« Révolution dans le Monde Hurlant » – la FAQ

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Ci-dessus : les Soeurs Miasmatiques, trois des personnages de « Révolution du Monde Hurlant », mon nouveau roman de fantasy, qui vient de paraître. Il est possible de le commander ici.

Je n’oserais prétendre que ce qui suit constitue des « questions fréquemment posées » au sujet de mon nouveau livre, car elles ont tout juste été posées quelques fois. C’est donc d’une plus modeste « foire aux questions » dont il s’agit, qui pourra, je l’espère, éclairer votre lanterne au sujet de cette publication.

Quel type de roman est « Révolution dans le Monde Hurlant » ?

C’est un roman de fantasy, baroque et foisonnant, avec beaucoup d’aventure dedans, du merveilleux, une pointe de steampunk et un soupçon de romance. On y suit une jeune femme, Tim Keller, qui part dans un monde parallèle pour sauver son frère qui s’est fait enlever par des créatures mystérieuses. Au passage, elle va jouer un rôle dans une révolution, sinon, vraiment, il n’y aurait absolument aucune raison que ce livre s’intitule ainsi, on est bien d’accord.

Est-ce que « Révolution dans le Monde Hurlant » est une suite ?

Oui, c’est la suite de la duologie « Merveilles du Monde Hurlant », parue aux Editions Le Héron d’Argent sous les titres « La Ville des Mystères » et « La Mer des Secrets. » Dans le nouveau roman, on retrouve la même protagoniste, Tim Keller, quelques années plus tard, ainsi que d’autres personnages. « Révolution », cependant, constitue un roman indépendant qui peut être lu par les personnes qui ne savent rien des premiers volumes.

Je n’ai pas lu « Merveilles du Monde Hurlant », puis-je commencer par celui-ci ?

Oui, tout est fait pour qu’il soit possible d’entamer la lecture par ce roman. Aucune explication supplémentaire n’est nécessaire. C’est à comparer avec « Star Wars », où il est possible de commencer par l’Episode IV sans avoir vu les trois précédents, et sans se sentir largué.

Pourquoi parait-il en un seul volume ?

Le livre est bien divisé en deux parties distinctes, « Le Désert des Rêves » et « Les Plaines du Cauchemar », et il est vrai que j’ai brièvement envisagé de le publier en deux volumes, mais il s’agit d’un seul roman et il m’a semblé plus cohérent et plus loyal envers les lecteurs de tout sortir en une fois. En plus, j’aime bien avoir mon nom sur un gros bouquin.

Pourquoi est-ce que « Révolution dans le Monde Hurlant » est paru en autoédition ?

Il y a plusieurs raisons. L’éditeur de « Merveilles du Monde Hurlant », le Héron d’Argent, ne souhaitait pas s’engager sur une série au long cours, ce que je comprends très bien. De mon côté, je préférais consacrer moins de temps à la promotion et aux participations à des salons à l’étranger. Ce sont des moments extraordinaires et je suis très heureux d’avoir eu l’opportunité de les vivre, mais ils sont coûteux et m’éloignent de ma famille, donc sur ce coup j’aime autant me la jouer plus locale.

Qui a réalisé la couverture ?

C’est moi. Franchement, c’était moins cher que de faire appel à une illustratrice ou à un illustrateur.

Es-tu disponible pour de la promotion ?

Avec plaisir ! Je compte faire quelques apparitions dans des salons en Suisse ,dès qu’il y aura des salons en Suisse. En-dehors de ça, je suis ouvert à répondre à des interviews, sous toutes les formes. Et les blogueurs qui ont l’intention de publier une chronique du livre peuvent s’adresser à moi pour obtenir le manuscrit en format epub.

Puis-je lire un extrait gratuitement ?

Oui, les trois premiers chapitres du livre peuvent être lus ici. Et vous trouverez ici une nouvelle dont l’action est située avant le roman, et qui s’attache à un de ses personnages.

Y aura-t-il une suite à ce roman ?

