Critique: Fable – La Quête de l’Oiseau Noir

 

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Dans un royaume fantastique, une jeune fille qui aime bien la bagarre, un voleur qui songe à changer de vie, un détective haut comme trois pommes, un chasseur à la recherche de sa sœur et une jeune prêtresse naïve vont vivre chacun des aventures rocambolesques qui vont s’entrecroiser et se compliquer jusqu’à ce que tout cela forme au final une belle grosse quête bien épique.

Titre : Fable – La Quête de l’Oiseau Noir

Auteur : Lucien Vuille

Éditeur : Stellamaris

C’est rare d’avoir à faire ce constat, mais « Fable » est un roman plus réussi que nécessaire.

Parce qu’en réalité, le lecteur qui découvre les premières pages du livre se rend vite compte dans quel genre il se situe : on entre dans un univers médiéval-fantastique humoristique-mais-pas-seulement, parodique-mais-pas-toujours, quelque part entre Terry Pratchett, Naheulbeuk et Wakfu. C’est très marrant, on rit fréquemment à haute voix des nombreuses trouvailles comiques de l’auteur, et franchement, si c’était tout ce que ce roman avait à offrir, on serait déjà tout à fait satisfait.

Peu à peu, pourtant, l’auteur nous fait comprendre qu’il n’a pas du tout l’intention de se contenter de ça. Les cinq personnages que l’on suit au départ, et dont on s’imaginait qu’on allait les suivre dans des aventures au long cours, sont vite rejoints par toute une galerie d’autres personnages hauts en couleur, tous très mémorables, dont les destinées se croisent et se défont dans tous les sens, et, au moment où l’on pense avoir saisi où l’histoire va nous emmener, un coup de théâtre débarque de nulle part et rebat les cartes de façon inattendue, puis un autre, puis encore un autre, et ainsi plus ou moins jusqu’à la dernière page.

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La maîtrise narrative de Lucien Vuille est impressionnante : il nous propose une trame complexe, faite d’intrigues secondaires qui semblent avoir des ramifications à l’infini, et continue à ajouter des personnages presque jusqu’à la fin du livre, et jamais on ne perd le fil, jamais la branche ne ploie sous le poids des mots. Tout cela a l’air élémentaire.

Autre qualité : le niveau d’inventivité est extrêmement élevé. On aurait pu, ici, se contenter d’idées réchauffées, en particulier dans la mesure où l’on s’attend à tomber dans une parodie, mais non, chaque personnage a quelque chose d’unique, chaque situation est imprévisible. La palme au personnage de la cuisinière du roi, une matrone dont on découvre rapidement qu’elle est capable de faire grandir sa cuillère et de s’en servir comme d’une arme… ou comme un moyen de transport. Et ce n’est que la première d’une très longue série de surprises – je ne mentionnerai pas ce qu’elle est capable de faire avec sa langue.

Haha ! La langue, justement. Le livre se lit très facilement, dans un style souvent simple, mais qui s’autorise régulièrement quelques savoureuses pépites de style. Les dialogues des personnages sont soignés, tous s’exprimant de manière singulière, avec quelques morceaux de bravoure au niveau des jeux de mots, ainsi que quelques passages en vers, parce que, après tout, pourquoi pas ? L’auteur, qui est Suisse romand, ne recule pas devant l’usage des régionalismes, ce que je trouve rafraîchissant. Il a par ailleurs un don extraordinaire pour nommer les gens et les choses.

Si les fils narratifs convergent agréablement vers une fin satisfaisante, certaines des intrigues secondaires ne mènent nulle part, peut-être afin d’être développés dans d’autres livres. C’est le seul élément qui m’a laissé un peu sur ma faim : même s’il y a deux autres volumes de « Fable », j’aurais bien aimé que celui-ci soit entièrement autosuffisant. Mais on touche ici davantage à mes préférences personnelles qu’à une critique.

Au final, « Fable – La Quête de l’Oiseau Noir » est à la fois un des livres les plus drôles que j’ai lu depuis longtemps, et un des meilleurs romans d’heroic fantasy qui me soit passé entre les mains depuis belle lurette. Il faut le lire.

 

L’interview: Gilles de Montmollin

Il aime les belles histoires, les grands voyages et le bon vin. Gilles de Montmollin est un écrivain actif en Suisse romande, qui a signé sept livres à ce jour. Il a pris une retraite anticipée pour se consacrer à l’écriture. Thrillers, polars, roman historique, nouvelles: il décline son talent sous différentes formes. Il est membre, comme moi, du GAHeLiG, le groupe des Auteurs helvétiques de littérature de genre.

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A t’entendre parler de l’écriture, on a l’impression que pour toi, le pire des péchés pour un écrivain, c’est d’ennuyer ses lecteurs. C’est juste ?

