Le titre

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Sur ce site, ces dernières semaines, nous avons exploré diverses formes de résumés littéraires. Pour conclure, je vous propose de nous intéresser au plus bref d’entre tous, que vous avez d’ailleurs toute liberté de ne pas considérer comme un résumé à proprement parler : le titre.

Quoi qu’il en soit, de toutes les versions courtes de votre histoire, le titre est le plus crucial. En parallèle à la couverture, il s’agit du premier élément de votre livre que vos potentiels futurs lecteurs vont voir. C’est aussi ce que vous allez répéter encore et encore en évoquant votre œuvre dans des conversations, en salon, en ligne, et je vous le souhaite, dans les médias.

Un bon titre ne fait pas un bon livre, mais il peut contribuer à son succès et susciter la curiosité et l’envie. Quant à un mauvais titre, il peut à lui seul ruiner toute chance de vendre votre roman. Pour ces raisons, choisir le titre représente une des décisions de marketing les plus importantes de la promotion de votre œuvre.

Parce que ne nous y trompons pas : le titre, ça n’est pas de la littérature, c’est un argument de vente. C’est important de se le mettre en tête, et de ne pas se montrer trop sentimental à ce sujet. Le titre est une des principales portes d’entrée vers votre texte, et plus il est séduisant, meilleures sont vos chances de vendre votre bouquin. Faites preuve de souplesse : si votre éditeur (ou n’importe qui d’autre) a une meilleure idée de titre que celle que vous aviez en tête, changez-en. Oui, même si vous travaillez sur votre manuscrit depuis que vous avez huit ans et que celui-ci n’a jamais eu qu’un seul titre à vos yeux. Le titre, c’est pour les lecteurs et les libraires, pas pour vous faire plaisir à vous.

Une fois qu’on s’est mis cette réalité en tête, il est temps d’examiner les qualités qui font qu’un titre de roman est bon. Ci-dessous, je vous en énumère quatre.

Il attire l’attention

On l’a bien compris, la principale raison d’être du titre, c’est de susciter l’envie. Donc mieux il accomplit cette mission, meilleur il est. Rien n’est pire qu’un titre banal, qui génère l’ennui ou le désintérêt. Ce qu’il faut, c’est prendre lectrices et lecteurs par la pupille et ne plus les lâcher.

Pour cela, les solutions ne manquent pas : vous pouvez vous montrer intéressant, énigmatique, original, provocateur, ou même faire des promesses audacieuses, peu importe. Ce qui compte, c’est que votre titre captive l’attention, et pourquoi pas, la controverse, ou en tout cas le débat. Avertissement : on n’attire pas l’attention de manière positive sans le faire également de manière négative, mais mieux vaut une discussion enflammée que de la tiédeur.

Il est mémorable

Une fois que vous vous êtes fait remarquer, votre objectif numéro 2, c’est qu’on ne vous oublie pas. Il faut que vos lectrices et lecteurs, une fois qu’ils ont appris comment s’intitule votre roman, le gardent en tête pour de bon.

Pour cela, il est au minimum nécessaire que votre titre soit unique : faites en sorte qu’il ne soit pas identique à celui d’un autre livre déjà sorti, ou pire, d’un classique. Il serait mieux qu’on ne puisse pas confondre les deux, d’ailleurs, à moins qu’il ne s’agisse d’un pastiche. Faites quelques recherches si nécessaire.

Votre titre doit être distinctif et rester en tête. Il doit aussi être facile à trouver en ligne, parce qu’à notre époque, c’est un aspect qu’on ne peut pas se permettre de négliger. Pour cela, évitez d’utiliser des termes trop courants dans les romans de la même catégorie que le vôtre.

Il est évocateur

Pour être réussi, votre titre doit représenter le roman. Cela veut dire, pour commencer, qu’il doit évoquer une idée de votre sujet. Ce n’est pas nécessairement crucial pour un livre de fiction, mais cela peut mettre le potentiel lecteur sur la bonne voie et lui indiquer qu’il a affaire à une histoire qui peut être susceptible de l’intéresser.

Être évocateur, c’est aussi être capable de conjurer une image puissante à travers une combinaison de mots bien choisis. Ici, c’est moins le contenu de votre roman que vos compétences d’auteur et votre style qui sont mis en avant.

Il est simple

Dernier critère : un bon titre doit être simple. Mais attention, ici, la définition de « simple » peut être compliquée.

