Critique: « Borne »

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Une ville après l’apocalypse. Une jeune femme, Rachel vit au jour le jour de la récupération de nourriture, d’outils et de biotechnologie. Un jour, elle tombe sur une sorte de plante étrange qu’elle décide d’appeler Borne. Peu à peu, Borne apprend à parler, à changer de forme, il développe des préférences, un cadre moral, avant de s’émanciper de ceux qui l’ont recueilli, Rachel et son compagnon Wick, un homme qui cache de lourds secrets.

Titre : Borne

Auteure : Jeff Vandermeer

Éditeur : 4th Estate (ebook)

Selon moi, Jeff Vandermeer est un des plus grands écrivains contemporains et la postérité sera très tendre avec lui. Alors que d’innombrables auteurs continuent à sévir dans les littératures de l’imaginaire en faisant comme si on n’avait jamais quitté les années soixante et leurs préoccupations, Vandermeer s’attaque à des thèmes contemporains : l’ère pré- et postapocalyptique, la contamination, les biotechnologies, les superorganismes, etc… Et il le fait avec un style accessible et distinctif qui lui permet d’amener le lecteur à s’intéresser à n’importe quel sujet.

Cela dit, j’étais resté sur ma faim avec ses deux précédents romans : Authority et Acceptance, aussi je me suis lancé dans la lecture de Borne avec frilosité.

Borne est un roman qui traite de ce que c’est d’avoir des enfants, de les aimer, de les protéger, de leur transmettre des valeurs, puis de les voir changer et s’éloigner de nous jusqu’à ce qu’ils deviennent des individus indépendants, au risque qu’au passage ils s’éloignent tant de nous qu’on ne les comprend plus. Cette trajectoire, de manière allégorique, c’est celle que traverse Rachel au fil de ce roman, et elle lui confère à la fois sa structure et ses principaux points d’orgues émotionnels. À travers Rachel, on s’attache à Borne, tout en partageant une partie de la circonspection de Wick.

Par bien des aspects, même si j’ignore si c’est le cas, Borne semble avoir été écrit en réaction aux précédents romans de Vandermeer : Authority avait un protagoniste tellement passif qu’il était impossible de rentrer dans l’histoire, quant à Acceptance, le cœur de l’intrigue était si bien caché entre les lignes du texte que le lecteur devait avoir la patience d’un bénédictin pour en tirer quelque chose.

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Borne, en comparaison, est un roman simple, limpide, ordinaire, avec un début, un milieu et une fin, des thèmes clairs et des enjeux compréhensibles. Bon, c’est un roman ordinaire dont un des personnages principaux est un ours volant grand comme un immeuble, mais disons que sur cette structure élémentaire, quelques excentricités peuvent s’épanouir…

Le roman met en scène un très petit nombre de personnages : il n’y en a guère que cinq qui ont une réelle importance dans l’intrigue, ce qui permet au lecteur de prendre le temps de nous les montrer sous toutes leurs facettes. Comme souvent, Vandermeer ne peut pas résister à glisser une part d’indicible dans son propos, certains aspects de l’histoire sont ambigus ou inexpliqués, mais contrairement à certains de ses écrits précédents, ce n’est jamais au détriment de la compréhension des tenants et des aboutissants du livre.

Le monde postapocalyptique qui sert de décor au roman reprend certains éléments classiques du genre, en particulier l’idée des individus qui luttent pour leur survie en récupérant les vestiges d’une civilisation détruite. Mais il sait se distinguer des clichés : la technologie que l’on y rencontre est presque toujours de la biotech, et certaines inventions (Mord, l’ours volant géant) sont tellement audacieuses que l’on a le souffle coupé que l’auteur parvienne à les rendre vraisemblables.

Pour résumer, Borne est une réussite sur presque tous les plans : c’est un roman qui sait être simple sans oublier d’être original, il est émouvant sans verser dans le pathos, et certaines des images qu’il fait naître dans l’esprit du lecteur continuent à y proliférer longtemps après la fin de la lecture.

Les métaphores

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Afin de poursuivre la discussion entamée autour du style dans un billet précédent, je vous propose cette semaine de nous intéresser de près à un des outils principaux qui permettent à l’auteur de faire entendre sa voix : la métaphore (pour des raisons de simplicité, ce que j’appelle ici « métaphores » va regrouper les métaphores proprement dites avec d’autres outils similaires tels que les comparaisons, les synecdoques et les métonymies).