C’est en tout cas mon intention. « La Chute du Monde Hurlant » racontera une troisième et ultime aventure de Tim Keller, quelques années plus tard. L’intrigue, les thèmes et les personnages sont en place, mais je suis loin d’en arriver à construire le plan, et encore plus éloigné de la rédaction du roman. Tout ce qui existe, pour le moment, c’est plein de notes, et cette image. J’ai deux autres projets qui devraient passer avant, une uchronie et un roman de fantasy jeunesse, et en plus, pour le moment, je fais une pause dans l’écriture, donc ça n’est pas pour tout de suite.

C’est quoi, un « porc-sifflard » ?

Vous n’en saurez rien !

A vous ! Si vous avez des questions, j’y réponds ci-dessous !

Retour de bêta-lecture (1)

blog mh

Les choses avancent, les choses progressent…

Ici-même, sur ce blog, j’avais au début du mois de mars publié un appel afin de trouver des bêta-lectrices et des bêta-lecteurs pour mon nouveau roman, dont je venais d’achever une version quasi-finale. Mon ambition était de trouver trois personnes prêtes à lire mon manuscrit, avec si possible au moins un bêta-lecteur qui avait lu mes livres précédents, les deux tomes de « Merveilles du Monde Hurlant. » Il est temps de vous tenir au courant des résultats obtenus par cette démarche.

Notez que je considère que les retours des bêta-lecteurs sont de nature, peut-être pas confidentielle, mais en tout cas personnelle, et en tout cas pas destinés à être partagés avec le plus grand nombre. La liberté de ton indispensable à l’exercice s’accommode mal d’une publication tapageuse de « qui-a-dit-quoi-à-quel-sujet. » Vous trouverez donc ci-dessous quelques exemples des retours que j’ai reçus, mais ils ne seront pas attribués à leurs auteurs, et résumés dans les grandes lignes.

Pour commencer, je ne m’attendais pas au succès de ma requête. Largement relayée en ligne par des amis, elle a connu un succès foudroyant, et j’ai reçu plus d’une vingtaine de propositions spontanées. J’aimerais ici exprimer ma plus profonde reconnaissance à toutes les personnes désireuses de m’aider, et en particulier à celles et ceux qui ont pris le temps de lire mon texte et de m’envoyer leurs retours.

Au final, j’ai sélectionné huit personnes pour cette bêta-lecture, fixant un délai à la fin du mois de mai. L’une d’entre elles n’a rapidement plus donné signe de vie, et deux d’entre elles ne m’ont pas rendu leurs notes à la fin août, moment où j’ai décidé d’entamer malgré tout l’ultime relecture de mon roman, en intégrant les remarques reçues.

J’ai clairement eu la main lourde

Il faut dire que mon approche de la bêta-lecture avait quelque chose de décourageant. Déjà, mon roman est un gros pavé, avec de nombreux personnages et plusieurs intrigues parallèles. Mais en plus, j’ai opté pour l’approche de la bêta-lecture décrite par Stéphane Arnier. Je vous encourage à lire ce qu’il a écrit à ce sujet, mais en résumé, il s’agit de considérer cette phase, non pas comme une validation éditoriale, non pas comme une suite de « j’aime/j’aime pas » arbitraires, mais comme une manière de tester le roman, de s’assurer qu’il fonctionne et que les points principaux de l’intrigue sont compréhensibles.

Là où j’ai clairement eu la main lourde, c’est que j’ai distribué à mes pauvres bêta-lectrices et lecteurs un questionnaire-coup de massue comportant plus de 200 points. C’était, à l’usage, une mauvaise idée : cela a probablement contribué à décourager deux d’entre eux, et m’a forcé à manipuler une masse de données proprement hallucinante.

Cela dit, je n’ai pas de regrets, et si je devais le refaire, je ne sais pas trop comment je m’y prendrais. Parce que le fait de poser des questions de vérification sur des points majeurs comme sur des points mineurs du manuscrit m’a permis de déceler des incompréhensions là où je ne les attendais pas.

Pour citer quelques exemples, j’ai découvert qu’il n’y avait pas deux lecteurs qui visualisaient de la même manière les Lithiques, une espèce de petits êtres en pierre qui peuplent mon univers de fiction. En prendre conscience m’a permis d’ajuster les descriptions.