Pour commencer, on doit pouvoir le comprendre, ou en tout cas, ne pas rester avec davantage de points d’interrogation que de points d’exclamation en tête. Les gens ont davantage de facilité à réagir et à garder en mémoire des mots qu’ils connaissent, c’est ce qu’on appelle la fluidité cognitive (ironiquement, « fluidité cognitive » est une expression qui manque cruellement de fluidité cognitive). Un titre incompréhensible ou hors-sujet risque de susciter davantage de confusion que d’intérêt.

La simplicité, c’est aussi trouver un groupe de mots qui ne va pas nous emmener sur les chemins de traverse : prenez garde que votre titre ne constitue pas un jeu de mot involontaire, une référence fortuite à un sujet polémique, et pendant que vous y êtes, prenez garde à ce qu’il ne soit pas embarrassant à prononcer à haute voix.

En règle générale, les titres courts sont les meilleurs. Opter pour un titre constitué de quelques mots, voire d’un seul, revient à simplifier la vie de vos futurs lecteurs, qui pourront plus facilement le comprendre, le mémoriser et même le prononcer. C’est aussi une manière, et ce n’est pas négligeable, de s’offrir un petit supplément de flexibilité pour le design de la couverture.

Attention : un titre constitué d’un seul mot représentait une excellente option à une certaine époque, mais aujourd’hui, un tel choix complique les recherches en ligne et je vous suggère plutôt d’opter pour un titre de deux ou trois mots.

Inspiration

Une fois qu’on a ces critères en tête, on n’a pas encore approché le titre en lui-même. C’est intéressant de savoir à quoi il ne doit pas ressembler, mais au bout d’un moment, il faut se demander dans quelle direction aller. Quelles peuvent être les sources d’inspiration ?

Déjà, qu’on s’en rende compte ou non, il existe des standards en matière de titre, qui sont différents d’un genre à l’autre. Il est important de vous familiariser avec ce qui existe (vos concurrents, pour le dire simplement). Y adhérer a des conséquences positives : en particulier, ça permet au lectorat fidèle d’identifier en un instant à quel type de roman il a affaire. Si le titre est « Chroniques du Dragon », c’est de la fantasy » ; si c’est « L’été dans tes bras », c’est de la romance ; si c’est « Désarticulation de la chevelure du désarroi », c’est de la littérature blanche.

Cela dit, on s’en rend compte en découvrant mes exemples délibérément caricaturaux : les habitudes en matière de titres propres aux genres débouchent souvent sur des clichés. Traquez-les et tordez-leur la tête.

Pour cela, relevez quels sont les mots qui reviennent le plus souvent dans les titres des différents genres, et faites en sorte de ne pas les utiliser vous aussi. Donc évitez les mots « étoiles », « planète » ou les dates dans les titres de romans de science-fiction ; les mots « sang », « nuit » ou « vengeance » dans les titres de polars ; les mots « chronique », « épée » ou « destin » dans les romans de fantasy, etc… Il serait facile mais relativement fastidieux de mener une étude statistique des occurrences les plus nombreuses dans ces différents genres, mais tout auteur familiarisé avec son milieu doit avoir une certaine idée de ce qu’il faut éviter.

Donc comme inspiration, vous feriez bien d’aller puiser à la source, c’est-à-dire votre roman. Une approche consiste à choisir comme titre un extrait du roman. Il peut s’agir d’une phrase récurrente, d’une expression emblématique de votre personnage principal, ou, par exemple, d’une phrase qui colle particulièrement bien avec votre thème (« Pars vite et reviens tard », « Germinal »).

Autre possibilité : partir de votre personnage principal, en particulier si l’histoire est très focalisée sur votre protagoniste. Vous pouvez incorporer son nom dans le titre du roman (« Le journal de Bridget Jones »), ou simplement faire de son nom le titre en entier (« David Copperfield »). Vous pouvez aussi vous servir d’un surnom couramment utilisé dans votre histoire (« Le Grand Meaulnes »), ou d’un descriptif professionnel (« Docteur Zhivago »), ou encore faire du titre un descriptif de votre personnage central, de son apparence, de son rôle dans l’intrigue ou de ses idéaux (« La Dame aux camélias »).