Tu as fort bien entendu ! Effectivement, comme les autres loisirs, je conçois la lecture de romans comme un plaisir. D’ailleurs, écrire un ouvrage plaisant n’interdit pas à son auteur de faire passer un message profond, et je ne vois pas pourquoi un livre profond devrait être ennuyeux. Cela dit, il m’arrive de lire des livres sans plaisir, parce que le thème m’intéresse, que je connais son auteur, ou encore parce qu’on a prévu d’en débattre en groupe. Parfois, ces livres ennuyeux m’apprennent des choses utiles. Je constate aussi que certains écrivains veulent à tout prix être originaux, pour apporter quelque chose de nouveau. Mais, si cette nouveauté apporte l’ennui, alors c’est raté. Donc, fondamentalement, la première mission d’un écrivain est de procurer quelques heures plaisantes à ses lecteurs.

Et toi ? Tu fuis l’ennui dans l’écriture ? Qu’est-ce que ça t’apporte ?

Non, je ne fuis pas l’ennui parce que j’ai passé les 45 premières années de ma vie sans l’écriture, et sans m’ennuyer pour autant. Alors pourquoi j’écris ? D’abord parce que j’aime me raconter des histoires, imaginer des situations, les vivre et, en fin de compte, m’inventer une autre vie. Ensuite, parce que le travail de « fabrication » d’un roman me passionne et m’enrichit : pour rendre mes histoires crédibles, j’ai dû étudier la plongée sous-marine, m’informer sur la résilience, démonter les rouages du financement du Parti national-socialiste, m’immerger dans le monde des pilotes de l’Aéropostale, apprendre à piloter – théoriquement – un Zeppelin…  J’adore !

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Tu écris des romans pleins d’aventures et de rebondissements. L’intériorité, la contemplation, le quotidien te passionnent moins ?

Bonne question ! L’intériorité, la contemplation et le quotidien m’intéressent aussi. D’ailleurs, ma vraie vie est faite de cela. Un romancier a forcément une vie intérieure intense. Après, lire l’histoire d’un contemplatif à vie intérieure intense ne me passionne pas. Et comme je n’aime pas imposer aux autres ce que je ne voudrais pas qu’ils m’imposent, je n’écris pas ce genre de livre. Cela dit, j’adore, l’espace d’une page ou deux, me plonger dans le monologue intérieur de mon héros, vivre ses élucubrations et les partager avec les lecteurs. Mais, pour moi, ça ne fait pas l’essentiel d’un roman.

Tes écrits sont marqués par la mer, par le voyage. Te sens-tu proche des écrivains-voyageurs ?

Pas tellement. Dans ma compréhension, l’ossature du livre d’un écrivain-voyageur, c’est son ressenti du voyage. Il peut évidemment un peu romancer son récit, grossir certains éléments pour créer une sorte d’intrigue, mais le voyage reste la composante essentielle. Dans mon cas, le voyage sert de décor à l’intrigue. Le ressenti du voyageur peut enrichir l’histoire, mais il n’en est pas l’élément principal. Cela dit, j’aime accomplir les voyages de mes héros, avant d’écrire mes romans. Même si je ne trouve pas toujours la possibilité de le faire.

Tu as étudié la géographie, est-ce qu’il en reste quelque chose dans ton œuvre ?

Justement, l’envie de placer mes romans sous différents cieux. Cela constitue un prétexte à un voyage, lorsque je pars en repérage. Dans d’autres cas, c’est le fait de ressentir fortement un paysage au hasard d’un voyage qui me donne l’envie d’y placer une scène. Je crois que mes descriptions de paysages doivent encore quelque chose à mes lointaines études. À noter que j’écris aussi des romans locaux.

Sommet

Certains de tes romans se situent à d’autres époques. Quel rôle jouent les recherches dans ta démarche créative ? L’exactitude, c’est important ? Est-ce que tu t’autorises quelques libertés vis-à-vis de la réalité historique ?

Écrire un roman situé dans le passé, c’est pour moi une manière de remonter le temps. J’adore ! Et une partie du plaisir consiste à retrouver les détails de la vie quotidienne à l’époque, et à tenter d’éviter les anachronismes, même peu évidents : par exemple, utiliser une lampe à pétrole avant 1853 (j’ai pourtant vu un historien-romancier le faire) ou, comme dans « Django unchained », situé en 1858, employer un fusil Henry (1860) ou de la dynamite (1867). En revanche, l’intrigue n’est, elle, souvent pas historique. Mais si je fais apparaître des personnages historiques, je m’assure que cette apparition soit plausible. À la fin de mes romans, je mets parfois une note pour permettre au lecteur de distinguer les éléments réels de ce que j’ai inventé.

Dans le passé, tu t’es essayé au roman-feuilleton, publié dans la presse. Qu’est-ce que tu retires de cette aventure ?

En réalité, il ne s’agissait pas de feuilletons que j’aurais écrits de jour en jour, mais de la parution sous forme de feuilletons de romans déjà publiés. Une expérience sympathique : chez moi, la lecture d’un feuilleton m’offre un rendez-vous quotidien avec quelques minutes de détente et je me plais à imaginer que ceux qui ont suivi mes feuilletons ont eu ces petits rendez-vous.