« Le ciel était couleur télé calée sur un émetteur hors service » : voilà la première phrase du roman Neuromancien de William Gibson. C’est un bel exemple de métaphore, qui non seulement décrit un élément de décor mais donne un premier aperçu du ton du roman et de son univers de références.

Le mot « métaphore » vient du grec ancien « μεταφέρω », qui signifie « transporter » ou « transférer. » Cela signifie qu’une métaphore « transfère » du sens d’un concept à un autre en laissant entendre qu’ils sont semblables ou équivalents (Oui, cela signifie que le mot « métaphore » est lui-même une métaphore). En d’autres termes, ce que ça implique, c’est que la métaphore nous permet de prendre un terme et de le décrire à-travers toutes les implications et le champ lexical d’un terme complètement différent.

Ajoutez une métaphore bien trouvée et les mots se mettent à parler le langage de nos émotions

La métaphore est un ingrédient indispensable dans la grande soupe d’un roman : bien choisie, elle peut en relever la saveur et rendre inoubliable un passage qui serait sans cela resté banal. Vous vous en êtes sans doute déjà aperçus en relisant une description dans un de vos textes et en la trouvant terne, ordinaire, sans intérêt. Ajoutez-y une métaphore bien trouvée et les mots se mettent à parler le langage de nos émotions.

Ce n’est pas étonnant : l’être humain pense en métaphores. Notre cerveau est une machine à comparer les concepts les uns aux autres. Bien sûr que nous voyons des visages et des animaux se dessiner dans les nuages : à chaque instant, nous cherchons des ressemblances et des points communs entre l’univers dans lequel nous évoluons et la somme des expériences que nous avons accumulée. Les pieds de la chaise, la bretelle d’autoroute, les ailes de l’avion : nous sommes constamment en train de nommer des choses en les comparant avec d’autres choses. Lorsque l’écrivain utilise une métaphore ou une comparaison, il ne va donc pas simplement faire usage d’une figure de style, d’une astuce littéraire : il va s’adresser à ses semblables en utilisant le langage qu’ils comprennent le mieux.

Pour un auteur, il y a de nombreux moyens formels d’utiliser une métaphore ou une comparaison. Mettons que nous nous soyons mis en tête de tirer un parallèle entre un vieillard et une tortue. Ça n’est pas très sympathique, mais imaginons-le malgré tout. Il existe d’innombrables formulations qui vont nous permettre d’exprimer ce lien :

La manière dont ce vieillard se déplace me fait penser à une tortue.

Ce vieillard se déplace comme une tortue.

Ce vieillard est comme une tortue.

Tel une tortue, ce vieillard se déplace.

Ce vieillard est une tortue.

Cette tortue se déplaçait.

Cette tortue est un vieillard.

Ce vieillard est l’incarnation d’une tortue, l’image de la tortue, l’essence de la tortue.

Comme les chameaux marchent l’amble, ce vieillard marchait tortue.

De la manière dont ce vieillard se déplaçait, on lui aurait facilement imaginé une carapace sur la tête et une feuille de salade dans la bouche.

Le pas chélonien du vieillard.

Etc…

On le comprend bien, les métaphores peuvent servir à établir des liens entre toutes sortes de choses. À titre d’exemple, une métaphore peut relier une personne à une autre personne (« Arrête de faire ton Caliméro ! »), une personne à un animal ou à une plante (« Thérèse est un chêne »), un animal ou une plante à une personne (« Avec les années, ces vignes sont devenues mes sœurs »), une personne à une chose (« Je suis un roc »), une chose à une personne (« Londres est une Lady »), une personne à un concept (« Elle était l’incarnation de la confusion »), un concept à une personne (« La vieillesse est une amie perfide »), un concept à un animal ou à une plante (« Nos souvenirs étaient des squales mangeurs d’hommes »), etc…

Il faut qu’elles enrichissent le sens d’un texte sans le trahir

Qu’est-ce qui fait qu’une métaphore fonctionne ? Pour qu’elles apportent quelque chose à un texte ou à une description, il faut qu’elles en enrichissent le sens sans le trahir. Une bonne métaphore suggère un monde de connotations en quelques mots et peut élargir le sens du mot auquel elle se rapporte, tout en stimulant l’imaginaire du lecteur. Elle sera d’autant plus efficace si elle frappe l’imagination et présente des connections évidentes au sujet, mais y ajoute également des différences importantes (par exemple quand on compare un objet à une chose vivante), ainsi que des détails qui peuvent être tangibles et intangibles.