Naturellement, il est possible d’opérer la même manœuvre en partant cette fois-ci du décor de votre roman, si celui-ci est notable et mémorable. Cela fonctionne exactement de la même manière. Vous pouvez adopter le nom du lieu comme titre en lui-même (« Gormenghast », « Dune ») ; l’incorporer à d’autres aspects (« Mort sur le Nil »), ou décrire par une périphrase un des lieux caractéristiques (« La Cité des Saints et des Fous »).

Et même si ça ne saute pas aux yeux, il est même possible de trouver de l’inspiration dans l’intrigue de votre roman, dans sa mécanique narrative. On peut avoir affaire à un titre qui paraphrase le sujet du livre (« La Position du tireur couché »), son thème (« Guerre et paix »), ou un peu des deux (« Cent ans de solitude »). Ou alors vous avez l’option de choisir un titre-question, qui résume et reflète les interrogations soulevées dans votre histoire (« Et si c’était vrai ? »).

Les sous-titres

Encore quelques mots des sous-titres. Ils sont très courants dans les livres hors fiction, par exemple dans ceux qui donnent des conseils (« La semaine de 4 heures – travaillez moins, gagnez plus et vivez mieux ! »). Pour les romans, c’est généralement une mauvaise idée, parce qu’ils alourdissent votre propos sans l’expliciter. A moins d’avoir une idée extraordinaire, renoncez-y.

L’exception, vous l’avez deviné, c’est celle des sagas littéraires, ou le titre de la série agit comme un titre à proprement parler, et le titre du roman, comme un sous-titre. Je le répète ici : n’écrivez pas de saga. Mais si toutefois cette idée étrange vous traversait l’esprit, faites simple. Optez pour un titre de série court, frappant et exempt de clichés, et pour un titre de roman qui se focalise de très près sur l’action de l’histoire en question (« Le Château »/« L’Année de notre guerre », « Millenium »/« Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes »).

Rédiger un communiqué de presse

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Lorsqu’on se met en tête de contacter les médias afin qu’ils évoquent nos créations littéraires, le vecteur le plus évident pour les avertir de la sortie d’un roman, ou d’un autre projet littéraire, c’est de diffuser un communiqué de presse.

Un communiqué de presse, qu’est-ce que c’est ? En deux mots, c’est le nom qu’on donne à un message qui contient toutes les informations-clé sur un événement, un spectacle, une exposition, une compétition sportive, un rassemblement d’une association, ou, par exemple, la sortie d’un bouquin, destiné à être adressé aux médias, dans le but qu’ils réalisent un sujet, comme nous l’avons évoqué dans l’article précédent. On informe les journalistes afin qu’à leur tour, ils informent leur public.

À quoi ça sert de créer ce genre de document ? En fait, cela vise deux objectifs distincts : premièrement, donner envie aux médias de parler de votre roman ; deuxièmement, mettre à leur disposition tout ce qu’ils ont besoin de savoir s’ils ont décidé de le faire. Un bon communiqué de presse est donc à la fois promotionnel et informatif, si possible de manière équilibrée. Trop de promotion, et le rédacteur qui va le recevoir aura l’impression d’avoir affaire à de la pub. Trop d’information, et il ne comprendra pas en quoi votre projet se distingue des nombreuses autres sollicitations similaires qu’il a reçu la même semaine.

Dans cet article, je vous propose un modèle de base de communiqué de presse, un regard sur cet exercice. À vous de l’adopter, de vous en inspirer, de le modifier, ou d’opter pour une approche complètement différente, mais quelle que soit votre attitude, les suggestions qui suivent devraient vous aider à éviter les pièges les plus courants, et à garder à l’esprit l’essentiel.

Le communiqué tel que je le conçois est un document, par exemple au format pdf. Il comporte une première page qui contient toutes les informations importantes, ainsi que, le cas échéant, des pages supplémentaires. Tout cela est envoyé par courriel, dont la composition fera elle aussi l’objet d’un soin particulier.

Le titre

La première page peut être décomposée en différentes parties. Pour commencer, il y a un titre. Celui-ci, en une phrase, délivre votre message essentiel, celui que vous souhaitez que le journaliste retienne. Il doit à la fois contenir l’information principale (par exemple le fait que vous sortez votre roman), et la raison qui pourrait pousser un média à s’y intéresser (« Un naturaliste sort un roman sur la mort de notre écosystème », « Le premier roman d’un auteur de 12 ans », « Une autrice décrit l’érotisme des virus », « Un roman policier qui pourrait vous rendre riche », etc…)

Ménager ces deux impératifs à la fois, c’est un équilibre délicat à trouver, aussi je vous suggère de rédiger votre titre à la fin, quand vous aurez déjà fait l’effort de résumer les points forts de votre œuvre.