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Tu fais partie du GAHeLiG, le Groupe des Auteurs Helvétiques de Littérature de Genre. Y a-t-il selon toi quelque chose de typiquement suisse dans ton approche de l’écriture ?

Tu me poses une colle ! En fait, je ne ressens pas de spécificité helvétique dans la littérature de notre pays, peut-être parce je ne vois pas beaucoup de ressemblances entre les auteurs, même ceux qui pratiquent le même genre. Au contraire des Nordiques, qui affectionnent souvent un rythme lent et un climat dépressionnaire. En ce qui me concerne, l’approche polar/roman de voyage s’inspire d’écrivains anglais, peu connus en Suisse, comme Hammond Innes, Bernard Cornwell ou Sam LLewellyn.

Un conseil, une suggestion à ceux qui te lisent et qui ont envie d’écrire ?

Pour écrire une nouvelle – ce serait mieux de commencer par ça –, il suffit d’en avoir envie et de se souvenir que la chute est essentielle. Pour s’attaquer au roman – c’est par là que j’ai commencé ! – la condition majeure est d’être capable de se discipliner (avec moi, ce n’était pas gagné !), parce que le travail solitaire est long. Et, une fois que tu as terminé, tu dois apprendre à vivre avec le fait que tu ne sauras jamais précisément ce que « vaut » ton bouquin. D’abord parce que, contrairement au domaine sportif, il n’y a pas d’échelle objective. Ensuite parce que rares sont ceux qui oseront te faire des critiques sincères.

C’est quoi, pour toi, un bon style romanesque ?

Dans un roman d’action, l’écriture n’est pas une fin en soi : elle constitue un moyen de transmettre les émotions et le ressenti de l’auteur à ses lecteurs. Une interface, en fait. Pour cela, un style sobre, avec des phrases courtes, des mots simples et précis, est le plus efficace. En outre, j’apprécie rarement les métaphores et les figures de style en général. Dans ces cas, je me dis : « toi, tu te la joues écrivain », et ça me sort de l’action.

Tu as signé des nouvelles et des romans. Est-ce que ce sont des plaisirs différents pour toi ? Qu’est-ce qui fait que tu destines une idée à un roman plutôt qu’à une nouvelle, et inversement ?

Oui, ce sont des plaisirs différents. J’écris des nouvelles pour des rencontres avec d’autres auteurs, où chacun amène un texte court. C’est un amusement. J’ai aussi participé à quelques – rares – concours. Mais pour moi, le vrai plaisir réside dans le roman, où je peux développer une intrigue comme je les aime, genre polar. Donc si j’ai une idée de polar, je la garde pour un roman. Si c’est une petite histoire de la vie, une réflexion, une émotion, une idée à défendre, je la prends pour une nouvelle.

Est-ce que tu as l’impression d’apprendre encore, de progresser en tant qu’auteur ?

Autre bonne question ! Oui, j’apprends et je progresse. Mais j’ai aussi l’impression que mes derniers acquis prennent la place de ce à quoi je faisais attention avant. Donc que je régresse en même temps que je progresse. Dans tous les cas j’évolue – un peu trop lentement à mon goût – et j’ai du plaisir à explorer les différents aspects du métier.

Gilles a accepté de nous livrer ses « Dix commandements »: les règles qui guident son écriture et qui, je pense, sont très intéressantes pour les lecteurs de ce blog:

  1. Tu imagineras une intrigue avec enjeux, tensions, suspense et chute.
  2. Tu façonneras des personnages (un peu) fêlés et évolutifs.
  3. Tu structureras ton histoire en scènes, parfois séparées par une courte narration.
  4. Tu te documenteras sur tout ce que tu évoques : objets, situations, métiers, sports, pays, époque…
  5. Tu esquisseras les décors et les ambiances, sans t’y complaire, en recourant au moins à un ou deux des cinq sens.
  6. Tu montreras les choses au lecteur, tu ne lui diras rien, comme au cinéma[1].
  7. Tu alterneras dialogues, monologues intérieurs, actions et descriptions.
  8. Tu écriras des phrases courtes, avec des mots simples, concrets, précis.
  9. Tu te méfieras des adjectifs, des adverbes, des métaphores, des empilements et des effets de style en général.
  10. Tu te souviendras que les mots constituent un moyen de faire vivre une histoire au lecteur, pas une fin en soi.

[1] Show the readers everything, tell them nothing, Ernest Hemingway

 

Éléments de décor: la religion

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Seul au milieu d’un univers vaste, silencieux et incompréhensible, l’être humain traverse sa vie à tenter de communiquer avec ses contemporains, sans aucune assurance d’être compris, tout en étant lui-même habité par des émotions qui échappent à son contrôle. Tout cela s’achève par la seule certitude que nous offre l’univers : la mort.