« C’est ainsi que nous avançons, barques à contre-courant, sans cesse ramenés vers le passé » : la dernière phrase de « Gatsby le magnifique » de Francis Scott Fitzgerald est une métaphore qui fonctionne parce qu’elle repose sur une image forte (la progression des barques contre le courant), qui fonctionne comme un parallèle direct avec le concept de base (le cheminement de notre mémoire et le mouvement des barques), en y ajoutant des connotations supplémentaires (la fragilité d’une barque chahutée par les courants).

Mais si certaines métaphores fonctionnent, il y en a d’autres qui s’enlisent ou qui explosent en vol.

Le premier piège est la métaphore qui ne frappe pas l’imaginaire, ou qui renvoie à un concept difficile à comprendre. Si j’écris une phrase comme « La justice est un léopard à rayures vertes et jaunes », c’est peut-être assez joli, mais on ne comprend pas où je veux en venir, ni ce que j’essaye d’exprimer au sujet de la justice. Mieux vaut trouver une image moins alambiquée (« la justice est un léopard en chasse ») qui n’emmènera pas le lecteur faire du hors-piste dans son imaginaire.

Ne faites pas comme les commentateurs sportifs

Attention également aux métaphores croisées. Parfois, on utilise une expression courante sans se rendre compte qu’il s’agit d’une métaphore, et on y ajoute une métaphore supplémentaire, pas forcément de même teneur, ce qui force l’imagination du lecteur à faire le grand écart. « Le monde du travail est une jungle où chacun essaye de parvenir le premier sur la ligne d’arrivée » compare le boulot à la fois à un milieu naturel et à une compétition sportive, ce qui fait beaucoup. En général, il n’y a la place que pour un seul univers de référence dans une phrase, donc si vous tenez absolument à rajouter une seconde métaphore, situez-la dans le contexte de la première : « Le monde du travail est une jungle où les animaux les plus féroces dévorent les plus inoffensifs. » Les commentateurs sportifs sont particulièrement adeptes de métaphores croisées et il n’est pas rare de les entendre lâcher des phrases telles que « Le stade est un champ de bataille où chaque artiste a du mal à garder le cap en attendant le coup de sifflet de l’homme en noir. » Ne faites pas comme eux.

Autre piège : le cliché. Gérard de Nerval a écrit que « Le premier qui compara la femme à une rose était un poète, le second un imbécile. » Lorsqu’une image a été trop entendue, trop utilisée, son parfum s’évente et sa force d’évocation disparaît. Écrire aujourd’hui qu’un personnage est « Rusé comme un renard » ou « Têtu comme une mule » ne frappe pas l’imagination, n’apporte rien au texte et risque même de faire décrocher le lecteur. Il n’y a rien à gagner à écrire « Il pleuvait des cordes. » Si vous ne trouvez pas une métaphore neuve et efficace, n’utilisez pas de métaphore.

Ces bêtes-là ont besoin d’espace pour vivre

Attention également à ne pas surcharger la phrase de métaphores. Ces bêtes-là ont besoin d’espace pour vivre. Elles prennent de la place dans l’imaginaire du lecteur et ne peuvent pas y déployer leurs effets si elles sont saucissonnées entre deux autres métaphores. Faites preuve de mesure, et évitez s’il vous plaît des phrases « Sapins de Noël » du genre : « Telle un fauve, la nuit cannibale tomba sur moi à la manière d’une pluie d’encre, alors qu’un sommeil meurtrier taillait mes songes endoloris en charpie. » Une métaphore maximum par phrase, c’est une assez bonne règle à observer, en général.

Et au fond, pourquoi pas zéro métaphore ? Ce n’est pas à recommander à tous les auteurs, mais pourquoi ne pas décider de renoncer totalement, l’espace d’un projet d’écriture tout du moins, à faire usage de cet outil ? Pourquoi ne pas opter pour un style purgé de toute image métaphorique, pour des phrases qui décrivent les choses et les gens tels qu’ils sont, sans aucune comparaison. Un tel pari minimaliste peut obliger un auteur à faire preuve de créativité et à se pencher sur son style avec un œil critique.

