Le piège de l’école

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Dans les articles précédents de la série des « pièges », j’ai examiné dans quelle mesure s’inspirer du fonctionnement narratif de différents médias – télévision, jeux de rôle, cinéma, jeux vidéo – risque de donner de mauvais résultats dans un contexte littéraire. Mais ces inspirations transmedia ne sont pas les seules qui sont susceptible de guider la plume des romanciers. Parmi tout ce qui laisse une marque sur notre sensibilité créative, l’école occupe probablement le premier rang.

C’est à l’école qu’on est, qu’on le veuille ou non, le plus massivement exposé à la littérature. Au cours d’un cursus scolaire ordinaire, un écolier ou un étudiant va lire plusieurs livres, d’auteurs différents, et va pouvoir se forger un petit aperçu de ce que la littérature a à offrir.

Tout cela est très positif. Cela signifie par exemple que les auteurs en herbe qui lisent peu, ou uniquement dans le contexte étroit de leur style de prédilection, auront au moins une fois dans leur vie été exposés à autre chose. Cela peut avoir des conséquences très concrètes. D’autant plus que les classiques sélectionnés pour être présentés en classe ont rarement traversé les époques par hasard. Ce sont des livres de qualité, propres à inspirer n’importe quel auteur contemporain, au moins un petit peu.

Les classiques créent une pesanteur stylistique qui se répercute sur la littérature d’aujourd’hui

Cela dit, malgré la qualité de ces livres montrés en exemple, ils représentent rarement la littérature contemporaine. Il n’est pas exclu qu’un jeune sorti de l’école ait les idées assez claires sur ce à quoi ressemblait les romans au 19e siècle ou dans la première moitié du 20e siècle, mais n’ait pas vraiment de perception de ce qui s’écrit aujourd’hui. En étant trop influencé par ce qu’on a vu défiler à l’école, on risque d’avoir une curieuse image de l’évolution des lettres, un peu comme celle d’un individu qui aurait survolé l’histoire de la musique mais ignorerait tout après l’invention du ragtime.

Il ne s’agit pas tellement de regretter que les auteurs vivants ne soient pas mieux représentés, mais à force de privilégier les classiques, cela crée une pesanteur stylistique qui se répercute sur la littérature d’aujourd’hui. Dans le milieu de la fantasy, par exemple, la plupart des auteurs écrivent – souvent très bien, ça n’est pas la question – comme s’ils rédigeaient des romans naturalistes du 19e siècle, avec toutes les habitudes narratives de l’époque. Pour s’extraire un peu la tête de tout ça, il peut être utile d’aller s’intéresser un peu aux grands stylistes de notre époque, afin de se rendre compte qu’on n’est pas du tout obligé de raconter des histoires comme Émile Zola.

Personne ne pense à expliquer aux chères têtes blondes comment les histoires sont racontées

Qui plus est, l’approche de l’enseignement de la littérature à l’école est principalement historique, thématique et occasionnellement stylistique. On ne fait pratiquement pas de narratologie, personne ne pense à expliquer aux chères têtes blondes comment les histoires sont racontées. Dans le pire des cas, cela peut mener, chez les jeunes auteurs, à un désintérêt pour ces questions, qui risque de leur faire prendre du retard dans leur cheminement d’écrivain.

Mais l’école ne fait pas que donner un aperçu de la littérature. Elle enseigne également des bases d’écriture. Sauf que là non plus, celles-ci ne sont pas destinées à former la prochaine génération d’écrivain, mais plutôt à éviter d’entretenir avec la langue un rapport trop paresseux. Attention, c’est important d’en prendre conscience : les règles d’écriture transmises à l’école n’ont aucun intérêt pour un romancier, elles doivent être laissées de côté.

Exemple : les enseignants ont pour mission d’expliquer à leurs élèves qu’une phrase sans verbe, ça n’existe pas. Impensable d’aller coller un point si on n’est pas passé d’abord par la case « verbe ». Et ils ont bien raison de le faire : leur mission est d’expliquer la structure de la phrase, et le rôle qu’y joue chaque élément. Mais ce principe, crucial sur un plan scolaire, ne constitue absolument pas une règle qui a la moindre valeur littéraire. Oui, il est parfaitement possible d’écrire une phrase sans verbe dans un roman. Ou sans sujet.