Au début du roman, une scène d’action située dans un appartement a également suscité une certaine confusion de la part de mes bêta-lecteurs. Il faut dire que j’y décrivais trois portes distinctes : celle de l’entrée, une deuxième entre deux appartements communicants, et la porte de la chambre de mon héroïne. Pour rendre tout cela moins confus, j’ai rayé du texte toute mention de la troisième porte, et j’ai repeint la deuxième, qui est devenue « la petite porte rouge. » Le chapitre est bien plus clair désormais.

Il faut avouer que ça détend

À l’inverse, pour terminer sur les résultats du questionnaire, des passages qui me semblaient confus, trop complexes, peu clairs, ont été compris par tous mes bêta-lecteurs sans aucune gêne. Il faut avouer que ça détend.

Et puis il y a eu quelques cas de conscience : dans un ou deux cas, des bêta-lecteurs n’ont pas compris certains détails de l’intrigue. Par exemple, la première moitié du livre raconte un voyage du Nord au Sud, et une lectrice pensait que c’était l’inverse. Passant en revue les passages en question, j’ai jugé que le cap avait été indiqué suffisamment souvent pour que les choses soient claires, et que finalement, un lecteur qui n’aurait pas saisi ça n’aurait rien manqué de vital. Peut-être que je me trompe, mais c’est aussi le genre de question que l’on doit trancher dans cette phase de bêta-lecture.

En tant qu’auteur, je ne crois pas que chaque détail d’une histoire doive être explicité, y compris les plus triviaux. Cela peut produire selon moi un résultat lourd et archaïque. Aussi, par exemple, lorsqu’une bêta-lectrice s’est demandée d’où un personnage tirait un drapeau qu’il brandissait soudain, alors qu’il venait de passer quelques jours en ville, j’ai jugé que celles et ceux qui se poseraient la question parviendraient sans difficultés à formuler une hypothèse convaincante. Certains préféreraient à coup sûr bénéficier de davantage de détails, mais c’est un choix que j’assume.

Et puis il y a eu un petit fossé culturel, assorti d’un mauvais jugement de ma part. Dans mon univers de fiction, il existe un empire des humains, le Reik, qui est une mosaïque d’États plus ou moins indépendants, avec à leur tête un Empereur élu par les souverains des nations qui constituent l’ensemble. « Un peu comme le Saint-Empire Romain Germanique », me suis-je toujours dit, moi qui suis Suisse. Je n’avais pas imaginé que ce type d’organisation paraîtrait exotique et déconcertant à des lecteurs français, naturellement plus accoutumés à l’histoire des Rois de France. La bêta-lecture m’a permis d’en prendre conscience et de rajouter quelques lignes d’explications par-ci, par-là.

Résultat amusant : ce livre est la suite de ma duologie « Merveilles du Monde Hurlant », mais il est conçu pour pouvoir être lu indépendamment. Les bêta-lecteurs qui avaient lu le premier ont douté que cela soit possible, alors que ceux qui ne l’avaient pas lu n’y ont pas vu de problème.

Dans la seconde partie de ce billet consacré à la bêta-lecture de mon roman, j’aborderai les autres types de retours obtenus lors de cette phase.

On fait le bilan – 2019

blog bilan

Au tournant de l’année, c’est l’heure de prendre de bonnes résolutions qui ne seront pas tenues, et c’est aussi le moment où un blogueur-auteur laisse vagabonder son regard vers les douze derniers mois, afin d’en tirer quelques enseignements.

Du point de vue littéraire, il faut bien admettre que 2019 aura été une petite cuvée en ce qui me concerne. En 2018, ici même, nous fêtions la sortie de mon livre « La Mer des Secrets » aux Éditions Le Héron d’Argent, qui clôt, probablement, mes aventures au sein du monde de l’édition officielle. En 2019, rien de semblable : je n’ai ni sorti, ni achevé le moindre texte. Le roman dont j’annonçais il y a une année encore la conclusion imminente s’est avéré plus ardu que prévu à boucler. J’ai bon espoir qu’il voie le jour sous une forme ou sous une autre au cours de cette année, malgré tout. Dès que j’y vois plus clair, je vous tiendrai informés (ne serait-ce que pour partir à la chasse aux bêta-lecteurs).