⏩ La semaine prochaine: les enjoliveurs de phrases

[Chronique Littéraire] Merveilles du Monde Hurlant – T1 : La Ville des Mystères, Julien Hirt

Une critique complète, agréable à lire et très bien charpentée de mon livre « La Ville des Mystères. »

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   Nouvelle [Chronique Littéraire] pour le Printemps de l’Imaginaire Francophone, cette fois-ci portant sur le premier tome de la série steampunk de Julien Hirt, La Ville des Mystères.

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Le style

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Qu’est-ce que le style ?

La question est centrale et pourtant insaisissable. Qu’est-ce que le style en littérature ? Le style, vous savez, c’est cette notion agaçante dont tout le monde a une notion intuitive mais que personne n’arrive à définir. Cette semaine et dans les prochains billets, je vous propose de l’explorer un peu.

Parce qu’en réalité, trouver une définition satisfaisante du style, ça n’est pas si compliqué que ça : c’est l’application pratique de celle-ci qui peut être délicate. En deux mots, le style d’un écrivain, c’est la somme des éléments qui rendent son écriture unique et la distinguent de toutes les autres. Et le même principe s’applique également au roman, qui peut avoir un style distinct des autres écrits de son auteur.

Le style, en d’autres termes, c’est la personnalité d’une œuvre.

Réfléchissez un instant à ce qui constitue la personnalité d’un individu : certaines personnes sont bavardes ou taciturnes, ambitieuses ou modestes, traditionnelles ou iconoclastes, sincères ou manipulatrices, directes ou insaisissables. Il existe d’innombrables critères qui se conjuguent pour forger l’impression que va laisser une personne sur autrui et en faire quelqu’un d’unique. Le style, en littérature, c’est la même chose : l’accumulation de tous les aspects d’une œuvre qui contribuent à lui donner une personnalité.

Le style va se loger partout dans une œuvre romanesque

Pour le dire autrement : si vous faites l’addition de toutes les décisions esthétiques qui contribuent à la rédaction d’un roman, cette somme constitue le style de l’ouvrage. Et si vous faites la moyenne de toutes les décisions esthétiques prises par un auteur au cours de sa carrière, le résultat, c’est son style.

Le style va se loger partout dans une œuvre romanesque. Chacun des éléments que j’ai décrit jusqu’ici dans une perspective structurelle existe également dans une perspective stylistique.

Prenons une œuvre au hasard, et considérons les milliers de choix qui la constituent : comment l’action est-elle découpée en chapitres ? Les paragraphes sont-ils longs ou courts ? Et les phrases ? Quel type de vocabulaire l’auteur utilise-t-il ? Joue-t-il avec la grammaire, la ponctuation, la syntaxe ? Toutes ces options peuvent obéir à des contraintes pratiques comme celles de la construction narrative, mais elles sont aussi des éléments constitutifs du style. Il peut s’agir, de la part de l’auteur, d’une volonté délibérée d’émouvoir ou d’influencer le lecteur, mais même les décisions inconscientes finissent par contribuer au style.

Il existe différents niveaux de vocabulaire

Le choix des mots est un des principaux éléments constitutifs du style, ou en tout cas un des plus visibles. Il existe différents niveaux de vocabulaire, et un auteur serait bien inspiré de prendre la décision de se situer dans l’un d’eux : son langage peut être sophistiqué, ampoulé, académique, direct, familier, relâché, ou toute autre option entre deux. Il peut même combiner plusieurs niveaux de langage, pour autant que cela ait du sens, en optant par exemple pour un langage familier dans les dialogues et un style lyrique dans les descriptions.

Au-delà du niveau de langage, le vocabulaire offre d’autres choix à un écrivain : certains ont un goût prononcé pour les archaïsmes, d’autres laissent volontiers des néologismes sortir de leur plume (parfois ils inventent eux-mêmes des mots, ou jouent avec leur orthographe). Certains évitent les répétitions comme la peste, d’autres les tolèrent ou les recherchent. Pour certains, la musicalité du langage, les allitérations, les associations de sons n’ont pas d’importance, d’autres ne jurent que par elles.

Le principe à garder à l’esprit, c’est que dans un texte narratif comme un roman, le vocabulaire peut vite constituer un obstacle entre l’auteur et le lecteur. Beaucoup de gens sont rebutés par un niveau de langage trop lâche, ou n’apprécient pas de devoir sortir leur dictionnaire toutes les deux pages pour comprendre ce qui se passe. Souvent, faire simple est la meilleure option, ou en tout cas celle qui édifie le moins grand nombre de barrières à la lecture.

