Éléments de décor: l’Histoire

blog lhistoire

Que s’est-il passé avant que le roman commence ? C’est une question qui se pose, et qui bien souvent trouve réponse, dans la plupart des livres. Car même si les lecteurs se retrouvent propulsés dans une situation qui leur est inconnue, elle leur est révélée au fur et à mesure à travers les actes des personnages, et à travers elle, certains pans de ce qui a précédé leur entrée en scène.

Un homme vient d’être assassiné ; une entreprise a été fondée ; c’est la guerre, depuis de nombreuses années ; partout dans le monde, des individus se découvrent d’étranges pouvoirs ; le patriarche s’apprête à transmettre le contrôle du domaine à ses enfants : que cela soit la petite ou la grande histoire, les événements du passé informent ceux du présent, les influencent, en modifient le sens, leur donnent l’impulsion.

C’est plutôt à la grande histoire qu’est consacré ce billet, celle qui s’écrit avec une majuscule : l’Histoire, que je définis comme l’ensemble des événements de portée régionale, nationale ou internationale, que les personnages principaux n’ont pas vécu (ou alors il y a bien longtemps), et dont la trace qui s’effiloche peu à peu fait l’objet de différentes interprétations. L’Histoire, ici, est comprise comme une expérience collective, qui a laissé sa marque sur les individus mais aussi sur les peuples, qui se retrouvent reliés malgré eux par des événements qui le dépassent.

Dans un roman, quel qu’en soit le style, l’Histoire fonctionne comme une ancre. C’est un point de repère, qui situe les événements du narratif dans un contexte plus large, au sein d’un réseau plus vaste de causes et de conséquences, et qui empêche l’histoire qu’on nous raconte de dériver, sans but, au grès des courants. Mais, toujours comme une ancre, l’Histoire peut peser sur les personnages, les clouer sur place, les empêcher d’évoluer.

Tous les dosages sont permis, quand on parle de l’utilisation de l’Histoire comme élément de décor d’un roman. Sa place peut être centrale, soit que les leçons du passé constituent le thème du livre, soit que celui-ci explore des événements d’autrefois. À l’inverse, il est tout aussi possible de rédiger un roman sans mémoire, qui n’existe qu’au présent, complètement déconnecté des événements passés, ou dont la connexion avec ce qui s’est passé avant n’est jamais explicité. Dans « La Route », Cormac McCarthy nous dépeint un monde post-apocalyptique, ravagé par une catastrophe dont le lecteur ne saura rien. À l’inverse, dans « La Compagnie des glaces », Georges Arnaud décrit minutieusement toutes les étapes improbables qui ont engendré son monde hivernal.

Quel que soit le choix de l’auteur, l’Histoire fait partie des ingrédients du décor qu’on peut difficilement ignorer complètement, soit qu’on en détaille minutieusement la chronologie comme certains auteurs de fantasy aiment le faire, soit qu’on choisisse délibérément de la passer sous silence.

L’Histoire et le décor

Parfois, l’Histoire est davantage qu’un élément de décor : parfois l’Histoire est le décor. Naturellement, le cas de figure qui vient à l’esprit en premier, c’est celui du roman historique. Dans ce genre, l’action se situe dans le passé, à une époque donnée, dont l’exploration fait partie de la raison d’être du roman. Les protagonistes sont soit des figures historiques réelles, soit des personnages de fiction placés dans le chaudron d’événements de notre Histoire.

Ce genre n’est d’ailleurs pas une exclusivité du registre réaliste. Il est tout à fait possible d’envisager un roman historique de genre, dont l’action se situerait dans le passé d’un univers de fiction décrit dans une autre œuvre. La popularité des préquelles consiste justement à détailler des événements qui se situent dans le passé des personnages de l’œuvre originale, et qui n’avaient jusque là été qu’évoqués. Ainsi, les romans de G.R.R. Martin sur les aventures de « Dunk & Egg » se situent dans le même monde que ceux de sa saga « A Song of Ice and Fire », mais un peu moins d’un siècle avant le début de l’action du premier livre.

Le roman historique permet de faire revivre une époque, ses codes, ses valeurs, ses grands événements. L’Histoire devient ainsi le décor tout entier, et l’intérêt du livre consiste en grande partie dans la possibilité de se replonger dans cette ambiance, à travers le souci du détail et le travail de recherche du romancier.

À l’inverse, l’Histoire peut n’être qu’une toile de fond pour des événements qui pourraient, au fond, se dérouler à n’importe quelle époque. « Les Sept Samouraïs » et « Les Sept Mercenaires » racontent à peu près la même histoire, avec des sabres et au Japon médiéval pour le premier film, avec des revolvers et dans le Far West américain pour le second. Dans ces cas, l’Histoire n’est pas l’élément central du narratif, mais elle colore chaque élément de décor, que ce soit le niveau technologique, les relations sociales, le contexte politique, etc…

Parfois, l’Histoire peut servir de décor, non pas parce que les personnages sont en train de la vivre, mais parce que, dans le présent, ils en subissent les échos. Parfois, l’Histoire nous hante, nous modèle, éventuellement même à notre propre insu. Dans sa pièce « Incendies », Wajdi Mouawad met en scène des jumeaux qui découvrent à la mort de leur mère à quel point le conflit libanais a influencé leur destinée. L’idée de traumatismes qui se transmettent de génération en génération est une veine riche à exploiter pour un auteur.