Le chapeau

En-dessous de votre titre, je vous suggère de faire figurer ce que les journalistes appellent un « chapeau » (parfois même écrit « chapô ») : un passage qui contient tous les points essentiels, en trois phrases maximum, rédigé en gros caractères ou en gras. L’objectif, c’est que si le journaliste prend la peine de lire cette section, il connaisse tous les points essentiels de votre œuvre et sache pourquoi ses lecteurs pourraient trouver ça intéressant.

Rédiger le chapeau réclame que vous ayez les idées claires au sujet de votre roman, pas tellement au niveau de vos intentions, mais surtout en ce qui concerne la manière dont il pourrait être perçu par le grand public. Quels sont les thèmes que vous traitez ? Quelle est votre approche ? Y a-t-il une originalité dans votre démarche qui serait susceptible de faire réagir, sourire, réfléchir même des individus qui ne vont pas lire votre roman ? Est-ce qu’il y a quelque chose chez vous, l’auteur, qui se démarque, et soit de nature à influencer l’image que les lecteurs potentiels ont de votre œuvre ?

Vous écrivez votre premier roman à l’âge de 72 ans ? Vous êtes égoutier et vous avez signé un polar dont l’action se déroule justement dans les égouts ? Vous traitez de manière romanesque d’un thème d’actualité dont tout le monde parle ? Il y a un détail formel dans votre manuscrit qui le distingue de tous les autres, par exemple des passages destinés à être complétés par l’usage d’une appli, ou des dialogues en araméen ? C’est là qu’il faut le mentionner.

Ça peut donner quelque chose dans ce genre :

Un naturaliste sort un roman sur la mort de notre écosystème

L’humanité n’a plus que cinquante ans pour éviter une disparition massive des espèces animales et végétales. À partir de ce point de départ tragique, Rodolfo Gregorius, biogénéticien à l’Université de Strasbourg, a signé un livre d’anticipation au suspense haletant. Un livre au carrefour de la science, de la littérature, et de l’actualité la plus brûlante, qui offre quelques pistes sur ce que nous pourrions faire pour éviter ça.

Il convient, à ce sujet, de faire un travail sur soi : ces anecdotes, ce n’est peut-être pas ce qui compte le plus pour vous, l’auteur du roman, mais elles constituent une porte d’entrée vers votre univers, susceptibles d’attirer l’attention du plus grand nombre. Et c’est bien pour ça que vous avez contacté les médias, n’est-ce pas ? Si vous éprouvez des scrupules à présenter vos écrits de cette manière, si pour vous, une approche marketing équivaut à de la prostitution, ne vous infligez pas ce supplice et abstenez-vous tout simplement de contacter la presse.

En fait, ce que l’on recherche ici, c’est une manière de harponner l’attention du journaliste, un détail, une anecdote qui lui fasse se dire : « Tiens, c’est rigolo/intéressant/original, il faut que j’en parle à mes lecteurs/auditeurs/téléspectateurs. » En lisant votre titre et votre chapeau, il faut qu’il ait déjà une idée de ce à quoi pourrait ressembler son article. De cette manière, vous lui aurez mâché le travail, selon le principe évoqué dans l’article précédent.

Attention de conserver à l’esprit le média auquel vous vous adressez. Un quotidien régional s’intéressera principalement à évoquer des personnages de la région, et à mettre en valeur des thèmes locaux. Si vous le pouvez, mettez donc en avant ces aspects-là dans votre présentation. Un média populaire va plutôt rechercher l’universel, l’anecdote, l’amusant, et c’est ça qu’il faut lui offrir en pâture. Enfin, un média culturel, ou la presse dite « de qualité », va s’intéresser à la singularité de la démarche, à la qualité littéraire supposée du texte. Et puis, si l’on considère un autre axe, une télévision ou un média audiovisuel vont chercher à savoir à quel point il est aisé d’illustrer le sujet en image, alors qu’une radio sera sensible au contenu audio et à la possibilité de convier l’auteur pour une interview en direct. Oui, tout cela suppose que, dans la mesure du possible, il peut être sage de varier votre approche selon les médias.