Face à cette monumentale accumulation d’angoisses existentielles, l’individu, s’il veut éviter de sombrer, est tenté de chercher une solution. Certains choisissent le déni, et se contentent d’entretenir avec la vie, l’univers et le reste des relations superficielles. D’autres se lancent dans une quête de sens, qui peut prendre la forme d’une spiritualité.

Mais l’idée de se retrouver seul face aux mystères insondables de l’âme humaine et de l’univers, ça peut sembler un peu trop lourd pour la plupart des gens. Raison pour laquelle la spiritualité s’est ancrée dans des systèmes mêlant mysticisme, rituels, philosophie, initiation et organisation socio-culturelle : c’est ce qu’on appelle les religions. Plutôt que de devoir se débrouiller, solitaire dans un cosmos mutique, le fidèle bénéficie de la sagesse et des enseignements de celles et ceux qui l’ont précédé, qui lui transmettent des recettes qu’il n’a qu’à appliquer dans sa vie de tous les jours et dans sa propre quête spirituelle.

Conçue comme un instrument d’accomplissement personnel et de communion sociale, la religion peut vite devenir un instrument de pouvoir, de censure, de violence normative. Dans son arrogance, elle peut placer la Règle avant l’individu et même avant le Mystère. Ce qui devrait épauler l’humain, le réconforter, le guider, devient un moyen de lui couper les ailes et de le ramener brutalement sur terre.

Pire, la religion peut être conçue avec cynisme dès le départ, afin de servir les intérêts d’un petit nombre d’individus (ou d’un seul), en quête de pouvoir ou d’argent, dans une dérive sectaire qui prend tout au fidèle et ne lui donne rien en échange, allant jusqu’à le priver de son libre arbitre. En général, selon la formule consacrée, on peut définir une religion comme un groupe spirituel qu’il est plus facile de quitter que de rejoindre, alors qu’une secte est un groupe spirituel qu’il est plus facile de rejoindre que de quitter.

Exposé de cette manière, on réalise quel merveilleux objet littéraire est la religion. Elle touche à tous les domaines de l’existence, de l’intime jusqu’au social, de l’individuel jusqu’au collectif, et elle peut tour à tout écraser les individus avec la cruauté la plus écœurante ou inspirer des actes d’une grande bonté. Il se cache là-dedans, dans les interstices, une infinité de sujets de romans ou d’éléments qui peuvent se greffer à des intrigues portant sur d’autres sujets.

En tant qu’auteur, ça va de soi, il n’y a pas besoin d’être soi-même religieux pour intégrer la religion dans ses récits. Même un écrivain farouchement athée peut très bien être tenté d’aborder ce thème parce qu’il trouve ça intéressant d’un point de vue dramatique, ou pertinent dans le cadre d’une juste représentation de la société humaine ; et puis on peut tout à fait parler de la religion de manière critique, voire même construire un roman en forme de réquisitoire à son sujet. La seule chose qu’il vaut mieux éviter de faire, au fond, c’est de tomber dans la caricature.

La religion et le décor

On vient de le voir, la religion fonctionne comme un miroir de l’expérience humaine, dont elle épouse les contours. Il est donc aisé de s’y immerger dans l’espace d’un roman, parce qu’une religion structurée est un monde en miniature, plein des mêmes préoccupations, des mêmes ambitions, des mêmes hypocrisies, des mêmes thèmes que le reste de la société, mais simplifié et canalisé par une histoire et des valeurs communes.

Ainsi, pourquoi ne pas situer un roman au sein d’une communauté religieuse : parmi les prêtres d’une religion, dans un monastère, au sein d’une secte, pour ne citer que ces trois exemples. Chaque groupe spirituel a ses règles, son fonctionnement, ses tabous, ses non-dits : autant d’outils avec lesquels un romancier peut construire son récit.

Le fait que tous ses membres aient comme point commun leur attachement à un dogme et à une tradition ouvre également la porte à de merveilleux contrastes, en particulier si le personnage principal est extérieur à ce monde. Au cinéma, on se souviendra du film « Witness », dans lequel un policier s’infiltre dans une communauté Amish, ou du « Parrain III », où le fonctionnement du Vatican est présenté en image miroir de celui de la Mafia. Montrer une église à travers les yeux d’un personnage qui n’en fait pas partie, cela permet d’infinis jeux de comparaisons : on met en scène des individus qui ont l’air semblables mais qui sont séparés par des gouffres invisibles. Les différences qui existent entre eux facilitent également l’exposition, et la mise en perspective de la psychologie des personnages.

Ce n’est pas nécessairement une institution religieuse qui peut servir de décor, d’ailleurs. Il peut s’agir d’une époque. Certaines ères de l’histoire, dans certains endroits, sont saturés de religion, qui en vient à dominer à un tel point le débat public que les voix divergentes sont réduites au silence. Les croisades, les guerres de religion, les grandes vagues de conversion peuvent constituer une toile de fond à grand potentiel dramatique pour un roman.