L’école distille une fausse idée de la langue

Et pourquoi, je vous le demande, les professeurs insistent pour faire disparaître toutes les répétitions dans les phrases qu’écrivent leurs élèves ? Pour les pousser à trouver des synonymes, et ainsi, à s’interroger sur ce qu’ils sont en train de dire, et sur les connotations du vocabulaire dont ils font usage. C’est très bien, mais laissez-donc ce principe à la porte d’entrée de la littérature. Les répétitions y ont tout à fait leur place, pas comme oreiller de paresse, mais par exemple dans des figures de style comme les anaphores ou les antanaclases.

De manière générale, le fait d’avoir été sensibilisé à la littérature à travers l’école distille une fausse idée de la langue, qui risque de se perpétuer dans le style des futurs écrivains. Comme le français est une matière scolaire, transmise par un enseignant, donc littéralement venue d’en haut, on peut avoir tendance à pense que la langue est quelque chose d’immuable, qui nous est transmis par les générations précédentes, à travers des institutions qui font autorité, comme l’Éducation nationale ou l’Académie française.

Ce n’est pas le cas. Le français, comme n’importe quel autre langage, est un construit collectif en mouvement perpétuel. Il appartient aux écrivains, aux poètes, aux rédacteurs, et à tous les locuteurs de la langue. Ce sont eux qui la modèlent, eux qui la peuplent de nouveaux mots, eux qui la font évoluer.

L’idée qu’il existe un standard qui définit, au-delà des règles de la grammaire et de l’orthographe, ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas, est une illusion. Si vous avez besoin d’un mot, inventez-le. Si vous sentez qu’il vous faut tordre une règle pour parvenir à l’effet que vous avez en tête, allez-y. La langue s’en remettra. Voir le français comme un standard auquel il faut adhérer, plutôt que comme la matière première d’une créativité illimitée, permet sans doute de distribuer bonnes et mauvaises notes aux élèves, mais du point de vue de la littérature, c’est regrettable.

29 réflexions sur “Le piège de l’école

  1. Outre que (comme d’habitude) cet article est excellent, je trouve vraiment dommageable qu’on n’enseigne pas de narratologie, de bases sur la façon de raconter des histoires. C’est embêtant pour les futurs auteurs évidemment, mais aussi pour le citoyen ordinaire qui gagnerait à mieux percevoir des mécanismes omniprésents dans la vie de tous les jours (dans les médias, la politique, la religion, la publicité, etc.) C’est d’utilité publique.

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    • C’est exact et en plus ça ne serait pas très difficile à faire. Je pense qu’on peut poser les bases assez facilement en quelques heures, pas besoin d’y consacrer un enseignement spécifique tout au long de l’année. Cela dit, ici en tout cas, les cours de sensibilisation aux médias et à la communication sont assez répandus dans les lycées.

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  2. Bon, je me dévoue, je vais essayer de polémiquer, en trois points.
    – Si l’école avait appris aux auteurs d’aujourd’hui à éviter « d’entretenir avec la langue un rapport trop paresseux », hé bien j’en serai le premier ravi. Je viens de laisser tomber le lauréat du prix 2018 de l’imaginaire : c’est très imaginatif, mais écrit comme un script, tout sec, pas moyen d’accrocher.
    – Sur les grands stylistes du 20e siècle, qui a vraiment lu (et été emballé) par l’Ulysse de Joyce ?
    – Ado, j’ai eu un prof qui nous faisait faire des drôles de trucs avec les mots. J’ai pigé récemment qu’il était oulipien, rien que ça : il m’a sans doute passé un virus qui s’est réveillé ensuite (ce virus là est inoffensif 🙂 ) mais le point est qu’à l’époque ça nous ennuyait, on ne comprenait tout simplement pas le but… fallait déjà attraper les mécanismes de la langue, de base, et puis on avait d’autres jeux !
    Bref, l’écriture, je crois que c’est un truc qu’on s’invente tout seul, sans perdre de vue qu’il faut que le lecteur s’y retrouve. Donc après avoir assimilé des bases communes. Et pour ça l’école est fortiche.
    Bon, je tire un peu dans tous les sens, sans vraie argumentation ; c’est, évidemment, parce que je suis d’accord avec toi. Et aussi avec M’sieu Arnier ; la narratologie serait bien utile pour démonter les grosses ficelles des récits quotidiens.