Le corps du texte

Juste en-dessous du chapeau, je vous suggère de faire figurer un bref texte explicatif, de trois paragraphes, éventuellement quatre. Celui-ci va venir compléter et éclaircir les informations contenues dans votre chapeau, et fournir au journaliste toutes les informations de base dont il a besoin avant de vos contacter.

Ce texte doit être agréable à lire, exempt de jargon et ne pas se perdre dans les détails. Mais il ne s’agit plus ici de hameçonner l’attention de la personne qui vous lit : si elle est arrivée jusque-là, c’est qu’elle n’est déjà plus complètement indifférente à votre démarche. Par contre, profitez de son attention pour répondre à ce que, en journalisme, on appelle « les cinq questions » : qui, quoi, quand, où, pourquoi. Expliquez qui vous êtes, ce que vous avez fait, quand vous l’avez commencé et terminé, d’où vous venez et où se passe votre récit, et ce qui vous a motivé à l’écrire.

Ces questions ne sont qu’une des possibilités de rédiger un texte explicatif pour un communiqué de presse, qui permettent de ne rien oublier d’important. En règle générale, je pense qu’une approche qui fonctionne bien, c’est de consacrer le premier paragraphe à développer un peu plus longuement les points résumés dans votre titre et votre chapeau, le deuxième à parler du bouquin et le troisième à parler de vous.

Les coordonnées

Attention, c’est très important : vos coordonnées doivent figurer sur la première page du communiqué. Je le répète pour que ça soit tout à fait clair : vos coordonnées doivent figurer sur la première page du communiqué. Par « coordonnées », j’entends une section qui comporte votre prénom et nom, un numéro de téléphone mobile et une adresse e-mail.

Si un journaliste doit traquer votre numéro ou votre mail lui-même, ou vous envoyer une note par Messenger parce que vous n’avez pas songé à lui fournir de moyens de le joindre, il va vite se décourager, et même, probablement, renoncer avant d’avoir commencé. Vous n’avez vraisemblablement aucune idée à quel point il est fréquent, dans les médias, de tomber sur des communiqués dans lesquels il manque cette information cruciale.

Tout aussi essentiel : maintenant que vous avez indiqué votre numéro de téléphone, décrochez lorsqu’on vous appelle. Pendant au moins une semaine après l’émission du communiqué, pas question de laisser votre portable en mode Nuit, ou de laisser sonner en espérant qu’on vous laisse un message sur votre boîte vocale. Le contrat moral, lorsque votre numéro figure sur un communiqué, c’est que vous allez être disponible pour répondre (même si vous répondez en demandant à la personne de rappeler plus tard). Là aussi, les journalistes se fatiguent très vite s’il n’y a personne au bout du fil. Ça m’est arrivé des tas de fois.

Une image

Un communiqué de presse, ça n’est pas que du texte. Il est important d’y faire figurer un visuel, afin d’attirer l’œil et de créer un contact. On lit bien plus volontiers un texte informatif s’il inclut une illustration. Pour un roman, ça tombe bien, il y a deux illustrations qui s’imposent d’elles-mêmes : la couverture du livre et le portrait photographique de l’auteur. Choisissez-en une des deux, ou incluez les deux si vous voulez.

Il a été prouvé que les images qui comportent un visage humain suscitent davantage d’engagement de la part des lecteurs. Si l’illustration de votre bouquin n’inclut pas cet élément, optez plutôt pour votre portrait. Et pas question d’opter la première photo floue, prise en fin de soirée, qui vous tombe sous la main : prenez le temps de prendre un portrait qui vous met en valeur.

Les autres pages

En principe, tout ce que je viens de décrire ici est suffisant. Toutes les informations utiles doivent tenir sur une seule page. Cela ne vous empêche pas cependant d’ajouter des pages supplémentaires à votre document. Il faut juste être conscient qu’il y a relativement peu de chance que celles-ci soient lues, donc n’y faites pas figurer des informations essentielles.

Que pouvez-vous y mettre ? Une notice bibliographique plus complète, par exemple, accompagnée d’un nouveau portrait photo, au cas où votre présentation en première page aurait été trop succincte. Vous pouvez également dire deux mots de la maison d’édition (si vous êtes édité de cette manière) et donner un aperçu de sa collection. Si vous êtes l’auteur de plusieurs romans, ou, par exemple, d’essais, ou de pièces de théâtre, qui pourraient retenir l’attention d’un journaliste et lui permettre de vous situer, vous pouvez en inclure la liste, sous la forme d’une brève chronologie. Et puis, pourquoi ne pas inclure un court extrait de votre roman, la première page, par exemple.