Parfois, ce sont les lieux qui sont religieux, qui sont chargés de symboles, gouvernés par des rites ou des coutumes : un cimetière, une cathédrale, un cloître, peuvent servir de toile de fond à un roman et ouvrir le champ à une exploration dans le détail du fait religieux, lorsqu’il est isolé du reste de la société. Ces lieux ne doivent d’ailleurs pas nécessairement être habités ou utilisés : il peut être intéressant de s’attarder sur la trace que laisse la foi dans un lieu, même après qu’elle a cessé de s’en servir. Une église reconvertie en salle de spectacle n’est-elle pas encore un peu une église ? Et puis, autre lieu à envisager : une route de pèlerinage et sa destination, qui peut donner un air œcuménique à un roman de voyage.

La religion et le thème

Dans la mesure où les religions s’interrogent sur les grandes questions qui préoccupent l’humanité depuis la nuit des temps, et qu’elles ont une fâcheuse tendance à avoir une opinion sur tous les sujets, elles constituent une lentille merveilleuse qui permet de se rapprocher d’un thème et de l’examiner de près.

La mort, l’éternité, le destin, la sexualité, le bien, le mal, la pureté : sur tous ces thèmes, la religion a beaucoup de choses à dire, et à cette liste, on pourrait encore en ajouter énormément d’autres. Un romancier peut ainsi s’accaparer les interrogations d’une religion au sujet de ces grands thèmes, les évoquer, les explorer, quitte à s’en distancier et porter sur elles un regard critique. En consacrant, par exemple, un roman à la notion de culpabilité dans le catholicisme, un romancier peut élaborer ses propres réflexions sur ce thème, et les présenter avec davantage de contraste que s’il n’avait pas choisi de s’appuyer sur un corpus culturel existant. Pour un auteur, le fait religieux peut ainsi être utilisé comme un échafaudage qui permet de bâtir un argumentaire.

Naturellement, les différentes religions ont au sujet des grandes questions des réponses différentes. Un bouddhiste, par exemple, n’a pas du tout la même vision du temps ou du bien qu’un juif. Dans l’espace de liberté d’un roman, il est possible de confronter ses visions, de les disséquer, de les comparer, d’en retirer le meilleur ou d’en dénoncer les dérives.

Enfin, la religion elle-même peut constituer le thème d’une œuvre littéraire. Pourquoi les gens se mettent à croire à des concepts qui défient la raison ? Qu’est-ce que ça leur apporte ? Qu’est-ce que ça leur coûte ? Où se situent les limites de leur foi et que sont-ils prêts à faire si celles-ci sont testées ? Voilà quelques-unes des questions qu’il est possible d’explorer dans un roman qui s’intéresserait à creuser ce genre de thème.

La religion et l’intrigue

Un des aspects essentiels du fait religieux, ce sont les rites, et ceux-ci peuvent être utilisés comme l’ossature de l’intrigue d’un roman. Une histoire complète peut très bien être racontée entièrement lors d’un mariage ou d’un enterrement, en choisissant d’en utiliser ou non les aspects les plus religieux.

D’autres choix sont moins conventionnels : un roman pourrait très bien s’intéresser à la période qui précède un baptême, que cela soit celui d’un enfant, ou celui d’une personne adulte qui choisit de changer de confession, ou d’embrasser la religion, sur le tard. Autre rituel qui peut être utilisé comme point de repère pour l’intrigue d’un roman : tout ce qui tourne autour de l’initiation, de l’ordination, et, en règle générale, des cérémonies qui permettent à un individu de rejoindre une religion en tant que prêtre ou que moine.

Et puis la religion fournit des éléments d’intrigue qui sont tellement utilisés dans la fantasy qu’ils sont devenus des clichés : la prophétie est probablement le premier auquel on pense. Combien de romans tournent autour de l’annonce de la fin du monde par une religion, et des efforts d’un petit groupe de héros pour combattre cette fin qui s’annonce inéluctable. Une prophétie, d’ailleurs, ne doit pas nécessairement tourner autour de l’apocalypse : elle peut annoncer la venue d’un sauveur ou d’un personnage funeste, concerner une catastrophe, ou un changement majeur dans l’environnement ou dans les consciences, ou prévoir une révolution au sein de la société, voire dans l’organisation de la religion elle-même.

Depuis le « Da Vinci Code » de Dan Brown, la religion peut également être utilisée comme un jeu de piste : les livres sacrés, les statues, les monuments et les icônes peuvent être autant d’indices dans une chasse au trésor qui rapproche les personnages de la vérité – ou d’un trésor.

La religion et les personnages

Dans la mesure où la religion porte en elle une vision du monde, des valeurs, des interdits, elle touche à la personnalité de chacun, et même, parfois, à l’intime. Que les personnages d’un roman soient très dévots ou qu’ils ne le soient pas du tout, il peut être intéressant de s’intéresser à la trace que peut avoir la religion sur leur attitude et sur les choix qu’ils font lors de leur existence.