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      • Intéressant sujet de débat : « Un auteur peut-il être dissocié de ses œuvres? » On pose souvent la question dans l’autre sens, mais après tout, que serait Daniel Defoe sans Robinson? Si je jette le livre du lauréat du prix de l’imaginaire, c’est aussi un peu lui que je jette, non?

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      • Dissocier livre et auteur ? On peut, façon Pierre Ménard lu par Borges, imaginer d’autres auteurs à des chefs-d’oeuvres.
        Quant à Defoe, il lui resterait le Journal de l’année de la peste, mais il serait plus confidentiel.
        Sinon, tu as raison (encore), manquer une lecture c’est manquer une rencontre avec l’auteur… on peut le recroiser et l’apprécier à travers un autre livre, ou une relecture, plus tard.

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      • C’est finalement très variable d’un auteur à l’autre. Certains ont une œuvre très cohérente du point de vue du genre, du style et des thèmes, et si on n’adhère pas à un de leurs livres, on n’appréciera pas davantage les autres. Si tu n’aimes pas un bouquin de Raymond Chandler ou de Hunter Thompson, il y a peu de chance que les autres te plaisent. Moi, par contre, je considère que chaque projet est une aventure distincte. Si un lecteur déteste mes romans de fantasy, peut-être appréciera-t-il mes pièces de théâtre comiques ou le réalisme magique de mes nouvelles (ou pas).

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    • Pour faire court:
      – Je ne parle qu’en mon nom (comme toujours et bien entendu), mais pour moi le plaisir du lecteur passe aussi par la variété des styles, du plus baroque au plus épuré, en fonction du projet.
      – Moi. Et Finnegan’s Wake aussi 😉
      – Selon moi ce n’est pas bien grave si on ne comprend pas immédiatement l’intérêt des cours. Les choses précieuses finissent le plus souvent par remonter à la surface quand on en a besoin, Oui, on s’invente sa propre écriture, mais c’est tout de même plus facile si on nous a mis à disposition des matériaux de construction de bonne qualité.

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  3. Hello,
    avec tout le respect que je vous dois, je pense que vous faites erreur. Toutes les choses dont vous parlez, j’en ai entendu parler à l’école. Je me souviens même avoir fait de la « narratologie » dès la sixième et même avoir utiliser en primaire une sorte de logiciel pour écrire des contes. C’était rudimentaire, bien sûr, mais on était loin des classiques de Zola.
    Par ailleurs, il me semble que la proposition de lecture tout au long de la scolarité va bien plus loin que les classiques. Dans les collèges, on lit des romans jeunesses récents (sinon comment expliquer les succès de ces collections ?) puis au lycée on m’a fait lire du contemporain, du Queneau, du Allan Silitoe, etc…
    Bref, on n’a pas les même souvenirs d’école visiblement.

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    • Merci pour ce commentaire ! Tant mieux si je me trompe, et je me réjouis que d’autres aient eu une expérience scolaire différente de la mienne, même si fondamentalement je n’ai aucun reproche à formuler vis-à-vis de l’école. Sa raison d’être n’est pas de former des écrivains, après tout.

      Il faut également garder à l’esprit que par définition, ces articles « pièges » s’attachent à souligner les défauts et les inconvénients de certaines influences, au risque de ne pas présenter un portrait très équilibré.