Mais surtout, les réalités de la vie quotidienne auront davantage qu’autrefois freiné mes ambitions d’écriture. Être le papa de trois petits garçons est une joie de tous les instants, mais cela laisse relativement peu de temps pour des préoccupations secondaires, et puis en parallèle ma charge de travail s’est alourdie, me laissant au final assez peu de marge pour me consacrer à mes écrits ainsi qu’à ce blog. Vous remarquerez d’ailleurs que je ne poste plus beaucoup de critiques de livres : c’est parce que je ne prends plus le temps de lire. Et puis je me montre moins présent ici, à répondre à vos commentaires ou à intervenir sur vos publications, et je vous prie de m’en excuser. Il faut faire des choix, voilà tout.

Lors de cette année, j’aurai malgré tout pris le temps d’ouvrir les colonnes de ce blog à quelques uns de mes collègues autrices et auteurs du Gahelig, le groupement suisse des écrivains de littérature de genre, qui a connu une année mouvementée. J’ai également poursuivi ma série d’articles « Éléments de décor », dont la raison d’être est d’alimenter l’inspiration des auteurs en matière de worldbuilding. Elle a été émaillée de plusieurs enchaînements d’articles qui ont été appréciés, notamment sur la jeunesse et sur la guerre.

J’ai également fêté mon centième billet de blog, un jalon symbolique qui n’a pas beaucoup de valeur en soi, mais qui me donne malgré tout l’impression d’avoir accompli quelque chose. En ce qui concerne les nouvelles internes à ce blog, j’ai créé un article qui rassemble tous les billets parus à ce jour et qui permet de s’y retrouver. Je suis également passé à un statut payant qui libère Le Fictiologue de la publicité, et offre ainsi davantage de confort aux lecteurs.

2019 a également été l’occasion de publier une série d’articles qui ont suscité une certaine controverse (traduisez : trois ou quatre types sur Twitter n’étaient pas d’accord avec moi). Regroupés sous l’appellation « Les bases », il s’agissait de billets moins informatifs que d’habitude, offrant à la place ma vision du rôle de l’écrivain, doucement opposée à celle qui juge que celui-ci n’a pas de rôle, pas de contraintes, pas de techniques à connaître. Ainsi, j’ai suggéré effrontément à mes pairs en écriture d’apprendre qui ils sont, d’apprendre à lire, à écrire, à accepter la critique et à travailler. Je ne suis pas meilleur que les autres et j’estime qu’il est toujours possible de s’améliorer. Enfin, persistant à me mêler de ce qui ne me regarde pas, j’ai proposé un pacte de qualité pour l’autoédition qui aura, et tant mieux, engendré un débat fructueux.

Enfin, en parlant d’autoédition, j’ai posté sur mon blog une nouvelle « C’était la vallée de l’ombre qui dévore », en plusieurs parties. Dans ce qui a été une expérience féconde, à travers les critiques de Stéphane Arnier, nous avons pu collectivement apprendre de ce qui ne fonctionnait pas dans le texte.

En 2019, vous avez été plus de 33’000 à accéder à mon blog, pour quelques instants ou pour de longues heures. Un grand merci de m’avoir fait cet honneur. Comme toujours, je reste ouvert à vos retours, questions, commentaires et suggestions. Une belle et fructueuse année à toutes et à tous.

Le pacte de qualité de l’autoédition

blog pacte

Les romans autoédités ne sont pas de plus mauvaise qualité que ceux qui sont issus des maisons d’édition. Certains d’entre eux sont même meilleurs, écrits avec davantage de soin, relus avec plus d’attention, fignolés dans le moindre détail, alors qu’il arrive que des ouvrages issus des canaux plus officiels soient assemblés à la hâte, sans trop se préoccuper de la qualité du produit fini.

Cela étant dit, l’autoédition traîne une réputation souvent peu élogieuse. Une grande partie du lectorat ignore tout de son existence. Et parmi ceux qui en ont entendu parler, certains refusent de s’approcher d’un roman qui n’aurait pas reçu l’estampille d’une maison d’édition, craignant que ceux-ci soient bâclés, des premiers jets vite pondus, à l’orthographe et à la grammaire approximatifs, au texte jamais relu, à la mise en page repoussante, bref, des livres réalisés sans aucun regard extérieur ni contrôle qualité, quel qu’il soit.