L’attachement à une foi religieuse constitue un moyen simple de caractériser un personnage. Il le relie à un système de pensée, à des valeurs, à des rites, et lui confère une série de caractéristiques qui le distinguent automatiquement des autres personnages qui ne partagent pas cette confession. C’est particulièrement enrichissant si la religion fait partie des thèmes du roman, ou si, dans le décor, certains éléments installent une tension entre différents groupes religieux. Un catholique et un protestant lors du conflit nord-irlandais auront d’autres points d’achoppement que ceux qui découlent directement de la spiritualité.

Mais la plupart des gens entretiennent avec la religion des relations compliquées. Certaines personnes ont une foi aveugle, inconditionnelle, mais elles ne constituent pas une majorité. Les personnages de vos romans auront peut-être une foi perpétuellement en conflit contre leur raison ; ou alors leur foi est en train de décliner, et avec elle, certains de leurs repères ; au contraire, leurs doutes sont en train de les mener vers un éveil spirituel ; certains ont une double appartenance religieuse et tentent d’en faire le perpétuel inventaire dans leur tête ; et puis il y a tous les personnages qui n’ont pas de foi du tout, mais dont le parcours de vie, le milieu, l’éducation, leur ont tout de même inculqué certaines des valeurs d’une religion en particulier, même s’ils ne souscrivent pas au credo.

Et puis il y a celles et ceux qui n’ont pas de foi, pas de culture religieuse, rien du tout. Même parmi eux, il est possible d’explorer les thèmes liés à la religion. Un individu rationaliste, adversaire déclaré de la religion, pourrait ainsi finir, dans son emportement, à connaître les textes sacrés bien plus à fond que les dévots et à consacrer l’essentiel de son temps à perpétuer sa croisade. Et puis même ceux qui s’efforcent de pratiquer une pensée entièrement rationnelle peuvent avoir des penchants pour la superstition ou, en tout cas, côtoyer au jour le jour des tas de gens qui ont une vie spirituelle.

Il n’est pas rare, après tout, d’être dans le déni au sujet de notre nature profonde : certains se voient comme de purs esprits cartésiens qui ne croient qu’en la logique et les faits, mais qui choisissent d’oublier qu’ils ont une patte de lapin qu’ils frottent avant d’aller parier sur les champs de course ; à l’inverse, un individu qui se dit touché par la grâce divine pourra ressentir le besoin de démontrer la véracité de sa foi par toutes sortes de preuves scientifiques plus ou moins convaincantes. Personne n’est aussi pur qu’il le prétend, ni dans un sens, ni dans l’autre, et cela rend les choses plus intéressantes.

Et puis ces limites, on peut les tester : que se passe-t-il si un personnage athée est confronté à la preuve de l’existence du divin ? Quelles sont les conséquences, pour un personnage qui a la foi, de voir celle-ci ensevelie sous des preuves scientifiques ? Des romans peuvent être imaginés autour de ces questions, à grand renfort d’imaginaire si nécessaire.

Variantes autour de la religion

Un auteur de roman a un luxe dont peu de gens bénéficient : il peut inventer une religion. Il peut même en inventer plusieurs, en conflit les uns avec les autres. Ce genre d’activité ne se limite pas aux littératures de l’imaginaire, d’ailleurs : il est tout à fait possible, par exemple, d’écrire un roman policier, ou un thriller politique, dont l’action tourne autour des activités d’une secte inventée de toutes pièces pour l’occasion.

Mais c’est bien dans le domaine de la fantasy ou de la science-fiction que la création de religions fictives est la plus répandue. J’y reviendrai plus en détails dans un prochain billet, mais ce qu’il faut retenir d’important, c’est que l’intérêt d’inventer une religion, c’est qu’on peut la tailler sur mesure pour son projet littéraire. N’hésitez pas à mettre sur pied un dogme, un rite, une spiritualité, qui illustre vos thèmes et qui enrichit vos personnages. La religion peut ainsi être utilisée comme un révélateur, voire même un exhausteur de saveur pour les autres éléments de votre narratif.

⏩ La semaine prochaine: Inventer une religion

 

Des suggestions?

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Si vous visitez régulièrement ce blog – merci, au fait – vous vous êtes aperçus que je publie en ce moment une série de billets intitulés « Éléments de décor. » Dans ces articles, je pars d’un élément (argent, nourriture, genre, Histoire, transports, etc…) et j’examine quelques possibilités de le décliner dans un roman au niveau du décor, des personnages, de l’intrigue, du thème, etc… Si ça ne vous dit rien, naturellement, la liste se trouve quelque part ici.

Je pourrais décliner ça à l’infini, naturellement. D’ailleurs, il est possible que j’interrompe cette série momentanément pour la revisiter à l’avenir. J’ai quelques billets prêts à être publiés, et quelques idées en stock.