Et si l’Histoire peut laisser sa marque au sein d’une famille, elle laisse également d’autres genres de traces qui peuvent venir s’ajouter au décor d’un roman. Un conflit, un génocide, une politique de ségrégation peuvent modeler les mentalités des peuples longtemps après l’événement. Des individus peuvent ainsi se retrouver de part et d’autre de frontières culturelles invisibles, uniquement à cause de faits qui ont eu lieu avant leur naissance, et qui n’ont aucune prise. Et en parlant de frontières, certaines sont bien réelles, et forgées par l’Histoire elles aussi. Pourquoi suis-je né ici plutôt que là, et quelles en sont les conséquences pour mon existence ?: voilà encore un beau sujet de roman.

Certains lieux, bien sûr, sont marqués par l’Histoire, et peuvent servir de toile de fond à un roman. Un champ de bataille, le lieu où a été signé un traité important, les ruines d’un château, le village de naissance d’un grand artiste : certains endroits semblent hantés par les grands personnages du passé, et trouver des résonances dans le présent. Il y a aussi des lieux de mémoire, spécialement destinés à conserver la trace du passé, et où un auteur peut souhaiter situer une partie de son récit pour souligner des liens invisibles entre le maintenant et l’autrefois : des mausolées, des musées, des monuments commémoratifs, etc…

L’Histoire et le thème

En tant que thème, l’Histoire ne cesse d’alimenter d’innombrables romans réalistes, ou des individus réalisent qu’ils portent en eux les stigmates de douleurs qui ne leur appartiennent pas, et qui remontent à des temps qu’ils n’ont pas nécessairement connus. C’est l’Histoire vue comme une cicatrice, un thème riche qui se prête à de nombreuses interprétations. L’idée qu’un individu est tel qu’il est parce que d’autres, autrefois, ont agi ou vécu d’une certaine manière peut servir de point de départ à d’inépuisables variations autour des profondeurs de l’âme humaine.

À l’inverse, l’Histoire peut aussi être vue, non pas comme quelque chose qui pèse, mais comme un piège qui doit être déjoué. Thématiquement, il peut être intéressant de mettre en scène des personnages qui, consciemment, cherchent à éviter les erreurs commises par leurs ancêtres dans le passé, afin de forger un avenir plus serein.

La manière dont l’Histoire modèle les pensées, et la façon dont nous sommes tous les enfants des époques qui ont précédé, en charge de nous inspirer, de les rejeter, ou en tout cas, d’en dresser l’inventaire, constitue encore une autre manière d’envisager un usage thématique de l’Histoire dans un roman. À chaque génération qui passe, on s’éloigne des événements qui ont façonné notre époque et le regard que l’on porte sur ceux-ci se modifie également. Ce qui peut sembler très vivant à nos grands-parents est encore considéré comme important par nos parents, alors que nous n’y consacrons déjà plus tellement d’importance. Un roman qui met en scène des individus de générations différentes pourrait se nourrir d’un thème comme celui-là.

L’Histoire et l’intrigue

Ce n’est pas un hasard si l’Histoire s’appelle ainsi : il s’agit de raconter le passé. Même avec rigueur, même avec distance, l’Histoire reste une histoire, un narratif, qui relie les événements entre eux, et c’est ainsi qu’elle parvient jusqu’à nous. Dans cette perspective, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’elle trouve sa place dans une intrigue romanesque.

Première possibilité : un épisode historique réel peut servir de point de départ à une histoire fictive. Le lecteur des « Misérables » de Victor Hugo y trouvera un récit extensif de la bataille de Waterloo, qui a influencé la vie d’une partie des personnages. Ainsi, des événements réels peuvent constituer l’ossature d’une intrigue, qui s’étoffe et se prolonge d’événements fictifs.

Une autre technique qui peut valoir la peine d’être explorée, c’est celle qui consiste à mettre en parallèle deux époques. Un personnage dans le présent traverse certains événements qui font écho à d’autres, situés à une autre époque. Les structures des deux parties du livre sont semblables, comme des miroirs, et se complètent pour former un tout qui transcende l’intérêt des deux récits pris isolément.

L’Histoire, ça peut également être le ferment du mystère. Que s’est-il réellement passé autrefois ? Au-delà de ce qu’on a voulu retenir officiellement du passé, quelle est la vérité ? A-t-on tenté de nous cacher quelque chose ? L’exploration de l’Histoire peut ainsi servir de fil rouge à un roman dont l’intrigue sera structurée comme celle d’un roman policier à suspense. On voit une illustration de cette idée dans les aventures de Robert Langdon, rédigées par Dan Brown, mais aussi dans d’innombrables ouvrages complotistes, quelque part entre réalité et fiction.

L’Histoire et les personnages

On l’a compris, les personnages peuvent être le produit de l’Histoire. Ils peuvent être marqué par celle-ci, soit directement, parce qu’ils ont vécu de près des événements qui ont marqué leur époque, soit indirectement, parce qu’ils font partie d’un groupe humain malmené par l’Histoire, ou parce que la trajectoire de leur famille a connu les tumultes du temps passé.