Ce point de vue ne correspond sans doute pas à la réalité, mais il existe, et le monde de l’autoédition aurait selon moi tout à gagner à en tenir compte s’il souhaite continuer à s’étendre. En deux mots : ne pouvant pas compter sur la béquille du contrôle éditorial, la production autopubliée doit asseoir sa légitimité sur d’autres bases. Naturellement, produire un travail de qualité est et restera le meilleur argument qu’un écrivain pourra faire valoir, et le seul qui compte pour une partie de ses lecteurs.

Néanmoins, étant donné l’offre pléthorique de livres, tout ce qui peut aider un auteur à ressortir du lot est à encourager. Lorsque les piles à lire des amateurs de bouquins culminent déjà à des hauteurs dangereuses, alors qu’ils se contentent de puiser dans la production des maisons d’édition, qu’est-ce qui pourrait pousser ces lecteurs à s’aventurer dans la jungle de l’autoédition, s’ils craignent d’avoir une mauvaise expérience ? À l’heure actuelle, ils n’ont pas de point d’entrée, rien qui leur indique qu’un livre qui n’est pas passé par les circuits traditionnels vaut le détour, qu’il a été réalisé avec le même soin et le même souci du détail que s’il était issu des plus grandes maisons.

Le constat que je dresse ici n’est pas nouveau. Depuis des années, le petit monde de la littérature autoéditée planche sur la question, l’envisageant sous tous ses angles. L’idée de créer un label de qualité qui pourrait servir de garantie au lectorat a été envisagée, étudiée, longuement débattue, avant que chaque tentative de construire quelque chose ne sombre dans des querelles sur des points de détail. On ne va pas les blâmer parce qu’en réalité, c’est leur plus grande qualité : les autrices et les auteurs auto-édité-e-s sont farouchement indépendants, ils ont du mal à se plier à ce qu’ils considèrent comme une contrainte extérieure, à plus forte raison s’ils ne sont pas d’accord à 100% avec ce qu’on leur propose. Qui plus est, à quoi bon mettre en place une autorité extérieure qui garantit la qualité d’un ouvrage ? N’est-ce pas réinventer les maisons d’édition ? Personne n’a besoin de ça.

Partant du principe qu’il existe chez les lecteurs un besoin de points de repère face à l’offre pléthorique qui déferle sur le marché, mais que toute contrainte est mal vécue par les auteurs qui sont les principaux intéressés, je propose donc un pacte de qualité pour l’auto-édition.

Il ne s’agit pas d’un label, il ne s’agit pas d’un cahier des charges, personne ne force qui que ce soit à faire quoi que ce soit, lecteurs et écrivains conservent leur entière liberté. Il s’agit d’un acte volontaire, librement consenti et public, de la part d’un auteur auto-édité, de s’engager à produire un livre répondant à des normes minimales de qualité formelle.

En deux mots, il s’agit d’un engagement sur l’honneur à fournir un produit qui correspond à des standards proches de ceux des maisons d’édition, ceux dont les lecteurs ont l’habitude. Le simple fait d’adhérer à ce pacte témoigne d’une volonté de bien faire, d’un aveu que l’édition correspond à une somme de métiers ou d’interventions (relecture, correction, mise en page, illustration, contrôle éditorial, etc…). Si l’auteur qui s’engage possède certaines des compétences requises pour faire le travail lui-même, tant mieux, sinon, il fait appel à des tiers.

Cette exigence, de nombreux auto-édités s’y plient déjà, naturellement. Mais le lecteur n’en est pas toujours informé. Je suggère de rendre cette démarche explicite.

Le pacte qualité des auteurs auto-édités est un engagement qu’un écrivain prend à titre personnel, vis-à-vis de ses lecteurs. Il prend la forme qu’il souhaite, épouse les limites qu’il veut, et est communiqué de la manière dont il a envie. Pour débroussailler le terrain et faciliter les démarches de celles et ceux qui souhaiteraient s’engager dans cette voie, je vous suggère ici une manière de faire, conçue pour être évolutive et paramétrable. À chacune et chacun de voir s’il souhaite la reprendre telle quelle ou la modifier.