Cela dit, peut-être que vous avez vous-mêmes des désirs, des souhaits ou des idées. Dois-je consacrer un billet à la danse? Aux lois de la thermodynamique? À la topographie en milieu glaciaire? Au mouvement punk? Au mysticisme sud-américain?

Si vous avez une suggestion, elle est la bienvenue. Je ne promets pas que je vais m’y atteler tout de suite, mais si elle m’inspire, ce sera une joie de me pencher dessus.

Et puis bon. Si vous avez d’autres suggestions, observations et critiques en ce qui concerne le blog, vous pouvez aussi les balancer en commentaire.

L’interview: Lionel Truan

Auteur, et dessinateur dans une entreprise horlogère, Lionel Truan vit dans le canton de Genève, en Suisse. Il a signé un premier roman dont l’action se situe dans un monde après l’apocalypse, « Le Monde de Demain. » Il est membre, comme moi, du GAHeLiG, le groupe des Auteurs helvétiques de littérature de genre.

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L’amorce de ce roman, c’est un scénario pour un jeu grandeur nature. Comment est-ce que tu es passé d’une expérience ludique à une expérience littéraire ?

Premièrement, disons que, pour réussir à imaginer et à créer un scénario de jeu grandeur nature, il a fallu passer par la phase « d’écriture », la plus importante à mes yeux. Les points clés, les énigmes, le décor, les joueurs, le rôle de chacun, la mise en scène et les objets m’ont demandé de faire travailler mes méninges à 200%. Si je n’avais pas écrit la trame, il aurait été impossible de réussir ce projet. Pour moi, si les règles sont définies sur papier et qu’elles sont carrées, alors le reste suit. Deuxièmement, l’événement qui m’a propulsé vers une expérience littéraire et qui m’a énormément bouleversé, est le décès de ma tante. La mère de celui pour qui j’ai créé le jeu grandeur nature. Elle était déjà très malade à cette époque et elle me demandait souvent de lui montrer l’état d’avancement du jeu pour son fils. Lorsqu’elle nous a quittée, le jeu n’était pas terminé et j’ai regretté qu’elle ne puisse le voir achevé. J’ai alors eu un déclic et l’écriture d’un roman m’a traversé l’esprit. J’ai sauté sur mon clavier, des idées plein la tête et je me suis lancé.

Le jeu, c’est quelque chose d’important pour toi ? Le jeu vidéo Fallout est cité dès les premières pages…

J’aime jouer, autant sur la console qu’à des jeux de plateau en famille ou entre amis. Je suis fan des jeux grandeur nature et des escapes games. Concernant le jeu Fallout, je dois l’admettre, il est mon favori. Je peux m’y plonger sans jamais être rassasié par ce que le décor et le monde me proposent. Ce qui me fait l’apprécier autant, c’est ce mélange année 50 et technologie futuriste. C’est une sorte de paradoxe qui se marie à la perfection, selon moi.

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Est-ce que tu avais déjà été tenté par l’écriture romanesque auparavant ? Est-ce qu’il y a des projets inachevés qui dorment dans tes tiroirs ?

Je n’avais jamais été tenté par l’écriture romanesque cependant, durant dix ans j’ai écrit mais d’une manière différente. Durant cette période j’ai fait du rap, je buvais rap, mangeais rap, je vivais rap mais surtout j’écrivais tout mes couplets. J’essayais de faire passer des messages à travers mes morceaux sans jamais être trop vulgaire. Avec mon groupe, on souhaitait avant tout montrer au gens qu’ils se faisaient une mauvaise opinion de ce style musical et nous avons réussi notre défi. Notre musique se laissait écouter, même les plus âgés appréciaient.

C’est un roman qui met en scène notre civilisation après l’apocalypse. Est-ce que la fin du monde, c’est un thème qui te hante ?

L’apocalypse me fascine en réalité. Loin de moi l’idée de vouloir arriver à cette fin catastrophique pour l’humanité mais je dois l’avouer, je serais curieux de voir comment l’homme arriverait à se relever si cela devait se produire. Vu les agissements de l’homme en notre temps, je ne serais pas étonné que nous en arrivions là. Qu’est ce qui me fascine ? Simplement de voir que dans chaque scène post-apocalyptique la nature reprend ses droits et je trouve cela beau.

En général, la littérature postapocalyptique est sombre. Ton protagoniste, Elliott Runan, est pourtant quelqu’un de plutôt optimiste. Pourquoi ce choix ?

J’ai voulu montrer aux lecteurs, que même lorsque tout semble perdu, il y a un espoir, si on y croit. J’ai un vécu chargé malgré les apparences et mon âge. Je suis né, atteint d’une maladie cardiaque, la tétralogie de Fallot. Je suis une personne qui, normalement n’aurait pas dû survivre et pourtant je suis là. Je pense que malgré les circonstances, réalité ou monde postnucléaire, il ne faut jamais abandonner et se battre pour pouvoir espérer vivre et être heureux. C’est le choix que j’ai fait pour ce personnage.