À dire vrai, cette approche est si courante que de nombreux auteurs y ont recours sans même se rendre compte qu’ils parlent d’Histoire. On ne compte plus tous les « vétérans de la dernière guerre » dans les bouquins de fantasy, par exemple. L’intérêt de réaliser que l’on a affaire à une perspective historique, c’est que nous sommes tous concernés à un degré ou à un autre par les événements qui ont façonné le monde. Au minimum, nous portons un regard sur eux. Cela vaut donc la peine de se poser la question : cette « dernière guerre », les autres personnages de votre roman l’ont-ils vécue ? En ont-ils des souvenirs ? Ont-ils une opinion à son sujet ?

Et puis l’Histoire, ça n’est pas juste un tampon-encreur qui laisse sa trace sur les pages blanches de nos vies. La marque peut s’opérer dans les deux sens. Après tout, rien n’empêche les personnages de vos romans de laisser eux aussi une marque dans l’Histoire, d’en influencer le cours, d’accomplir des actes qui garantissent leur place dans les livres longtemps après leur mort. Il peut être intéressant à ce titre de mettre en scène un personnage qui serait hautement conscient de sa place dans l’Histoire, voire même anxieux à l’idée qu’il sera incompris des générations suivantes.

Le prolongement naturel de cette idée, c’est tout simplement de mettre en scène des personnages historiques réels. Rien ne s’oppose à l’idée d’écrire un livre dont Napoléon serait la figure centrale. Vous pouvez décider de romancer un épisode réel de sa vie, vous pouvez inventer un événement fictif mais qui reste plausible par rapport à ce qu’on connaît de sa trajectoire. Vous pouvez même l’extraire complètement de son contexte et de vous en servir comme d’une pièce rapportée : ainsi, dans « Le Monde du Fleuve », Philip José Farmer met-il en scène des individus bien réels comme Mark Twain ou Hermann Göring dans le contexte d’un roman de science-fiction.

Il est également possible de reprendre des personnages historiques et de raconter leur vie, mais de dissimuler tout ça derrière des noms d’emprunts et divers artifices qui ont pour effet de transformer un cas particulier en une métaphore éternelle. Dans sa trilogie de « L’Infernale Comédie », Mike Resnick raconte ainsi la décolonisation de trois pays africains, mais transposée sur trois planètes extraterrestres.

Variantes autour de l’Histoire

On peut faire joujou avec l’Histoire. Certains ne s’en privent pas dans le monde réel, souvent avec des intentions malveillantes. Dans le contexte de la fiction, il est possible de faire la même chose, mais sans que cela s’inscrive dans le révisionnisme puant.

Le genre qu’on appelle l’uchronie s’en est fait une spécialité. Dérivé de l’utopie, l’uchronie est le genre du « non-temps », de l’Histoire qui n’existe pas. En général, il s’agit de raconter des événements historiques, dans notre monde, mais avec une divergence principale avec l’Histoire réelle.

Dans « Le Maître du Haut-Château », Philip K. Dick raconte une histoire dans un monde où les Nazis ont gagné la deuxième guerre mondiale. Même Winston Churchill a écrit un récit uchronique : « Si Lee avait gagné la bataille de Gettysburg » s’intéresse à une histoire parallèle où les Sudistes ont remporté la Guerre de Sécession aux États-Unis.

Presque autant que les récits historiques proprement dit, l’uchronie est un genre délicat, parce qu’il réclame une vaste connaissance des événements réels et des détails constitutifs d’une époque. Tout l’intérêt du genre consiste à se plonger dans une version subtilement différente du passé, et pour que cela ait un intérêt, il faut connaître le passé sur le bout des doigts.

Alternativement, l’Histoire avec un grand H peut aussi se frayer un chemin dans les récits de voyages dans le temps. Là, il est possible de jouer sur le contraste entre des personnages d’une époque qui en découvrent une autre, mais aussi de modifier le passé, et le présent, en d’innombrables variations uchroniques, en fonction des actes commis par les personnages dans le passé.

⏩ La semaine prochaine: Éléments de décor – les transports

 

 

Tous les articles

blog tous les articles

Introduction

Écrire, c’est cuisiner avec des mots

L’écriture, c’est dur

Avec des morceaux de fiction dedans

Inspiration et préparation

La machine à idées

L’angoisse de la page blanche (n’existe pas)