Dans la conception du pacte telle que je la propose, l’engagement est imprimé sur le quatrième de couverture, en bas de page, en faisant figurer la phrase suivante : « L’autrice/auteur garantit que ce livre auto-édité a été : »

À la suite de cette phrase, il inclut l’un ou l’autre des quatre pictogrammes suivants, en fonction de sa situation et des limites qu’il souhaite donner à son engagement. Chacun de ces symboles représente une promesse différente. Ensemble, elles assurent une qualité formelle minimale à un ouvrage.

Relu

signalétique relu copie

Le roman a été intégralement relu plusieurs fois par le romancier lui-même, dans l’optique d’en assurer la qualité formelle, traquant les erreurs de grammaire, d’orthographe et de typographie, mais également les répétitions et autres erreurs stylistiques, ainsi que les faiblesses de construction narrative et structurelle. Le pictogramme « Relu » symbolise à lui seul une exigence de qualité de faible niveau, mais assure au lecteur qu’il n’a pas affaire au premier jet d’un texte envoyé à la hâte à la publication.

Corrigé

signalétique corrigé copie

Ce symbole assure que le roman a été entièrement relu et corrigé par une tierce personne, éventuellement par un correcteur professionnel, ou grâce à l’assistance d’une application d’analyse textuel, afin de l’expurger des erreurs en tous genres, telles que celles qui sont mentionnées dans le paragraphe précédent. Pour autant que l’auteur le sache, un texte « Corrigé » est un texte sans fautes.

Mis en page

signalétique mis en page copie

Un document marqué par ce symbole a été mis en page avec soin. L’auteur a fait appel à un maquettiste professionnel, ou, à défaut, a pris sur lui d’observer avec soin les standards les plus exigeants de typographie, de choix de polices, de traitements des images, de formatage des paragraphes, de titrages et autres considérations techniques, afin de garantir une lecture fluide et agréable au lecteur.

Validé

signalétique éditorial copie

Dernière catégorie du pacte, l’estampille « Validé » témoigne que le texte a bénéficié d’un contrôle éditorial par une tierce personne : un éditeur, coach en écriture ou écrivain qui s’est penché sur le texte avec un regard critique, qui a attiré l’attention de l’auteur sur les faiblesses dans le fond et dans la forme, et qui a exploré avec lui les moyens de les surmonter, jusqu’à parvenir à un résultat satisfaisant pour tous les deux. Un roman « Validé » est produit avec la même exigence qu’un texte ayant bénéficié du contrôle éditorial d’une maison d’édition.

Les définitions de ces quatre catégories sont laissées vagues et c’est volontaire. Qu’est-ce qu’une mise en page « agréable », par exemple ? La plupart des romans sont publiés avec des paragraphes justifiés, et il s’agit d’un standard largement reconnu, mais un auteur qui ne souhaite pas s’y plier pourra choisir d’inclure le symbole « Mis en page » malgré tout, s’il juge que le résultat est tout de même esthétiquement cohérent et plaisant.

Au fond, l’avis de l’auteur compte peu : cet engagement est pris vis-à-vis du lecteur et c’est lui qui, en fin de compte, décidera si celui-ci est crédible ou non. Un texte bâclé et truffé d’erreurs dont l’auteur aurait l’audace d’inclure une signalétique comme celle-ci serait ridiculisé par ses lecteurs et risquerait de s’attirer une mauvaise réputation. En réalité, il n’y a rien à gagner à affirmer que l’on se plie à des exigences formelles si ce n’est pas le cas. Les faussaires se font vite débusquer.

Le pacte qualité des auteurs auto-édités est un instrument de marketing destiné à présenter un roman sous un jour plus séduisant, c’est le témoignage d’un souci de bien faire, c’est un instrument destiné à rapprocher les auteurs des lecteurs. C’est surtout une idée faite pour être utilisée dans le monde réel, modifiée, améliorée, débattue. Chacun peut se l’approprier et en offrir une variante personnelle. Au final, le double objectif poursuivi est la satisfaction des lecteurs et la fin des stéréotypes sur l’auto-édition.