La mise en page

Je recommande une mise en page sobre. L’idée, c’est que c’est le contenu qui doit primer, et que celui-ci doit être le plus clair et le plus accessible possible. Donc présentez votre communiqué de presse sur du papier blanc, avec des polices de caractère usuelles et lisibles, et sans rien qui puisse faire diversion par rapport à votre message.

Si l’aspect visuel de votre livre est important, par exemple s’il est illustré, vous pouvez faire figurer cet aspect dans le communiqué. Et puis il faut le reconnaître : parfois, un communiqué original sur le plan visuel va séduire les journalistes et retenir leur attention. Mais c’est plus l’exception que la règle, et si c’est l’option que vous retenez, je vous souhaite d’être sûr de votre coup, parce que ce qui peut séduire peut également agacer.

Le mail

Votre communiqué de presse, c’est un document, idéalement au format pdf, qui va être attaché à un mail. Ce mail est également très important, comme on peut aisément se l’imaginer, puisque c’est lui qui va déterminer si le journaliste ou le secrétaire de rédaction qui en prend réception va décider d’aller plus loin.

Il m’est déjà arrivé d’être en charge de la boîte mail d’une rédaction, et je peux confesser qu’il est rare que l’on passe plus de dix secondes avant de supprimer un courriel ou de le classer pour qu’il soit traité, d’une manière ou d’une autre. Le contenu du message est donc absolument crucial. Il doit contenir toutes les informations essentielles et être incitatif.

Au fond, la manière la plus simple de procéder, c’est de proposer une version alternative du titre et du chapeau de votre communiqué de presse. Tournez les phrases différemment, écrivez le tout comme une lettre, avec les formules de politesse de circonstance, mais pour l’essentiel, tout ce que j’ai dit ci-dessus est valable. Oui, ça n’est pas facile d’écrire le même message deux fois de manière différente, en restant bref et en se montrant courtois, mais prenez malgré tout le temps de le faire, c’est important.

Sur ce mail doivent également figurer vos coordonnées, les mêmes que dans le communiqué, présentées de la même façon. Parfois, les attachements se perdent : si vous faites figurer ces données essentielles dans votre courriel, un journaliste pourra toujours vous contacter, même s’il a égaré votre communiqué de presse. Oui, ça aussi, c’est courant.

Que faut-il en attendre ?

D’un point de vue journalistique, la sortie d’un roman constitue une actualité « froide. » À moins qu’elle ne soit assortie d’un événement, d’une séance de dédicace, d’un vernissage public, rien n’oblige un média à s’y intéresser de toute urgence, ou même dans un temps donné.

Cela signifie que votre communiqué de presse pourrait avoir la vie dure. Il est possible que vous soyez contactés immédiatement par un journaliste enthousiaste. Il est également envisageable que l’on cherche à vous joindre plus tard, peut-être même plusieurs semaines plus tard, une fois que l’actualité se calme et qu’il faut « boucher un trou » dans la publication.

Donc si on ne vous donne pas de retour tout de suite, ça n’est pas forcément fichu. Par contre, il est également très possible que vous n’ayez pas de réaction du tout. Si vous faites parvenir votre communiqué à une quinzaine de médias, estimez-vous heureux d’être contacté en retour par un ou deux d’entre eux. Et préparez-vous à ce que personne ne soit intéressé, malgré tout votre travail. C’est le genre de choses qui arrivent. En tous les cas, ne relancez pas les rédactions : si elles n’ont pas été intéressées la première fois, elles ne le seront pas la seconde, et risquent même de vous coller une étiquette de gêneur.

A qui l’adresser ?

Envoyez votre mail à un maximum de médias, ça ne coûte rien. Constituez-vous une liste d’adresses de contact des rédactions susceptibles d’être intéressées, au plan régional ou national, sans oublier la presse écrite, les radios, les télés, les magazines, les médias en ligne.

En général, on trouve les adresses mail sur les sites web des médias. Dans le cas d’une rédaction qui aurait une rubrique culturelle, envoyez une copie de votre courriel à cette adresse, en plus de l’adresse principale de la rédaction. Et si vous connaissez personnellement un rédacteur qui pourrait potentiellement, selon vous, manifester de l’intérêt pour votre roman, ajoutez-le lui aussi à la liste.