Être original

Le livre de démarrage

Se presser le citron

Se mettre dans de bonnes conditions

Écrire en musique

Qu’est-ce qu’une histoire

Écris tous les jours

La productivité

Arrêtons de compter les mots

Le syndrome de l’imposteur

Le genre

La théorie des genres

Le genre

Les quatre genres

Le genre : la substance et la surface

Détournement de genre

Thématique

Je thème… moi non plus

Le message

La normalisation

Le thème

Enraciner le thème

Les instruments du thème

Dix thèmes

Le thème comme structure

Structure

Actes, parties, tomes

Les chapitres

Le paragraphe

La phrase

Le mot

La ponctuation

La théorie des blocs

Construire une intrigue

Les formes de l’intrigue

Les formes de l’intrigue II

L’intrigue sans forme

Prologues, épilogues et interludes

Le plan

Le narrateur: la 3e personne

Le narrateur: la 1e personne

Le narrateur: autres possibilités

Le récit au passé

Le récit au présent

Les enjeux

Se servir des enjeux

Les types d’enjeux

Augmenter les enjeux

Enjeux – quelques astuces

Les personnages

Les personnages principaux

Les personnages secondaires

Personnages: quelques astuces

Personnages: les outils

Le protagoniste

L’antagoniste

Les partenaires de l’antagoniste

Le style

Le style

Les métaphores

Les enjoliveurs de phrase

Montrer plutôt que raconter

Le mot juste

La description

La bonne description

Descriptions: quelques techniques

La quête du dépouillement

La quête de la saturation

Invente des mots

Les mots pauvres

Les dialogues

Les dialogues

À quoi servent les dialogues

Écrire de meilleurs dialogues

Trouver la voix des personnages

Auteurs et lecteurs

L’auteur

Les trois types d’auteur

La ludification de l’écriture

Le public-cible

Les huit types de lecteurs

Le contrat auteurs-lecteurs

La suspension de l’incrédulité

Écrire en public

Écrire à plusieurs

Mort aux Jardiniers !

Les quatre espèces d’auteurs

Le processus d’écriture

L’écriture d’entraînement

L’incipit

Le premier jet

Les corrections

Corrections: la checklist

Tue tes chouchous

Anatomie d’une scène réécrite

Achever les corrections

Décor et exposition

Le décor

À quoi sert le décor

Profession décorateur

L’exposition

Exposition: quelques astuces

Les recherches

Éléments de décor

L’argent

La nourriture

Le genre

Les femmes dans la fiction

L’Histoire

Les transports

La religion

Inventer une religion

Le langage

Inventer un langage

Les enfants

Écrire les enfants

Écrire les adolescents

La littérature jeunesse

Le sexe

Écrire le sexe

Le pouvoir

Les formes du pouvoir

La lutte des classes

Dystopie & utopie

La mode

Les animaux

L’école

Le crime

Écrire le mystère

Éléments du mystère

Écrire le suspense

Éléments du suspense

Éléments de décor: la guerre

Écrire la guerre

Écrire la bataille

La bataille terrestre

La bataille navale

La bataille aérienne

Guérilla

Écrire le combat

Le corps-à-corps

Le combat à distance

Blessures

Éléments de décor: les médias

Les bases

Apprends qui tu es

Apprends à lire

Apprends à écrire

Apprends à accepter la critique

Apprends à travailler

Descriptions

Décrire la douleur

Décrire la peur

Décrire le toucher

Décrire la tristesse

Décrire les odeurs

Décrire la joie

Décrire le goût

Décrire le plaisir

Décrire la colère

Décrire le bruit

Décrire la honte

Promotion

Les médias

Rédiger un communiqué de presse

Répondre à une interview

Se faire interviewer en direct

Blogueurs & podcasteurs

Cultiver ses relations avec les médias

Éléments de décor: les médias

Écrire les journalistes

Le sujet

Le synopsis

Le pitch

Le blurb

Le titre

Les pièges de l’écriture

Le piège du pastiche

Le piège de la télévision

Le piège des jeux de rôle

Le piège du cinéma

Le piège du jeu vidéo

Le piège de l’école

Le piège de l’Amérique

Le piège de l’égo

Le piège du mystère

Suites

Pourquoi ne pas écrire une suite

Comment ne pas écrire une suite

Les 13 types de suites

Pourquoi ne pas écrire une préquelle

Comment j’ai écrit une suite à mon roman

Critiques

D’un monde à l’autre

Les frontières de glace

L’île du destin

Le prix

Paradoxes I

Nechtaànomicon, saison 1

Le hussard sur le toit

Le déni du Maître-Sève

Star Wars: Bloodline

The Year of Our War

La cité des abysses

Borne

Les enfants de Hurin

Abzalon

Paradoxes II

The Road

Fable – La Quête de l’Oiseau Noir

La Colère d’une Mère

Ash

L’Exode

Winnie l’ourson

Extension du domaine de la lutte

Citadelle de sable

Maître & Apprenti

L’Escadron Alphabet

La Chute

Mythic Odysseys of Theros

Anno Dracula

Renaissance

Les deux princes

Babylon Babies

Mémoires d’Exoterres

Le pacte des frères

Baise-moi

Apocalypse bébé

Le peuple des tempêtes

La maison hantée

Le secret de Crickley Hall

Le grand éveil

Seule la haine

La Saga du Commonwealth

L’homme aux cercle bleus

Insomnie

Le Maître et Marguerite

Le Cheval de Feu

La Peine des Derniers-Nés

Où l’ombre s’abat

On Connection

Ensemble, on aboie en silence

Infomocracy

La Grande Maison

Interviews

Gen Manessen

Stéphane Arnier

Elodie Agnesotti

Amélie Hanser

Carnets Paresseux

Marlène Charine

C. Kean

Katja Lasan

Florence Cochet

Ariane Bricard

Lionel Truan

Gilles de Montmollin

Déborah Perez

Charlène Kobel

James Barbier

François Curchod

Lucien Vuille

Laurence Suhner

Le Monde Hurlant

La Mer des Secrets: un roman, deux livres

La Mer des Secrets: au carrefour des genres

La Mer des Secrets: ce que j’ai appris

La Mer des Secrets: la suite

Religion – Les Chroniques

Religion – La Révélation de Muo

Religion – La Cantilène

C’était la vallée de l’ombre qui dévore (1)