Plus encore que d’habitude, je vous encourage donc à débattre de cet article ici, de le partager autour de vous et de poursuivre la discussion sur les réseaux et dans le monde réel, dans l’intérêt des lecteurs comme dans celui des auteurs.

La Mer des Secrets: la suite

briselame crayon

Avec la parution de « La Mer des Secrets », dont j’ai eu l’occasion de parler sur ce blog ces dernières semaines, l’histoire de « Merveilles du Monde Hurlant » arrive à son terme. Comme nous avons eu l’occasion de l’évoquer ici, la parution du roman était planifiée en deux volumes, pas plus. D’ailleurs, lors des salons, au fil des mois, j’ai eu l’occasion de convaincre pas mal de lecteurs de tenter la lecture de mon histoire en les assurant qu’il ne s’agissait pas d’une interminable saga, et qu’à la fin du second tome, l’histoire de Tim Keller arriverait à son terme.

Et je n’ai pas menti : oui, « Merveilles du Monde Hurlant », ce roman en deux volumes que j’ai écrit sous le titre « Mangesonge », s’achève bien avec le dernier chapitre de « La Mer des Secrets. » L’histoire y trouve une conclusion satisfaisante, qui pourrait très bien être définitive, et il n’y a pas vraiment de mystères irrésolus ou d’intrigues secondaires qui appellent à une suite. Si on souhaite s’arrêter là, on peut très bien le faire.

Mais pas moi. Dès le départ, « Mangesonge » était conçu comme le premier roman d’une trilogie. On y faisait connaissance avec Tim Keller à l’âge de seize ans, avant de la retrouver à vingt ans dans « Briselâme » et de prendre congé d’elle à vingt-quatre ans dans « Crèvecorps. » Cette série, je l’avais baptisée « Merveilles du Monde Hurlant. » Un titre qui a désormais été appliqué au premier acte uniquement.

À présent, toute cette nomenclature est abandonnée, mais pas mes projets initiaux. D’ailleurs, le deuxième volume de la série est presque complètement écrit. Il s’appellera très vraisemblablement « ??? du Monde Hurlant » ou quelque chose comme ça et paraîtra en un seul volume (mais un volume malgré tout divisé en deux parties, « Le Désert de l’Étrange » et « Les Plaines du Cauchemar. »)

Malgré le succès de « Merveilles du Monde Hurlant », les Éditions du Héron d’Argent ne souhaitent pas s’empêtrer dans la parution d’une série au long cours, ce que je comprends très bien. Quant à moi, j’ai beaucoup de plaisir à rencontrer mes lecteurs, mais les salons m’éloignent de ma famille et me coûtent de l’argent – je ne compte pas faire ça jusqu’à la fin de mes jours. Le prochain roman paraîtra donc probablement en ligne, de manière confidentielle, et si j’ai quelques dizaines de lecteurs plutôt que quelques milliers, ça me convient.

Cela dit, mon but est de faciliter la vie des lecteurs. Cette suite constituera une lecture complètement indépendante : il ne sera pas nécessaire d’avoir lu les romans originaux pour comprendre ce qui s’y passe. Idéalement, on devrait pouvoir lire les trois romans dans n’importe quel ordre. On peut comparer ça aux trilogies Star Wars, qui peuvent être vues dans le désordre sans que l’on tombe sur des éléments incompréhensibles. Idéalement, les lecteurs de « Merveilles du Monde Hurlant » devraient trouver des éléments familiers dans la suite, et apprécier l’évolution des personnages. Quant à ceux qui ne connaissent pas les livres parus au Héron d’Argent, ils pourront entamer leur lecture par le nouveau roman sans que ça les gêne.

Tout cela est de la musique d’avenir : l’actualité, c’est la parution de « La Mer des Secrets .» Sa suite est bien avancée, mais elle va nécessiter énormément de réglages fins, et sa parution ne presse absolument pas. Quant au troisième et dernier tome, il existe sous formes de notes, quelque part dans mon ordinateur.