La voix de l’auteur, c’est ce qui transparaît de sa personnalité dans son écriture

Le style va également se loger dans la manière dont les phrases sont composées : certains auteurs ne jurent que par les très longues phrases, proustiennes et interminables, alors que d’autres alignent les fragments de phrases courts et abrupts. Pour certains, il est impératif qu’une phrase comporte un sujet, un verbe et un complément, alors que d’autres entretiennent avec la grammaire une relation plus ludique. Ces possibilités, bien que moins visibles que le choix de vocabulaire, vont avoir un impact déterminant sur la manière dont un texte sera reçu par le lecteur.

Une notion plus difficile à cerner lorsque l’on parle de style littéraire, c’est celle de la voix. La voix de l’auteur, c’est ce qui transparaît de sa personnalité dans son écriture : le ton, la signature émotionnelle du texte qu’il produit. La voix d’un auteur peut être impersonnelle ou bavarde, charmante ou pince-sans-rire, affirmative ou réflective, objective ou passionnée, sérieuse ou drôle. Ainsi, on n’aura aucune peine à distinguer la voix grave et grandiloquente d’un Victor Hugo avec la voix mélancolique et sarcastique d’un Boris Vian, pour citer ces deux exemples.

Pour un auteur, développer sa propre voix est généralement un processus naturel. Bien sûr, le style va muter en fonction des projets : il ne sera pas le même si un auteur signe une comédie ou s’il s’attaque à un roman policier. Toutefois, à force d’écrire, des constantes finissent par émerger, des habitudes, bonnes ou mauvaises, qui trahissent la nature profonde d’un écrivain et qui transparaissent en filigrane dans ses œuvres : la voix, c’est ça.

Vous pouvez faciliter l’émergence de votre propre voix en vous donnant la liberté d’écrire les choses à votre manière. Vous ne parlez pas exactement comme les autres, pourquoi écririez-vous comme tout le monde ? Explorez vos limites, cherchez la manière de vous exprimer qui vous corresponde le mieux, et votre voix finira par émerger d’elle-même.

Le style est une rencontre

Si la voix d’un auteur finit par devenir son identité, sa marque de fabrique, cela ne l’empêche pas d’explorer une infinité de styles. À ce sujet, il est important de se remémorer deux principes fondamentaux.

Le premier, c’est que le style est une affaire de choix esthétique, plongée profondément dans la subjectivité. Quand on parle de style, il y a pas de choix « juste » ou « faux », même s’il peut y avoir des choix plus ou moins efficaces. Ce qui nous mène au second principe : le style est une rencontre. Il s’agit de trouver le bon style pour la bonne œuvre pour le bon public. Votre approche est adaptée à ce que vous voulez écrire, mais elle rebute vos lecteurs : c’est qu’il y a sans doute quelque chose à corriger. Votre manière d’écrire séduit vos lecteurs mais vous fait passer à côté de votre sujet : cela va vous placer face à un dilemme moral entre votre amour de la littérature et votre goût pour le succès, j’imagine, mais quoi qu’il en soit il ne s’agit pas d’une situation idéale, vous en conviendrez.

Marylin Stellini et les auteurs helvétiques

En Suisse, il y a plein d’auteur-e-s talentueuses qui écrivent de la fantasy, du polar, de la science-fiction, du fantastique, de la romance, du steampunk, de l’horreur, etc… Un site, une page Facebook, que dis-je, un mouvement, les rassemble désormais.

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Il y a peu, j’ai intégré un groupe passionnant : Auteurs helvétiques de littérature du genre.

En quelques clics, je suis tombée dans la solidarité, les projets, la promotion (collective et individuelle) et ce que l’on pourrait qualifier d’amitié virtuelle. C’est un réel plaisir de découvrir d’autres auteurs suisses qui souhaitent mettre en avant les genres littéraires : fantasy, fantastique, polar/noir, romance, SF et tous leurs sous-genres.

Ce rassemblement d’auteurs a débuté grâce à Marilyn Stellini. Je vous propose donc de faire sa connaissance et d’en apprendre plus sur elle est les Helvètes associés.

Marylin Stellini

Bonjour Marilyn, auteure amoureuse des mots, de l’art et des sentiments. Pourrais-tu nous parler un peu de toi ?
Petite, je dévorais les contes. J’adorais ça. Je les lisais et les relisais en boucle et je sautais de joie quand on m’offrait un recueil de Grimm ou Perrault. Adolescente, je passais presque tout mon argent de poche dans…

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