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  4. Malheureusement je suis d’accord avec toi. J’ai un rapport bizarre avec la littérature à l’école. Depuis toute petite je dévore livre sur livre (au point que la maîtresse devait me les arracher des mains en classe), et pourtant j’ai toujours trouvé les cours de français très ennuyeux. Je n’accrochais que sur les maths et la physique et je suis devenue ingénieure.
    J’ai écrit un peu, mais je n’ai jamais été encouragée dans cette voie à l’école. Quand on est bon en classe, on fait des maths. Et ce n’est que maintenant, à 35 ans, que je me mets à écrire pour de vrai.
    Je me dis donc qu’il y a quelque chose qui cloche avec l’enseignement de la littérature à l’école. Et je pense que ça va plus loin que le manque d’enseignement de la narratologie, mais j’ai du mal à mettre le doigt dessus. Sûrement quelque chose à voir avec ce que dit Albert Dupontel ici : https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/sorties-de-films/video-la-meilleure-facon-de-redonner-une-identite-a-un-pays-en-perdition-c-est-la-culture-estime-albert-dupontel_4151905.html

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    • Sur ces questions, je n’ai pas d’opinion tranchée. Je ne crois pas que former les futures écrivaines et les futurs écrivains fasse partie des missions de l’école. Et puis ce qui est enseigné en français est loin d’être inutile, même si ça n’a souvent pas beaucoup de rapport avec la littérature. Mais il faut aussi noter que je suis issu du système scolaire d’un pays libéral et fédéraliste, ou un monolithe comme l’Éducation nationale est inimaginable, donc il est possible qu’il y ait certaines dimensions qui m’échappent.

      Je rejoins Albert Dupontel, mais à mon avis il commet l’erreur de penser que l’éducation est la mission exclusive de l’école. Je crois beaucoup à l’idée de l’éducation populaire, et reste convaincu que l’on apprend et que l’on évolue jusqu’à sa mort.

      PS: Sur les images, la ressemblance de Dupontel avec Jean-Pierre Pernaut est stupéfiante. Je rêve qu’il s’attaque à une biographie filmée et non-autorisée du monstre.

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      • Effectivement l’école nous apprend le français et pas la littérature, mais elle mélange souvent les deux et c’est peut-être là que ça commence à schmilbliker…
        Je crois aussi beaucoup, de plus en plus même, à l’éducation populaire, mais c’est pas simple à faire !

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  5. Excellent article qui me rappelle un sujet bien d’actualité : nous vivons dans une société où l’éducation se fait à plusieurs vitesses. Malgré de claires lacunes en narratologie et construction de textes, j’ai eu la chance d’écrire pour des sujets d’inventions et autres (fanfictions …) suffisamment pour apprendre par essais/erreur. Des amis ayant eu des cours (assez géniaux) par un excellent professeur sur le style n’écrivent pas car ils ont peur de « mal écrire » … Et lire les commentaires renforcent cette impression de disparité. Je pense qu’il faut accepter que tous ne se joue pas au début et que si nous tombons dans ces pièges c’est pour mieux en sortir à l’avenir.

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    • C’est sûr, nous n’avons pas toutes et tous les mêmes cartes au départ, mais l’issue de la partie ne se joue pas entièrement à l’école. On a toute la vie pour se perfectionner. Cela dit, c’est plus facile si l’on parvient à être lucide au sujet de nos biais et de nos lacunes, à mon avis.

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  6. Pingback: Le piège de l’Amérique | Le Fictiologue

  7. Les pratiques diffèrent sans doute en fonction des professeurs et pour la partie poids des classiques de la littérature, je suis assez d’accord. Moi-même, je fais étudier peu de textes et d’auteurs récents (après, tout dépend des niveaux, des thèmes, etc. C’est plus facile avec des 3e qui ont un programme autour du XXème siècle par exemple).
    En ce qui concerne la narratologie, elle est peut-être déguisée et simplifiée (j »ai des collégiens), mais on en fait beaucoup parce qu’on en a besoin pour étudier la construction des textes. On parle tout le temps des types de narrateur, des points de vue, de la structure des récits (donc le schéma narratif) et la façon dont on peut la manipuler. Quand on fait de la conjugaison, on évoque la valeur des temps (savoir quel temps sert à dire quoi), etc. Bien sûr, c’est incomplet mais l’essentiel y est.
    Pour la grammaire, c’est vrai qu’on peut être catégoriques mais on a souvent des objectifs en tête : rédiger une copie d’examen et un roman n’est pas du tout pareil et si dans le roman, les phrases sans verbes sont acceptables, ce n’est pas du tout le cas pour un commentaire de texte ou une dissertation. En revanche, je plaide coupable pour les répétitions ! Je passe mon temps à les souligner pour qu’ils les corrigent (mais je leur dis que si elles sont volontaires et bien gérées, ce n’est pas gênant. C’est juste rarement le cas).

