, les proportions sont respectées, on sent que je suis dans mon élément. Ce n’est pas parfait mais ça fait l’affaire. Il s’agissait ensuite de procéder à une première mise en couleur…

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Ouille ! On sent que c’est mal embarqué, non? Ne me demandez pas pourquoi j’ai déplacé le poisson, ça n’a pas duré très longtemps. Ce qui est sûr, c’est qu’à partir de cette première mise en couleur, j’ai galéré comme un fou à faire en sorte que le résultat ressemble à ce que j’avais en tête. Je vous épargne les résultats intermédiaires, mais sachez qu’ils sont épouvantables, laids à faire trembler les petits enfants. En deux mots, pendant les six prochains mois, par petites touches, j’ai dû apprendre depuis zéro, par moi-même, en tâtonnant, les bases de la peinture sur ordinateur (et, franchement, de la peinture tout court).

Le résultat final, c’est donc ça:

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Honnêtement, j’en suis plutôt content. Oui, je vois les failles, les erreurs, les naïvetés, mais ça fait illusion, je trouve. J’ai énormément appris en le faisant, et franchement, je me suis plutôt amusé. Ce qui est rigolo, c’est que cette couverture est prête, pour l’essentiel, depuis environ un an et demi, alors que je voguais encore sur une autre galère, celle du texte lui-même.

Allez, encore un petit zoom, pour les amateurs:

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Une prochaine fois, je vous parlerai du quatrième de couverture, sur lequel il y a beaucoup moins de choses à dire.