C’était la vallée de l’ombre qui dévore (2)

C’était la vallée de l’ombre qui dévore (3)

C’était la vallée de l’ombre qui dévore (4)

C’était la vallée de l’ombre qui dévore (5)

C’était la vallée de l’ombre qui dévore (6)

C’était la vallée de l’ombre qui dévore (7)

C’était la vallée de l’ombre: le débrief

Dans la vallée de l’ombre

Les Farandriens, une race pour D&D 5e

Retour de bêta-lecture (1)

Retour de bêta-lecture (2)

« Révolution dans le Monde Hurlant » – mon nouveau livre est paru !

« Révolution dans le Monde Hurlant » – lire le début

« Révolution dans le Monde Hurlant » – La couverture

« Révolution dans le Monde Hurlant » – la FAQ

« Révolution dans le Monde Hurlant » – Le 4e de couverture

La carte du Monde Hurlant

« Révolution dans le Monde Hurlant » en eBook !

« Révolution dans le Monde Hurlant » – le book trailer

Comment j’ai écrit une suite à mon roman

Jeux de rôle

Les Farandriens, une race pour D&D 5e

META: règles élémentaires pour jeux de rôles

Kocmoc – un jeu de rôle META

Critique : Mythic Odysseys of Theros

The Hunter – a class for D&D 5e

Écrits divers

« Panique ! » une pièce de théâtre inachevée

Une nouvelle : « La dame penchée »

« La dame penchée » – améliorer une nouvelle

Autres

Les 10 pires clichés de la fantasy

Dix titres d’albums qui feraient de bons titres de chapitres

50 incipits en quête de romans

On fait le bilan – 2018

On fait le bilan – 2019

On fait le bilan – 2020

Pour soutenir un auteur, parlez de ses livres

Le pacte de qualité de l’autoédition

Vidéo: comment le chat apprit à parler

Podcast : invité du Laboratoire d’écriture

Douze plumes suisses écrivent le chocolat

Mes blogs d’écriture préférés

Les blogs d’écriture préférés d’Astrid. De précieuses adresses à ajouter à vos favoris.

Avatar de AstridL'Astre et la Plume

Je ne sais vraiment pas pourquoi je n’ai pas écrit cet article plus tôt.

Je vous ai déjà pas mal parlé des blogs que j’aimais bien, notamment ceux d’illustrateurs, mais je n’ai pas encore vraiment abordé le sujet des blogs d’écriture (sauf avec La Lettre du Dimanche, mais qui est plus une newsletter qu’un blog).

Mes blogs d'écriture préférés

Avant de parler de blogs, je vais vous parler d’un compte Twitter : celui de @CommuAuteurs, un compte dédié à la communauté des auteurs et autrice. Sa vocation est de relayer les tweets des auteurs qui demandent des conseils, se posent des questions, etc. Grâce à ses 1285 abonnés (à l’heure où j’écris cet article), il peut apporter une visibilité non négligeable.
Ce compte retweete régulièrement les demandes de gens qui souhaitent trouver des conseils d’écriture et/ou avoir plus d’auteurs à suivre dans leur fil d’actualité. Quand je vois passer ce genre de…

Voir l’article original 2 144 mots de plus

Les femmes dans la fiction

blog femmes

Il n’y a pas assez de femmes dans la fiction.

La question est particulièrement sensible dans le cinéma : selon une étude, en 2017, 24% des productions hollywoodiennes avaient une femme dans le premier rôle. Au total, la proportion de rôles féminins parlants était de 37%. Cela signifie qu’alors que dans la vie réelle, les femmes composent la moitié de la population, voire légèrement plus, à Hollywood, elles sont traitées comme une minorité, voire pire, une curiosité.

Il est difficile de mener une telle enquête dans le monde fragmenté de la littérature contemporaine, mais on peut parier que le cas hollywoodien n’est pas isolé, ne serait-ce qu’en vertu de la position unique que le cinéma populaire américain occupe au sein de la culture populaire. Même en admettant que les personnages féminins soient plus nombreux dans les livres que dans les films, les femmes restent sous-représentées, ce qui fait de la fiction une bien médiocre chambre d’écho du réel, incapable d’en représenter la substance sur une question aussi basique que la représentation des genres.

Même quand les femmes sont au premier plan dans un roman, c’est bien souvent que celui-ci s’adresse à des lectrices. On constate fréquemment une ghettoïsation des protagonistes féminins, qui s’épanouissent dans les romances, dans les romans feelgood ou dans d’autres livres principalement lus par des femmes, comme si elles représentaient des cas particuliers, des produits de niche. J’ai déjà eu l’occasion de raconter ici que la jeune fille qui sert de personnage principal à mes livres m’a valu toutes sortes de questions ainsi qu’une majorité de lectrices.

À l’inverse, les personnages masculins sont partout, dans tous les genres. Choisir un homme comme protagoniste apparaît bien souvent comme l’option par défaut, même pour les romancières, un choix « neutre », qui s’adresse à tout le monde, par opposition aux femmes, dont les auteurs se sentent parfois obligés de justifier l’inclusion. Qui a déjà demandé à Anne Rice si elle avait eu du mal à faire vivre son vampire Lestat, sous prétexte que c’est un homme ?