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    • Merci beaucoup pour ces explications et pour ce recadrage précieux dans la perspective d’un professionnel. Ce genre de commentaire enrichit ce blog.

      J’aimerais préciser, au cas où ma démarche ne serait pas suffisamment claire, que l’objet de ce billet n’est pas du tout de critiquer l’enseignement ou les enseignants. Ce n’est pas la mission de l’école de former des romanciers, pas plus que ce n’est la tâche des auto-écoles de former des pilotes de course. On ne peut pas leur en tenir grief. Ici, mon but est simplement de dire aux auteurs qu’ils peuvent se libérer d’une partie des règles apprises à l’école, qui n’étaient pas prévues pour eux et qui ne les concernent plus.

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      • Ce que j’entends tout à fait ! D’ailleurs, c’est parce que j’écris que je nuance certains points que j’aborde en classe. Une fois qu’on maîtrise un point, on peut jouer avec parce que tout n’est pas figé. Le problème c’est que beaucoup veulent jouer avant d’avoir compris

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  8. Je ne peux m’empêcher de penser que si nous enseignions vraiment la narratologie aux bambins, on tomberait dans d’autres travers comme enseigner uniquement Joseph Campbell et le voyage du héro. Or le prendre toujours par ce même bout de la lorgnette enseigne aux gens que les récits doivent être personnels et épiques, ce qui est dommageable sur le plan politique car cela exclut l’action collective de l’imaginaire des citoyens. C’est ce que font les programmes d’écriture créative US depuis leurs débuts: https://www.openculture.com/2018/12/cia-helped-shaped-american-creative-writing-famous-iowa-writers-workshop.html 😉

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    • C’est également dommageable parce que Campbell n’était pas très sérieux dans la manière dont il a analysé les mythes, qu’il a tordu les faits pour les faire entrer dans sa théorie, et que son style d’écriture délibérément obscur nous indique que ce n’est probablement pas un bon exemple à suivre pour comprendre comment on raconte les histoires.

      Pour moi, même si ça n’est pas dépourvu d’intérêt, on se situe très en marge de la narratologie telle que je la conçois, qui consisterait à décrire simplement des éléments d’intrigue, les personnages, la focalisation, le suspense, ce genre de choses, ainsi que quelques usages de la narration hors-fiction.

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    • C4est pas faut, on passe vite d’un travers à un autre. Cela dit, je rebondis sur une phrase : « les récits doivent être personnels et épiques, ce qui est dommageable sur le plan politique car cela exclut l’action collective de l’imaginaire des citoyens.  » Me semble à moi que 90 % des récits américains sont l’histoire d’un individu contre d’autres : le héros, le pionnier, le cow boy, le sheriff, le flic justicier hyper violent, Rambo, etc etc)… Paradoxalement, même les récits de luttes collectives, plutôt rares, sont centrés sur le héros qui emporte le morceau (cf Erin Brockovitch) au nom des autres… Ce travers, ou plutôt cette caractéristique, explique peut-être que la narratologie locale suive la même pente.
      ou alors, je dis ça parce que je n’ai pas lu pas vu les bons films et livres qui montrent l’inverse, ça se peut aussi .

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  9. J’adore votre article qui parle clairement de construire pour mieux déconstruire. Mais c’est presque une histoire personnelle qui permet de se rebeller contre la tyrannie des règles scolaires. Au niveau de l’enseignement, j’aurais presque envie de proposer l’idée qu’un professeur se doit de transmettre au moins une de ses passions, ce qui l’intéresse vraiment, pourquoi ça l’intéresse et aussi apprendre à analyser pourquoi. L’académisme met souvent cruellement mise de côté l’analyse.En fait, pour moi un bon professeur c’est presque quelqu’un qui apprend à faire aimer. C’est un sujet bien difficile, il faudrait que j’y réfléchisse encore.
    Merci pour la réflexion

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  10. Pingback: Invente des mots | Le Fictiologue

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