Est-ce que qu’Eliott, c’est un peu toi ?

Je dirais qu’il est celui que je souhaiterais devenir si le monde partait en vrille.

Qu’est-ce qui différencie selon toi ton roman d’autres univers postapocalyptiques ?

A travers ce roman, j’ai voulu faire passer des messages sur ce qu’il se passe à notre époque. J’ai souhaité avertir et faire prendre conscience aux lecteurs de la chance qu’ils ont de pouvoir apprécier la vie telle qu’elle se présente. Je suis une personne très spirituelle et j’espère avoir pu apporter quelques aides ou réponses aux lecteurs, à travers les passages plutôt philosophiques du personnage principal.

Tu as dessiné quelques illustrations qui accompagnent le roman. Qu’est-ce que ça apporte, selon toi, de marier textes et dessins ?

J’aime dessiner, c’est indéniable. Puisque j’ai pris goût à l’écriture, je me suis dit « pourquoi ne pas intégrer quelques dessins » ? Pour apporter ma touche personnelle. Ce que je sais, d’après les retours que j’ai eus, c’est que les gens ont apprécié ce petit plus.

Le livre est écrit au passé composé, une volonté de le rapprocher du style d’un journal de bord ?

Totalement. Le livre se veut être le journal de bord d’Elliot. Mon objectif était de rapprocher le lecteur au plus prés du personnage principal pour qu’il se sente imprégné par cette histoire.

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Tu as une solide expérience de rappeur. Est-ce que le fait d’avoir déjà écrit t’a aidé à te lancer dans un roman ?

En effet, je pense que le fait d’avoir écrit pendant dix ans des textes m’a beaucoup aidé. Bien sûr, la structure d’un morceau de rap est complètement différente et bien plus proche de la poésie, s’il est bien rédigé.

Quelles sont selon toi les points communs et les différences entre l’écriture rap et l’écriture de fiction ?

L’écriture d’un roman est à faire avec une autre approche, cela demande d’avoir une construction plus précise, une structure prédéfinie, des passages clés et des personnages au caractère bien spécifique. Les textes de rap se construisaient de façon plus spontanée. Il suffisait d’avoir une instrumentale, un thème et de l’inspiration pour sortir des rimes et des punchlines bluffantes.

Le point commun, je dirais une imagination débordante et une envie de faire les choses proprement.

Est-ce que des éléments de la culture hip-hop se sont glissés dans ton roman ?

A vrai dire pas tellement, voir même pas du tout. J’ai vraiment voulu me défaire de ce coté musique pour me consacrer au côté roman. Je ne veux pas que l’on assimile Bido (mon blaze de rappeur) à Lionel Truan l’auteur. Ce choix était réfléchi.

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Tu fais partie du GAHeLiG, le Groupe des Auteurs Helvétiques de Littérature de Genre. Y-a-t-il selon toi quelque chose de typiquement suisse dans ton approche de l’écriture ?

Typiquement Suisse, dans l’approche je dirais, non, mais dans le roman je dirais oui. L’histoire se passe uniquement en Suisse, peut-être que certaines expressions du pays se sont glissées dans le livre. Je parle de lieux réels dans le roman, les Helvètes qui le liront ne pourront qu’être transportés à travers une Suisse dévastée.

Un conseil, une suggestion à ceux qui te lisent et qui ont envie d’écrire ?

Si tu as des rêves, comme d’écrire un livre, alors donne en toi les moyens et fais-le. Ne te pose pas trente mille questions. Tu as des idées, une imagination à toute épreuve, alors écris. N’écoute pas les haineux et les gens qui pensent que c’est une mauvaise idée. N’écoute que ton cœur et Fonce ! Tu n’as rien à perdre, tout à apprendre.

« Le Monde de Demain » est conçu comme une série, ce qui appelle une ou plusieurs suites. À quoi vont-elles ressembler ?

Le Tome 2 est en pleine écriture, j’ai prévu 3 livres pour cette série. Ils seront tous sous forme de carnet de bord et le ou les personnages devront affronter leur réalité. La réalité que le leur monde est bien dévasté, peuplé de créatures et d’humains qui ont perdu la raison. Garderont-ils espoir ? L’humanité pourra-t-elle reconstruire, pour un avenir meilleur ? Je ne peux vous le dire, sinon ce serait du spoil.

Au-delà de ça, est-ce que tu as d’autres projets d’écriture ? Dans d’autres genres ?

J’ai participé à quelques concours littéraires en Suisse, afin de tester mes capacités à écrire des nouvelles. C’est un bon exercice je trouve. Plus sérieusement, oui, j’ai des idées de roman de genre différent. J’ai déjà prévu un roman futuriste en one shot qui parlera de meurtre et voyage dans le temps. Sinon, j’ai quelques pistes pour d’autres histoires mais pour l’heure, chaque chose en son temps. Le monde de demain reste ma priorité.