Cette inégalité de nombre et de traitement représente selon moi un problème. C’est même un défaut de la production culturelle dans son ensemble. On pourra choisir d’y voir la conséquence de la société patriarcale, mais les causes sont ici moins importantes que les solutions. Pour qu’il y ait davantage de femmes dans nos romans, il faut que les auteurs les incluent – et les autrices aussi, car nous intégrons tous des biais sans même nous en rendre compte.

Pour y parvenir, il faut en avoir la volonté et prendre un peu de recul sur ses propres écrits et sur ses mauvaises habitudes. Cela réclame également une prise de conscience sur la manière dont les femmes sont sous-représentées dans la fiction, et sur les manières de parvenir à rééquilibrer leur présence. En fait, un peu de bon sens suffit à faire merveille.

Pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin, cela dit, il existe des outils qui sont apparus ces dernières années dans cet espace charnière qui se loge entre le monde académique et la culture populaire. Ces méthodes, vous pouvez les découvrir et vous les approprier pour aboutir à une présence féminine moins déséquilibrée et plus naturelle dans vos romans.

Le syndrome de la Schtroumpfette

Le premier de ces outils est un instrument d’analyse. Développée il y a une trentaine d’année par la critique américaine Katha Pollitt, le Syndrome de la Schtroumpfette est le constat sur lequel repose principalement cet article, et dont dépendent une partie des outils suivants. Il pointe du doigt la surreprésentation des personnages masculins dans les œuvres de fiction, au détriment des personnages féminins.

L’exemple des Schtroumpfs est bien trouvé, puisque, pendant des années, dans la bande dessinée de Peyo, la Schtroumpfette était l’unique femme d’un village peuplé d’hommes, sa féminité devenant la caractéristique qui la définit, alors que ses voisins se distinguent par leurs centres d’intérêt ou leurs qualités (bricoleur, costaud, etc…) Et pour arranger le tout, la Schtroumpfette n’est même pas un vrai Schtroumpf, c’est une créature artificielle créée par Gargamel pour semer la division parmi ses ennemis.

Bref, comme l’écrit Katha Pollitt :

« Le message est clair. Les garçons sont la norme, les filles la variation ; les garçons sont centraux quand les filles sont à la périphérie ; les garçons sont des individus alors que les filles sont des stéréotypes. Les garçons définissent le groupe, son histoire et ses valeurs. Les filles existent seulement dans leur relation aux garçons. »

Si, dans votre roman, un personnage féminin n’a pas d’autre raison d’être que d’être une femme, qu’elle n’a ni traits distinctifs, ni caractéristiques, ni aspirations qui lui sont propres, et que rien de tout cela n’est thématisé, c’est que vous entrez en territoire schtroumpf et qu’il faut schtroumpfer votre roman pour qu’il soit moins schtroumpf.

Le test de Bechdel

Sans doute le plus connu de tous les outils destinés à ausculter la représentation des femmes dans la fiction, le Test de Bechdel pose un jalon d’une représentation minimale des personnages féminins. Présenté par la bédéaste américaine Alison Bechdel dans sa bédé « Dykes to Watch Out For », il consiste à porter un jugement sur un film, un livre ou toute autre histoire en fonction des critères suivants :

  1. Il doit y avoir au moins deux femmes dans l’œuvre.
  2. Celles-ci doivent parler ensemble.
  3. Et au moins une de leurs conversations doit concerner un sujet qui est sans rapport avec un homme.

L’intérêt du test de Bechdel n’est pas qualitatif. Les œuvres qui remplissent les trois critères ne sont pas meilleures que les autres, et ne font pas nécessairement figure de référence dans la bonne représentation des femmes dans la fiction. En réalité, c’est un test en négatif : il est effarant de constater le nombre très élevé d’œuvres qui ne parviennent même pas à atteindre ce seuil minimal.

Par simple souci de sécurité, faites passer le test de Bechdel à votre manuscrit. Si c’est un échec, peut-être souhaiterez-vous y apporter quelques modifications.

Le test de Mako Mori

Je cite rapidement ce test, que vous trouverez peut-être intéressant, même si selon moi, il rate complètement sa cible.

Il a été inventé en référence à Mako Mori, un personnage du film Pacific Rim. Le long-métrage de Guillermo Del Toro ne passe pas le test de Bechdel : il échoue même sur les trois critères, puisqu’il n’y a qu’un seul personnage féminin, qui, donc, s’appelle Mako Mori. Cependant, des fans estiment que la qualité de ce personnage est telle que, d’une certaine manière, il transcende les critères décrits par Alison Bechdel et doit être jugé selon une grille d’interprétation différente.

En deux mots, selon cette dernière, une œuvre passe le test si :

  1. Il y a au moins un personnage féminin.
  2. Celui-ci a son propre arc narratif.
  3. Cet arc ne sert pas de soutien à l’histoire d’un personnage masculin.

Pour moi, les inventeurs de ce test n’ont rien compris au test de Bechdel, et ne cherchent qu’à justifier à leurs propres yeux leur intérêt pour un personnage assez médiocre. Comme je l’ai dit, tout l’intérêt du test de Bechdel concerne le nombre d’œuvres qui le ratent. Imaginer des critères de rattrapage pour continuer à avoir de l’estime pour une œuvre sans trop culpabiliser vis-à-vis de la place qu’elle réserve aux femmes, c’est absurde. Balayons ce prétendu test par une simple question : pourquoi n’y a-t-il qu’un seul personnage féminin dans Pacific Rim ? Rien ne semble justifier ce choix.

Le test de la lampe sexy

Là, on monte d’un cran dans l’échelle du militantisme et dans celle du sarcasme. La scénariste de bande dessinée américaine Kelly Sue DeConnick a inventé cet outil afin de déterminer la valeur de la place accordée à un personnage féminin dans une œuvre de fiction. La règle s’énonce de la manière suivante :

Le test est raté si le personnage féminin examiné pourrait être remplacé par une lampe sexy sans que cela ne fasse dérailler l’intrigue.

Ce qu’il faut comprendre par cette image de la « lampe sexy », c’est la femme réduite à son image d’objet de désir ou d’objet tout court : un personnage qui n’affecte pas l’intrigue par lui-même, qui ne poursuit pas de buts propres, qui n’a pas d’agencité et qui ne sert qu’un objectif décoratif. La femme vue comme une lampe sexy, c’est un simple trophée, dont l’unique fonction est de servir de motivation à un protagoniste masculin, soit parce qu’elle a été enlevée et qu’il faille la sauver, parce qu’on lui a fait du mal et qu’il faille la venger, ou qu’elle serve de récompense pour le héros à la fin de l’histoire.

Certains observateurs font remarquer que, dans le cas des James Bond Girls par exemple, on a affaire à des personnages qui ne peuvent pas être remplacés par des lampes sexy, parce qu’elles sont bien souvent chargées, en plus des rôles décrits ci-dessus, de délivrer de l’exposition au héros. Sans se démonter, Kelly Sue DeConnick a donc créé la catégorie de la « lampe sexy avec un post-it collé dessus » pour décrire ce cas de figure et souligner qu’il ne s’agit pas non plus d’un cas idéal d’inclusion des personnages féminin dans une œuvre de fiction.

Ce qu’il faut en retenir est simple : si vous mettez un personnage féminin dans votre roman, faites en sorte qu’il s’agisse d’un personnage en tant que tel, pas un trophée ou une excroissance d’un personnage masculin. Votre histoire n’en sera que plus intéressante.

Les femmes dans le frigo

Il ne s’agit pas à proprement parler d’un test, mais c’est une figure classique de la narration contemporaine dont tout auteur doit être conscient. L’expression a été créée en 1999 par la scénariste américaine Gail Simone, en réaction à un numéro de la bande dessinée Green Lantern, dans lequel le personnage principal retrouvait sa petite-amie dans son réfrigérateur, morte et découpée en morceaux par un de ses ennemis. Partant de là, Gail a animé pendant quelques années un blog où elle répertoriait des cas similaires issus de la culture populaire.

En deux mots, on a affaire à un cas de « fridging », pour citer le néologisme né à cette occasion, dans les conditions suivantes :

On a affaire à un cas de fridging lorsqu’un personnage féminin meurt, est blessé, violé ou subit une intense souffrance dans le seul but de faire progresser l’histoire d’un personnage masculin. En général, cette femme est l’épouse ou la petite amie du protagoniste, ou un membre de sa famille.

Attention de ne pas mal interpréter ce constat : cela ne veut pas dire que rien ne doit jamais arriver aux personnages féminins, et que toutes les descriptions de violence à leur encontre sont forcément suspectes. En fait, ce qui rend cette observation pertinente, c’est que ce genre de cas est extrêmement répandu : la pop culture, et la littérature en général, regorgent de cas de « femmes dans le frigo », des personnages féminins dont la seule raison d’être est de souffrir pour motiver les personnages masculins.

Il s’agit d’un cliché, ce qui est déjà problématique. En plus, il revient à considérer que les souffrances endurées par les personnages féminins sont des problèmes dont les personnages masculins sont les réelles victimes : c’est à leurs sentiments que l’on s’attache, la violence endurée par les femmes dans le réfrigérateur n’est généralement pas le sujet. Enfin, le fridging perpétue le lieu commun qui consiste à représenter les femmes en littérature comme des victimes, sans réel contrôle sur leur destin.

Pourtant, il n’est pas si difficile d’éviter ça. Le plus simple, c’est d’utiliser un personnage masculin dans le rôle de la victime. Il est possible que cela ne vous semble pas naturel au premier abord, ce qui montre à quel point les racines du cliché sont profondes. Et si vous tenez réellement à faire souffrir un personnage féminin, faites en sorte de montrer clairement que c’est leur souffrance à elles qui compte en premier lieu, et que la colère ressentie par leur entourage n’est qu’un effet secondaire.

Le test Ellen Willis

Inventé par la journaliste et critique américaine Ellen Willis dans les années 1970, le test qui porte désormais son nom est, à l’origine, plutôt destiné à porter un regard sur les paroles des chansons. Voilà en quoi il consiste :

Prenez les paroles d’une chanson écrite par un homme au sujet d’une femme et intervertissez les sexes des personnages. Si la nouvelle version paraît ridicule ou impensable, c’est probablement que l’original était sexiste.

Par extension, on peut appliquer le même critère à n’importe quelle œuvre de fiction. Est-ce que les personnages d’un roman continuent à fonctionner si on inverse leur genre ? En particulier, est-ce que ça aurait du sens si on échangeait les sexes des deux personnages principaux du roman, une femme et un homme ? Si la réponse est non, à moins qu’il ne s’agisse par exemple d’une histoire consacrée à la grossesse, il est possible que l’œuvre originale soit sexiste, ou en tout cas qu’elle se situe dans un décor sexiste.

Difficile d’appliquer le test Ellen Willis, par exemple, aux romans de Jane Austen, mais c’est plutôt un symptôme de l’époque dans lequel ils se situent, davantage qu’un sexisme de l’autrice.

La technique de Ripley

Baptisée ainsi en hommage à Ellen Ripley, le personnage central de la série de films Alien, la technique de Ripley constitue une solution simpliste mais efficace au test Ellen Willis ou à d’autres outils présentés dans cet article.

Ce qu’il faut savoir, c’est que le manuscrit original du film Alien, signé Dan O’Bannon, est neutre du point de vue du genre. Tous les personnages sont décrits par leurs noms de famille, charge au metteur en scène de choisir qui est une femme et qui est un homme. C’est ainsi que Ripley, officière en second et protagoniste du film, est devenu une femme et que d’autres personnages, plus nombreux mais moins importants, sont devenus des hommes, sur décision du réalisateur Ridley Scott. Partant de ce principe, on pourrait prendre le même script et parvenir à des résultats très différents.

La technique de Ripley consiste tout simplement à se demander, pour chaque personnage, ce qui se passerait si on inversait son sexe. La caissière qui est prise en otage par un braqueur de banque au début de votre thriller, et si c’était un homme ? Et si le braqueur était une braqueuse ? Et si la Belle au bois dormant était un Bellâtre, maudit par un Sorcier et sauvé par une Princesse ?

L’intérêt de cet exercice intellectuel est qu’il n’engage à rien : il s’agit simplement de se poser la question, pour chaque personnage, de savoir si ça changerait quelque chose et si ça serait intéressant de simplement inverser son sexe. Le premier constat, c’est que dans la plupart des cas, ça ne change rien de crucial ; le second constat, pour beaucoup d’auteurs, c’est de réaliser qu’ils ont tendance à confier certains rôles archétypiques plutôt à des femmes ou à des hommes. Typiquement, les femmes reçoivent les rôles de victimes, de séductrices, d’aidantes ; les hommes héritent des rôles de sauveurs, de dirigeants, d’entrepreneurs.

Pris isolément, rien de tout ça n’est problématique. Après tout, nous sommes tous traversés par des valeurs qui nous dépassent et que nous perpétuons sans nécessairement en avoir conscience. Cela dit, il peut être utile de faire cette prise de conscience et, si on le juge opportun, de « Ripleyiser » certains rôles, pour confier à des personnages féminins ou masculins des fonctions que l’on imaginait de prime abord attribuer à l’inverse.

⏩ La semaine prochaine: Éléments de décor – l’Histoire

Pour soutenir un auteur, parlez de ses livres

blog soutenir

Le plus grand service qu’on peut rendre à un auteur dont on a apprécié les livres, c’est d’en parler autour de soi.

C’est une vérité qui concerne tous les écrivains, et en particulier les plus modestes, ceux qui ne peuvent pas bénéficier d’un énorme appareil marketing et qui doivent s’appuyer sur le bouche-à-oreilles et la bonne volonté de leurs lecteurs. Il n’y a que de cette manière que l’information se diffuse, que les curiosités s’éveillent, que ceux qui n’avaient pas entendu parler d’un roman peuvent y être sensibles, s’y plonger, et, peut-être, en parler à leur tour.

Il est précieux d’en parler dans son entourage, naturellement. Mais à notre époque, il est tout aussi important de le mentionner en ligne. Pour un auteur, par exemple, un avis sur Amazon vaut de l’or – et certaines promotions sur le site ne sont accessibles aux ouvrages que s’ils ont recueilli un certain nombre de critiques.

Pas besoin de grands discours: quelques mots peuvent suffire, comme on le voit dans l’illustration astucieusement placée ci-dessus. Cette petite attention, c’est quelque chose que tous les auteurs apprécient et qui a des effets mesurables sur le succès ou l’échec d’un roman.

Vous avez lu « La Mer des Secrets »? Si vous avez quelques minutes devant vous, je vous serais très reconnaissant de laisser un mot sur une ou plusieurs des plateformes suivantes:

Sur Amazon

Sur le site de l’éditeur

Sur Goodreads

Sur Babelio

Sur Booknode

Sur Livraddict

Naturellement, je prêche pour ma paroisse, mais si vous aimez les livres, il s’agit d’une excellente habitude à prendre en général, quel que soit l’autrice ou l’auteur.

Et puis, au delà de l’aspect promotionnel, pour un auteur, il est enrichissant d’avoir des retours de ses lecteurs, parce que cela ne peut que le motiver, et, en cas de critique, à le pousser à faire mieux la prochaine fois !